Baby Phone, Olivier Casas

baby phone.jpg

Le scénario du dernier né d’Olivier Casas ne tient que sur quelques lignes et est-ce vraiment bon signe ? Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers un baby-phone sagement posé dans une chambre d’enfant va déclencher un cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis de longue date. La soirée qui s’annonçait fort sympathique et qui dégénère brutalement à cause d’une banale conversation qui n’aurait pas dû être entendue a déjà été maintes fois exploitée par le septième art, avec plus ou moins de réussite. Le spectateur ne peut s’empêcher de comparer « Baby Phone » avec d’autres films auréolés de succès qui ont bâti leur réputation autour d’une mise en scène digne d’une pièce de théâtre. Or, son scénario mince comme du papier à cigarette et ses dialogues convenus l’empêchent de se hisser au même niveau que ses sources d’inspiration.

Quelques années auparavant, Olivier Casas a tourné un court-métrage éponyme ayant pleinement mérité le succès qu’il a remporté au festival de l’Alpe d’Huez. J’avais été agréablement surprise de constater que tant de répliques cocasses pouvaient fuser en si peu de temps. Les protagonistes qui ne cessent de mentir et tromper leur entourage se trouvent dans des situations inextricables qui n’en demeurent pas moins un judicieux support de comédie mais « Baby Phone » prouve aussi qu’étirer un concept intéressant jusqu’à la corde est capable d’enrayer une mécanique comique bien huilée. Les quiproquos s’enchaînent à un tel rythme que le spectateur s’essouffle avant la fin du film. La mise en scène s’attarde inutilement sur chaque personnage et s’égare dans une succession de secrets inavouables avant de nous dévoiler la séquence au cours de laquelle deux amis se laissent aller aux confidences osées, sans se douter qu’un baby phone dernier cri se chargera de les rendre publiques. Le film manque paradoxalement de rythme, au risque de plonger le spectateur dans une sorte de léthargie qui prend brusquement fin au moment où Medi Sadoun dévoile des prouesses vocales et musicales tout à fait inattendues.

Olivier Casas a fait un choix périlleux en optant pour le format du long-métrage et le pari n’a pas été relevé pour la simple raison que nous avons la désagréable impression d’assister à une pièce de théâtre où les comédiens cabotinent pour arracher des rires à un public qui cherche avant tout à se changer les idées. Certaines répliques prêtent à sourire mais entre les blagues qui font rarement mouche et les acteurs qui surjouent pour combler le manque de profondeur du scénario, le réalisateur n’a cessé de s’enliser dans la caricature au point de rendre la séquence finale particulièrement indigeste. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette comédie poussive ayant relégué son potentiel au placard au profit de situations et répliques prétendument comiques qui ne déclencheront malheureusement pas un seul éclat de rire. Je regrette d’avoir perdu mon temps mais j’ai été soulagée de ne pas avoir déboursé le tarif d’une place de cinéma pour la version longue d’un court-métrage que j’avais pourtant tant apprécié.

Onestar

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s