Wild Fell, Mickaël Rowe

La première de couverture de « Wild Fell » promet monts et merveilles aux amateurs de récits paranormaux mais je n’en demeurais pas moins dubitative face à tant d’éloges (« Une superbe ghost story », « Un roman fantastique de première classe »). Une histoire de fantôme n’étant pas le sujet le plus original qui soit, je ne m’attendais donc pas à un miracle. Je dirais même que je me suis plongée dans ce roman à reculons pour la simple raison que je reconnais être assez exigeante sur le sujet. J’étais seulement âgée de 13 ans quand je me suis procurée des frayeurs mémorables avec « Simetierre » de Stephen King et j’ai également eu l’occasion de regarder pléthore de films d’épouvante pendant les soirées d’orages.

« Wild Fell » était censé me réserver des moments de frisson inoubliables mais je ne peux que constater qu’il n’a pas rempli sa part de contrat. La force de son récit réside plutôt dans sa capacité à distiller les éléments de l’intrigue, de façon à maintenir le suspens. Je sentais qu’une entité malveillante tapie dans l’ombre attendait le moment propice pour révéler au grand jour son machiavélique dessein. Le roman commence fort puisqu’il nous immerge dans le destin tragique d’un couple d’adolescents qui, après avoir passé sa première soirée en tête-à-tête au bord de Devil’s Lake, est retrouvé mort le lendemain matin dans des circonstances troublantes. Les rumeurs selon lesquelles l’île de Blackmore Island et la demeure de Wild Fell seraient hantées s’amplifient lorsque ses habitants prennent connaissance du drame.

L’histoire ne se poursuit pas avec l’acquisition de Wild Fell, laissant ainsi de côté la trame linéaire classique des œuvres les plus illustres du genre. L’auteur préfère commencer son récit par les mésaventures de son personnage principal. Réservé et solitaire, Jameson Browning souffre en silence des brimades de ses camarades de classe. Il a aussi endossé son rôle de souffre-douleur pendant les vacances d’été, période pendant laquelle il est devenu la risée du camp Manitou. Je me suis pris d’affection pour ce petit garçon dont l’existence sonne singulièrement vraie. Il se montre courageux face aux obstacles et à l’indifférence qui lui témoigne sa mère. Sa vie bascule le soir où il voit apparaître la silhouette d’une fillette dans le miroir de sa chambre. Jameson la considère rapidement comme sa plus fidèle confidente mais cette dernière semble plutôt mal intentionnée. Des phénomènes violents ne cessent d’ailleurs de se multiplier dans l’entourage du petit garçon.

Plusieurs décennies se sont écoulées et Jameson se voit contraint de confier son père aux soins d’une clinique spécialisée pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Un agent immobilier ne tarde pas à le contacter pour lui proposer une offre qu’il estime ne pas pouvoir refuser. Il fait alors l’acquisition de la demeure de Wild Fell sans avoir pris le temps de l’avoir visitée auparavant. Après avoir pris possession des lieux, Jameson se rend compte que la situation ne cesse de se dégrader et sera amené bien trop tôt à regretter son choix. Je n’ai pas été dans mon assiette en découvrant que la fillette qui hante le miroir s’exprimait avec la voix de Jameson parce que le lecteur n’est pas encore en mesure de déterminer si elle est réelle ou issue de l’imagination débordante d’un petit garçon qui souffre de solitude.

L’intrigue avait le potentiel nécessaire pour me donner envie de me réfugier sous ma couette mais il aurait fallu que la plume de Mickael Rowe soit plus mature. Il excelle néanmoins dans l’art de la description puisqu’il parvient avec fluidité à nous faire visualiser la magnificence de cette demeure victorienne qui surprend par son parfait état de conservation. Le final, l’apothéose devrais-je dire, est un feu d’artifices de révélations qui m’a tenu davantage en haleine que le reste du récit. J’ai surtout été séduite par son atmosphère gothique mais je reste convaincue que le roman aurait été un coup de cœur si l’auteur avait fait preuve de plus d’audace.

Threestars1

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