Spider-Man : Homecoming, Jon Watts

Après être apparu l’année dernière dans « Captain America : Civil War », le nouveau Peter Parker poursuit son apprentissage aux côtés de Tony Stark, aussi indispensable en mentor qu’en concepteur de costume de super-héros, et vole désormais de ses propres ailes. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter a bien l’intention de démontrer qu’il ne se reposera pas sur ses lauriers et l’apparition du Vautour, un nouvel ennemi qui met en péril tout ce qui compte à ses yeux, constitue une occasion en or de faire ses preuves. Alors que la trilogie de Sam Raimi fête son quinzième anniversaire, que l’expérience d’Andrew Garfield a laissé une impression d’inachevé, Spider-Man tisse de nouveau sa toile sur le grand écran. « Civil War » a pour ainsi dire servi d’appétissant hors d’œuvre en apportant un souffle nouveau à l’Homme-Araignée et la troisième saga dédiée au super-héros confirme d’ailleurs à quel point les Studios Marvel ont soif de renouveau.

Jon Watts a eu l’intelligence de ne pas resservir aux spectateurs la sempiternelle histoire retraçant les origines de Spider-Man en les immergeant directement dans le quotidien de Peter Parker. Le réalisateur a aussi choisi de conserver un ton très jeune en mélangeant deux générations de Spider-Man et intégrant une panoplie de super-héros high-tech pour rafraîchir une histoire que toute une génération connaît sur le bout des doigts. Drôle et animé par une énergie débordante, le long-métrage de Jon Watts ne se contente pas de raconter une énième aventure de l’Homme-Araignée mais redécouvre un personnage que la vie n’a pas épargné et dont les préoccupations sont si semblables à celles de tous les adolescents. « Spider-Man : Homecoming » s’amorce aussi en toute logique avec un protagoniste encore impressionné de son expérience aux côtés des Avengers, oscillant en permanence entre frénésie due à son jeune âge et soif de reconnaissance. Le public part à la rencontre de Peter Parker qui maîtrise tant bien que mal ses pouvoirs sans avoir pris pleinement conscience des responsabilités qui lui incombent. Jon Watts met en scène un super-héros haut en couleurs qui a encore beaucoup à apprendre de ses maladresses et même s’il brasse des thématiques simplistes et prévisibles, il ne s’y attarde jamais pour mieux construire son personnage et se focaliser sur la menace qui plane sur New-York.

Le Vautour est une victime collatérale des Avengers et sa soif de vengeance ajoute une touche de noirceur dans un scénario assumant sa légèreté. Il considère qu’une partie de la population se partage les richesses alors que d’autres, qui travaillent dur, n’en récoltent que les miettes. Il ne comprend pas non plus que Tony Stark soit perçu comme un héros après qu’il ait vendu des armes pendant des années. Son statut de victime en fait ainsi un méchant plus humain dont il est difficile de souhaiter la mort. Le spectateur salue la volonté du cinéaste d’avoir insufflé un vent nouveau au scénario mais le film se démarque avant tout pour son aspect visuel. Sam Raimi et Marc Webb affichaient leur amour pour New-York en situant immanquablement les péripéties de l’Homme-Araignée dans les quartiers de la Grosse Pomme. Jon Watts retire le super-héros de son lieu de vie habituel pour lui proposer des terrains de jeu divers et variés. Le « Spider-Man 2 » de Sam Raimi décoiffait avec ses scènes de voltige à couper le souffle et même si Jon Watts ne parvient pas à rendre les déplacements de son héros crédibles, l’action n’en est pas moins mise en valeur par une personnalité attachante (quoique un peu excessive) et une trame survoltée.

L’Homme-Araignée n’a plus de secrets pour les spectateurs ayant regardé les six films qui lui ont été consacrés mais celui de Jon Watts trouve encore le moyen d’innover en intégrant le plus novice des Avengers à travers une approche totalement décomplexée. « Spider-Man : Homecoming » ne se prend pas au sérieux. Il assume son statut de petit dernier de la bande en cherchant constamment l’approbation de son grand frère qu’il souhaite impressionner (« Civil War », représenté par Tony Stark, qui étonnamment, ne fait jamais de l’ombre à Spider-Man). Les Studios Marvel s’offre une parenthèse estivale en ayant pour seule ambition de se réapproprier un des héros les plus appréciés de la franchise. Le long-métrage de Jon Watts reste un excellent divertissement familial annonçant une suite prometteuse.

fourstars1

 

 

Publicités

2 réflexions sur “Spider-Man : Homecoming, Jon Watts

  1. edenhaini dit :

    Bien que je regarde toujours avec plaisir mon coffret dvd de spiderman de Sam Raimi , je dois avouer que contrairement à celui avec andrew garfield, ce spiderman me tente bien aussi. De toutes manières je comptais le voir pour être à jouer dans les films marvel x)
    En tout cas comme toujours, critique super bien écrite !

    Aimé par 1 personne

    • mangoandshamallow dit :

      Je te remercie du compliment 😀 Sinon, tu as bien raison de te laisser tenter. Spider-Man évolue et Jon Watts a su conserver le sens de l’humour du personnage. L’Homme-Araignée est aussi pour la première fois pleinement intégré dans l’univers cinématographique de Marvel et rien que ça, ça vaut le détour. Le scénario tient la route, l’aspect visuel a été bien travaillé et le nouveau Peter Parker est particulièrement convaincant. Une réussite ! 😀

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s