Le doute, S.K Tremayne

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Angus et Sarah n’ont pas d’autre choix que de puiser dans la seule force qu’il leur reste pour faire face à la plus cruelle des tragédies. Une année s’est écoulée depuis que Lydia a perdu la vie dans un terrible accident mais le couple s’efforce de rester uni pour soutenir la jumelle dans cette épreuve. Angus, Sarah et leur fille désormais unique, décident alors d’aller de l’avant. Après avoir traversé une sombre période au cours de laquelle chacun tentait de garder la tête hors de l’eau, la petite famille prend l’initiative de quitter Londres pour reconstruire une nouvelle vie sur l’île de Toran. Soumis aux marées et à un climat extrême, encerclé de dangereuses vasières et surmonté d’un unique cottage délabré, l’archipel écossais n’est pas vraiment l’endroit idéal pour accueillir une famille meurtrie, consciente que la vie ne lui offrira pas d’autres opportunités de tourner la page sur le drame qui l’a frappée quatorze mois plus tôt.

Un tel décor planté, il ne reste plus à Kirstie qu’à développer des troubles du comportement de plus en plus inquiétants, gravitant autour de la confusion de la personnalité après la perte de son double monozygote. L’auteur ajoute à ce sinistre tableau, Sarah, en proie à une dépression, et Angus qui noie son chagrin dans le whisky. La rénovation du cottage s’avère aussi plus laborieuse que prévu, le couple se cache bien des choses et s’en reprochent d’autres tandis que Kirstie affirme farouchement être sa jumelle disparue. Que faire, qui croire ? Incapables de différencier leurs filles si semblables, Sarah et Angus ont-ils commis l’erreur d’enterrer Lydia alors qu’elle serait toujours parmi eux ? Le doute s’immisce dans ce jeune couple qui vacille, emportant avec lui son lot de rancœur et de non-dits. Que s’est-il réellement passé le jour où l’une des jumelles a succombé à sa chute du deuxième étage de la maison familiale ? Pour quelles raisons Angus en veut-il à son épouse au point de la haïr ?

Autant de questions qui trouveront réponses au fil d’une lecture oppressante qui nous fait douter de la sincérité et de l’équilibre mental des uns et des autres. Racontés alternativement par Angus et Sarah, les événements se succèdent pour laisser place à la peur qui s’insinue en eux comme le vent qui souffle sans répit sur leur île, balayant les certitudes. La nature indomptable semble effectivement vouloir briser cette famille déjà mise à l’épreuve. S’en sortiront-ils ? Je vous laisse naturellement imaginer le drame que traversent des parents qui ne sont pas capables de reconnaître leur enfant et savoir, qui des jumelles, a survécu à l’accident. Or, c’est là que le bât blesse. Il paraît difficilement concevable qu’Angus et Sarah confondent à ce point leurs filles, même si elles se ressemblent très fortement. Tous les parents apprennent à identifier leurs spécificités, d’autant plus que quelques légères différences se développent au fil du temps. Comment peuvent-ils douter aussi longtemps de l’identité de la fille rescapée ? La fillette ayant échappé au drame adopte le même comportement que sa sœur disparue mais l’explication n’en est malheureusement pas plus crédible.

La gémellité aurait mérité d’être traitée plus en profondeur car le lecteur se contentera de quelques informations disparates dénichées sur Internet par des parents déboussolés et rongés par le remords et les brèves consultations téléphoniques d’un pédopsychiatre. L’auteur surjoue alors le suspense à coups d’ombres furtives, de pannes de réseau et de portes qui claquent. J’ai aussi été étonnée d’apprendre qu’il était administrativement si facile de déclarer une erreur d’identification des corps pour ensuite, organiser des obsèques sans autre preuve que la bonne foi des parents. Je n’insisterai pas sur l’épilogue qui, à l’issue d’une intrigue décrivant des événements et troubles psychologiques gravissimes, règle tous les problèmes en un claquement de doigts. Le roman avait été porté aux nues par la critique alors qu’il faudra s’armer de patience pour découvrir la vérité sur une histoire somme toute banale.

Twostars

 

 

 

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4 réflexions sur “Le doute, S.K Tremayne

    • mangoandshamallow dit :

      Je reconnais que j’ai du mal à comprendre pourquoi ce roman a suscité un tel enthousiasme. Le récit traîne en longueur autour d’une simple question : Qui de Kirstie ou Lydia a survécu ? Il n’atteint pas les 400 pages et pourtant, on s’ennuie ferme. Que dire aussi des hallucinations (en est-ce vraiment ?) de Sarah qui voit des esprits un peu partout et de cette fin bâclée au possible, alors que l’histoire de cette famille est loin d’être légère ? Le mieux est de le lire pour se forger sa propre opinion mais si tu as prévu de découvrir d’autres thrillers, je te conseille de ne pas placer celui-ci dans tes priorités.

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      • AMBROISIE dit :

        Ah si c’est comme tu décris il risque fortement de me déplaire, surtout qu’il me fait penser à Tout ce qu’on ne s’est jamais dis qui est vraiment un roman impressionnant et qui dissèque les dysfonctionnements familiaux.

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      • mangoandshamallow dit :

        J’ai entendu beaucoup d’avis positifs sur ce roman et je dirais même qu’il a fait l’unanimité, d’après ce que j’en sais. Il est dans ma Wish List depuis longtemps et il serait temps que je fasse quelque chose 😉

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