[BD] : Trilogie de La Petite Mort, Davy Mourier

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Le Grand Tout a décidé qu’il était temps pour Papa et Maman Mort d’avoir un enfant et c’est ainsi que la Petite Mort est apparue dans leur salon pendant qu’ils regardaient l’émission de Jean-Luc Reichmann (vous avez bien lu ! 😉 ). Tous parents faucheurs et heureux qu’ils étaient, ils leur incombaient désormais la lourde responsabilité d’inculquer à leur progéniture les choses de la vie afin qu’elle s’initie à son futur métier. Seulement, elle ne prend pas ses missions très à cœur puisqu’elle est bien déterminée à embrasser la carrière de fleuriste.

L’idée de départ est follement originale mais il m’a fallu un certain temps pour m’immerger dans les péripéties de la Petite Mort dans la mesure où je n’ai pas l’habitude de côtoyer l’humour noir d’aussi près. Je dirais même que certains « trips » peuvent déranger ceux qui n’y sont pas réceptifs. La bande dessinée tourne principalement autour de la mort (cela vous étonne ?) mais balaie aussi d’autres thématiques montrant que la Petite Mort, pour laquelle la vie d’apprentie faucheuse n’est déjà pas de tout repos, est également confrontée aux mêmes problèmes que ses camarades humains. Il se sent rejeté à l’école parce que les autres le considèrent inévitablement comme un oiseau de (très) mauvaise augure et se rebelle, avec la même ardeur qu’un adolescent, contre l’autorité paternelle qui souhaite plus que tout que son fils devienne faucheuse à son tour.

L’histoire est plus profonde qu’elle n’en a l’air et réserve étonnamment des moments empreints de tristesse. En revanche, je reproche à Davy Mourier d’avoir conçu un amas de gags qui n’a pas toujours un rapport avec la Petite Mort. Plusieurs pages sont consacrées à Buzz Aldrin et à ce qu’il aurait pu vivre sur la Lune si Neil Amstrong n’avait pas été le premier à poser le pied sur le satellite de la Terre. Je reconnais ne pas avoir apprécié d’être interrompue dans ma lecture par des péripéties n’ayant strictement rien à voir avec celles de la Petite Mort et de son entourage. Je lui reproche aussi d’avoir inclus des publicités tout au long de l’histoire. Certaines sont drôles, d’autres se sont révélées être un bide total et je ne comprends pas pourquoi le dessinateur a fait ce choix.

la petite mort 2

Davy Mourier avait contraint la Petite Mort à mettre fin à un dilemme cornélien qui s’apparente clairement à une question de vie ou de mort. Le personnage principal est désormais un adolescent qui a troqué son sac Hello Kittu pour un lot de problèmes comportant des enjeux plus importants. Il se heurte ainsi à la douleur ressentie après un chagrin d’amour et aux premières désillusions. Son quotidien se retrouve aussi chamboulé par le retour d’un membre de la famille que tout le monde croyait « mort ».

Entre secrets de famille et trahison, le quotidien de la Petite Mort n’est pas tout rose. Les personnages constituent le point fort du deuxième tome puisque chacun évolue de façon parfois inattendue. Ludovic s’éloigne peu à peu de la Petite Mort qui s’est pourtant sacrifiée pour préserver leur amitié et notre héros, fidèle à lui-même, semble déterminé à réaliser ses rêves. J’ai davantage apprécié ce deuxième volet dans la mesure où la Petite Mort a mûri et rencontré des protagonistes qui lui font vivre des expériences inédites. Il est aussi plus riche en références culturelles et nous permet d’en apprendre davantage sur l’organisation très normée des faucheuses.

Le troisième tome sonne la fin des aventures de la Petite Mort qui doit désormais régler des problèmes propres à la vie adulte. Devenu chef de famille, il se retrouve à devoir payer les droits de succession à la fauche et l’impôt sur le revenant. Seulement, il est dans l’incapacité de rassembler la somme demandée par l’administration du Grand Tout. La Petite Mort plonge alors dans la dépression et ne ressent plus la force de faucher de nouvelles âmes.

Ce tome est le moins drôle de la trilogie mais Davy Mourier a su conclure cette petite série avec brio en maintenant la synergie des ingrédients qui a fait son succès (humour grinçant, mélancolie et tendresse). Il fait aussi le parallèle avec la jeunesse de la Petite Mort puisqu’on y retrouve son ancien meilleur ami et son premier amour. Son fils n’est pas sans rappeler celui qu’est devenu Papa Mort lorsqu’il était pressé de faucher l’imaginaire dans le premier volet.

En étant plus que jamais confronté au réel, la Petite Mort a perdu son enthousiasme mais il faut bien reconnaître qu’entre les factures, les impôts, la disparition de sa famille, les conflits conjugaux et l’ingratitude de sa progéniture, sa vie n’est pas prétexte à rire. L’histoire a pris un tournant bien différent mais n’en est que plus touchante avec cette dimension réaliste.

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