Wonder Woman, Patty Jenkins

La première adaptation cinématographique de Wonder Woman est une franche réussite tant Patty Jenkins est parvenue à retranscrire la dimension spectaculaire du genre super-héroïque et la force légendaire d’un personnage qui ne se laisse pas dicter sa conduite par les hommes. Dynamisée par des scènes d’action à couper le souffle et une héroïne déterminée à en découdre avec les affres de la guerre, il est fort probable que « Wonder Woman » soit à ce jour le meilleur film produit par DC Extended Universe. L’histoire se déroule à l’époque où elle était encore la princesse Diana, fille de la reine Hippolyte. Elle vit à Themyscira, une île de la mer Égée où se sont réfugiées les Amazones. Protégées par une barrière de brume qui les rendent invisibles des mortels depuis des millénaires, elles ne savent rien du monde extérieur. Leur tranquillité se retrouve toutefois chamboulée le jour où l’avion d’un pilote américain s’écrase sur leur île paradisiaque. Après que Chris Trevor ait raconté à ses sauveuses qu’une guerre mondiale décime les populations, Diana décide de quitter son havre de paix pour s’allier aux hommes dans un combat voué à mettre fin à ces événements. La princesse des Amazones découvrira alors l’étendue de ses pouvoirs et ira à la rencontre de son destin extraordinaire.

Plus qu’un énième film de super-héros, « Wonder Woman » est un véritable défi. Née en 1941 dans un magazine de la firme DC, Diana a connu une gloire tardive en étant mise en scène dans une série télévisée qui, diffusée entre 1975 et 1979, l’a hissée au rang d’icône pour les féministes et la communauté LGBT. Patty Jenkins ne manque d’ailleurs pas de faire un clin d’œil savoureux à la symbolique de Wonder Woman car les comics s’émancipant, la jeune Amazone confiera assez rapidement ses penchants sexuels à Chris Trevor (« Chez vous, l’homme est peut-être utile pour la procréation, mais pour le plaisir il est inutile »). Après avoir fait un état des lieux de l’univers des super-héros qui brille surtout pour la présence quasi exclusive de personnages masculins, une adaptation de Wonder Woman était risquée. La princesse des Amazones devait pourtant prendre sa revanche tant l’échec cuisant d’Elektra et de Catwoman avait marqué les esprits. Patty Jenkins a relevé le pari haut la main puisqu’il serait injuste de rabaisser « Wonder Woman » au rang de blockbuster estival tant son scénario est abouti et vecteur de messages forts. La cinéaste retrace les débuts de Diana Prince dans un long-métrage audacieux, qui se démarque de l’univers sombre des films de DC Extended Universe. La cinéaste ne perd jamais de vue l’identité de l’héroïne, de sa vie paisible sur ses terres natales où elle s’entraîne inlassablement aux côtés de femmes battantes, de sa découverte du monde moderne qu’elle appréhende sous un regard naïf à sa détermination farouche de vouloir mettre un terme à la guerre.

Wonder Woman n’a rien à envier à ses acolytes masculins car n’en déplaise aux inconditionnels des films DC Comics, Diana est une héroïne sensible et solaire dont le seul tort est de combattre tout en prônant le pacifisme. Il est aussi difficile de ne pas remarquer à quel point Arés, dieu de la guerre et ennemi juré de Diana, manque de crédibilité. Dissimulé sous les traits d’un aristocrate distingué, il peine à convaincre tant son personnage est mal défini. Seulement, qu’importe les naïvetés : « Wonder Woman » est une réussite inattendue pleine de panache qui a la délicatesse de ne jamais infantiliser ou ridiculiser la gente féminine. Au contraire, la vivacité d’esprit de Diana rayonne et même si ses maladresses prêtent à sourire, sa candeur met surtout en lumière les travers de notre société et ses normes asservissantes. La jeune Amazone démontre aussi qu’elle a foi en l’humanité et sa sensibilité n’est jamais considérée comme une faiblesse. Elle puise dans ses convictions humanistes la force et la volonté de poursuivre le combat. Jubilatoire et survoltée, l’adaptation de Patty Jenkins a redonné espoir aux amateurs de comics qui ne croyaient plus en la réapparition de protagonistes féminins haut en couleurs. La princesse des Amazones reviendra conquérir le grand écran à l’occasion d’un second volet. On ne va pas s’en plaindre.

fourstars1

 

 

 

 

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