Risk, Fleur Ferris

Taylor et Sierra sont des amies inséparables dotées d’un tempéramment diamétralement opposé. La première est extravertie, consciente que son physique avantageux ne laisse pas indifférent les garçons du lycée tandis que la seconde est plus réservée et manque de confiance en elle. Les deux jeunes filles ont pris l’habitude de discuter avec des inconnus sur un site de rencontres mais jettent leur dévolu sur le séduisant Jacob Jones. Ce dernier propose rapidement un rendez-vous à Sierra et même si son amie est vexée de ne pas avoir été choisie par le bel inconnu, elle accepte néanmoins de couvrir la jeune fille pour la soirée. Le week-end touche à sa fin et Sierra ne donne toujours pas signe de vie. Taylor décide alors d’alerter sa mère et la police. Qu’est-il arrivée à la jeune fille ? Qui est réellement Jacob Jones ?

Le lecteur se retrouve confronté à la colère et l’incompréhension d’une adolescente de 15 ans qui a brutalement pris conscience que le Net est le terrain de chasse privilégié des prédateurs sexuels. Elle se reproche aussi de ne pas avoir trouvé le courage d’informer immédiatement les parents de Sierra que leur fille courrait un grave danger en honorant l’invitation d’un parfait inconnu. Seulement, Taylor était loin de se douter que derrière l’apparence inoffensive de Jacob Jones se cachait un homme plus mûr qui attendait le moment propice pour satisfaire ses intentions perverses. La jeune fille qui a effectivement manqué de tomber dans le piège tendu par l’assassin de Sierra, doit désormais affronter la culpabilité d’avoir échappé au pire. Le roman de Fleur Ferris m’a profondément bouleversé dans la mesure où je me suis glissée dans la peau d’une mère de famille qui peut apprendre du jour au lendemain que sa fille de 15 ans a été la cible d’actes pervers. Je n’ai cessé d’avoir des pincements au cœur en imaginant combien de jeunes filles pourraient se retrouver dans la même situation que Sierra. Elles se mettent en danger pour vivre le grand Amour en étant totalement inconscientes des menaces qui planent sur la Toile.

Je ne parviens pas à trouver les mots justes pour expliquer à quel point j’ai été touchée par le récit. J’ai pensé à toutes les adolescentes en quête d’attention qui exposent leur vie sur le Net sans réfléchir aux conséquences. Ma part de jeune femme qui envisage de devenir mère dans quelques années a crié, souffert de se rappeler à quel point des individus mal intentionnés peuvent se servir de l’innocence afin de mener à bien leurs sinistres projets. Fleur Ferris ne se montre jamais moralisatrice pour dénoncer les dangers d’Internet. Elle ne tombe pas non plus dans l’excès puisque son récit démontre qu’il est tout à fait possible de faire de belles rencontres sur la Toile. Elle ouvre plutôt les yeux sur les dérives, la facilité dont témoigne la nouvelle génération pour se lier à des inconnus. Les jeunes semblent dépourvus d’instinct de méfiance, de volonté de se cultiver un jardin secret mais l’auteure ne s’en sert pas pour faire basculer son récit dans la morale facile. Je regrette néanmoins que Fleur Ferris n’ait fait que survoler la rencontre entre Sierra et Jacob. Le lecteur aurait sûrement apprécié qu’elle se focalise davantage sur les moyens utilisés par les prédateurs sexuels pour approcher les jeunes filles et gagner leur confiance.

Je ne suis pas adepte de littérature Young Adult pour plusieurs raisons mais je reproche surtout au genre de donner souvent naissance à des protagonistes stéréotypés. Or, Fleur Ferris a joué la carte de la subtilité en faisant en sorte à ce que ses personnages, pourtant très jeunes, avouent rapidement les faits pour permettre à la police d’enquêter sur la disparition de Sierra. Le roman met ainsi une claque aux clichés du roman jeunesse en mettant en scène des adolescents matures qui ne perdent pas de temps à délibérer et mentir à leurs proches pour minimiser leur part de responsabilité. Le sujet est traité avec tellement d’intelligence que la lecture du roman serait justement l’occasion d’échanger entre générations sur les dangers du Net et de permettre aux détracteurs de relativiser sur les méfaits. Je ne peux donc que vous recommander de plonger dans cette histoire poignante qui est d’autant plus terrifiante qu’elle pourrait concerner n’importe qui. Toute jeune fille ne prenant pas ses précautions sur la Toile est susceptible de se mettre en danger et cette lecture nous amène alors à se remettre en question, que ce soit sur sa manière d’utiliser Internet ou sur la nécessité de sensibiliser les personnes qui nous entourent.

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Comment prendre soin de ses cheveux ?

Le sport a des bienfaits sur la santé et la silhouette mais pratiquer une activité physique régulière n’est pas le secret d’une chevelure de rêve. L’exercice physique en lui-même n’est pas nocif pour les cheveux. La transpiration, les frottements, le manque d’entretien et la coiffure sont en revanche responsables de la détérioration des tiges capillaires. J’ai décidé d’aborder le sujet avec vous parce qu’en faisant régulièrement du sport depuis plus de trois ans et en portant de longs cheveux bouclés, je pense avoir trouvé une routine qui me convient et m’a permis de limiter les dégâts. Les coiffeurs n’approuveraient peut-être pas mes méthodes mais je n’ai pas encore trouvé de meilleures solutions pour éviter les mauvaises surprises.

A quoi devons-nous faire attention pour garder une chevelure saine ? La transpiration est sans conteste l’ennemi numéro 1. Elle contient des sels minéraux (potassium, calcium et magnésium) qui active la circulation sanguine et facilite la pousse des cheveux mais libère du sel qui les assèche. Elle s’accumule aussi sur le cuir chevelu en l’empêchant d’évacuer le sébum et éliminer les impuretés. Si vous n’y prenez pas garde, la transpiration peut accélérer la chute des cheveux, en sachant que les hommes sont les premiers concernés.

Tous les coiffeurs sensés ne cessent de répéter qu’il n’est pas nécessaire de les laver après chaque séance de sport, surtout pour ceux qui en font tous les jours. Or, je me révèle incapable de suivre ce judicieux conseil pour la simple raison que ma chevelure devient indomptable après l’effort. Je ne peux pas non plus passer un peigne fin dans mes cheveux sans hurler de douleur et toutes ces raisons me contraignent alors à les laver quotidiennement. J’ai pourtant trouvé une alternative plutôt judicieuse pour venir à bout des frisottis et nœuds récalcitrants sans pour autant fragiliser mon cuir chevelu. Je ne jure donc plus que par les low-poo qui, en ne contenant pas de tensio-actifs moussants, respectent davantage la fibre capillaire.

J’avais aussi adopté le shampoing sec mais cette époque est révolue depuis que je me suis rendue compte que mes boucles avaient perdu en souplesse et en brillance. Il ne fait que fixer la transpiration en provoquant l’apparition d’autres résidus qui obstruent les pores du cuir chevelu. Il permet de rafraîchir la coiffure mais détériore la santé des cheveux sur le long terme.

Vous êtes nombreuses à utiliser des bandeaux bien larges pour dégager le visage et éviter que la sueur ne vous tombe dans les yeux. Seulement, ils absorbent tellement la transpiration qu’ils créent un terrain favorable à la prolifération des bactéries. Il est alors indispensable de les laver le plus régulièrement possible (l’idéal serait de les mettre à la machine à laver après chaque séance de sport) et de se tourner vers des matières « respirantes » qui sont incontestablement plus hygiéniques.

Le port de la casquette est particulièrement recommandé si vous êtes exposés au soleil mais si elle n’est pas nécessaire, mieux vaut la retirer pour éviter les mauvaises surprises. La transpiration ne s’évacuant pas du cuir chevelu, elle aura surtout pour effet de favoriser la chute des cheveux. A moins d’arborer une coupe courte, il est impossible de faire du sport avec les cheveux lâchés. Or, les modèles d’élastiques disposant d’une petite plaque métallique cassent la fibre capillaire au moment de les retirer pour détacher la chevelure. Mieux vaut miser sur les élastiques simples ou les chouchous afin de limiter les dégâts.

Les filles qui ont les cheveux bouclés savent à quel point il ne sont pas faciles à dompter et leur croissance en torsade les rend aussi plus secs et fragiles. Ils se déshydratent, notamment au niveau des boucles, où les écailles s’ouvrent plus facilement et laissent échapper eau et nutriments. On se tourne alors vers les formules concentrées en lipides (beurre de karité et huiles végétales) qui en imprégnant la fibre, la rendent plus élastique, résistante et brillante. Le cheveu frisé renvoie effectivement moins bien la lumière et semble, par effet d’optique, plus terne.

Je mise donc tout sur une routine beauté nourrissante en massant l’huile de noix de coco sur les longueurs pour faciliter la pénétration de ses agents hydratants. Je laisse agir 30 à 40 minutes, rince soigneusement mes cheveux avant de faire deux shampoings (le premier pour nettoyer le cuir chevelu, le second pour laver les longueurs ). Je ne peux pas faire l’impasse sur le démêlant, sous peine de me retrouver avec des paquets de nœuds sur la tête. Le protocole est bien rodé puisque je pars toujours des pointes avant de remonter vers les racines. J’évite d’utiliser la brosse qui abîme les fibres et casse les boucles et ne me sers donc que de mes doigts pour étendre le produit sur toute la chevelure.

Quels conseils et astuces souhaiteriez-vous partager ?

 

 

Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot

« Samedi 14 novembre » est un roman important et je pèse mes mots. Son écriture authentique et percutante nous fait revivre la tragédie du 13 novembre 2015, à travers le regard des victimes, de leurs proches et notamment celui de B, un jeune homme de vingt ans dont le frère aîné a été abattu alors qu’ils fêtaient son anniversaire à la terrasse d’un café. Une balle ayant éraflé son bras, B. est immédiatement transporté à l’hôpital pour recevoir les premiers soins. Il quitte néanmoins les lieux sans crier gare pour rejoindre le métro qui le ramènera chez lui. Son regard croise alors celui d’un homme qui était assis aux côtés des responsables de la fusillade. Le choc et l’incompréhension éveillent en lui une rage froide qui le pousse à se lancer à la poursuite du présumé terroriste. Aveuglé par la colère et la tristesse, B. ne se fie qu’à son intuition qui lui souffle de séquestrer l’inconnu dans son appartement. Il n’épargne pas non plus la sœur du présupposé assassin qui a selon lui, sa part de responsabilité. Elle ne peut ignorer ce qui s’est passé la veille.

Le récit bascule alors dans un huis-clos où la tension devient palpable. Il n’a pas pris le temps de réfléchir à ce qu’il allait mettre en oeuvre pour venger son frère mais sa fragilité peut le conduire à commettre un acte irréparable qu’il regrettera tôt ou tard. B. n’est plus lui-même et n’a rien d’un assassin. Les attentats de Paris ont suscité des réactions violentes qui dépassent parfois la pensée mais à la place de B., aurions-nous agi différemment ? Vincent Villeminot a préféré se focaliser sur le traumatisme engendré par les attentats en donnant naissance à des protagonistes qui ne manquent pas d’interpeller et émouvoir le lecteur. Chacun apporte un point de vue et un ressenti qui se rallient aux autres pour conférer une dimension universelle au récit. Ces individus, touchés de près ou de loin par la tragédie, ne font que se frôler mais n’en restent pas moins unis dans la douleur.

Le roman est doté d’une force inouïe qui, entre violence et espérance, nous amène à analyser les répercussions des attentats sur notre façon de concevoir l’autre. Vincent Villeminot brosse effectivement le portait d’une génération fragilisée et pétrie de contradictions. Elle porte un regard pessimiste sur l’avenir mais continue de rêver à un monde meilleur. Elle n’a jamais autant craint l’inconnu tout en faisant preuve d’une remarquable ouverture d’esprit. Le témoignage de Layla, la sœur cadette du terroriste, est sans doute celui qui m’a le plus marqué dans la mesure où ses messages nous montrent à quel point le monde se révèle plus complexe qu’il n’y paraît, loin de tout préjugé manichéen.

La fin du roman ne pouvait pas être plus symbolique puisque B. et Layla imaginent qu’ils pourront s’aimer dans un futur plus ou moins proche. Le ton est léger, rempli d’espoir et laisse entrapercevoir un avenir riche en perspectives. L’auteur est peut-être utopiste mais il est tellement enivrant de se laisser aller à rêver à un monde meilleur. « Samedi 14 novembre » n’est pas un roman témoignage mais Vincent Villeminot a eu le mérite de trouver les mots justes sur une souffrance silencieuse qui a laissé une trace indélébile dans les consciences. Le sujet est d’ailleurs si sensible que vous ne serez peut-être pas encore prêts à vous plonger dans un récit qui traite des attentats. Chaque vécu renvoie à des perceptions différentes et c’est la raison pour laquelle il est préférable de s’écouter afin d’évaluer si nous avons le recul nécessaire pour recevoir de plein fouet cet uppercut littéraire.

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Sport, menstruations et endométriose : et si on en parlait ?

Il n’est pas nécessaire que je revienne sur le titre de l’article qui ne peut être plus explicite. Je n’avais encore jamais abordé le sujet alors que j’y suis confrontée comme vous chaque mois pendant plusieurs jours. Toutes les sportives ont été amenées à se demander si les menstruations pouvaient constituer un frein à leur pratique. Or, chacune d’entre nous est unique et nous vivons donc différemment cette période de notre cycle. Le contenu de mon article ne se substitue en aucun cas aux conseils avisés d’un médecin (il faut regarder la réalité en face : ce n’est pas une conseillère en insertion professionnelle ayant fait des études de lettres et de gestion qui pourra vous dénicher la recette miracle) mais il est essentiel de dire haut et fort que les menstruations restent un phénomène physiologique tout à fait naturel.

Avoir ses règles n’est pas systématiquement une excuse valable pour ranger précipitamment ses baskets au placard. Faire du sport est possible et peut même nous aider à mieux gérer cette période. Il est néanmoins judicieux d’écouter son corps parce que tout dépend aussi de l’intensité des symptômes qui peuvent s’avérer particulièrement douloureux chez certaines femmes. De manière générale, la gente féminine ne doit pas banaliser les douleurs liées aux menstruations. A partir du moment où vous avez mal régulièrement, que vous prenez des antalgiques ou que ces désagréments vous empêchent d’aller au travail (ou en cours), il devient alors nécessaire de consulter un gynécologue. Il peut alors détecter une forme légère d’endométriose qui aurait été susceptible d’évoluer et de s’aggraver.

Certains signes comme des douleurs dans le dos, le ventre mais aussi plus rarement dans les poumons et articulations indiquent que vous souffrez peut-être de cette maladie. Si elle est détectée au cours d’une échographie endovaginale ou d’un IRM, la patiente se voit généralement prescrire une pilule progestative en continu, pour interrompre le cycle menstruel et limiter la progression de la maladie. Si l’endométriose est plus sévère, une opération chirurgicale peut être proposée ainsi qu’une ménopause artificielle de quelques mois pour faire disparaître les lésions. Pour autant, nombreuses sont les femmes qui vont de gynécologues en gynécologues sans que la maladie ne soit décelée. Nous vivons avec l’idée et le préjugé tenace que les règles sont systématiquement associées à la douleur. Or, je ne répéterai jamais assez qu’il n’est pas normal d’avoir mal.

Si elle est décelée relativement tôt, l’endométriose se soigne et peut permettre aux personnes concernées de vivre une vie presque normale. En revanche, les médecins ont attendu des années avant de communiquer sur cette maladie tant les causes et symptômes restent méconnus. Cette affection est souvent diagnostiquée tardivement, en moyenne 9 ans après l’apparition des premiers symptômes. Sa prise en charge devient plus compliquée et les femmes souffrant d’endométriose ont ainsi plus de risques de devenir stériles. Les difficultés pour tomber enceinte peuvent même être une cause permettant de la diagnostiquer. Certaines femmes ne sont concernées par aucun symptôme lié à la maladie et ce n’est seulement qu’après plusieurs tentatives infructueuses qu’elles découvrent leur endométriose suite à un bilan d’infertilité. Par ailleurs, on estime qu’une femme sur sept en âge de procréer est atteinte de cette maladie, parfois même sans le savoir. L’heure est grave …

Les femmes souffrant d’endométriose ont tendance à freiner voire interrompre leurs activités physiques par crainte d’avoir encore plus mal. Cette attitude n’est toutefois pas la bonne marche à suivre pour réduire les troubles liées à la maladie. Au contraire, la pratique d’un sport permet de soulager les symptômes dans la mesure où la production d’endorphines est reconnue pour agir efficacement contre la douleur. Il n’est pas pour autant question de se lancer bille en tête dans des activités à fort impact. Mieux vaut privilégier le stretching, le yoga, les Pilates et la marche qui permettent de détendre les muscles et l’esprit. En ce qui me concerne, j’ai longtemps soulagé mes douleurs menstruelles avec un anti-inflammatoire (Antadys) parce qu’il m’arrivait fréquemment d’être immobilisée pendant la première journée du cycle. Un gynécologue m’avait alors examiné et prescrit une pilule qui a fait progressivement disparaître les douleurs.

Aujourd’hui, elles ne me gênent pas vraiment dans ma pratique. Je ressens plutôt une fatigue intense, surtout les deux premiers jours, et si je m’écoutais, je reconnais que je préférerais rester tranquillement chez moi. J’évite de pratiquer la course à pied et annule aussi ma séance de HIIT à la salle de sport pour me tourner vers les activités physiques à moindre impact. Je suis convaincue que la pratique du sport, même si je me sens moins dynamique pendant cette période, a un effet bénéfique sur mes légers symptômes. L’alimentation joue aussi un rôle non négligeable pour limiter l’intensité des douleurs menstruelles. Il est indispensable de boire beaucoup afin de soutenir l’organisme dans son effort d’évacuation des toxines (saviez-vous que les règles avaient un rôle « détox » ?). Pendant cette période, mieux vaut éviter de consommer des aliments à IG élevé (pommes de terre, riz …), laitages, alcaloïdes (thé et café) et de la viande rouge.

Je suis consciente que nous ne sommes pas égales face à la douleur mais j’espère que cet article vous aura plu et donner envie de chausser vos baskets pendant cette période un peu délicate. Je serais encore plus ravie si des lectrices souffrant d’endométriose ou de règles très douloureuses partagent leurs expériences sur le blog. Leurs témoignages sont précieux pour faire prendre conscience que les douleurs menstruelles ne doivent pas être prises à la légère (« On n’est pas des chochottes ! »). Ils sont aussi nécessaires pour souligner l’impact que cette maladie exerce sur le quotidien des personnes concernées.

Wild Fell, Mickaël Rowe

La première de couverture de « Wild Fell » promet monts et merveilles aux amateurs de récits paranormaux mais je n’en demeurais pas moins dubitative face à tant d’éloges (« Une superbe ghost story », « Un roman fantastique de première classe »). Une histoire de fantôme n’étant pas le sujet le plus original qui soit, je ne m’attendais donc pas à un miracle. Je dirais même que je me suis plongée dans ce roman à reculons pour la simple raison que je reconnais être assez exigeante sur le sujet. J’étais seulement âgée de 13 ans quand je me suis procurée des frayeurs mémorables avec « Simetierre » de Stephen King et j’ai également eu l’occasion de regarder pléthore de films d’épouvante pendant les soirées d’orages.

« Wild Fell » était censé me réserver des moments de frisson inoubliables mais je ne peux que constater qu’il n’a pas rempli sa part de contrat. La force de son récit réside plutôt dans sa capacité à distiller les éléments de l’intrigue, de façon à maintenir le suspens. Je sentais qu’une entité malveillante tapie dans l’ombre attendait le moment propice pour révéler au grand jour son machiavélique dessein. Le roman commence fort puisqu’il nous immerge dans le destin tragique d’un couple d’adolescents qui, après avoir passé sa première soirée en tête-à-tête au bord de Devil’s Lake, est retrouvé mort le lendemain matin dans des circonstances troublantes. Les rumeurs selon lesquelles l’île de Blackmore Island et la demeure de Wild Fell seraient hantées s’amplifient lorsque ses habitants prennent connaissance du drame.

L’histoire ne se poursuit pas avec l’acquisition de Wild Fell, laissant ainsi de côté la trame linéaire classique des œuvres les plus illustres du genre. L’auteur préfère commencer son récit par les mésaventures de son personnage principal. Réservé et solitaire, Jameson Browning souffre en silence des brimades de ses camarades de classe. Il a aussi endossé son rôle de souffre-douleur pendant les vacances d’été, période pendant laquelle il est devenu la risée du camp Manitou. Je me suis pris d’affection pour ce petit garçon dont l’existence sonne singulièrement vraie. Il se montre courageux face aux obstacles et à l’indifférence qui lui témoigne sa mère. Sa vie bascule le soir où il voit apparaître la silhouette d’une fillette dans le miroir de sa chambre. Jameson la considère rapidement comme sa plus fidèle confidente mais cette dernière semble plutôt mal intentionnée. Des phénomènes violents ne cessent d’ailleurs de se multiplier dans l’entourage du petit garçon.

Plusieurs décennies se sont écoulées et Jameson se voit contraint de confier son père aux soins d’une clinique spécialisée pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Un agent immobilier ne tarde pas à le contacter pour lui proposer une offre qu’il estime ne pas pouvoir refuser. Il fait alors l’acquisition de la demeure de Wild Fell sans avoir pris le temps de l’avoir visitée auparavant. Après avoir pris possession des lieux, Jameson se rend compte que la situation ne cesse de se dégrader et sera amené bien trop tôt à regretter son choix. Je n’ai pas été dans mon assiette en découvrant que la fillette qui hante le miroir s’exprimait avec la voix de Jameson parce que le lecteur n’est pas encore en mesure de déterminer si elle est réelle ou issue de l’imagination débordante d’un petit garçon qui souffre de solitude.

L’intrigue avait le potentiel nécessaire pour me donner envie de me réfugier sous ma couette mais il aurait fallu que la plume de Mickael Rowe soit plus mature. Il excelle néanmoins dans l’art de la description puisqu’il parvient avec fluidité à nous faire visualiser la magnificence de cette demeure victorienne qui surprend par son parfait état de conservation. Le final, l’apothéose devrais-je dire, est un feu d’artifices de révélations qui m’a tenu davantage en haleine que le reste du récit. J’ai surtout été séduite par son atmosphère gothique mais je reste convaincue que le roman aurait été un coup de cœur si l’auteur avait fait preuve de plus d’audace.

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Le chuchoteur, Donato Carrisi

Je chuchoterai volontiers à l’oreille de tout amateur de thrillers que Donato Carrisi a réussi un coup de maître avec son premier roman. Comment peut-on encore avoir foi en l’humanité après avoir été immergé au cœur de l’horreur pendant plus de 500 pages ? Les policiers enquêtent sur la disparition de cinq petites filles et soupçonne en premier lieu la présence d’un prédateur sexuel dans les parages. Leurs recherches piétinent et plus le temps passe, moins ils auront de chances de conclure l’enquête sur une fin heureuse. Ils ne se faisaient pas d’illusions mais ne s’attendaient certainement pas à découvrir cinq bras de fillettes enfouis dans une fosse commune. Leur stupéfaction est d’autant plus grande qu’ils déterrent sur les lieux du crime, un sixième bras, appartenant vraisemblablement à une autre victime dont personne ne connaît l’existence.

Une équipe du département des sciences du comportement est alors en charge de l’affaire. A sa tête, Goran Gavila, dont la réputation n’est plus à faire et sous ses ordres, une petite poignée de flics aguerris qui ne sait néanmoins plus où donner de la tête pour se lancer sur la piste de l’insaisissable tueur en série. La présence du sixième bras change la donne puisqu’il s’agit désormais de révéler au grand jour l’identité de la fillette inconnue. L’équipe qui se sent complètement dépassée par les événements décide alors de faire appel à une aide extérieure en la personne de Mila Vasquez, jeune policière au palmarès prestigieux, dont la spécialité consiste justement à retrouver les personnes portées disparues. Elle applique des méthodes qui ne s’embarrassent pas de protocoles et préfère écouter son instinct, même si les chemins empruntés mettent sa vie en péril.

Sa façon de procéder est loin de faire l’unanimité au sein de l’équipe mais ils n’ont pas d’autre choix que d’allier leur pugnacité pour déjouer les plans d’un adversaire invisible, qui prend un malin plaisir à distiller des indices, plus macabres les uns que les autres, pour mieux mener les forces de l’ordre par le bout du nez. Je préfère ne pas en dire davantage pour ne rien déflorer de cette intrigue, qui selon moi, a pour principal point fort de conserver un rythme effréné pendant 560 pages. Donato Carrisi ne laisse aucun répit au lecteur car chaque élément de l’enquête finit par trouver sa place dans le machiavélique puzzle concocté par le tueur en série. Il suit parfois le fil de l’intrigue sans savoir où l’auteur veut en venir mais ne vous y détrompez pas, aucun fait relaté dans le cours du récit n’est le fruit du hasard. Tous les événements viennent effectivement s’assembler comme les rouages d’un mécanisme parfaitement huilé.

L’intrigue semble avoir été conçue sur le modèle d’un scénario de série américaine au cours duquel l’équipe de policiers démêle les ficelles d’une affaire glauque à souhait en mettant à profit leurs compétences pour appréhender les méthodes et la personnalité du serial killer. Le déroulement de l’enquête et l’écriture scénaristique de Donato Carrisi m’ont donné l’impression de suivre un excellent épisode d’Esprits Criminels. Je me suis totalement laissée porter par l’intrigue mais je me serais volontiers passée de l’intervention de la medium constituant alors l’ultime recours pour faire avancer l’enquête.

Seulement, on ressent dans la construction du récit que Donato Carrisi a étudié la criminologie, même s’il lui arrive de faire des généralités sur la psychologie des tueurs en série. Il met aussi en scène un criminel qui, en faisant preuve d’une perversité inouïe, le distingue nettement des autres psychopathes rencontrés dans la littérature policière. Il est effectivement l’incarnation d’un mal absolu qui est prêt à commettre les actes les plus sordides pour mener à bien un plan au sein duquel il s’amuse à manipuler les enquêteurs avec l’aisance d’un marionnettiste.

Le personnage de Mila Vasquez a aussi particulièrement suscité mon intérêt pour son caractère anti-conformiste. Elle n’hésite pas à se mettre en danger au cours de ses interventions musclées parce qu’elle estime ne plus rien avoir à perdre. Elle commet parfois des erreurs mais elle est la seule à tenter de lutter contre l’irrésistible influence du chuchoteur. Quel est l’ultime point fort du roman ? Donato Carrisi ajoute une dimension politique à une intrigue déjà complexe. Le corps de commandement de la police résiste tant bien que mal à la pression exercée par les médias et les politiques. Les hommes de terrain ne sont guère mieux lotis que leurs supérieurs hiérarchiques puisqu’ils doivent résoudre une affaire épineuse en disposant de pistes bien minces et lutter quotidiennement pour préserver leur crédibilité et leur poste. Embarqués dans une enquête insoluble, le lecteur n’a rien pour se raccrocher et les personnages sont voués à porter les stigmates de ce déferlement de violence . La fin laisse d’ailleurs présager que les protagonistes ne sont pas encore au bout de leurs surprises.

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Mes premières années d’expérience professionnelle : l’heure du bilan

Je suis certainement trop pudique pour parler ouvertement de mon expérience personnelle sur le blog mais j’ai décidé aujourd’hui de faire une exception, après avoir réalisé que je « fêtais » en 2016, ma troisième année d’expérience professionnelle. Je ne me suis jamais bercée d’illusions mais je ne pensais pas que le marché de l’emploi évoluait dans un environnement aussi hostile. En effet, l’entrée dans la vie active se fait rarement en douceur. Je cumule les CDD (de longue durée) depuis que j’ai terminé mes études mais j’estime que ma situation n’est pas suffisamment critique pour que je me plaigne à longueur de journée. Je n’ai vécu qu’une très brève période de chômage depuis que j’ai quitté les bancs de l’IAE de Grenoble. Seulement, je m’abstiendrai de sauter au plafond car je ne suis qu’aux prémices de ma carrière. J’ignore ce que me réserve l’avenir mais je pense avoir tiré certaines leçons de mes premières années d’expérience. Un rapide tour d’horizon s’impose …

La première expérience professionnelle est rarement synonyme de souvenirs réjouissants. Tous les jeunes diplômés ne vivent pas un calvaire en intégrant le marché du travail mais rares sont ceux qui font preuve d’enthousiasme en racontant leurs débuts dans la vie active. Je fais partie de ceux qui gardent un souvenir amer de leur première expérience professionnelle car après avoir obtenu un master 2 en Management des Ressources Humaines, j’ai signé avec euphorie un premier contrat qui ne laissait guère présager que j’allais effectuer les tâches les plus ingrates du service RH.

On prétendait que je n’avais pas suffisamment d’expérience pour mener des entretiens alors que j’en avais réalisé une quarantaine au cours de mon stage de fin d’études. Je passais donc mes journées à « chasser le mouton à cinq pattes » sur les jobboards et réseaux sociaux sans qu’on ne m’ait laissé prendre la moindre initiative sur la suite du processus de recrutement. J’étais payée au SMIC mais ma collègue ne manquait de me rappeler que je pouvais déjà m’estimer heureuse de travailler et percevoir un salaire. Elle prenait aussi un malin plaisir à m’humilier pendant les réunions et à faire courir des rumeurs sur mon compte. Le responsable des ressources humaines ne prenait jamais ma défense parce qu’il n’assumait tout simplement pas ses fonctions de manager (son laxisme ne constituait malheureusement pas l’unique preuve de son incompétence).

Quelle a été ma réaction lorsqu’on m’a annoncé que mon CDD de 6 mois ne pouvait être renouvelé faute de budget ? J’en ai pleuré de soulagement. Je pouvais enfin tirer un trait sur ce calvaire et envisager l’avenir plus sereinement. Cette mauvaise expérience a sans nul doute contribué à forger mon caractère mais j’aurais tort d’affirmer que j’en suis sortie indemne. Je n’ai plus postulé dans les ressources humaines et je ne suis pas sûre que j’y retournerai un jour.

La réalité du marché du travail se charge de nous remettre les pieds sur terre. J’exerce en tant que conseillère en insertion professionnelle depuis deux ans et même si je reconnais ne pas avoir la boule au ventre en allant au travail, je ne peux toutefois prétendre que je me suis tournée vers ce métier par vocation. Je ne regrette pas mon choix mais je n’ai pas la fibre sociale. Si la raison n’avait pas tué la voix du cœur, je n’aurais travaillé ni dans les ressources humaines ni dans l’insertion professionnelle. Je me serais certainement orientée vers le secteur de l’édition et du livre.

J’avais la possibilité de poursuivre mes études de lettres mais pourquoi y ai-je renoncé ? Les débouchés sont si faibles que j’ai préféré me réorienter vers un secteur plus prometteur. Les ressources humaines ne recrutent plus à tour de bras mais j’étais conscience que j’augmentais mes chances de trouver un emploi en choisissant cette voie. Quelle leçon ai-je pu en tirer ? On fait souvent ce qu’on peut, non pas ce qu’on veut. Vous rêviez peut-être de gagner 2000 euros par mois après avoir brillamment décroché votre master RH. En réalité, vous pourrez déjà vous réjouir si votre premier salaire s’élève à 1400 euros net.

Il y a toujours des avantages et inconvénients. Qui n’a jamais idéalisé un métier ? J’ai longtemps fantasmé sur l’enseignement avant de donner des cours de soutien scolaire à des collégiens pendant huit mois. Cette expérience m’a fait prendre conscience que je n’avais pas la vocation pour devenir professeur de français. Je ne concevais pas de commencer ma carrière dans des établissements scolaires réputés difficiles car personne n’ignore que les diplômés du CAPES sont en premier lieu mutés pour enseigner dans les quartiers sensibles. Le métier comportait surtout des inconvénients que je ne me sentais pas de surmonter.

Je n’ai pas les yeux qui brillent en me levant le matin pour aller au travail. En revanche, j’ai appris à composer avec les points forts et faiblesses du métier de conseillère en insertion. J’aime créer et animer des ateliers collectifs portant sur l’orientation et la recherche d’emploi, je m’entends bien avec la grande majorité de mes collègues et je parviens sans mal à trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

Je pousse parfois de sérieux coups de gueule parce qu’accompagner un public en difficulté n’est pas tous les jours une partie de plaisir. Ils peuvent se montrer déstabilisants, insolents voire agressifs et ce n’est pas toujours chose facile de garder son sang froid en toutes circonstances. Mon métier génère parfois des conflits de valeur que la conscience professionnelle se charge bien de faire taire. Je ne m’attends pas non plus à vivre une évolution de carrière fulgurante et ne risque pas de faire fortune en travaillant dans le social. J’y trouve mon compte aujourd’hui mais ce ne sera probablement plus le cas dans quelques années. Seul l’avenir le dira …