Blair Witch : la véritable histoire

« Le projet Blair Witch » est un film d’épouvante si populaire qu’on ne le présente plus mais peu connaissent la véritable histoire de la forêt de Black Hills. Situé dans le Maryland aux Etats-Unis, cet endroit souffrait déjà d’une réputation sulfureuse au XVII ème siècle. Les rumeurs racontaient que la forêt était maudite et que les tribus indiennes installées à proximité n’osaient même pas s’y aventurer. En 1785, plusieurs enfants de la commune de Blair ont accusé Ellie Kedward de sorcellerie. La jeune femme d’origine irlandaise a été reconnue coupable et bannie du village au plus fort de l’hiver. Les habitants l’ont attaché à une charrette avant de l’abandonner à son triste sort dans la forêt. L’hiver était si rigoureux cette année-là qu’ils étaient convaincus qu’elle n’y survivrait pas. Quelques jours plus tard, trois adolescents partis dans la forêt pour s’assurer du décès de la sorcière, ont bien été contraints de constater qu’Ellie Kedward était toujours en vie. Ils ont lâché les chiens qui les accompagnaient et se sont également rués sur elle en la frappant avec leurs armes. La jeune femme a donc péri sous les coups avant d’être pendue à un arbre.

Seulement, en novembre 1786, tous les accusateurs d’Ellie Kedward et plus de la moitié des enfants du village ont mystérieusement disparu. Redoutant que la sorcière ait jeté une malédiction, les habitants de Blair ont quitté précipitamment les lieux en jurant de ne plus jamais y revenir et prononcer le nom de la défunte. En novembre 1809, un recueil regroupant les témoignages des habitants du village a été édité sous le nom de « Blair Witch Cult ». On y découvre alors qu’Ellie Kedward ne se contentait pas de hanter la forêt. Elle arpentait aussi la ville pour assassiner ceux qui l’avaient condamné à mort. En 1820, Henry Burkitt a souhaité donner un nouveau souffle à cet endroit abandonné en entreprenant la rénovation des bâtiments qui tombaient littéralement en ruines. En 1824, elle a été baptisée Burkittsville, en hommage à son fondateur.

Un an après la reconstruction de la ville, un pique-nique a été organisé sur les bords de la rivière Tappy East Creek pour célébrer les premières récoltes. Les festivités ont néanmoins tourné au drame puisque la petite Eileen Treacle, seulement âgée de huit ans, s’est noyée dans la rivière. Des témoins ont affirmé avoir aperçu une main qui, en attrapant la fillette, l’a alors entraîné au fond de l’eau. La rivière était peu profonde et pourtant, le corps d’Eileen n’a jamais été retrouvé. Dans les quinze jours qui ont suivi sa disparition, les habitants ont constaté que l’eau était devenue huileuse et impropre à la consommation. Une multitude de petites croix formées par des brindilles recouvrait aussi la surface de la rivière.

En mars 1886, Robin Weaver, une petite fille âgée de huit ans, a disparu dans la forêt de Black Hills sans laisser de traces. Elle est réapparue trois jours plus tard en expliquant aux habitants qu’elle s’y était perdue et qu’elle avait rencontré une femme dont les pieds ne touchaient pas le sol. Cette dernière l’avait emmenée dans une maison située au fond des bois mais ne lui avait fait aucun mal. La fillette est ensuite parvenue à s’échapper et à rejoindre miraculeusement Burkittsville. la mystérieuse disparition de Robin Weaver s’est conclue sur une fin heureuse mais on ne peut pas en dire autant de l’équipe de secours qui, partie à sa recherche, n’est jamais revenue de son expédition dans la forêt de Black Hills.

Un deuxième groupe s’est immédiatement formé pour se rendre sur les lieux. Il a toutefois été le témoin d’une macabre découverte dans la crique de Coffin Rock, à l’endroit où Eileen Treacle avait disparu cinquante ans plus tôt. Les corps dénudés des membres de la première équipe avaient été disposés de façon à ce qu’ils forment un pentagramme. On avait gravé de mystérieux symboles sur les mains, les pieds et la poitrine des victimes et leurs intestins avaient été répandus au centre du cercle. La deuxième équipe s’est alors précipitée au village pour chercher du renfort mais une fois sur place, tous ont constaté avec stupéfaction que les corps avaient disparu. Ils n’ont identifié sur les lieux que la présence de cordes et de taches de sang.

Entre 1940 et 1941, huit enfants ont été portés disparus mais peu de temps après les faits, Rustin Parr a avoué en avoir assassiné sept d’entre eux. Les enquêteurs ont d’ailleurs retrouvé les corps dans la cave de son domicile. Le meurtrier a affirmé qu’il n’avait fait qu’obéir à la voix du fantôme d’une vieille femme qui habitait dans les bois, non loin de chez lui. Selon son témoignage, le fantôme lui aurait demandé d’avouer sa culpabilité aux autorités. Il n’avait pas cherché à la contredire puisque celle-ci lui avait promis de le délivrer de sa présence en échange de ses aveux.

En inspectant la maison de Rustin Parr, les policiers ont découvert que la cave avait été le théâtre de tortures insoutenables. Les corps des enfants portaient les mêmes symboles que ceux qui avaient été identifiés sur les cadavres de Coffin Rock mais le meurtrier ne s’était pas contenté de graver des signes étranges sur la peau de ses victimes.  Il les avait également éviscérés.

Kyle Brody s’est avéré être l’unique rescapé du massacre. Les policiers ont retrouvé le petit garçon visiblement traumatisé dans le sous-sol de la maison. Rustin Parr vivait comme un ermite depuis qu’il n’était plus avec sa famille. Il habitait dans les bois et n’avait, selon lui, plus de raisons de se rendre en ville. Après quelques années paisibles, Rustin a commencé à apercevoir une étrange silhouette qui s’est mis à lui donner des ordres plutôt farfelus. Il se sentait pourtant contraint d’obéir à cette voix qui ne le laissait pas tranquille dans son sommeil. Un jour, elle lui avait ordonné d’enlever et assassiner des enfants et le premier crime n’a été que le commencement d’une longue série. Rustin Parr a finalement été condamné à mort par pendaison.

Kyle Brody a été traumatisé par son enlèvement. Il s’isolait dans sa chambre et ne parlait pratiquement plus. Il écrivait aussi des mots et symboles mystérieux. Il s’est ensuite marginalisé et ses vagabondages l’ont conduit à purger des peines de prison. Les médecins reconnaissaient que sa santé mentale était très fragile. Il a passé de nombreuses années en prison avant de s’ouvrir les veines à l’aide d’une cuillère en bois particulièrement aiguisée.

Il continuait d’écrire les mêmes symboles dans sa cellule et après fait analyser son écriture, les experts ont révélé que Kyle Brody s’exprimait en Transitus Fluvii qui n’est autre qu’un langage très ancien utilisé par de rares adeptes de sorcellerie. Nous ne saurons certainement jamais ce qui s’est réellement passé dans la forêt de Black Hills mais une question cruciale reste en suspens. Comment se fait-il que Kyle Brody, le seul rescapé du drame, n’ait pas été accusé de complicité pour les meurtres des autres enfants ? Le jeune garçon les connaissait tous alors qu’aucun d’entre eux ne s’étaient rencontrés auparavant. En 1950, Kyle Brody a été interpellé pour meurtres avant de purger dix ans d’emprisonnement au « Maryland State Institute for the Criminally Insane ». Il n’avait donc rien d’un enfant de chœur mais en ayant emporté la clé du mystère dans sa tombe, des zones d’ombre continueront de planer sur les événements sordides de Black Hills.

La légende d’Ellie Kedward et les événements tragiques qui se sont déroulés dans la forêt de Black Hills vous ont probablement donné froid dans le dos. En revanche, vous pouvez tranquillement vous remettre de vos émotions parce qu’en réalité, toutes ces histoires sont le fruit d’une imagination débordante qui ont servi avec brio la sortie sur grand écran du « Projet Blair Witch » en 1999. Les principales sources d’informations autour de ces faits supposés réels sont issues de deux documentaires fictifs et Rustin Parr et ses victimes n’ont alors jamais existé. L’identité du meurtrier est d’ailleurs l’anagramme de Raspoutine et le nom de la sorcière de Blair a été choisi par les réalisateurs en référence à l’alchimiste et homme de loi Edward Kelley. Ces histoires ont donc été créées à l’avance pour la promotion du film mais alors, quels sont les éléments réels qui gravitent autour de Blair Witch ?

Aucune carte ou archive n’atteste l’existence du village de Blair. Burkittsville a aussi toujours été nommée ainsi. La légende d’Ellie Kedward n’est que pure invention mais il est fort probable que les réalisateurs du « Projet Blair Witch » se soient inspirés de celle de Mol Dyer, une jeune femme accusée de sorcellerie et bannie de son village, situé dans le Maryland. La légende raconte qu’elle aurait hanté les bois mais les archives ayant été détruites, on ne peut pas garantir l’existence de Mol Dyer. Les cinéastes ont fini par vendre la mèche à la presse en révélant au public que tout n’était que fiction. Néanmoins, les gens continueront de croire aux histoires de Blair Witch parce qu’ils ne souhaitent tout simplement pas qu’il en soit autrement.

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4 réflexions sur “Blair Witch : la véritable histoire

    • mangoandshamallow dit :

      Merci du compliment Krystel, ça fait chaud au cœur 🙂 Je n’y crois pas non plus mais ça me met parfois mal à l’aise, surtout les histoires d’exorcisme.

      J'aime

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