[Avis] : Dans le noir, David F.Sandberg

Attention : Cet article contient des traces de spoilers.

Le court-métrage de David Sandberg avait fait exploser mon trouillomètre mais la signature hollywoodienne a stérilisé toute marque d’imagination indépendante qui aurait pu faire de sa version longue une des pépites les plus abouties de l’année. Le court-métrage basé sur une idée d’une simplicité folle s’était révélé diablement efficace mais notre regard avisé d’amateurs de films d’horreur aurait pu prédire que le film était voué à l’échec. Seulement, je n’ai pu résister aux sirènes du marketing qui m’avaient ébloui avec leur bande-annonce alléchante. Reprenant la peur ancestrale du noir pour donner naissance à une créature qui n’apparaît que dans les coins sombres, le réalisateur s’est pourtant inspiré d’un concept qui a tout d’une valeur sûre. Quel enfant n’a pas tremblé sous sa couette à la nuit tombée ? Qui n’a jamais fait de cauchemar au sujet d’un monstre qui est venu nous tourmenter dans notre sommeil ? Je m’attendais naturellement à ce que le film me donne des sueurs froides alors qu’au contraire, il s’est avéré qu’il m’a fait autant frémir qu’un épisode de Chair de Poule.

Basé sur un scénario peu subtil, « Dans le noir » ne sort pas des sentiers battus en proposant au grand public une promenade vengeresse d’un esprit particulièrement dérangé. En tourmentant la mère de famille dépressive, le fantôme de Diana n’a malheureusement pas le charisme nécessaire pour déclencher des insomnies chez les spectateurs avertis. A trop vouloir être sous les feux des projecteurs, Diana se laisse dévoiler, anéantissant définitivement le sentiment d’horreur qu’aurait pu susciter ses projets sanglants. Le cinéaste occulte honteusement tout le potentiel de sa créature de court-métrage qui, en ne se manifestant qu’à de rares occasions, nous ferait presque regretter les cauchemars qui ont marqué notre enfance. Certes, les grattements de cet esprit perturbé font davantage frémir que toutes ses apparitions réunies mais Diana n’en perd pas moins son titre de piètre revenant.

Le principal défaut du film repose surtout sur son fil narratif et sur les origines de la créature. Appelée au secours par son petit frère qui est témoin depuis plusieurs nuits de l’effrayante apparition d’une entité surnaturelle, notre héroïne Rebecca découvre la véritable histoire de cette dernière de manière précipitée : en fouillant dans le bureau de son ex beau-père, la jeune femme y découvre un carton rassemblant toutes les informations sur Diana. Les films d’épouvante n’occultent pas la phase de découverte qui est censée être la partie la plus intéressante du scénario. Or, le réalisateur a fait le choix de la négliger totalement au profit d’un flash-back qui récapitule le parcours tragique de la petite Diana. Je n’ai pas du tout aimé qu’on me serve toutes les explications sur un plateau mais je n’ai pas non plus été convaincue par les origines surnaturelles de Diana, qui soit dit en passant, ont été largement sous-exploitées.

 Mon avis sur le film étant jusqu’à présent peu flatteur, vous vous demandez sûrement ce que j’ai apprécié. Je ferai preuve de mauvaise foi en écrivant que j’ai trouvé le long-métrage absolument médiocre. Je le qualifierai plutôt de film moyen qui aurait tout simplement pu être excellent. « Dans le noir » jouit d’une mise en scène certes simple mais maîtrisée puisqu’en se reposant sur le concept d’éclairage et d’obscurité soudaine, il ne tombe pas dans le cliché pathétique du film sombre, tellement sombre qu’on parvient à grand peine à distinguer ce qui se passe à l’écran. Les apparitions de la créature jouant avec toutes les sources de lumière possibles et imaginables (feu, smartphone, phares de voiture, lampe torche …), ont le mérite de distiller un zeste de tension dans un long-métrage qui, de manière générale, n’a rien d’effrayant.

« Dans le noir » surprend malheureusement plus qu’il ne fait peur mais la faute revient surtout aux jump scares et à une bande-son assourdissante qui a la fâcheuse manie de dicter aux spectateurs à quel moment ils doivent bondir de leur fauteuil. Diana peut être comparée à l’obscurité en elle-même : elle fait plus de peur que de mal puisqu’on ne déplore que trois victimes en une heure et demi de film. Le long-métrage se clôt aussi sur un dénouement mélodramatique et convenu qui m’a rendu perplexe. Le scénario laisse sur sa faim, la mythologie de Diana est tirée par les cheveux et c’est la raison pour laquelle je préfère en rester au court-métrage de David Sandberg qui est tellement plus efficace. Une suite a déjà été annoncée mais il y a de fortes probabilités que je ne veuille pas en savoir davantage sur les intentions machiavéliques de cet ersatz de fantôme.

Threestars1

Publicités

2 réflexions sur “[Avis] : Dans le noir, David F.Sandberg

  1. Sweet Judas dit :

    Ah flûte, je plaçais tellement d’espoir dans ce film après le traumatisme que le court-métrage m’avait provoqué (il m’avait littéralement fasciné tellement il arrive à terrifier en moins de trois minutes)(la peur enfantine du noir, cette légende éternelle).

    Ton avis refroidit légèrement mon enthousiasme du coup! Néanmoins, la déception ne peut pas être pire que celle engendrée par Suicide Squad (dans un autre style, plus coloré, cela dit)… Non ?

    Aimé par 1 personne

    • mangoandshamallow dit :

      Je ne me suis pas précipitée pour aller voir « Suicide Squad » au cinéma en raison de tout ce que j’ai entendu 🙂 « Dans le noir » n’est pas un film catastrophique. Il a des qualités mais il n’est certainement pas à la hauteur des espérances. Si tu as envie de le voir, ne pars pas dans l’optique que c’est un bijou du cinéma d’horreur. Sinon, la déception attend au tournant.

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s