[Avis] : Bridget Jones Baby, Shannon Maguire

En 2001 débarquait l’adaptation cinématographique du journal de Bridget Jones et malgré mon jeune âge (je n’avais que 12 ans lorsque le film est sorti sur grand écran), j’avais littéralement succombé aux frasques sentimentales de la pétillante trentenaire complexée par ses formes et portée sur la bouteille. Sa suite, L’âge de raison, s’est avérée fort décevante et autant le dire d’emblée, je craignais que le retour de la célibataire la plus maladroite du septième art ne soit un pur fiasco, reléguant ainsi à jamais Bridget Jones parmi les personnages qui ont fait leur temps dans les années 2000. Shannon Maguire est revenue aux commandes et même si elle reprend certains ingrédients qui ont fait le succès du premier opus, le pari a été relevé haut la main de faire réapparaître Bridget sur le devant de la scène après dix ans de silence radio.

Elle ne se lamente plus sur ses kilos superflus puisqu’elle arbore une silhouette plutôt avantageuse pour une quadragénaire et notre héroïne a également fait du chemin dans sa carrière de journaliste. Seulement, après avoir passé dix ans dans les bras du flegmatique Mark Darcy, Bridget se retrouve malheureusement à la case départ. Ne parvenant pas à se résoudre à l’idée de passer son quarante troisième anniversaire à broyer du noir dans son appartement, elle décide alors de suivre une collègue de travail à un festival de musique. Seulement, Bridget a beau avoir troqué sa libido explosive et ses aspirations de midinette contre une carrière professionnelle menée de main de maître, elle restera à jamais la jeune femme décomplexée qui, peu de temps après ce week-end de débauche passé dans les bras du séduisant Jack, se découvre enceinte, sans savoir à qui attribuer la paternité de sa future progéniture : est-elle de son ex conjoint (Colin Firth) avec qui elle a remis le couvert lors d’une soirée bien arrosée ou de ce bel inconnu qu’elle a rencontré à l’occasion du festival de musique (Patrick Dempsey)  ?

L’histoire est cousue de fil blanc puisqu’il est tout simplement inconcevable d’imaginer Bridget sans Mark mais derrière la comédie romantique aussi légère qu’une plume se cache une critique de notre époque. Le concept de la femme célibataire sans enfant a beau ne plus avoir la réputation sulfureuse d’il y a deux décennies, il serait toutefois naïf de croire que certains diktats n’ont pas résisté avec le temps. Le film n’a certes pas la profondeur d’une thèse sociologique portant sur les préjugés dont sont victimes les femmes célibattantes (ce n’est pas le but !) mais il n’y a rien de plus rafraîchissant qu’une quadragénaire enceinte, assumant sa sexualité dissolue et un zeste d’humour british pour bousculer un peu les mentalités.

Le retour de Bridget sur grand écran vaut-il le détour ? Je dois bien reconnaître que je n’ai pas boudé mon plaisir de la retrouver. Les situations comiques s’enchaînent à un rythme effréné (certaines m’ont d’ailleurs fait éclater de rire), les dialogues sont bien sentis et le trio d’acteurs s’en donne incontestablement à cœur joie. Chaque prétendant use de stratagèmes pour (re)conquérir le cœur de Bridget et prouver qu’il sera un père prévenant, donnant lieu à des séquences tendres et délicieusement cocasses. Il est aussi difficile de passer à côté de l’humour pince sans rire de l’obstétricienne féministe de Bridget qui ne manque pas de faire mouche à chaque apparition.

Le film ne brille pas pour son originalité mais les personnages sont toujours aussi savoureux (les jeunes filles qui se pâmaient devant le charme et le tempérament frivole de Daniel Cleaver regretteront peut-être son absence mais n’allez pas croire que la réalisatrice a fait une croix sur cet incorrigible coureur de jupons …). Les critiques n’ont pas été tendres sur le physique de Renée Zellweger. L’actrice n’a visiblement pas su résister aux sirènes du Botox mais n’est-ce pas sa prestation qui compte ? Je retiens surtout qu’elle a exorcisé ses longues années d’absence à travers une énergie folle ayant fortement contribué à ce que son personnage n’ait (presque) pas pris une ride. Je suis sortie de la salle, un sourire béat plaqué sur le visage et regrettant déjà de l’avoir laissé. Qu’est-ce qui, d’après vous, a un peu consolé ma peine ? C’est simple : entre Jack et Mark, j’aurais fait le même choix que Bridget.

FiveStars1

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8 réflexions sur “[Avis] : Bridget Jones Baby, Shannon Maguire

    • mangoandshamallow dit :

      Si tu as aimé Le journal de Bridget Jones, je te recommande chaudement d’aller voir celui-ci. On l’a échappé belle parce que Helen Fielding fait mourir Mark Darcy dans le troisième tome. Bridget se retrouve donc seule pour élever leurs deux enfants. Cette suite a tellement déçu les fans que les réalisateurs ont pris un tout autre virage pour marquer le retour de Bridget sur le grand écran. J’ai lu les deux premiers tomes il y a longtemps mais je ne me suis pas encore décidée à lire le dernier puisque Mark n’est plus de ce monde !

      Aimé par 1 personne

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