Philothérapie, Eliette Abécassis

Juliette sort d’une rupture. Ce n’est pas la première, ce ne sera peut-être pas la dernière mais elle en a assez d’avoir l’impression de se confronter incessamment aux mêmes obstacles. La jeune femme suit alors les conseils de son libraire et entreprend une philothérapie pour tenter de se guérir de son obsession de l’amour … par la philosophie. Juliette a toutes les caractéristiques de la femme d’aujourd’hui. A 35 ans, elle vit encore d’un travail précaire, est en permanence connectée et inscrite sur des sites de rencontre, à la recherche de celui qui fera d’elle une épouse et une mère comblée. Elle a aussi tendance à idéaliser l’amour, se heurtant ainsi d’année en année à toute une série de désillusions qui l’amènent à vouloir se désintoxiquer du sentiment amoureux. On sent d’ailleurs poindre, derrière le roman d’Eliette Abécassis, une critique sous-jacente de cette société d’aliénation et d’individualisme exacerbé, au sein laquelle les gens ont tendance à penser que tout s’achète et que le désir est un droit. Elle montre aussi que l’amour est devenu un bien de consommation qui en étant trop souvent sur-estimé, fait naître un certain désarroi chez les individus qui portent un regard romantique sur la vie de couple.

Le roman semble léger car l’auteure accorde une place importante à l’histoire singulière unissant Juliette à son séduisant professeur de philosophie mais leurs échanges virtuels sont bien plus profonds que les conversations habituelles sur Skype. Je pense d’ailleurs que le récit risque fort de vous déplaire si vous n’êtes pas adepte de philosophie. Eliette Abécassis a réalisé un travail de qualité pour rendre les discussions accessibles au plus grand nombre mais encore faut-il s’accrocher à certains passages et s’être déjà familiarisé avec les théories des plus illustres philosophes. Mon fort intérêt pour la discipline (j’ai passé un bac Littéraire et obtenu une licence de lettres) ne m’a effectivement pas empêché de ressentir quelques longueurs au fil du récit. Seulement, les leçons de philothérapie alternent avec la vie quotidienne de Juliette et les conséquences de ses réflexions sur sa vie sentimentale, offrant ainsi des parenthèses de fraîcheur dans un récit plutôt dense et réflexif (Eliette Abécassis sait de quoi elle parle puisqu’elle est agrégée de philosophie).

Au fil des échanges avec Jean-Luc Constant, son professeur virtuel, Juliette va se découvrir telle qu’elle ne se connaissait pas (ce qui, à priori, est le but premier de la philosophie) mais à travers ses nombreuses références (et le travail conséquent de l’auteure autour du sujet), « Philothérapie » amène aussi le lecteur à réfléchir sur ses propres croyances et motivations. Quelle place accordons-nous à l’amour ? Et surtout, qu’est-ce qu’aimer lorsque le sentiment amoureux est parasité par autant de facilité, de virtualité dans ses rapports à l’autre ? Comment peut-on laisser si peu de place à la spontanéité ? Je me suis laissée emportée par l’histoire et les réflexions existentielles de Juliette dans la mesure où le lecteur peut aisément s’identifier à son personnage. J’ai toutefois été moins convaincue par la fin qui est en quelque sorte une ouverture vers d’autres horizons. Il n’y a en réalité pas de véritable conclusion au récit qui m’a alors donné la désagréable impression de ne pas savoir où Eliette Abécassis voulait en venir.

Fourstars1

La pilule : mon choix de contraception par défaut

On estime que 36% des femmes françaises prennent régulièrement la pilule et je n’échappe pas à la règle puisqu’elle est devenue mon principal moyen de contraception depuis que j’ai fêté mon dix-neuvième anniversaire (en revanche, n’allez pas vous imaginer que je me suis réveillée ce matin-là avec une plaquette sagement posée sur ma table de chevet 😉 ). La commercialisation de la pilule a été une révolution incontestable pour les femmes qui ont pu (enfin !) avoir des relations sexuelles sans craindre de gâcher leur jeunesse par une grossesse non désirée (à condition d’être parfaitement utilisée). On ne peut nier le fait qu’elle a transformé les mentalités, profondément chamboulé la vie sexuelle des femmes et j’estime qu’il n’est pas nécessaire de revenir sur le souffle de modernité qu’elle a apporté.

Après plus de 5 ans de prise de pilule sans aucun questionnement de la part de mon médecin traitant de l’époque ni même tests sanguins pour vérifier si je pouvais la prendre, je me rends compte à quel point je suis méfiante à l’égard de ce moyen de contraception. J’ai toujours eu l’impression que les gynécologues la prescrivent au hasard, sans réellement informer leurs patientes des potentiels effets secondaires et des raisons pour lesquelles elle peut convenir à certaines femmes et pas à d’autres. Est-elle aussi inoffensive que sa tendre couleur pastel peut le suggérer ?  Ce n’est certainement pas le cas puisque sous ses allures de « bonbon », elle est exclusivement une association d’hormones apportées à l’organisme à des taux nettement supérieurs à ce que fabriquent normalement les ovaires.

 Les pilules oestro-progestatives de troisième et quatrième génération se sont retrouvées au cœur d’une violente polémique puisqu’elles augmentent sensiblement le risque de contracter des embolies pulmonaires et phlébites, notamment en cas d’antécédents familiaux ou chez les fumeuses. Les femmes prenant les pilules de première et deuxième génération sont moins concernées mais la prise d’hormones ne reste jamais sans risque. Sa prise au quotidien n’a donc rien d’anodin et la grande majorité des femmes (ce mode de contraception représentait jusqu’au scandale généré autour des pilules de 3 ème et 4 ème génération, 60% de la couverture contraceptive) est bien placée pour en parler. Je ne fais heureusement pas partie de celles qui ont été confrontées à de graves troubles causées par la pilule mais mon expérience chaotique est assez significative pour que je me sente légitime à aborder les nombreux effets indésirables que ce fameux « dragibus » provoque sur l’organisme.

Ils ne se sont pas déclarés au cours de la première année mais mon corps n’a toutefois pas tardé à se rebeller contre cette invasion d’hormones. A l’aube de mes vingt ans, j’ai commencé à faire de la rétention d’eau et mes bilans sanguins indiquaient un taux de cholestérol relativement inquiétant pour mon jeune âge. Après avoir changé de pilule, le mauvais cholestérol a disparu mais l’aiguille de la balance continuait de s’affoler. Mon médecin était persuadé que ma prise de poids était exclusivement liée à une mauvaise hygiène de vie et même si cette dernière pouvait expliquer la raison pour laquelle ma métamorphose physique devenait de plus en plus radicale, je reste convaincue que la pilule que je prenais à l’époque avait aussi sa part de responsabilité. Je continuais donc de grossir sans que ce phénomène n’inquiète quiconque.

En mettant un terme à ma première histoire d’amour qui n’a duré pas moins de 6 ans, j’ai pris la décision d’arrêter la pilule. Sa prise au quotidien me semblait excessive. Il est conseillé de réduire progressivement le dosage mais j’en avais tellement marre d’absorber des hormones de synthèse que j’ai tout simplement cessé de la prendre du jour au lendemain (je vous recommande de ne pas suivre mon exemple car on parle tout de même d’un médicament avalé pendant plusieurs années). Les effets secondaires ont progressivement disparu mais plus le temps passait et plus mes règles redevenaient douloureuses. Un jour avant qu’elles ne surviennent, j’avais systématiquement des nausées et ressentais une telle souffrance que j’ai plusieurs fois manqué de m’évanouir sur mon lieu de travail. J’avais oublié l’enfer que je vivais quand au collège, mes parents étaient parfois obligés de venir me chercher tant je ne pouvais plus supporter les douleurs pré-menstruelles. J’étais conscience qu’elles disparaîtraient en reprenant la pilule mais en constatant que je perdais du poids assez rapidement (je faisais réellement de la rétention d’eau), il était hors de question pour moi de faire machine arrière.

Quelques mois après avoir rencontré mon chéri, j’ai envisagé de me tourner vers d’autres moyens de contraception. Seulement, toutes les alternatives ne sont en réalité que des « pilules déguisées ». Le constat est sans appel : l’anneau vaginal, l’implant, le stérilet (l’idée d’imaginer un corps étranger implanté dans mon utérus me révulse au plus haut point) et le patch délivrent aussi des hormones dans l’organisme. J’ai donc décidé de reprendre la pilule tout en étant parfaitement consciente que je faisais ce choix par défaut. En déménageant dans une nouvelle région, j’ai naturellement été amenée à changer de gynécologue qui m’a alors prescrit une pilule de deuxième génération. Quels ont été les effets secondaires constatés ?

Ma nouvelle hygiène de vie impliquant activité physique régulière et alimentation équilibrée a fortement contribué à ce que je ne prenne pas un gramme (au contraire, je n’ai fait que m’affiner mais ce changement n’est certainement pas dû à la pilule) mais d’autres effets indésirables se sont manifestés. Le premier concerne mon intimité et je ne pense pas que mon blog soit le lieu approprié pour rentrer dans les détails. Le second se révèle tout aussi gênant puisque que la pilule provoque chez moi des sautes d’humeur survenant quelques jours avant l’arrivée des règles. Je deviens aussi sujette à des troubles digestifs et à une soudaine baisse de moral qui me donne l’impression de perdre le contrôle sur mes émotions (je suis capable de me mettre en colère en constatant que le frigo est vide et qu’il va falloir faire les courses plus tôt que prévu).

Pourquoi les médecins ne prennent pas plus au sérieux les syndromes prémenstruels ? Serions-nous contraintes à accepter cette condition sans broncher alors qu’elle ne se manifeste pas moins de 12 fois par an pendant 5 jours ? Il n’existe malheureusement aucun moyen de contraception fiable qui ne délivre pas d’hormones et c’est la raison pour laquelle une immense majorité des femmes s’est « fait une raison » en acceptant tant bien que mal de vivre avec tous ces désagréments. Certaines d’entre nous sont aussi conscientes qu’on s’empoisonne chaque jour davantage …

Hortense, Jacques Expert

Je ne me rallierai pas à l’immense majorité des lecteurs qui ont tant aimé le dernier roman de Jacques Expert. Je reconnais ne pas lui avoir trouvé que des défauts, même si j’ai refermé le livre en éprouvant la désagréable impression de m’être fait duper. Ma déception s’est révélée d’autant plus grande que le récit est prometteur. Il raconte l’histoire tragique de Sophie, une jeune femme très quelconque qui en tombant follement amoureuse de Sylvain, est prête à tout endurer pour que leur liaison ressemble à un conte de fées. Elle estime que tomber enceinte retiendra ce séducteur en le mettant face à ses responsabilités paternelles. Seulement, Sylvain n’a nullement l’intention de fonder une famille avec elle et prend la fuite après l’avoir insultée outrageusement. Sophie élève donc seule la petite Hortense en lui inculquant une éducation plutôt discutable basée sur un amour exclusif. Le jour du troisième anniversaire de la fillette, Sylvain resurgit dans leur vie et enlève sa fille, laissant Sophie complètement désemparée.

L’enquête ne mène à rien mais une vingtaine d’années plus tard, Sophie croise le chemin d’Emmanuelle, dans laquelle elle est persuadée de reconnaître Hortense. Une complicité singulière, tantôt sincère tantôt malsaine, va naître entre les deux femmes et renforcer l’obsession de Sophie de révéler au grand jour la vérité sur la disparition de sa fille. La construction du roman est très intéressante puisque le récit alterne les points de vue des deux protagonistes, parfois entrecoupés des témoignages de divers intervenants interrogés par la police. Mes sentiments à l’égard de Sophie se sont révélés follement ambiguës tant je pouvais faire preuve d’empathie et douter, de manière presque simultanée, de la véracité de ses propos. Sophie est certes une victime mais son intransigeance et sa fâcheuse tendance à se complaire dans le malheur la rendent parfois antipathique. Elle se laisse aussi tellement mener par le sentiment de haine qui l’anime depuis toutes ces années que le personnage en devient fort dérangeant. Peut-on réellement faire confiance à un individu qui, meurtri par la vie, est tout à fait susceptible de réagir de façon irrationnelle ? Nous avons l’intuition qu’une tragédie se profile à l’horizon et c’est pour cette raison que notre cœur s’emballe à la perspective de connaître la vérité.

Mon engouement vis-à-vis de ce récit haletant a toutefois laissé place à une certaine amertume lors de la lecture des derniers chapitres qui sombrent malheureusement dans l’invraisemblable. La révélation finale n’a pas été le coup de théâtre tant attendu parce que j’avais deviné ce qui se tramait derrière l’enlèvement de Hortense. N’ayant pas hérité du don de clairvoyance (quel dommage 😉 ), il m’a naturellement fallu attendre les dix dernières pages pour découvrir le pot aux roses. Je priais d’ailleurs pour que la fin ne soit pas celle que j’avais imaginé et un fort sentiment de frustration m’a donc envahi lorsque l’issue tragique a confirmé mes craintes. Elle n’éclaircit pas les zones d’ombre, laissant ainsi trop de questions en suspens. Je reproche aussi à l’auteur d’avoir cruellement manqué d’imagination car Sophie n’est autre que la copie conforme d’un des plus grands personnages hitchcockiens. La montée en tension retombe malheureusement comme un soufflé et la faute revient au dénouement final n’ayant eu que pour vocation de gâcher une intrigue qui méritait une issue plus crédible et innovante.

Threestars1

HIIT & GRIT SERIES

J’ai pris la décision d’arrêter le CrossFit ( === > ici) sans pour autant renoncer à dépasser mes limites. Je continue effectivement de pratiquer le HIIT. De quoi s’agit-il ? C’est une technique d’entraînement fractionné qui vise à optimiser sa condition physique en composant ses séances de très courtes périodes d’efforts intenses alternées de périodes de récupération active. Elles comportent invariablement une période d’échauffement, 6 à 10 répétitions d’un exercice et un retour au calme fort appréciable qui est réalisé à intensité moyenne (vous récupérez mais vous ne vous arrêtez quasiment jamais). Une séance ne dépasse pas 30 minutes et une fois que vous vous lancez dans l’aventure (… parce que c’en est une), vous comprenez rapidement pourquoi il n’est pas nécessaire de faire du zèle. Vous lirez ou entendrez diverses appellations pour désigner cette méthode d’entraînement mais pour ma part, je préfère parler de HIIT et de fractionné.

Le HIIT booste davantage le métabolisme que les exercices cardios traditionnels dans la mesure où ce dernier s’accélère dans les 24 heures qui suivent la séance, même si on est au repos. En puisant dans les réserves de glycogène, l’organisme brûle davantage de calories après l’entraînement. On doit ce phénomène à « l’afterburn effect » qui désigne tout simplement la combustion de calories supplémentaires ayant lieu après la séance de sport. L’effet atteint son paroxysme avec le HIIT, en sachant que plus l’effort est intense, plus « l’afterburn effect » s’inscrit dans la durée. Si on joue le jeu, l’entraînement par intervalles à haute intensité nous fait travailler au-delà de nos capacités respiratoires. Cette perte d’oxygène pousse les muscles à fonctionner « en sur-régime » et c’est une fois qu’on revient au calme (dans les 30 à 50 heures après la séance) que se produit « l’afterburn effect ».

les mills grit series

Je pratiquais le HIIT en faisant du CrossFit et aujourd’hui, pour des raisons logistiques, je me suis tournée vers les GRIT SERIES. Les cours reposent sur le même principe : le coach montre les exercices avant que la séance démarre. Il corrige les mauvaises postures et encourage les participants afin qu’ils poursuivent leurs efforts jusqu’à la fin de l’exercice. Je ne jure que par les séances 100% coachées dans la mesure où on risque moins de se blesser à force de répéter les mêmes erreurs. L’intensité de l’activité est telle que je ne peux pas participer à plus de deux séances par semaine. J’ai essayé d’en suivre une troisième mais je me suis promis de ne pas recommencer.

Les Mills proposent trois cours de GRIT mais il y en a un qui me procure moins de plaisir que les autres. En constatant que j’y allais à reculons, j’ai alors décidé de l’utiliser comme joker quand mon emploi du temps ne me permet pas d’assister aux autres cours. Je n’aime pas le  les mills grit plyo logo  (ce n’est pas non plus synonyme de torture 😉 ) pour la simple raison que la plupart des exercices se réalisent avec un step. Je reste convaincue que les cours de step sont néfastes pour la santé des articulations et ne me sens pas non plus très à l’aise pendant les exercices. J’ai néanmoins immédiatement adhéré aux concepts des autres cours. Le  les mills grit cardio se compose exclusivement d’exercices au poids du corps et le les-mills-grit-series-logo_strength est certainement celui que je préfère dans la mesure où il offre la possibilité d’alterner renforcement musculaire et cardio.

Je pratique surtout le HIIT en salle parce que je peux être fainéante. La séance ne durant que 30 minutes, je perds progressivement le goût de faire une heure de cardio. Je préfère aussi être guidée par les consignes du coach. Seulement, il n’y a pas que le fitness dans la vie. J’aime aussi courir. J’ai mis du temps à me lancer dans le fractionné par crainte de ne rien maîtriser et c’est pour cette raison que mes conseils en la matière sont très basiques. Je ne connais pas encore ma VMA (Vitesse Maximale Aérobie), terme barbare désignant la vitesse à laquelle notre consommation d’oxygène est maximale et en tant que débutante, je retiens surtout que je dois être capable de maintenir une allure élevée pendant 20 secondes. Je ne me lance pas dans des longues séances de fractionné puisque je me « contente » pour le moment de faire 20 secondes à allure élevée pour 30 secondes de repos. J’effectue 4 séries voire 6 quand je suis en forme et me laisse guider par les BIP de ma Tom Tom Runner qui m’indiquent précisément quand je dois courir ou récupérer. Je cours deux à trois fois par semaine en m’accordant une séance hebdomadaire de fractionné et ne me vois pas bousculer mes habitudes dans l’immédiat.

Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans le HIIT dans la mesure où ma modeste expérience m’a fait prendre conscience des nombreux avantages que cette technique d’entraînement offre aux personnes qui la pratiquent régulièrement. Elle fait gagner du temps puisque 20 à 30 minutes suffisent pour vider les réserves de glycogène. Sa haute intensité nous fait beaucoup transpirer (« liquéfier » serait le terme exact 😉 ), signifiant ainsi que l’organisme élimine plus rapidement les mauvaises toxines. Si vous ne supportez pas la routine, sachez aussi qu’on ne s’y ennuie jamais. Les cours de GRIT sont à la portée de tout le monde (ou presque) puisque chacun à son niveau repousse ses propres limites. C’est comme tout, le plus dur est de franchir le pas 🙂

Le temps est assassin, Michel Bussi

Je ne vous avais pas encore confié que je suis attirée par les îles et c’est probablement une des nombreuses raisons pour lesquelles j’ai été transportée par mon voyage littéraire en Corse aux côtés de Michel Bussi. De quoi parle le roman qui a tant fait vibrer mes vacances passées sous le soleil brûlant de la Côte d’Azur ? Clotilde Idrissi, revient sur l’île de beauté, vingt-sept ans après l’accident de voiture qui a coûté la vie à ses parents et à son frère aîné. Le retour aux sources s’avère plus mouvementé qu’elle ne l’avait imaginé puisque les nouveaux locataires du bungalow que sa famille occupait à l’époque, lui remettent un mystérieux courrier qui ébranle toutes ses certitudes. En reconnaissant l’écriture de sa mère, Clotilde ne peut croire au miracle et pourtant, diverses pistes la persuadent progressivement du contraire : Palma aurait-elle survécu à l’accident ? Sa mémoire d’adolescente lui jouerait-elle de vilains tours ? Elle décide alors de repartir sur les traces du passé, faisant fi de l’omerta qui semble régner dans la région autour du tragique événement.

Michel Bussi prend le temps d’instaurer un climat pesant reflétant l’ambiance insulaire de la Corse avec toute la fierté et l’amour des secrets bien gardés qui la caractérisent. Je n’ai néanmoins ressenti aucune longueur dans le récit tant son intrigue, aussi sinueuse que les routes corses, contient tous les ingrédients nécessaires pour faire tourner le lecteur en bourrique. Je me suis révélée incapable de dénouer les pièges et distinguer clairement les fantasmes de la réalité dans la mesure où Michel Bussi ne cesse de multiplier les fausses pistes pour nous faire croire tout au long du récit que nous avons trouvé l’identité du coupable avant qu’il ne nous expose irréfutablement son innocence. Il a clairement mis mes nerfs à rude épreuve car même si j’ai été amenée à lire des récits au rythme plus palpitant (vous n’y trouverez effectivement pas une succession de rebondissements et révélations à chaque chapitre …), l’enquête menée par Clotilde n’a cessé de me maintenir en haleine.

Je vibrais autant que le personnage principal pour découvrir la vérité. Je voulais absolument savoir si sa mère était vivante en recherchant avidement les indices susceptibles de m’éclairer sur les circonstances de l’accident. Michel Bussi nous entraîne donc au fin fond des paysages corses et d’une intrigue bien plus complexe qu’on pourrait se l’imaginer. Le lecteur n’échappe pas à certains clichés et facilités, surtout en ce qui concerne les personnages secondaires, mais j’ai été heureuse de constater que cette mystérieuse affaire n’est à aucun moment confiée aux mains de la police. Elle est certes classée depuis longtemps mais nous apprenons que les Corses préfèrent se faire justice eux-mêmes, surtout quand ils sont de la même trempe que Cassanu Idrissi.

Je reconnais que la révélation finale manque de crédibilité et frôle le sensationnel mais elle n’en demeure pas moins émouvante et magistrale. Le retour aux sources de Clotilde sur l’île de beauté a inexorablement des allures de thriller mais il engage aussi une ébauche de réflexion sur les rapports mère-fille à l’adolescence, les illusions et les ravages du temps. La magie de Michel Bussi ayant opéré avec son dernier roman, j’ai placé la barre tellement haut qu’il ne me reste plus qu’à espérer que je sois aussi enthousiaste à la lecture de son prochain livre.

FiveStars

[Avis] : Comme des bêtes, Chris Renaud et Yarrow Cheney

« Comme des bêtes » pourrait constituer la preuve que le cinéma d’animation ne cesse de nous surprendre, à contrario du cinéma en prises de vues réelles qui ne cesse de s’enliser dans un manque flagrant d’innovation. Le spectateur n’y trouve pas l’ombre d’un anthropomorphisme parfois exagéré dans lequel le comportement des animaux ressemble trait pour trait à celui des humains. Chris Renaud et Yarrow Cheney sont plutôt partis d’un postulat implacable qui n’est pas sans rappeler la trame de Toy Story : que font nos animaux de compagnie quand nous ne sommes pas là ?

Max, Duke, le teckel Buddy, le bouledogue Mel, Gidget la chienne coquette et secrètement amoureuse de Max tournent en rond dans leur panier, courent inlassablement après toutes les balles, aboient instinctivement sur les écureuils tandis que la boulimique Chloé et l’antipathique bande de chats de gouttière se jettent malgré eux sur tout ce qui bouge. En se basant sur ce croquis animal empreint de justesse, les réalisateurs opèrent un renversement particulièrement réjouissant puisque dès que leurs maîtres ont le dos tourné, chiens, chats, hamsters et canaris se dévergondent, s’empiffrent, jouent avec tout ce qu’ils trouvent et organisent même une fête digne des soirées programmées par les adolescents. Au plaisir de la caricature se joint ainsi une représentation édulcorée des petites transgressions de la jeunesse et des apparences trompeuses. Un vieux chien atteint de cécité chemine tranquillement entre les gratte-ciel new-yorkais et le grand méchant du film, un petit lapin blanc aux yeux innocents, ne cache pas son obsession de mettre définitivement un terme à l’hégémonie humaine.

Le scénario n’est certes pas aussi abouti que celui de « Zootopie » mais les idées toutes plus originales les unes que les autres et les séquences farfelues s’enchaînent à un rythme endiablé qui nous amène à rester accroché avec enthousiasme à ce monde animal désopilant. Les gags se succèdent, ne fonctionnent pas à tous les coups mais les expressions des personnages visant à renforcer le comique de situation et le second degré émergeant de dialogues bien sentis ont contribué à me faire passer un moment de cinéma absolument délicieux. La journée trépidante de cette bande d’animaux en folie s’est révélée plus innovante et drôle que « L’âge de glace 5 : les lois de l’univers » pour lequel j’avais déploré le manque d’inspiration dont a fait preuve les studios Blue Sky.

« Comme des bêtes » repose principalement sur une idée de départ un peu enfantine mais il rappelle aussi que tous les animaux de compagnie ne se font pas câliner par des maîtres attentionnés. Certains sont victimes d’actes de cruauté et le message du film véhicule cette réalité qui, bien que caractérisée par les traits d’un petit lapin aigri et d’un cochon tatoué, n’échappe pas au regard plus aguerri des adultes. A la fin de ce petit bijou de l’animation, lorsque les adorables boules de poil retrouvent leurs propriétaires, on se dit qu’on ne regardera plus jamais nos animaux de compagnie de la même manière et qu’on risque prochainement de réclamer à cors et à cris de nouvelles péripéties pour Max et Duke. 

FiveStars