The Jane Doe Identity, André Øvredal

« The Jane Doe Identity » est un long-métrage dont on ne saurait nier l’originalité, même si son capital horrifique ne s’avère pas à la hauteur des attentes. Dans l’État de Virginie, le corps d’une jeune femme a été retrouvé étonnamment intact au milieu d’une scène de massacre. Le seul médecin légiste de la bourgade, assisté de son fils, a pour mission de déterminer la cause de la mort de cette « Jane Doe », cadavre féminin anonyme selon le jargon policier, en procédant à sa sempiternelle autopsie. Seulement, les résultats révèlent des incohérences physiologiques troublantes. Le parfait état de conservation du corps dissimule des structures internes mutilées, fracturées, empoisonnées et tatouées ainsi qu’une série d’indices dévoilant progressivement une vérité qui échappe à toutes théories scientifiques.

L’autopsie pratiquée par les deux personnages principaux s’apparente à une enquête policière au cours de laquelle l’observation minutieuse du corps fait émerger une kyrielle de déductions. L’éviscération ressemble à un jeu de piste singulier et hypnotique, prouvant qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à un budget colossal pour faire preuve de réalisme. Il n’est pas non plus indispensable d’avoir suivi des études de médecine pour se rendre compte que le réalisateur s’est sérieusement documenté sur les caractéristiques physiologiques et procédures d’autopsie. Certaines scènes semblent d’ailleurs si réelles qu’elles ne manqueront pas de faire grincer les dents des âmes sensibles.

André Øvredal démontre que simplicité peut rimer avec efficacité mais il n’a pas suffisamment exploité son scénario toutefois prometteur. Une fois que le médecin légiste et son fils ont accepté le fait qu’ils étaient confrontés à une entité surnaturelle, les événements empruntent le chemin le plus formaliste du cinéma d’épouvante. Les conventions du genre réduisent à néant la singularité du concept qui aurait indéniablement constitué la force principale du film. Le réalisateur ramène le spectateur en terrain rassurant, se conformant ainsi à ce que ce dernier a l’habitude de voir sur grand écran. Il ne lui laissera pas non plus l’opportunité d’en savoir davantage sur le passé et les motivations de la jeune femme. Qui est -elle ? Pour quelles raisons son corps a été retrouvé dans la cave d’une maison où une famille a été sauvagement assassinée ? Pourquoi sème t’elle le chaos ? Le spectateur devra se contenter de quelques explications obscures relevant de la spéculation pour tenter de percer les mystères qui entourent « Jane Doe ».

Le long-métrage ne révolutionne assurément pas le genre horrifique. André Øvredal a pris le risque de faire fuir ceux n’appréciant pas l’imagerie gore, sans parler du fait qu’il a totalement bâclé l’épilogue. Il a toutefois pris le temps de distiller une atmosphère dérangeante qui révélera son potentiel dans une seconde moitié de film plus haletante et angoissante. A mi-chemin entre le film d’épouvante et le thriller poisseux, « The Jane Doe Identity » reste relativement convaincant dans la mesure où le cinéaste n’a pas cédé à la tentation de vouloir précipiter l’action, même s’il s’est conformé aux habitudes du genre en privilégiant la forme au détriment du fond.

Threestars1

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