Top 10 | Mes meilleures lectures de 2016

Le temps est venu pour moi de vous dresser le bilan lecture de 2016 et de vous présenter les 10 livres qui ont marqué mon année. J’ai lu 49 romans et fait de si belles découvertes qu’il a été difficile de faire des choix.

Vous pourrez accéder à la critique de chaque livre en cliquant sur le lien correspondant.

  • Janvier  

Le diable sur les épaules 

Ce n’est pas toi que j’attendais

6008

  • Mars 

Il était une lettre 

La fille du train 

  • Avril

Juste avant le bonheur 

  • Juillet 

La loi du silence 

  • Août

Le temps est assassin  

  • Octobre 

Chanson douce 

chansondouce

  • Novembre

Le chuchoteur 

  • Décembre 

Ne pars pas sans moi

Ne pars pas sans moi, Gilly MacMillan

Rachel et son petit garçon de 8 ans profitent d’une belle journée d’octobre pour se promener dans la forêt. La jeune femme l’autorise à partir quelques mètres devant elle pour qu’il puisse s’amuser mais une fois arrivée au bout du chemin, l’angoisse la saisit immédiatement à la gorge : Ben a disparu. Après avoir donné une conférence de presse désastreuse, les médias s’acharnent sur Rachel en l’accusant ouvertement d’être responsable de la disparition de son fils. La police se lance dans une véritable course contre la montre pour retrouver le petit garçon alors que sa mère lutte tant bien que mal contre la culpabilité, la peur et le désespoir. Meurtrie par la violence de ceux qui la désignent coupable, elle ne sait plus quelle attitude adopter : doit-elle patiemment attendre que les forces de l’ordre lui ramènent son fils ou se laisser guider par son instinct et partir elle-même à sa recherche ?

J’ai déjà été amenée à lire des thrillers portant sur la disparition d’enfants mais ce roman est sans nul doute celui qui m’a le plus touché. Le résumé de la quatrième de couverture est trompeur dans la mesure où Rachel ne partira pas à la recherche de son fils. Seulement, je ne me souviens pas avoir lu un récit aussi pragmatique sur le sujet, au point d’avoir manqué de lever les bras au ciel en félicitant intérieurement l’auteure d’avoir retranscrit avec autant de finesse et de sobriété les réactions de tous les protagonistes. Le public et la presse ne se montrent pas tendres à l’égard de Rachel (c’est le moins que l’on puisse dire !) pour la simple raison qu’elle ne renvoie pas l’image que nous nous faisons d’une mère éplorée. Son attitude pétrie de contradictions est absolument bouleversante mais Gilly MacMillan a eu aussi l’intelligence de nous montrer à quel point tout l’entourage du petit garçon a été impacté par sa disparition.

Le quotidien des enquêteurs se révèle également particulièrement éprouvant dans la mesure où ils sont bien conscients que chaque seconde compte pour espérer retrouver Ben sain et sauf. Ils prennent sur eux, mettent leur vie personnelle entre parenthèses pour mener à bien les affaires qui leur sont confiées. La réalité du terrain dépeinte par Gilly MacMillan est donc nettement moins édulcorée qu’un scénario de série américaine. Jim est aussi loin de correspondre au stéréotype du policier bourru et torturé. Il sortira traumatisé de cette affaire et se lancera même dans des séances de psychothérapie pour retrouver le chemin de la sérénité. Le lecteur ne peut aussi que déplorer les dommages collatéraux provoqués par une machine médiatique impitoyable qui désigne immédiatement Rachel comme la suspecte idéale. Son attitude agressive à l’égard du ravisseur lors de la conférence de presse prouve aux yeux des journalistes qu’elle serait capable de commettre le pire. De parfaits anonymes, sous couverts de l’impunité régnant sur la Toile, se déchaînent et chacun y va alors de sa théorie pour spéculer sur ce qui s’est passé dans les bois le jour de la disparition de Ben.

La lecture n’a pas toujours été facile car l’auteure nous fait prendre conscience que nous pourrions réagir comme ceux qui jugent sans connaître et se permettent de propager des propos haineux sur la Toile. Ils se sentent en sécurité derrière leur pseudonyme alors que les victimes qui ont perdu l’anonymat, souffrent avec autant de violence que si elles recevaient des coups de poignard. Je reconnais que le récit traîne parfois en longueur parce que Rachel, reléguée au rang de spectatrice, ne peut qu’attendre en repassant dans sa tête les heures qui ont précédé la disparition de son fils. Seulement, qui ne ressasserait pas à sa place ? Ses pensées tournent en rond et peuvent agacer le lecteur qui aimerait peut-être suivre un personnage plus entreprenant. Je vous recommande d’ailleurs à ne pas vous attendre à un récit riche en rebondissements, même si l’auteure nous surprend avec quelques twists qui contribuent à nous tenir en haleine jusqu’au dénouement final. La résolution de l’enquête n’est pas non plus éclatante mais je ne pense pas que ce soit le plus important. Je souhaitais avant tout que l’auteure nous maintienne dans cette ambiance si réaliste et le pari a été relevé haut la main.

FiveStars1

 

Les plats traditionnels de Noël à travers le monde #2

  • Russie

Le Noël orthodoxe se célèbre dans la nuit du 6 au 7 janvier. La table est recouverte de foin pour faire référence à la crèche et le repas se compose traditionnellement de 12 plats parmi lesquels les convives retrouvent chaque année la Koutia, un mélange de pavots, de grains de blé, de fruits secs, de noix et de miel. En entrée, les Russes servent le koulibiac, un pâté brioché farci de viande ou de saumon. Le bœuf Stroganov reste le plat principal du repas de Noël . Ils sont effectivement très friands de cette viande mijotée avec des oignons et de la crème fraîche mais parmi les autres plats, les convives trouveront aussi du porcelet farci, des pieds de bœuf en gelée et du poisson. Le gâteau Napoléon, un mille-feuilles à la crème et à la confiture, rencontre un franc succès.

 

  • Pologne 

Les plats servis le soir du réveillon ne doivent pas comporter de viande et être accompagnés d’alcool mais les Polonais se réservent toutefois un repas particulièrement copieux. Ils ne savoureront pas moins de 12 plats, dont le nombre fait référence aux apôtres du Christ. Les hôtes ne font jamais l’impasse sur l’Oplatek (le pain azyme) et la tradition veut que toute la famille se  réunisse autour de la table dès l’apparition de la première étoile dans le ciel.

Les douze plats varient beaucoup selon les régions de Pologne mais il est indispensable de se procurer une carpe, si possible vivante. Le repas du réveillon débute généralement par des potages. Les Polonais servent ensuite une choucroute cuisinée aux champignons et pois cassés (manger du pois cassé garantirait une année riche pour les cultures). Ils sont aussi friands des pierogi souvent farcis de choux et de champignons et ne boudent pas le poisson comme le hareng au vinaigre à la crème et le filet de colin à l’aneth.

Au moment du dessert, les Polonais savourent le Makowiec, une brioche fourrée à la pâte de pavot censée porter bonheur, des petits pains d’épice (symbolisant la richesse), des noisettes (représentant la réussite) et des pommes (symbolisant la beauté et la santé). Le moment le plus important du repas de réveillon reste la dégustation de l’Oplatek dont la seule présence sur la table apporte prospérité à la famille.

  • Pays-Bas

Selon la tradition néerlandaise, la journée commence par un brunch parmi lequel vous trouverez immanquablement le Christollen, un pain brioché confectionné à base de fruits secs et confits et farci de pâte d’amande. Le repas de Noël  est traditionnellement composé de rôti de porc, de gibier et de Gourmetten, qui ressemble beaucoup à la pierrade. Les hôtes disposent alors différentes sortes de viandes (la dinde, le canard et le veau), de poissons et de légumes avant que chacun se serve et fasse cuire le contenu de son assiette. Quand arrive l’heure du dessert, les Néerlandais dégustent le Kerstkrans, une couronne en forme de pâte de fruits glacés et farci à la pâte d’amande.

  • Italie

Chaque région ayant ses spécialités, les menus possibles pour Noël sont très nombreux mais nous pouvons simplifier les choses en distinguant les plats traditionnels du Nord et du Sud de l’Italie.  Dans le Sud du pays, le repas de Noël se déroule le soir du 24 décembre. Il est exclusivement composé de poisson puisque la tradition exclut la viande la veille de Noël . La tradition veut aussi qu’on se réunisse autour d’un repas frugal. Les hôtes servent la Baccala (morue) frit ou la Capitone (anguille), accompagnée de légumes.

Dans l’Italie du Nord, c’est le déjeuner du 25 décembre qui est à l’honneur. Il débute traditionnellement par des antipasti à base de charcuterie (involtini de bresaola), de légumes farcis, de fromage ou sous huile (poivrons de carmagnola farcis au thon ou aux anchois). Les pâtes ont aussi une place de choix au menu du repas de Noël puisque les Italiens préparent les lasagnes et primi piaati en entrée. Le plat principal le plus typique de l’Italie du Nord reste le fameux pot au feu.

Dans tout le pays, le repas se termine par le Panettone (à Milan) ou le Pandoro (à Vérone) que les Italiens mangent « nature » ou fourrés au chocolat ou à la crème de mascarpone. Dans le Nord de l’Italie, la tarte aux noisettes, la mousse aux pommes rouges et le nougat d’Alba sont particulièrement appréciés tandis que dans le Sud, les Struffoli (petites boules de pâte sucrée) et babas au rhum font le régal des convives. La soirée se prolonge aussi autour d’une grappa, une eau-de-vie de marc de raisin réputée pour ses vertus digestives.

  • Grèce 

Le repas de réveillon clôt une période de jeûne de 40 jours et les plats varient selon les régions. Certaines familles préparent une dinde farcie à la viande, aux tomates et aux groseilles. La tradition veut que deux gâteaux soient disposés sur la table du réveillon grec : les Melomakorana, des biscuits au miel et aux noix et les Kourabiedes confectionnés à base d’amandes, de fleur d’oranger et recouverts d’une couche de sucre glace. Les Grecs se couchent tôt pour assister à la messe qui commence à 4 heures du matin. Le 25 décembre, toute la famille mange des fruits secs, du miel et le Christopsomo (« le pain du Christ »), un pain rond aux noix et à la cannelle que la maîtresse de maison a pris soin de faire cuire la veille.

Les plats traditionnels de Noël à travers le monde

Noël est l’occasion pour bon nombre de pays de partager un repas chaleureux en famille mais le menu peut être très différent selon les traditions de chacun d’entre eux. Les français se réunissent autour d’un repas copieux composé généralement de foie gras, de saumon fumé, d’huîtres et d’escargots. La dinde aux marrons constitue le plat traditionnel et la bûche reste un dessert incontournable, même si la plupart des régions perpétuent leurs traditions culinaires. L’Hexagone compte de nombreuses spécialités mais savez-vous ce que mangent les Anglais, les Allemands ou les Espagnols pendant la période des fêtes ? 🙂

 

  • Angleterre 

La complexité des recettes traditionnelles anglaises est telle qu’il est fréquent qu’une famille d’Outre Manche se mette derrière les fourneaux plusieurs semaines à l’avance pour réussir le repas de Noël. Les Anglais ne célèbrent pas le réveillon mais ont fait du 25 décembre une véritable institution. Le menu débute souvent par une soupe d’huîtres et le plat principal est la plupart du temps la fameuse dinde farcie aux marrons, accompagnée de sa sauce aux airelles. Légèrement acide et sucrée, elle est très appréciée des Anglais qui considèrent qu’elle se marie à merveille avec le gibier. D’autres plats peuvent aussi être servis comme le jambon braisé de Noël (jambon cuit et caramélisé au four), le saumon d’Ecosse farci ou la dinde farcie à la sauge et aux oignons.

Quand arrive l’heure du fromage, les Anglais ne se font pas prier pour déguster du Stilton, un fromage bleu à pâte persillée et onctueuse qui offre une saveur plutôt relevée. La tradition veut qu’on le savoure avec du céleri et du porto. Le repas de Noël ne peut être qualifié comme tel si les hôtes n’ont pas inclus le Christmas Pudding au menu, un gâteau copieux cuit à la vapeur avec des fruits confits, des épices, des noix et préparé avec de la graisse de rognon. Il peut aussi se terminer avec le Christmas Cake qui est confectionné à base d’un mélange de fruits secs, de sucre et d’alcool et recouvert d’un épais glaçage blanc et d’une sauce alcoolisée. Le 26 décembre qui est un jour férié en Angleterre (le « boxing day ») est l’occasion de finir les restes du repas de Noël, en famille.

  • Etats-Unis 

Les Américains n’ont pas de menu traditionnel pour Noël. La dinde de Thanksgiving laisse souvent sa place au rôti de bœuf mais les plats varient sensiblement selon les Etats. Certains dégustent le jambon ou la dinde farcie avec le green bean casserole, un plat composé de haricots verts, d’oignons frits et de crème de champignons. Ce plat est souvent accompagné d’une purée de patates douces arrosée de sauce aux canneberges. Les Américains accordent traditionnellement plus d’importance à la décoration de table qu’au menu de Noël. A la Maison Blanche, on prépare toutefois le Gâteau du Président, une tradition qui remonte à l’époque d’Abraham Lincoln.

  • Allemagne 

Les festivités de Noël débutent dès la fin du mois de novembre avec l’installation des marchés de Noël (Christkindlesmarkt) dans la plupart des villes allemandes. Dans la journée du 24 décembre, ils s’occupent des derniers préparatifs en envoyant les enfants jouer dans leur chambre pour disposer les petits gâteaux de Noël sur la table,  installer les illuminations et déposer les cadeaux sous le sapin. Les adultes se réunissent ensuite autour du Kaffee-Kuchen (une part de gâteau avec du café). Une sonnette retentit à 17h pour signaler que les festivités peuvent commencer. Les enfants ouvrent ainsi leurs cadeaux avant que la famille passe à table.

Le repas du réveillon est souvent très simple puisque les Allemands se contentent le plus souvent d’une salade de pommes de terre et de saucisses, accompagnés de bière ou de vin rouge. En revanche, ils se réunissent le 25 décembre autour d’un repas nettement plus copieux qui débute avec du saumon fumé, des crustacés ou un bouillon aux quenelles ou aux foies de volaille. Ils dégustent aussi la Weihnachtsgans (l’oie de Noël) souvent accompagnée de chou rouge et de pommes. Les Allemands terminent le repas avec le traditionnel Christfollen, un pain aux fruits secs et confits, farci de pâte d’amande et recouvert d’une couche de sucre glace. Les Allemands sont également friands de biscuits puisque tout au long de décembre, ils préparent des petits sablés (Plätzen) en formes de sapins, d’étoiles ou de pères Noel, exhalant des parfums de cannelle, d’anis, de vanille ou de clous de girofle.

  • Espagne 

Les traditions culinaires espagnoles sont aussi variées que le nombre de régions qui composent ce pays, même si certains plats se retrouvent sur la plupart des tables de Noël. Le 24 décembre, la Noche Buena, est un jour particulièrement important pour les Espagnols car elle marque le début d’une période de célébrations qui se poursuit jusqu’au 6 janvier, date pendant laquelle le pays fête les rois mages. Les enfants reçoivent leurs cadeaux ce jour-là et cette tradition montre à quel point le Père Noël n’a jamais vraiment réussi à s’imposer en Espagne. Le dîner de la Noche Buena débute souvent par un bouillon agrémenté de boulettes de viandes et de légumes et des fruits de mer. Les Espagnols servent ensuite de la dinde ou du chapon farci (en Catalogne), de l’agneau ou du poisson (en Castille). Le repas est souvent accompagné d’un blanc sec ou d’un vin pétillant, comme le Cava qui remplace le champagne sur les tables catalanes.

Les magasins proposent aussi des paniers garnis des meilleurs produits artisanaux du pays (Cestas de Navidad) qui se composent généralement de jambon d’Andalousie, d’asperges de Navarre, de marrons glacés de Calice et d’une bouteille de Cava, la vin pétillant de Catalogne. Seulement, leurs vraies spécialités de Noël restent les confiseries qui sont encore préparées dans les couvents par des religieuses. Les Arabes qui ont vécu plus de huit siècles en Espagne, ont apporté leur savoir-faire et c’est la raison pour laquelle les Espagnols dégustent des petits gâteaux confectionnés à base de miel, de cannelle et d’amandes pendant la période des fêtes. Le repas ne se termine pas par un gâteau consistant mais plutôt par des douceurs d’inspiration orientale comme le Turron (nougat à base de miel et d’amandes originaire d’Alicante) ou des biscuits comme le Mazapan (petits gâteaux ronds aux amandes) et les Polvorones (sablés aromatisés de citron râpé, de cannelle et d’amandes moulues). Le lendemain de Noël, les Espagnols dégustent des cannelloni dont la farce est toujours préparée à partir des restes du repas de réveillon.

  • Portugal 

Le réveillon portugais ne se révèle pas particulièrement fastueux jusqu’à l’arrivée des 13 desserts. La table de Noël reste surtout l’occasion de déguster des plats simples imprégnés de tradition. Le réveillon au Portugal (Consoada) inclut le repas en lui-même et l’ouverture des cadeaux qui se déroule immanquablement dans la nuit du 24 au 25 décembre. Les Portugais sont friands de morue et préfèrent la cuisiner le plus simplement possible.  Ils la dégustent bouillie avec des pommes de terre et des choux cuits à l’eau. Le repas est frugal, en prévision des desserts consistants dégustés seulement après la Missa do Galo (La messe du coq). Selon la tradition, un coq aurait chanté le matin du 25 décembre, célébrant à sa manière la naissance de Jésus Christ.

Une fois revenus de la messe, les convives savourent 13 desserts, en hommage aux participants de la Cène. Une table leur est exclusivement réservée et certains restent incontournables pendant le repas du réveillon : le Bolo Rei, un gâteau en forme des couronne composé de fruits secs et garnis de fruits cristallisés au sucre ; les Filhos, des beignets confectionnés à base d’une pâte proche de celle utilisée pour le pain et subtilement parfumée à l’eau de vie et à l’orange ; l’Arroz Doce, un riz au lait aromatisé au citron et les Rabanadas, des tranches de pain rassis imprégnées de lait puis frites avant d’être saupoudrées de sucre et de cannelle. Les Portugais se réunissent le 25 décembre en famille pour manger du chevreau rôti au four avec des pousses de navets (grelos). Ils aiment accompagner ce plat avec du vin rouge mais se tournent vers le porto au moment du dessert. La tradition veut aussi que l’on offre une orange à chaque convive pendant l’ouverture des cadeaux.

Kenya

  • Afrique 

Les Africains se réunissent en famille autour d’un repas copieux qui s’inspire des plats locaux du quotidien. Leurs traditions sont étroitement liées à celles de l’ancien colonisateur, en sachant qu’elles étaient d’influence anglo-saxonne en Afrique de l’Est et du Sud et latine en Afrique de l’Ouest. Le Kenya et le Zimbabwe savourent le plus souvent une chèvre grillée ; le Rwanda, le Liberia et le Nigéria préfèrent le bœuf ou le poulet accompagné de riz et le Cameroun, un poisson braisé ou un poulet rôti servi avec des bananes plantain et le Nkono Ngond, un gâteau à la pistache.

 

 

 

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

Lucie a choisi la voie royale en intégrant des études en Khâgne. Elle éprouve toutefois de réelles difficultés à suivre le rythme intensif des classes préparatoires. Elle s’interroge sur son avenir, ne sait quel chemin emprunter pour donner un sens à sa vie mais l’amitié qu’elle entretient avec Mathilde contribuera fortement à lui faire choisir une voie pour le moins surprenante. Lucie décide de consacrer sa vie à Dieu en intégrant un couvent et se heurte à l’incompréhension de sa mère et de son amie d’enfance qui imaginaient une vie plus ambitieuse pour la jeune fille promise à un avenir brillant. Lucie a subi l’influence d’un ami de son père, le Père Simon, qui a réussi à la convaincre d’entrer dans les ordres. L’auteure pose les bases de l’embrigadement religieux et pointe du doigt les raisons pour lesquelles Lucie a fait le choix radical d’épouser le Seigneur : l’absence de figure paternelle, un burn-out lié aux difficultés qu’elle a rencontrées en classe préparatoire, l’ambition de sa mère qui rêve d’un avenir brillant pour sa fille unique et sa relation avec un modèle convaincu par les codes régissant l’administration religieuse.

Le lecteur suit ainsi le parcours de Lucie, devenue Soeur Marie-Lucie, qui découvre que la vie au couvent n’est pas aussi rose qu’elle le pensait. La jeune novice va devoir se plier au règlement strict, souvent absurde, de l’institution tout en apprenant à jongler avec les amitiés et les conflits des unes et des autres nourries par leurs ambitions. La foi impose aux sœurs d’être constamment soumises à Dieu mais Lucie qui n’est pas dotée d’un caractère docile, se heurte à de nombreux obstacles au cours de ces dix années passées dans la congrégation. Je ne connais pas grand-chose de la vie ecclésiastique, aussi ai-je été intriguée parfois à lire Maëlle Guillaud qui évoque par exemple les plats particulièrement copieux servis par les sœurs. L’abondance de nourriture est telle que les temps consacrés aux repas sont rapidement devenus une torture pour Lucie. La hiérarchie veille toutefois à ce qu’elles finissent leurs assiettes pour que chacune pèse les 75 kg réglementaires. J’avais du mal à croire que les sœurs puissent être soumises à un règlement aussi cruel mais j’en ai eu le souffle coupé en découvrant que l’auteure avait consacré 20 ans de sa vie à l’étude de la vie monacale.

Il n’a pas été facile pour moi de me plonger dans un récit traitant de vocation religieuse mais je reconnais aussi qu’il m’a réservé de beaux moments d’émotion. J’ai été touchée par la foi naïve de Lucie, sa quête de sens, ses interrogations et l’incertitude à laquelle elle a été confrontée lorsque l’adversité la poussait à renoncer. Je me suis également identifiée à Juliette dont les témoignages démontrent à quel point elle ne peut se résoudre à l’idée que sa meilleure amie ait choisi cette voie si austère. Comment une jeune fille de notre époque peut tout délaisser pour s’enfermer de son plein gré entre quatre murs, se considérer épouse de Dieu et partager son temps entre la prière et les tâches domestiques de la congrégation religieuse ? Elle vit le choix de Lucie comme un abandon et chaque visite au parloir du couvent ne fait que croître sa colère.

En ce qui me concerne, j’ai blâmé la froideur de la jeune femme à l’égard de sa mère et de son amie, le comportement qu’elle adopte avec les novices, reproduisant ainsi les humiliations dont elle-même a été victime quelques années auparavant. Le lecteur ne peut que se rendre à l’évidence qu’elle a été conditionnée par la congrégation. Les codes de l’institution religieuse ont endurci le cœur de Lucie aussi violemment que si elle avait été incarcérée. J’ai aussi été sensible à la description des jeux de pouvoirs et des manipulations se déroulant au sein du couvent. Le comportement douteux des sœurs est bien éloigné de l’image que je me faisais des religieuses. J’ai suivi des cours de catéchisme avant de choisir de ne plus croire en Dieu et mon regard objectif sur la question m’a permis d’y voir une dénonciation contre les ordres ecclésiastiques. Je n’ai pas été choquée par le message de Maëlle Guillaud puisque je considère moi-même qu’un certain nombre de pratiques (celles que je connais) n’ont plus lieu d’être aujourd’hui.

A l’heure où l’embrigadement religieux est au cœur des préoccupations des politiques, le roman résonne comme un écho à l’actualité internationale. En posant la question de la foi, l’auteure nous interroge sur ses limites : jusqu’où peut-on aller ? Que peut-on accepter ? Maëlle Guillaud n’a pas choisi la voie de la facilité pour écrire son premier roman. Le sujet est parfaitement maîtrisé mais j’aurais apprécié qu’elle insiste davantage sur le ressenti des proches de Lucie qui se sentent démunis face à sa vocation. Certaines longueurs viennent alourdir un récit qui lassera certainement des lecteurs mais je ne peux que le recommander, ne serait-ce que pour ouvrir les yeux sur un univers méconnu.

Fourstars1

Les origines et traditions de Noël #2

  • L’Avent

La période de l’Avent est conçue comme une période de préparation spirituelle à l’arrivée du Seigneur. Il débute le dimanche le plus proche du jour de la Saint-André (le 30 novembre) et s’étend sur quatre semaines. Selon le calendrier grégorien, L’Avent commence donc au plus tôt le 27 novembre et au plus tard, le 3 décembre pour se terminer immanquablement le 24 décembre. Dans la tradition chrétienne, la couronne de l’Avent symbolise le retour du Christ. L’histoire raconte qu’elle aurait été inventée en 1839 dans un orphelinat d’Hambourg (Allemagne) par le pasteur Heinrich Wichern. Il a lancé cette tradition dans le but de contenir l’impatience des enfants dont il avait la charge en fabriquant une couronne de bois ornée de 19 petits cierges rouges et 4 grands cierges blancs. Le pasteur en allumait une chaque matin jusqu’au jour de Noël.

La constitution de la couronne de l’Avent a évolué avec le temps puisqu’elle est aujourd’hui conçue à base de branches de laurier, de houx, de gui, de pommes de pin et de rubans de couleur. Elle ne comporte aussi que 4 grandes bougies. La tradition veut que chacune d’entre elles soit allumée chaque semaine précédant Noël . Dans la plupart des pays, la couronne est décorée de bougies rouges mais certains ont leurs propres coutumes. En Autriche, elles sont violettes et symbolisent la pénitence alors qu’en Suède, leur couleur blanche renvoie à l’image de pureté.

La tradition du calendrier de l’Avent trouve aussi ses origines dans l’Allemagne du XIX ème siècle. Certaines familles protestantes ont eu pour coutume pendant vingt quatre jours d’accrocher une image pieuse comportant une phrase de l’Évangile. Le calendrier de l’Avent n’était alors présent qu’en Allemagne et en Alsace. En 1920, les premiers calendriers commerciaux ont fait leur apparition partout en France mais il a fallu attendre 1958 pour se procurer celui que nous connaissons aujourd’hui. L’immense majorité ne correspond pas exactement au temps de l’Avent mais certains qui sont plus puristes, affichent un nombre de jours variant entre 22 et 28 selon la période de l’Avent. Les marchés de Noël ont lieu pendant les quatre semaines de l’Avent. Cette tradition plus ancienne remonte au XIV ème siècle en Allemagne sous l’appellation de marché de Saint-Nicolas.

  • La crèche de Noël

Selon l’Evangile de Luc, Marie aurait déposé Jésus dans la crèche d’une grotte aménagée en étable (il en existait beaucoup en Palestine). L’invention de la crèche de Noël est traditionnellement attribuée à Saint-François d’Assise dans la mesure où ce religieux catholique d’origine italienne aurait crée la première crèche en 1223 en faisant incarner les personnages de la Nativité par les habitants de la ville de Grecchio. La coutume s’est ensuite répandue tout en remplaçant progressivement les personnes par des figurines en terre cuite ou en plâtre. Les jésuites ont été à l’origine des premières crèches en modèles réduits. Les crèches qui se rapprochent le plus de celles que nous connaissons aujourd’hui sont apparues dans les églises du XVI ème siècle. Les aristocrates napolitains ont lancé la coutume des crèches familiales au XVII ème siècle et les partisans de la Révolution française interdisant leur présence dans les lieux publics, le peuple a alors décidé d’en installer une chez lui.

  • Saint-Nicolas et Père Fouettard 

Saint Nicolas, saint patron et protecteur des enfants, est fêté tous les 6 décembre (date de sa mort) dans l’Est, le Nord de la France et d’autres pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas …). Il distribue du pain d’épice et des oranges aux enfants sages et se voit remettre les clés de la ville par le maire. Le personnage serait inspiré de Nicolas Myre, un évêque d’Asie Mineure du IV ème siècle, qui était réputé pour sa générosité. Il aurait effectivement donné de l’argent à des jeunes filles issues d’un milieu très modeste pour qu’elles puissent avoir une dot et se marier et sauvé de la tempête un bateau apportant du blé dans la ville de Myre. Le Père Fouettard accompagne Saint-Nicolas pour punir les enfants qui n’ont pas été sages pendant l’année. Son origine remonte au règne de Charles Quint puisque les habitants de la ville de Metz ont brûlé un mannequin à l’effigie de l’empereur en le surnommant Père Fouettard.

  • Le Père Noël

Un personnage ressemblant au Père Noel était présenté comme le valet de Saint-Nicolas dans les pays de tradition germanique. Aux Etats-Unis, la première évocation au symbole le plus mythique de Noël date seulement du XIX ème siècle. En 1822, le pasteur Clement Clark Moore avait présenté Saint-Nicolas comme un lutin souriant, bien en chair et fumant la pipe dans un poème intitulé « A visit from St Nicholas ». Il distribuait déjà des cadeaux en parcourant le monde sur un traîneau mais ne portait pas encore le nom de Père Noël . L’image du personnage jovial vêtu du costume rouge et blanc ne s’est popularisée qu’en 1931 grâce au dessinateur Haddon Sundblom qui s’en est alors servi pour illustrer une campagne publicitaire de Coca-Cola. Le personnage est devenu encore plus célèbre pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

 

Lignes de vie, Samantha Bailly

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Le mois de décembre est la période idéale pour se plonger dans des histoires qui donnent chaud au cœur. Ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire mais il a parfaitement rempli le contrat de me faire passer un agréable moment, emmitouflée sous mon plaid en dégustant un chocolat chaud. Le récit ne brille pas pour son originalité dans la mesure où j’aurais souhaité assister à plus de rebondissements et me laisser surprendre par un twist digne de ce nom, même si mon cœur s’est serré à plusieurs reprises au cours de ma lecture. Il s’en dégage néanmoins une telle douceur que j’ai tourné la dernière page avec le sourire aux lèvres. Je fais partie des lectrices qui se laissent porter par les échanges épistolaires et c’est la raison pour laquelle j’ai suivi avec enthousiasme l’histoire singulière d’Antoine et Gabrielle. Ils habitent dans la même ville, ne se connaissent pas et n’étaient d’ailleurs pas destinés à se rencontrer. Le hasard va pourtant les rapprocher et donner naissance à une relation épistolaire au cours de laquelle les deux protagonistes se livrent, lettre après lettre, sur leurs espoirs et désillusions.

Les mots défilent sur le papier comme un exutoire et leurs échanges abordent parfois des sujets si intimes que j’avais l’impression de faire preuve d’une réelle indiscrétion en lisant leurs lettres. Les lecteurs sont aussi témoins de l’évolution de leur relation qui se transforme assez rapidement en une amitié sincère que nous sommes certainement nombreux à envier. La confiance grandit entre Antoine et Gabrielle qui se nourrissent réciproquement de chaque mot posé sur le papier. Leur regard sur la vie change et la relation atypique qui les unit les amène également à prendre des décisions importantes. A l’heure où les personnes de sexe opposés apprennent à se connaître par écran interposé, le parcours d’Antoine et Gabrielle nous rappelle à quel point l’écriture est une forme inédite de liberté qui contient la force de pouvoir révéler ses pensées et de se montrer honnête envers l’autre en annihilant toute pudeur.

La lettre paraît aujourd’hui bien obsolète mais elle restera à jamais plus personnelle que les e-mails et les messages parfois douteux échangés sur les sites de rencontres. En tant qu’éternelle romantique, je reconnais que j’aurais vibré si un homme (pas n’importe lequel !) m’avait exprimé ses sentiments en m’écrivant des lettres. Ces échanges ne peuvent paradoxalement qu’éveiller les soupçons tant les faits d’actualité nous rappellent jour après jour que l’Homme est capable du pire mais il faut bien admettre que le concept serait surprenant et excitant dans un monde meilleur. Samantha Bailly fait aussi prendre conscience à ses lecteurs que les plus belles rencontres peuvent être le fruit du hasard. A quoi bon vouloir tout planifier et évaluer les gens que nous ne connaissons pas comme si nous conduisions des entretiens d’embauche ? Il est pourtant si bon de faire confiance à son instinct et de laisser libre cours à la spontanéité.

La plume de l’auteure est tantôt poétique, tantôt banale et raconte avec sensibilité les maux de ses personnages qui miette après miette, mettent leur âme à nu. Le lecteur peut trouver regrettable que l’histoire soit cousue de fil blanc et que leur relation prenne un tournant si attendu mais il peut difficilement reprocher à Samantha Bailly de manquer de discernement sur la complexité des interactions sociales. Antoine et Gabrielle réalisent l’intimité de leurs échanges virtuels et le réconfort qu’ils peuvent y trouver mais prennent aussi conscience que leur amitié ne pourra évoluer que s’ils se rencontrent en chair et en os. Ils hésitent à franchir le pas, à donner un caractère réel à leur correspondance atypique dans la mesure où le face à face brisera inévitablement le mystère qui l’entoure. Samantha Bailly ne cache pas son faible pour les fins ouvertes (ce n’est malheureusement pas mon cas) mais en reconnaissant avoir préféré ce roman à « Ce qui nous lie », je suis satisfaite de m’être plongée à nouveau dans l’univers de l’auteure et d’avoir saisi l’opportunité de découvrir un récit qui, en se caractérisant par sa tendresse et sa douceur, est en parfaite harmonie avec l’esprit de cette période de l’année.

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