Le trésor des îles : le monoï de Tahiti

Quel produit de beauté me fait immédiatement penser aux vacances ? Je répondrais sans hésiter que le monoï a des connotations irréfutables d’évasion et de farniente. Je ne m’envolerai pas vers une île paradisiaque mais je compte bien profiter des criques de la presqu’île de Giens pour recharger les batteries avant de reprendre le chemin du boulot. Les années passent et pourtant, je ne me lasse pas des douces effluves de l’huile de monoï. Je me suis amusée, au fil du temps, à découvrir de nouvelles marques, car chacune d’entre elle a sa propre signature olfactive. Parfois plus sucrées, fleuries ou fruitées, je les ai longtemps collectionnées comme des flacons de parfums.

L’arrivée de la chaleur estivale réveille en moi l’envie de partir loin de Grenoble et de glisser instinctivement un flacon de monoï dans la valise. A moins d’avoir vécu pendant des années à la façon « Robinson Crusoé », tout le monde connaît son existence. En Polynésie, la terre où il est né et fabriqué, le produit fait partie intégrante de sa culture. Dans la plus pure tradition, il est élaboré à partir d’huile de coprah (issue de la noix de la coco) dans laquelle ont macéré des fleurs de tiaré pendant une dizaine de jours. Il est ensuite enrichi en vitamine E et additionné d’un parfum (vanille, coco, frangipanier …) pour atténuer son odeur rance.

Cette huile parfumée qui fait partie de la pharmacopée traditionnelle polynésienne est aussi utilisée dans les cérémonies religieuses. En France, il n’est nullement question de superstitions autour du monoï mais nous avons tendance à oublier qu’il n’a pas vocation à servir de produit solaire. Il est même déconseillé d’en appliquer sur la peau, surtout si elle est claire, dans la mesure où elle risque de rougir et pire encore, de cloquer. Les dommages ne sont peut-être pas aussi visibles sur les peaux plus foncées mais en sachant que les UV sont très nocifs pour la santé et que le monoï ne nous protège en aucun cas de leurs effets, on privilégie alors la crème solaire, même si certains flacons affichent un faible indice de protection. Le monoï est toutefois recommandé pour réparer la peau des agressions du soleil en raison de sa forte teneur en acides gras saturés. Il est d’ailleurs préférable de l’appliquer sur une peau mouillée car l’huile et l’eau créent une émulsion qui pénètre plus facilement dans l’épiderme.

Les Polynésiennes appliquent aussi directement le monoï sur leurs cheveux, sans les rincer. Seules les femmes aux crinières épaisses peuvent se le permettre parce que l’huile a plutôt pour effet de graisser mes cheveux fins. Le résultat n’étant ni agréable ni glamour, je préfère m’en servir comme masque capillaire. A fréquence de deux fois par mois et uniquement pendant la période estivale, je laisse poser le monoï sur mes longueurs démêlées toute une nuit avant de les laver le lendemain matin. Il n’est pas nécessaire d’en mettre des tonnes. Il suffit d’imbiber chaque mèche et de laisser « chauffer » sous une serviette. Le résultat est plutôt satisfaisant mais j’ai constaté que le monoï demeure moins efficace que les huiles végétales d’argan et de noix de coco. Il est préférable de miser sur les huiles sèches pour protéger la chevelure des désagréments de l’été (rayons ultraviolets, sel, chlore, sable …) mais le monoï est aussi reconnu pour prévenir son dessèchement. L’efficacité de l’huile se renforce lors des baignades dans la mesure où elle enveloppe les fibres capillaires d’un film protecteur.

Je préfère ne pas me parfumer l’été à cause de la chaleur et de l’alcool sur la peau et c’est pour cette raison que je me tourne exclusivement vers le monoï. J’aime tous les parfums de la marque Hei Poa, même si j’ai un faible pour les odeurs de fleurs de tiaré et de frangipanier. Elles laissent un agréable sillage sucré qui ne risque pas de déclencher des maux de tête et éveillent surtout l’envie irrésistible de s’envoler vers des destinations ensoleillées.

Quel que soit le lieu que vous avez choisi pour passer vos vacances, j’espère que vous en profiterez pour « faire le vide » et vous ressourcer.

A bientôt ! 😉

Paranoïa, Melissa Bellevigne

Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée pour traiter les cas les plus complexes, est sollicitée pour venir en aide à Judy Desforêt, une jeune patiente fraîchement internée à l’institut Saint-Vincent pour tentatives de suicide, hallucinations et paranoïa. La jeune femme est aussi enceinte de 5 mois et refuse catégoriquement de s’alimenter. Dès leur première entrevue, elle fait néanmoins preuve d’une lucidité et d’un discernement hors du commun pour une personne internée dans un hôpital psychiatrique. Lisa et Judy sont deux femmes que tout oppose. La première a 37 ans, mène une carrière si brillante que tout le monde se l’arrache mais cache un lourd secret qui la ronge de l’intérieur. La seconde a soufflé ses vingt bougies et devrait croquer la vie à pleines dents. Seulement, elle s’évertue à y mettre un terme depuis qu’elle a été victime d’un tragique événement à Londres.

Le médecin et sa patiente vont devoir, malgré leurs différences, apprendre à se connaître et se faire confiance pour percevoir le monde sous un jour moins sombre et panser leurs blessures psychologiques. J’avais pris connaissance que « Paranoia » était le premier roman de Mélissa Bellevigne, une blogueuse qui connue sous le pseudonyme de Golden Wendy, fait fureur sur la Toile. Je me moque éperdument qu’il ait été écrit par une personnalité influente du Net, au point que je ne suis allée visiter son site qu’après avoir lu son livre. Je pense également qu’il est plus judicieux d’évaluer la qualité d’un roman pour ce qu’il est et non pour la réputation de son auteur.

Son thème avait attiré mon attention. Mêler les troubles mentaux aux phénomènes surnaturels, affiner la frontière entre réalité et délires paranoïaques pouvait donner lieu à un récit prenant. La quatrième de couverture était pleine de promesses mais le contrat n’a malheureusement pas été rempli. Je reconnais avoir eu des difficultés à terminer le roman alors qu’il n’a rien d’une brique. Les raisons qui m’ont amené à me détourner de cette histoire si prometteuse sont nombreuses. L’histoire de Judy ne m’a tout simplement pas intéressée. Je me moquais même de ce qui pouvait lui arriver.

Je suis venue péniblement à bout du récit grâce au parcours de vie et aux sentiments de Lisa qui ont réussi à me toucher mais je pense que sans ces éléments, j’aurais certainement renoncé après avoir lu la première partie du roman. J’avais démarré ma lecture sans aucun à priori et pourtant, je l’ai terminé avec la désagréable impression d’avoir perdu mon temps. Je déconseille le livre à toutes personnes qui travaillent ou font des études dans la psychologie, la psychiatrie, voire même la psychanalyse. Mon parcours universitaire en lettres et ressources humaines ne rend sans doute pas mes propos très légitimes mais il suffit de s’intéresser de près à ces domaines pour identifier des erreurs de terminologie.

Le titre du roman est mal choisi. La paranoïa fait référence à un trouble psychotique étroitement lié à un sentiment de persécution, une méfiance aiguë à l’égard des autres qui génère des délires. Or, Judy ne peut pas être paranoïaque puisque le personnage mystérieux d’Alwyn est un ami imaginaire qu’elle définit comme un « compagnon de route ». Il n’est donc nullement question de persécution et c’est la raison pour laquelle on devrait plutôt parler de psychose ou de schizophrénie. Mélissa Bellevigne confond aussi névrose et psychose alors que la différence entre ces deux termes renvoie aux savoirs de base de la psychiatrie. Elle n’a certes pas suivi des études de médecine mais je pense qu’elle aurait dû se renseigner plus rigoureusement sur le sujet. Je ne vais néanmoins pas me montrer bornée dans la mesure où je ne m’attendais pas non plus à lire « le manuel de la psychiatrie ». Soyons honnêtes : l’auteure a avant tout cherché à introduire des phénomènes surnaturels, sur fond de troubles mentaux.

Que dire au sujet des personnages ? Je ne me suis attachée ni à Judy ni à Lisa. Je compatis pour les proches de la psychiatre qui se sentent obligés de s’excuser de n’être que des ignorants osant s’aventurer dans son champ de compétences lorsqu’il s’agit de lui parler de sa façon de se comporter et de la nécessité pour elle de prendre du recul sur sa relation avec Judy. Le compagnon de Lisa doit même introduire ses remarques par des « je ne suis pas psy mais je te connais depuis 10 ans » pour asseoir sa crédibilité. Ses proches se comportent avec Lisa comme s’ils avaient peur qu’elle leur balance ses diplômes en pleine figure en leur rétorquant que c’est elle la professionnelle et qu’elle se moque éperdument de leurs analyses dignes de la « psychologie de comptoir ». Je suis touchée par ce qui arrive à Lisa et comprends ainsi qu’elle ait du mal à se positionner en tant que thérapeute. Seulement, je n’ai pas supporté qu’elle fasse preuve de suffisance. Je me suis assez rapidement désintéressée de l’histoire de Judy et reconnais que le personnage m’a laissé de marbre. J’ai ressenti la même chose pour Alwyn.

J’ai aussi eu l’impression de m’être fait avoir avec un titre de roman inadapté et une accroche mensongère (« L’une est la seule à le voir. L’autre est la seule à la croire »). Il est vrai que Judy est bel et bien la seule personne à voir Alwyn mais le fait que sa psychiatre accorde du crédit à ses propos reste à vérifier. Mélissa Bellevigne a tenté de nous dresser le parcours d’une paranoïaque mais le sujet n’étant pas maîtrisé, l’effet escompté n’a finalement pas eu lieu. A défaut d’avoir accroché, je ne me suis pas ennuyée en lisant la première moitié du roman. Les lacunes sur la psychiatrie desservaient déjà le réalisme du récit mais je n’avais pas encore émis l’hypothèse de l’abandonner. Il a toutefois pris une tournure moins intéressante à partir du moment où Judy et son ami imaginaire ont débarqué à Londres. Il devient aussi plus incohérent. Les exemples sont assez nombreux mais je retiendrai celui où Judy se rend à l’abbaye de Westminster pour rencontrer un personnage éminent. Ayant visité le monument au printemps dernier, je suis bien placée pour savoir que l’entrée est soumise à des contrôles de sécurité et qu’on ne peut pas y déambuler comme bon nous semble. Il ne s’agit sans doute que d’un détail mais à force de superposer les incohérences, le lecteur finit par se détacher de l’intrigue.

La deuxième partie du roman est trop abrupte et bâclée à mon goût et à défaut d’effectuer des recherches plus poussées sur la psychiatrie, il aurait été intéressant que l’auteure tisse une relation thérapeutique plus approfondie entre Lisa et Judy. Le lien qui les unit est effectivement trop ténu. La plume de Mélissa Bellevigne est agréable (sans être sensationnelle) et l’auteure avait certainement de bonnes idées mais son récit a été largement desservi par un manque de profondeur et de réalisme. Je suis globalement passée à côté de l’histoire mais si la dimension surnaturelle du roman vous attire davantage que la psychologie des personnages, il est tout à fait susceptible de vous convenir. Si ce n’est pas le cas, je vous recommande alors de passer votre chemin.

Twostars

[Zoom] Mes Disney préférés #1

Walt Disney a bercé mon enfance et même si je porte actuellement un regard plus critique sur mes dessins animés préférés, je les considérerai toujours avec une infinie tendresse. Je vous propose donc aujourd’hui un petit tour d’horizon de ceux qui ont marqué mes plus belles années (ils sont assez nombreux et c’est pour cette raison que j’y consacrerai un autre article).

  • Le Roi Lion (1994)

A l’époque, je n’étais éblouie que par ses images, sa bande-son et ses situations cocasses mais mon regard d’adulte m’a fait prendre conscience que Disney n’avait jamais fait passer autant de messages politiques dans un dessin animé. La leçon est simple et sans concession : il y a ceux qui, par nature, sont destinés à commander et ceux qui sont nés pour obéir. Mufasa explique à Simba que l’héritage familial ne concerne pas uniquement le pouvoir et ses responsabilités mais aussi la propriété d’un royaume tout entier. Certains possèdent des empires dès la naissance alors que d’autres n’ont rien. C’est le cycle de la vie. Le message est toutefois un peu adouci par une morale plus modérée : le pouvoir du monarque n’est en réalité pas si absolu, que celui-ci ne doit pas se comporter en tyran et que chacun peut dominer et être dominé à son tour.

Les hyènes représentent la classe sociale la plus défavorisée, « les laissés pour compte » qui se font manipuler par un tyran qui endort leurs neurones à coups de promesses alléchantes n’ayant pas vocation à être tenues. Scar trouve effectivement des alliés de choix dans la région la plus délabrée et insalubre du royaume (le cimetière des éléphants) car les hyènes sont prêtes à tout pour sortir de leur piètre condition sociale. Leur soif de changement n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle d’un peuple frappé de plein fouet par une profonde crise économique.

Disney a donné naissance au méchant le plus machiavélique de son histoire qui, en tant que tyran fratricide assoiffé de pouvoir, rêve de forger une dictature s’inspirant des idéologies nazies et staliniennes. « Le Roi Lion » est sans doute le film de Disney le plus sombre mais en marchant sur les traces de son père, Simba nous offre une séquence finale magistrale. Les années n’ont d’ailleurs pas altéré les émotions qu’elle suscite.

  • Mulan (1998)

« Mulan » est une critique de la pression imposée aux femmes par la société. La jeune fille est montrée comme enjouée, éveillée, maladroite et peu préoccupée par son apparence. Bien que jolie, elle ne correspond absolument pas aux critères de féminité de la Chine impériale. A son arrivée chez la marieuse, Mulan est observée sous toutes les coutures avant d’être évaluée sur son physique et ses manières. Le dessin animé fait donc clairement référence à travers son héroïne de la Chine médiévale à une situation vécue par les femmes occidentales d’aujourd’hui : la dictature de la beauté parfaite et le regard impitoyable de la société sur la gente féminine.

« Mulan » montre à quel point les femmes sont infantilisées puisqu’on ne leur attribue aucun pouvoir mais il n’est aussi pas tendre avec le patriarcat qui fait peser une pression importante sur les hommes en leur imposant les mêmes contraintes arbitraires que celles imposées aux femmes : celles d’être forts et de prendre soin de leur famille. En partant faire la guerre à la place de son père, Mulan rejette les codes de la condition féminine mais son parcours n’est pas sans embûches dans la mesure où elle n’est pas à sa place dans le rôle que lui impose la société mais ne l’est pas non plus complètement parmi les hommes.

A la fin du film, la jeune fille trouve sa place en revenant à la féminité mais à une féminité moins excessive et caricaturale que celle qu’on a cherché à lui imposer. Quoiqu’il en soit, Mulan est une héroïne active qui n’attend pas qu’un prince charmant vienne la sauver. Elle démontre sa force et sa capacité à se battre contre l’ennemi mais le message du film est clair : il n’est pas nécessaire d’être le plus fort pour réussir dans la vie.

  • La Petite Sirène (1989)

Je me suis rendue compte avec le temps que Disney avait quasiment étouffé toutes les dimensions progressistes de l’oeuvre d’Andersen. L’auteur insistait sur les souffrances endurées par la sirène en dépeignant sa transformation en femme comme une malédiction à l’issue de laquelle elle sacrifiera sa vie. Au contraire, Disney montre la conquête de la féminité comme une aventure source d’enthousiasme et d’excitation dont le mariage avec son prince charmant constitue l’apogée.

En supprimant les éléments du conte qui permettaient d’en faire une lecture féministe et en remplaçant la mort de l’héroïne par son union avec le prince, le studio Disney a alors déformé l’histoire originale jusqu’à lui faire dire l’inverse de ce que disait la plume d’Andersen. Je regrette un peu que Disney n’ait pas davantage respecté le conte mais il est vrai que son histoire est tellement triste qu’elle n’aurait certainement pas convenu aux enfants. Malgré ses défauts, « La Petite Sirène » restera un de mes dessins animés préférés.

  • Raiponce (2010)

« Raiponce » témoignait, comme « La princesse et la grenouille », de la volonté de Disney de proposer des princesses actives et plus fortes que ne l’ont été les héroïnes d’autrefois (Blanche-Neige, Cendrillon, Aurore, Jasmine …). La jeune fille prend plus d’initiatives que ses aînées, même si je trouve regrettable qu’elle n’utilise que deux attributs typiquement féminins pour se défendre : ses longs cheveux blonds et sa poêle à frire. Cette dernière a donné lieu à des situations drôles et cocasses mais j’aurais préféré que Raiponce soit aussi combative qu’ont pu l’être Mulan et dans une moindre mesure, Pocahontas.

J’ai craqué pour tous les personnages dans la mesure où Disney ne laisse pas les plus secondaires sur le côté de la route (Maximus et Pascal sont irrésistibles) mais c’est lorsqu’il s’attaque à une certaine conception de la masculinité que « Raiponce » reste le plus intéressant. Flynn Rider est l’archétype du anti-héros. Il est tourné en dérision quand il essaie de jouer au séducteur et Disney dresse un portait peu flatteur de lui en le dépeignant comme étant de nature lâche et égoïste. Sa mascarade de bandit de grand chemin n’éblouit guère Raiponce, qui lui dit clairement préférer Eugène Fritzherbert (sa véritable personnalité) à Flynn Rider (le rôle viril qu’il cherche à tout prix à endosser). Le film insuffle un nouveau souffle aux héroïnes de Disney et même s’il y a encore du chemin à parcourir, on s’éloigne toutefois progressivement des princesses naïves et passives.

 

Les savons saponifiés à froid

Si vous vous intéressez aux produits de beauté naturels, vous avez déjà sûrement entendu parler des savons saponifiés à froid. Je n’aime pas beaucoup parler de tendance dans la mesure où ce terme laisse entendre que l’engouement suscité ne s’inscrira pas dans la durée. En ce qui me concerne, je me moque de faire comme tout le monde car si un concept me plaît et correspond à mes valeurs, je n’hésite pas longtemps avant de l’adopter. Le temps où je succombais aux produits moussants et très parfumés ( … et bourrés d’ingrédients chimiques !) est révolu depuis que j’ai découvert les savons saponifiés à froid. Seulement, si vous n’en avez jamais entendu parler, vous vous demandez certainement de quoi il s’agit. Explications …

(Photo trouvée sur le site : http://www.autourdecia.fr)

La saponification à froid est un procédé de fabrication artisanal au cours duquel les huiles essentielles qui composent le savon ne sont pas chauffées. La glycérine végétale, naturellement présente en grande quantité, n’est pas extraite du savon saponifié à froid. La peau a un PH acide alors que celui du savon est alcalin. Les savons industriels agissent alors comme un détergent sur la peau en lui décapant son film hydrolipidique. Pour quelles raisons ? Leurs fabricants ont tout simplement extrait la glycérine végétale qui en tant qu’agent émollient et hydratant, a pour fonction d’entretenir la souplesse de la peau. Vous comprenez désormais pourquoi la vôtre a tendance à tirailler après que vous vous soyez lavée avec un savon acheté dans un supermarché.

En revanche, la saponification à froid permet de conserver la glycérine végétale et tous les bienfaits des huiles dans le savon. Il est généralement de meilleure qualité que son homologue industriel  qui est fabriqué à base d’huiles dénaturées, de copeaux de savon et de parfums de synthèse mais je vous conseille néanmoins de vous fier aux labels pour éviter de tomber dans les filets du marketing. Si vous vous penchez un peu sur les étiquettes des savons classiques et gels douche, vous découvrirez une liste d’ingrédients longue comme mon bras et comportant des noms plus barbares les uns que les autres. Sachez que ce n’est jamais bon signe de se retrouver face à tant de mots aux consonances chimiques …

Un savon saponifié à froid de qualité ne contient que des huiles végétales vierges (coco, olive, ricin, karité, tournesol …) que l’on fait réagir à un agent alcalin (la soude). On peut lui ajouter d’autres ingrédients naturels pour cibler les besoins des consommateurs qui ont évidemment des types de peaux différents (sensible, sèche, acnéique …). Seulement, si certains savons ont une apparence artisanale, ils ne sont pas nécessairement naturels ou saponifiés à froid. Au toucher, il doit être plus gras, fondant et l’odeur n’est pas censée être prononcée. Le critère le plus fiable reste sa certification bio et son logo Saponification à Froid, signifiant ainsi qu’il a été fabriqué par un savonnier membre de l’Association des Nouveaux Savonniers (ADNS).

J’ai remarqué que ma peau ne souffre plus de démangeaisons quand je sors de la douche mais je n’ai pas du tout l’intention de vous faire croire que les savons saponifiés à froid font des miracles. Je continue effectivement d’appliquer quotidiennement mon lait corporel. Leur composition naturelle a toutefois été l’argument le plus solide pour me convaincre de les adopter mais j’ai aussi été ravie de constater qu’ils remplissaient d’autres critères qui sont importants à mes yeux pour que je jette mon dévolu sur un produit.

Les savons à froid sont 100% biodégradables et ne sèment donc aucun résidu toxique sur leur passage. On dit aussi adieu aux emballages superflus  (combien de fois ai-je failli m’arracher les cheveux en retirant une à une toutes les couches successives … Tout ça sur un même produit ? Comment est-ce possible ?) car ils n’en nécessitent que très peu voire aucun s’ils sont achetés à la coupe. Voulez-vous un autre argument de choc ?

Les savons saponifiés à froid ne sont pas testés sur les animaux. Ils sont même généralement vegans. Or, j’ai été stupéfaite de constater il y a quelques années que la plupart des savons industriels contiennent de la graisse animale. Si vous lisez sodium tallowate dans la liste INCI des ingrédients, sachez qu’il s’agit en réalité d’un sel de suif saponifié ayant été produit à base de graisse de bœuf ou de porc. Cet ingrédient est effectivement beaucoup moins cher que les huiles végétales saponifiables pour les industriels qui sont toujours désireux de faire des économies. En ce qui vous concerne, vous n’aurez peut-être pas l’impression d’en faire puisque les savons saponifiés à froid sont plus chers à l’achat que ses homologues industriels. Seulement, sachez que, selon les marques, vous pouvez en dénicher pour moins de 4 euros les 100 g et c’est plutôt intéressant quand on réalise qu’ils ont une durée de vie plus longue que les flacons de gels douche (à condition de les préserver de la chaleur et de l’humidité).

Opter pour un savon saponifié à froid de qualité consiste aussi à faire le choix de soutenir les marques artisanales et locales. Je veille le plus possible à ce que mes cosmétiques aient été fabriqués en France dans la mesure où j’aime me dire que derrière chacun d’entre eux se cache un artisan engagé et proche de chez moi. Les raisons que j’ai invoquées ont été suffisantes pour que j’adopte définitivement les savons à froid. Si vous souhaitez les découvrir, sachez que vous n’en trouverez que dans les magasins bio, dans certaines parapharmacies (soyez vigilantes sur leur composition et méthode de fabrication) ou plus facilement encore, sur les sites des fabricants. En ce qui me concerne, j’ai craqué pour la marque Clémence & Vivien mais il en existe d’autres qui sauront tout aussi bien répondre à vos attentes. Vous sentez-vous prêtes à franchir le pas ? 🙂

 

 

 

Célibataire longue durée, Véronique Poulain

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Véronique Poulain m’a fait pouffer de rire avec les aventures de son personnage principal, Vanessa Poulemploi, une quinquagénaire cynique et déjantée à souhait qui revendique ses difficultés à trouver le grand amour. Mère de deux enfants qui ont atteint le stade de l’adolescence (ils commencent naturellement à mener leur vie …), demandeur d’emploi depuis peu après avoir été pendant des années l’assistante d’une célébrité et abonnée au divan de sa psy, Vanessa se fourvoie en recherchant l’amour sur les sites de rencontres et dînant avec des hommes mariés. Le roman ne me laissera pas un souvenir impérissable mais il n’en est pas pour autant convenu. Véronique Poulain dresse effectivement, à coups de mots bien sentis et de dialogues pétillants, le portrait des femmes urbaines qui sans être vraiment malheureuses, se révèlent insatisfaites, qu’elles soient seules ou mal accompagnées.

Vanessa pourrait trouver la clé de ses problèmes en suivant les conseils de ses meilleurs amis et de sa psychologue mais quand on sait qu’elle fait beaucoup de bruit en toussant, fume comme un pompier, jure comme un charretier, abuse de la charcuterie, du fromage et de l’ail et adore raconter sa vie à qui veut l’entendre, le lecteur se doute alors que la partie est loin d’être gagnée. Je n’ai pu m’empêcher de pouffer de rire en lisant certains passages parce que même si la différence d’âge entre Vanessa et moi explique aisément la raison pour laquelle je ne me suis pas retrouvée en elle, j’ai eu toutefois l’impression de réécouter les histoires d’une collègue de travail que j’apprécie particulièrement. Elle a dix ans de moins que Vanessa mais elle a aussi été mariée avant d’enchaîner les désillusions amoureuses tout en menant le même train de vie que celui d’une jeune femme de 20 ans.

A la lecture du résumé, je ne m’attendais pas du tout à lire un récit se rapprochant de la chick-lit. Je ne parle pas du genre mettant en scène les tribulations sentimentales et professionnelles de jeunes femmes au physique si avantageux qu’elles pourraient postuler chez Vogue pour figurer sur leurs magazines en papier glacé. Au contraire, Vanessa fait son âge, même si elle se comporte souvent comme une adolescente. J’imaginais plutôt une romance comme celles écrites par Agnès Ledig et Jojo Moyes (c’est de ma faute puisque je me suis fiée uniquement à la couverture au lieu de prendre le temps de lire le résumé qui ne fait pourtant que quelques lignes) mais je ne regrette pas d’avoir suivi les péripéties de Vanessa, même si elles ne me laisseront pas un souvenir mémorable.

Véronique Poulain amène le lecteur à s’interroger sur la condition des femmes célibataires ayant dépassé la trentaine : comment vivent-elles le célibat ? Est-ce un choix ou une fatalité ? Ma collègue m’a récemment apporté la réponse sur un plateau en se basant sur sa propre expérience et ses réflexions à n’en plus finir sur le sujet. Elle n’est pas prête à s’engager dans une relation durable et ses efforts pour trouver l’homme idéal ne sont que les conséquences d’une forte pression sociale exercée sur les femmes célibataires.

Le couple est aujourd’hui encore le modèle standard et le célibat n’est toléré que lorsqu’il est provisoire. S’il constitue un choix ou s’installe, la personne concernée est regardée avec suspicion. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez elle pour qu’elle ne trouve pas « chaussure à son pied » ? (c’est d’ailleurs une expression que je ne porte pas dans mon cœur !). Ma collègue a tiré les mêmes conclusions que Vanessa : arrêter de courir après le grand amour et accepter d’être seule parce qu’elle se sent tout simplement mieux ainsi. Etre plus douée en amitié qu’en amour n’a jamais été diagnostiqué comme une tare.

Le regard que porte la pétillante quinquagénaire sur sa vie professionnelle reflète aussi l’état d’esprit dans lequel se trouve le commun des mortels. Qui n’a pas rêvé de changer de métier après avoir été vécu l’expérience traumatisante d’un licenciement ? Vanessa souhaiterait donner un nouveau souffle à sa carrière mais les résultats de son bilan de compétences lui ramènent les pieds sur terre. Trouver l’homme de sa vie et se réorienter à 50 ans est un défi délicat à relever et elle comprend alors qu’on ne peut malheureusement pas tout faire à tout âge, surtout quand on n’a plus 20 ans. Le tableau peut sembler fataliste mais le récit n’en est pas moins bourré d’humour, grâce à une héroïne décalée qui ne cesse de nous réserver des surprises.

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Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand

Agnès-Martin Lugand semble avoir trouvé son sujet de prédilection en dressant des portraits de femme. Dans son quatrième roman, elle raconte le parcours de Yaël qui, après avoir été une étudiante insouciante, fêtarde et peu concernée par le monde du travail, est devenue en l’espace de dix ans, une brillante interprète aux dents longues. Elle s’est détachée de ses amis qui même sans avoir une carrière prestigieuse, se sentent pleinement épanouis. La plupart se sont mariés, ont des enfants, savourent les petites choses de la vie tandis que Yaël préfère enchaîner les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de souffler.

Elle s’est également éloignée de sa famille et n’accorde plus de temps à ses loisirs pour se consacrer pleinement à son travail. Comment une telle ascension professionnelle est-elle possible ? Qu’est-ce qui a provoqué la transformation radicale de Yaël ? Le lecteur découvre assez rapidement que cette plongée à corps perdu dans le travail se révèle une stratégie pour échapper au passé. Il a tout compris mais la jeune femme est encore dans le déni …

Sous couvert d’une dimension divertissante, le roman pose une problématique sérieuse : A quel prix décide t’on de consacrer entièrement sa vie au travail ? Je la trouve particulièrement intéressante puisque ma sensibilité à l’égard des ressources humaines m’a amené à me pencher sur la notion d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle mais je reste convaincue que je suis passée à côté de l’histoire.

Le personnage de Yaël est un ersatz de Miranda Priestly au point que je me serais parfois crue dans « Le Diable s’habille en Prada », transposé dans le milieu plus austère de l’interprétariat. Juchée sur ses talons hauts, elle est crainte par ses collégues et ne compte pas ses heures. Elle ingurgite deux fois plus de sushis par an que la moyenne des occidentaux et il ne lui manque plus que le gobelet Starbucks à la main pour remplir tous les critères de l’archétype de la working girl.

Agnès Martin-Lugand a forcé le trait et c’est pour cette raison que je n’ai pas réussi à m’attacher à cette caricature de bourreau de travail hautaine et irritable. J’avais envie de la secouer comme un prunier pour lui faire conscience qu’elle passait à côté des plaisirs de la vie. Elle s’est néanmoins révélée plus touchante à partir du moment où elle a compris qu’elle ne pouvait plus continuer à mener cette existence aseptisée et routinière. Mon regard a quelque peu changé mais je ne pouvais définitivement pas m’attacher à Yaël.

L’auteure ne pouvait pas aussi faire plus cliché en dépeignant Marc comme le brocanteur séducteur vivant avec son grand-père qui lui a transmis sa passion pour le métier et écoutant les titres de Serge Gainsbourg. Je n’oublierai pas de mentionner les amis de Yaël qui font preuve d’une patience hors du commun envers la jeune femme. Ils font des efforts pour faire abstraction de ses critiques, persistent pour partager des moments avec elle alors que je doute que les amis dans la vie réelle, se montrent aussi tolérants face à tant de mépris.

Leur force de compassion est censée être une belle leçon d’amitié. Ces relations sont si fortes que les années ne peuvent les altérer. Peu importent les erreurs et le temps qui passe, les amis sont toujours là. Or, je ne pense pas que la grande majorité des gens se montreraient aussi compréhensifs que les amis de Yaël s’ils étaient confrontés à une situation similaire. Est-ce que l’auteure ne nous ferait pas passer un message emprunt de naïveté ? Je n’en doute pas, même si je me dis aussi que rêver ne fait de mal à personne.

Je reproche néanmoins au récit de manquer de crédibilité à tous points de vue. Je n’ai pas cru une seconde au prétexte donné par Agnès Martin-Lugand pour expliquer l’ambition démesurée et la soif de reconnaissance de Yaël . Son meilleur ami ayant disparu sans crier gare, la jeune femme se serait constituée une carapace en béton armé pour lutter contre la tristesse qui la submerge depuis qu’elle l’a perdu de vue. Tous ses proches ont compris depuis longtemps qu’elle était amoureuse de lui, exceptée la principale intéressée, et je n’arrive pas à me plonger dans le récit qui me semble un peu tiré par les cheveux.

Le roman est une réflexion sur la vie, l’épanouissement personnel et plus généralement sur l’investissement et les sacrifices que l’on peut faire pour réussir. Son sujet avait éveillé mon intérêt mais Agnès-Martin Lugand n’est pas parvenue à m’embarquer, me toucher et me faire réfléchir sur mes propres choix de vie. Je lui ai trouvé de nombreux points communs avec les romances de Marc Lévy et Guillaume Musso qui, sans m’avoir laissé de souvenirs impérissables (à l’exception de « Et si c’était vrai » et « Toutes les choses qu’on ne s’est pas dites » qui s’étaient révélés des coups de cœur à l’époque), ont toutefois eu le mérite de me faire passer d’agréables moments de lecture.

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S’entraîner pour son premier trail

Les amoureux de la nature et les mordus de course à pied ont trouvé leur terrain de jeu favori en découvrant le trail. Seulement, cette discipline à part entière requiert un minimum de préparation et de technique pour laquelle il ne vaut mieux pas sous-estimer les enjeux et les difficultés avant de se lancer.

Le trail fait référence à une course en pleine nature, au cours duquel seulement 20% maximum du parcours s’effectue sur le bitume. Il se pratique aussi bien à la campagne qu’à la montagne, sur la plage, en forêt mais en habitant dans l’Isère, je me suis entraînée de sorte à avoir progressivement le pied montagnard. La course sur route se définit par sa distance tandis qu’un parcours de trail se caractérise surtout pour son dénivelé et la technicité du terrain (état des sols, irrégularité des pentes, présence d’obstacles …). Il existe aujourd’hui un nombre incalculable de trails mais tous n’ont inévitablement pas le même niveau de difficultés.

La particularité du trail ne se résume pas uniquement à ses exigences techniques et ses terrains accidentés. Il se pratique effectivement en auto-suffisance ou en semi-suffisance, obligeant ainsi le coureur à gérer lui-même ses ravitaillements. Vous avez peut-être l’impression que participer à un trail relève de l’épreuve insurmontable mais au risque de vous surprendre, sachez que tout le monde peut le pratiquer. Une des seules conditions essentielles reste de ne pas avoir peur de se dépasser mais on peut tout à fait s’adonner à cette activité sans pour autant avoir acquis au préalable une culture sportive très poussée. Quand on débute, il va surtout falloir prendre les choses dans l’ordre. On commence par de petites distances, sur des parcours peu techniques et y aller progressivement pour allier l’effort et le plaisir et préserver son capital santé. Il faut laisser le temps à son pied de s’aguerrir aux spécificités du terrain et c’est la raison pour laquelle on prendra soin de choisir intelligemment son premier trail.

Il est déconseillé de sur-estimer ses capacités dans la mesure où 100 mètres de dénivelé positif équivaut à 1 kilomètre de course. En ayant participé au trail des passerelles de Monteynard (en 2015) qui affichait 15 km avec 600 m de dénivelé positif, j’ai donc fourni un effort plus ou moins similaire à un 30 km sur route. Je vous conseille de vous fixer pour objectif de ne pas rajouter plus d’1/3 de la distance habituellement courue en compétition sur route, en prenant naturellement en compte votre préparation et le dénivelé du parcours. En revanche, préparer un trail ne rime pas avec des sorties longues programmées plusieurs fois par semaine. Il faut effectivement apprendre à courir sur de longues distances mais aussi à marcher longtemps à un rythme soutenu. Les personnes qui ont l’habitude de faire des randonnées en montagne se lancent ainsi dans l’aventure en ayant peu de risques de se retrouver confrontées à de réelles difficultés.

Quelque soit la condition physique, je pense qu’un débutant qui envisage de s’inscrire à un 80 km au bout de deux ans, brûle sérieusement des étapes. Il ne faut vraiment pas hésiter à se « limiter » à 20, 25 voire 30 kilomètres les premières années. A l’heure actuelle, je ne suis pas parvenue à franchir le cap des 17 km parce que je suis consciente que je ne me prépare pas assez régulièrement pour dépasser cet objectif. Seulement, je sais aussi qu’on doit se sentir vraiment bien et avoir la structure osseuse suffisamment renforcée pour effectuer de plus longues distances. Le mental doit certes se forger en même temps que le physique mais le corps doit également être préparé rigoureusement à l’effort.

En n’étant ni coach sportif ni championne de trail, je vous propose une petite synthèse des conseils que j’ai glanés auprès de sportifs plus expérimentés, au fil de mes lectures de magazines spécialisés et en me basant aussi sur ma modeste expérience personnelle. Je suis convaincue qu’il ne faut pas moins de trois sorties par semaine pour progresser de manière significative. Il est très important de varier autant que possible ses entraînements pour préparer son corps aux variations de terrain et changements d’allure. Le renforcement musculaire est incontestablement l’élément clé de ma préparation physique. Si les muscles ne sont pas habitués à l’effort, le coureur s’expose à la fatigue et aux risques de blessures. Les séances régulières de Body Attack, GRIT et Body Pump me sont très utiles pour faire travailler l’ensemble de mes muscles mais elles ne suffisent pas pour bénéficier d’une préparation complète. Le travail en côte est effectivement un passage obligé. Il est judicieux d’alterner les côtes longues comportant des pentes faibles et les côtes courtes très raides pour développer l’endurance et l’explosivité.

En ce qui me concerne, le plus dur n’est pas de s’entraîner dans les montées mais d’assurer un minimum dans les descentes. Ce travail impose au corps d’intenses efforts musculaires et les articulations n’appréciant guère les descentes, il va aussi falloir les renforcer. Les exercices à la corde à sauter sont idéales pour renforcer les muscles entourant les articulations des chevilles. Seulement, si vous souffrez de problèmes articulaires, je vous recommande chaudement d’éviter de sauter à la corde et d’effectuer des parcours de trail …

Il ne faut pas hésiter à courir sur des terrains variés pour habituer son pied aux différents types de sol. Les séances de récupération occupent aussi une place de choix dans la préparation sportive. Vous pouvez par exemple faire 45 minutes de footing à allure modérée ou remplacer votre séance habituelle par 60 minutes de natation. Les sports dits « portés » sont d’ailleurs idéales pour s’entraîner tout en préservant ses muscles et articulations des impacts. Le yoga est pour moi une excellente alternative pour gagner en souplesse et harmoniser la musculature mais vous avez l’embarras du choix pour dénicher votre activité de prédilection.

Le trail est une épreuve d’endurance exigeante. Je ne peux donc que vous conseiller de ne pas partir trop vite dès le début pour ne pas se mettre en difficultés. Certains s’imaginent aussi que faire du trail consiste à courir tout au long du parcours. S’il est tout à fait possible de ne pas s’arrêter sur les terrains plats, sachez qu’une infime partie des traileurs passent leur temps à courir. Sur certains parcours, on peut même atteindre 80 % de marche. N’ayez donc pas peur de marcher en montée pour économiser vos efforts dans la mesure où cette stratégie s’avère généralement gagnante. En débutant le trail, le but n’est pas d’aller chercher un chrono et l’intérêt de l’entraînement réside ainsi dans la capacité à gérer ses efforts dans la durée, l’intensité et sans oublier de se faire plaisir.