Sport, menstruations et endométriose : et si on en parlait ?

Il n’est pas nécessaire que je revienne sur le titre de l’article qui ne peut être plus explicite. Je n’avais encore jamais abordé le sujet alors que j’y suis confrontée comme vous chaque mois pendant plusieurs jours. Toutes les sportives ont été amenées à se demander si les menstruations pouvaient constituer un frein à leur pratique. Or, chacune d’entre nous est unique et nous vivons donc différemment cette période de notre cycle. Le contenu de mon article ne se substitue en aucun cas aux conseils avisés d’un médecin (il faut regarder la réalité en face : ce n’est pas une conseillère en insertion professionnelle ayant fait des études de lettres et de gestion qui pourra vous dénicher la recette miracle) mais il est essentiel de dire haut et fort que les menstruations restent un phénomène physiologique tout à fait naturel.

Avoir ses règles n’est pas systématiquement une excuse valable pour ranger précipitamment ses baskets au placard. Faire du sport est possible et peut même nous aider à mieux gérer cette période. Il est néanmoins judicieux d’écouter son corps parce que tout dépend aussi de l’intensité des symptômes qui peuvent s’avérer particulièrement douloureux chez certaines femmes. De manière générale, la gente féminine ne doit pas banaliser les douleurs liées aux menstruations. A partir du moment où vous avez mal régulièrement, que vous prenez des antalgiques ou que ces désagréments vous empêchent d’aller au travail (ou en cours), il devient alors nécessaire de consulter un gynécologue. Il peut alors détecter une forme légère d’endométriose qui aurait été susceptible d’évoluer et de s’aggraver.

Certains signes comme des douleurs dans le dos, le ventre mais aussi plus rarement dans les poumons et articulations indiquent que vous souffrez peut-être de cette maladie. Si elle est détectée au cours d’une échographie endovaginale ou d’un IRM, la patiente se voit généralement prescrire une pilule progestative en continu, pour interrompre le cycle menstruel et limiter la progression de la maladie. Si l’endométriose est plus sévère, une opération chirurgicale peut être proposée ainsi qu’une ménopause artificielle de quelques mois pour faire disparaître les lésions. Pour autant, nombreuses sont les femmes qui vont de gynécologues en gynécologues sans que la maladie ne soit décelée. Nous vivons avec l’idée et le préjugé tenace que les règles sont systématiquement associées à la douleur. Or, je ne répéterai jamais assez qu’il n’est pas normal d’avoir mal.

Si elle est décelée relativement tôt, l’endométriose se soigne et peut permettre aux personnes concernées de vivre une vie presque normale. En revanche, les médecins ont attendu des années avant de communiquer sur cette maladie tant les causes et symptômes restent méconnus. Cette affection est souvent diagnostiquée tardivement, en moyenne 9 ans après l’apparition des premiers symptômes. Sa prise en charge devient plus compliquée et les femmes souffrant d’endométriose ont ainsi plus de risques de devenir stériles. Les difficultés pour tomber enceinte peuvent même être une cause permettant de la diagnostiquer. Certaines femmes ne sont concernées par aucun symptôme lié à la maladie et ce n’est seulement qu’après plusieurs tentatives infructueuses qu’elles découvrent leur endométriose suite à un bilan d’infertilité. Par ailleurs, on estime qu’une femme sur sept en âge de procréer est atteinte de cette maladie, parfois même sans le savoir. L’heure est grave …

Les femmes souffrant d’endométriose ont tendance à freiner voire interrompre leurs activités physiques par crainte d’avoir encore plus mal. Cette attitude n’est toutefois pas la bonne marche à suivre pour réduire les troubles liées à la maladie. Au contraire, la pratique d’un sport permet de soulager les symptômes dans la mesure où la production d’endorphines est reconnue pour agir efficacement contre la douleur. Il n’est pas pour autant question de se lancer bille en tête dans des activités à fort impact. Mieux vaut privilégier le stretching, le yoga, les Pilates et la marche qui permettent de détendre les muscles et l’esprit. En ce qui me concerne, j’ai longtemps soulagé mes douleurs menstruelles avec un anti-inflammatoire (Antadys) parce qu’il m’arrivait fréquemment d’être immobilisée pendant la première journée du cycle. Un gynécologue m’avait alors examiné et prescrit une pilule qui a fait progressivement disparaître les douleurs.

Aujourd’hui, elles ne me gênent pas vraiment dans ma pratique. Je ressens plutôt une fatigue intense, surtout les deux premiers jours, et si je m’écoutais, je reconnais que je préférerais rester tranquillement chez moi. J’évite de pratiquer la course à pied et annule aussi ma séance de HIIT à la salle de sport pour me tourner vers les activités physiques à moindre impact. Je suis convaincue que la pratique du sport, même si je me sens moins dynamique pendant cette période, a un effet bénéfique sur mes légers symptômes. L’alimentation joue aussi un rôle non négligeable pour limiter l’intensité des douleurs menstruelles. Il est indispensable de boire beaucoup afin de soutenir l’organisme dans son effort d’évacuation des toxines (saviez-vous que les règles avaient un rôle « détox » ?). Pendant cette période, mieux vaut éviter de consommer des aliments à IG élevé (pommes de terre, riz …), laitages, alcaloïdes (thé et café) et de la viande rouge.

Je suis consciente que nous ne sommes pas égales face à la douleur mais j’espère que cet article vous aura plu et donner envie de chausser vos baskets pendant cette période un peu délicate. Je serais encore plus ravie si des lectrices souffrant d’endométriose ou de règles très douloureuses partagent leurs expériences sur le blog. Leurs témoignages sont précieux pour faire prendre conscience que les douleurs menstruelles ne doivent pas être prises à la légère (« On n’est pas des chochottes ! »). Ils sont aussi nécessaires pour souligner l’impact que cette maladie exerce sur le quotidien des personnes concernées.

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