Tu as promis que tu vivrais pour moi, Carène Ponte

Marie, la trentaine fantasque et pétillante, est la meilleure amie de Molly, plus sage et réservée. Leur amitié prend une tournure tragique le jour où Marie apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable. Avant de mourir, la jeune femme fait promettre à celle qu’elle considère comme une sœur de « vivre pour elle », en réalisant ce qu’elle aurait souhaité concrétiser si le destin s’était montré plus clément. Molly, effondrée, ne semble en premier lieu pas disposée à honorer sa promesse mais Marie se rappelle à elle de manière inattendue, sous la forme d’un mystérieux courrier. A l’intérieur, la jeune femme découvre une enveloppe pour chaque mois et l’engagement qui était conclu avant que son amie ne soit foudroyée par la maladie. Molly se prend progressivement au jeu et s’interroge sur sa vie si conformiste et ses rêves abandonnés en chemin. Elle décide alors de se fier à son instinct et d’écouter la petite voix de Marie qui lui souffle de tout mettre en œuvre pour accéder au bonheur.  Cette dernière espérait redonner un sens à l’existence morne de son amie en l’incitant à se reprendre en main. Il n’appartient alors qu’à Molly de saisir les opportunités lui permettant de s’extraire d’un destin tout tracé.

Le point de départ du roman laisse présager une histoire empreinte de tristesse alors que le parcours de Molly se savoure pour son optimisme et sa fraîcheur. Si la liste des choses à accomplir confiée par un proche disparu n’est guère innovante, Carène Ponte aborde le sujet avec une légèreté rarement exploitée. Marie continue d’intervenir dans la vie de Molly en mettant à profit la spontanéité qui la caractérisait. Elle évoque aussi un ange gardien qui guide sa protégée sur le chemin du bonheur. Son idée peut sembler morbide au premier abord mais le lecteur est ému de se rendre compte à quel point Marie connaissait son amie. L’approche s’avère malgré tout subtile dans la mesure où elle ne cherche pas à contrôler sa vie. Molly concrétisera le contenu des lettres tout en restant maîtresse de ses choix et décisions. Carène Ponte offre une vision globale de la personne attentionnée et enthousiaste qu’était Marie mais le portrait émouvant qu’elle dresse de la jeune femme ne se fait jamais au détriment de l’histoire. Le récit a beau être empreint d’une forte nostalgie, les émotions ne viennent en aucun cas ternir l’atmosphère pétillante du roman.

« Tu as promis que tu vivrais pour moi » aborde le deuil tout en douceur sans que son auteure ne se permette de minimiser les conséquences qu’entraînent la perte d’un être cher. Elle parvient même à soulager la douleur par ce que Marie a laissé en héritage à sa meilleure amie. Existe t’il plus belle preuve d’amour que de léguer le bonheur qu’on ne pourra plus jamais vivre ? La générosité de la jeune femme à l’égard de Molly n’est pas seulement le reflet d’une amitié sincère. Elle souhaite avant tout lui faire comprendre qu’il est important de profiter de chaque instant et de prendre des décisions qui nous correspondent. Doit-on s’enfermer dans la routine sous prétexte qu’elle rassure ? Je remercie non seulement Carène Ponte de mettre du baume au cœur mais aussi de rappeler à chaque lecteur qu’il reste maître de ses choix.

fourstars1

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s