Je boycotte le training …

Je ne vais faire référence aujourd’hui ni aux passionnés ni aux allergiques du fitness mais plutôt à ceux pour qui l’entraînement rime avec torture. Je me suis donc intéressée aux raisons qui les poussent à boycotter le sport et après m’être penchée sur la question, je me suis rapidement rendue compte que l’autocensure se révèle souvent un facteur bloquant. Elle n’est néanmoins pas à l’origine de toutes les excuses « sorties du chapeau » de ceux qui ne veulent pas s’entraîner et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de faire le point sur le sujet en lui accordant un regard bienveillant.

# 1 « Je n’ai pas le temps »

« Quand on veut, on peut ! » Vous trouvez peut-être le dicton un peu facile et on ne peut effectivement pas nier que la pratique d’un sport dans une vie remplie d’obligations personnelles et professionnelles est rarement une mince affaire. En revanche, on constate qu’il y a souvent moyen de s’arranger car en bloquant par exemple 1h dans la semaine (que ce soit le matin, le midi ou le soir) et 1h le week-end, vous pourriez progressivement vous remettre au sport. Il n’est pas aussi forcément question de faire du sport tous les jours, mais simplement d’être un peu actifs 😉

#2 « Je ne suis pas doué »

On ne peut pas ne pas être bon en sport dans la mesure où il existe un nombre incalculable d’activités nécessitant des qualités différentes. Tout le monde peut facilement y trouver son compte, à condition de ne pas s’autocensurer. Beaucoup de personnes n’osent pas se lancer dans le running parce qu’elles disent ne pas avoir de souffle. J’ai aussi galéré à adapter ma respiration à l’effort et tous les débutants sont confrontés à cette difficulté. D’autres s’imaginent que les activités à haute intensité comme le CrossFit et le GRIT sont réservées à une « élite » alors qu’il n’est pas nécessaire d’être un athlète pour participer à ces séances.

Je suis dotée d’une bonne condition physique mais n’ai pas non plus un excellent niveau. On ne vient pas faire du sport pour se comparer aux autres et chercher à être le meilleur. On se lance plutôt des challenges à soi-même, dans le but de dépasser ses propres limites et progresser. Les exploits des compétiteurs ne reflètent en rien les attentes d’un coach de CrossFit ou de GRIT parce qu’ils sont tout à fait conscients que les athlètes ne représentent qu’une partie infime de la population sportive.

Vous avez aussi réellement la possibilité d’adapter les exercices à votre niveau car si tous les participants sont par exemple capables de réaliser un squat, le mouvement ne sera pas effectué au même niveau de performance. Le ridicule n’existe pas dans le domaine sportif car il est tout à fait normal de galérer au début et de ne pas avoir les mêmes qualités que son voisin de séance. Seulement, vous en possédez d’autres et tirerez davantage de bénéfices en portant un regard bienveillant sur les efforts accomplis.

#3 « Je suis en surpoids »

Vous avez l’impression de ne pas pouvoir faire tout ce que vous voulez et même si ce n’est pas totalement faux, sachez qu’il existe heureusement des alternatives efficaces pour donner envie aux personnes en surpoids de se mettre au sport. Il s’agit surtout de respecter quelques conditions pour ne pas vous en dégoûter et mettre en péril votre santé. Beaucoup se tournent vers la course à pied dans la mesure où on doit bien reconnaître qu’il n’y a pas d’activité plus pratique et accessible. On peut effectivement en faire partout et à n’importe quel moment de la journée.

En revanche, la course à pied est une activité où les impacts sont très importants car à chaque fois que notre pied touche le sol, nos articulations encaissent 5 à 8 fois notre poids. Les impacts auront ainsi un degré d’intensité nettement plus élevé pour les personnes en surpoids. Il est préférable de se tourner vers des activités au cours desquelles les articulations sont moins sollicitées comme la marche rapide, le vélo et la natation. En cours collectifs, mieux vaut éviter au maximum les mouvements sautés (squats jump, fentes plyométriques …) et privilégier les options proposées au début des séances pour pouvoir réaliser la totalité des exercices.

Les exercices au poids du corps sont particulièrement intéressants pour les personnes en surpoids mais cela signifie aussi que plus nous sommes lourds et plus la charge sera importante et l’exercice difficile. Quoiqu’il en soit, il est préférable de ne pas poser les mains au sol mais plutôt sur un support surélevé pour privilégier l’amplitude et la technique du mouvement. Je recommande ainsi d’utiliser un step pendant les cours collectifs pour rendre l’exercice moins délicat et s’appliquer à réaliser des mouvements de qualité.

Les personnes en surpoids ont fortement tendance à privilégier le cardio alors que la musculation est tout aussi nécessaire pour renforcer les muscles et protéger les articulations tout en « brûlant » la masse graisseuse. Les machines paraissent plus accessibles pour les débutants mais elles ont également pour inconvénient de se concentrer sur un seul groupe musculaire et de s’entraîner en position assise. Or, les personnes en surpoids ont tout intérêt à activer tout leur corps en réalisant des exercices debout et à l’aide de poids libres. Les entraînements sous forme de circuit training sont plus ludiques et en effectuant plusieurs exercices à la suite avec très peu de temps de récupération, elles ont alors plus de chances de rester actives pendant toute la durée de la séance.

Je recommande le Circuit Training mais certainement pas le HIIT (« High Intensity Interval Training »). C’est une tendance du fitness qui cartonne et consiste à travailler avec des intervalles courts alternant phases de travail intensif et phases de récupération. Le niveau d’intensité est plus élevé que dans les autres cours collectifs, au point qu’on continue de brûler des calories même après l’entraînement. Je me suis lancée assez récemment dans les GRIT Series et j’ai immédiatement été conquise par le concept. Ce type d’entraînement n’est en revanche pas adapté à tout le monde car s’il est déjà difficile pour toute personne qui débute, il l’est encore davantage pour les personnes en surpoids. Les transitions entre les mouvements étant très rapides, le HIIT peut représenter un danger pour les individus obèses qui sont malheureusement plus exposés aux risques d’insuffisances cardiaques, respiratoires et problèmes d’hypertension.

Je ne pense pas non plus qu’il est judicieux de se lancer dans le HIIT quand on débute et souhaite prendre goût au sport. Cette méthode requiert une certaine résistance mentale qui se développe au fil du temps. Je recommande plutôt aux personnes en surpoids de privilégier les entraînements cardio de longue durée (30 à 60 minutes) avec une intensité moyenne, pour brûler des graisses sans traumatiser l’organisme. Vous avez sûrement compris que je tiens à faire passer un message très clair : le sport est accessible à tous, à condition de faire preuve de bon sens en prenant des précautions.

#4 « Ça fait mal

Les longues répétitions de squats jump et burpees, les push-up et les séances de fractionné ne sont pas une partie de plaisir. Vous sentez que vos muscles brûlent, tiraillent et tremblent mais c’est normal. Les miens ne sont pas épargnés non plus. Il n’y a pas de progression sans efforts mais tout dépend aussi de l’objectif que vous vous êtes fixés. Si vous souhaitez vous entretenir ou vous vider la tête, vous pouvez faire du sport sans vouloir dépasser vos limites à chaque séance. Par contre, vous avez davantage intérêt à vous challenger si vous souhaitez transformer votre corps et poursuivre vos progrès.

Sentir que ses muscles ont travaillé n’a rien d’inquiétant mais je m’interroge sur certains aveux de sportifs en très bonne forme qui disent que certains mouvements provoquent chez eux des douleurs articulaires. Elles peuvent même devenir chroniques si les mauvaises postures ne sont pas corrigées. En réalité, il faut toujours se questionner sur les douleurs ressenties à la fin d’une séance d’entraînement : est-ce la faute aux courbatures (« je n’ai pas l’habitude de solliciter ces muscles donc j’ai mal ») ou plus sérieusement, à une technique que je n’ai pas encore assimilée ?

#5 « J’ai la flemme »

Nous ne pouvons pas ressentir le même élan de motivation tout au long de l’année. Notre corps n’est tout simplement pas une machine. Seulement, il est vrai que certains sont plus enclins à baisser les bras et je ne peux donc que vous conseiller de vous fixer des objectifs réalisables. Participer à une course, prendre du muscle, rentrer à nouveau dans son jean préféré … A vous de trouver ce qui vous motive le plus 🙂

#6 « Les résultats tardent à venir »

La chute est rude si vous avez imaginé que vous obtiendrez des cuisses en béton après de longues séries de squats ou des abdominaux saillants après cinq séries ininterrompues de push-up. Il ne faut pas vouloir précipiter les choses, au risque de tomber dans le piège du surentraînement favorisant souvent l’apparition de blessures, voire d’un dégoût soudain pour l’activité pratiquée. Rappelez-vous aussi que le sport n’est pas une recette miracle. L’alimentation réalise effectivement 70 % du boulot. Le mieux reste encore de s’éloigner des diktats de la minceur et de la performance en abordant le sport comme un moment de plaisir, de dépassement de soi et de fierté qui générera de nombreux bienfaits (épanouissement, confiance en soi, détente …) sur la vie personnelle, professionnelle et même sur le caractère.

 

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