Miss Dumplin, Julie Murphy

Le lecteur fait la rencontre de Willowdean Dickson, une adolescente en surpoids, qui dotée d’un caractère bien trempé, semble totalement assumer ses rondeurs. Je ne pense pas que l’auteure ait choisi par hasard d’installer son personnage principal au Texas. L’obésité sévit sur l’Amérique comme un fléau mais la menace est surtout présente dans les Etats du Sud profond. Le physique de Willowdean ne devrait pas susciter de curiosité particulière dans un état américain où la grande majorité de ses habitants est touchée par l’obésité. Le regard de certains camarades de classe lui rappelle pourtant que son corps ne correspond en rien aux représentations de la beauté déterminées par une pression sociale n’ayant jamais été aussi oppressante qu’au cours de ces dernières années.

Elle ne veut pas ressembler à sa tante qui n’a jamais accepté son corps et fait abstraction des critiques malveillantes des autres. Elle ne supporte plus le regard de sa mère qui voit d’un mauvais œil qu’elle ait des rondeurs. Cette dernière était aussi en surpoids avant de participer au concours de beauté de Clover City et d’en devenir la dirigeante. Sa propre sœur étant décédée d’une crise cardiaque en raison de son obésité morbide, elle redoute sûrement que Willowdean connaisse un jour le même destin funeste. Je ne l’ai donc pas perçu comme un « monstre » superficiel mais plutôt comme une mère qui s’inquiète pour la santé de sa fille. On peut en revanche lui reprocher d’avoir fait preuve de maladresse en interpellant Willowdean par son surnom (Dumplin signifie « boulette ») devant le lycée, déclenchant ainsi la moquerie d’un camarade de classe immature qui s’est alors servi de cette marque d’affection pour blesser la jeune fille.

Il ne lui en fallait malheureusement pas davantage pour renforcer des complexes d’infériorité qu’elle avait cherché à enfouir au plus profond d’elle-même. Patrick n’a fait qu’enfoncer le clou puisque les faux-semblants ont soudainement volé en éclats, au moment où le séduisant collègue de travail de Willowdean n’a plus caché son attirance pour elle. Elle ne parvient pas à concevoir qu’un garçon comme lui puisse la trouver belle et imaginer que la société fasse preuve de tolérance envers leur couple. Elle se sert alors d’un faux prétexte pour se détourner de lui et ne pas risquer de se confronter aux moqueries de son entourage.

Certaines lectrices n’ont pas apprécié Willowdean parce qu’elle est pleine de contradictions. Seulement, l’attitude des personnes souffrant de complexes d’infériorité, est souvent paradoxale. Elle condamne Patrick qui passe son temps à se moquer des autres lycéens et à leur affluer d’horribles surnoms alors qu’elle ne peut s’empêcher de porter des jugements de valeur assez dégradants à l’encontre des jeunes filles qui ne lui ressemblent pas. Je ne me suis pas attachée à sa personnalité mais je comprends les raisons pour lesquelles elle est capable de se monter si paradoxale dans certaines situations.

En revanche, je trouve qu’elle ne se montre pas suffisamment honnête avec les gens qui l’aiment telle qu’elle est. Son cœur balance entre deux garçons mais elle utilise Mitch comme « bouche-trou » tout en se plaignant que Bo courtise une autre fille. Or, elle n’a cessé de repousser ses avances. Willowdean peut faire preuve d’un certain égocentrisme mais j’ai apprécié que Julie Murphy ait donné une dimension aussi humaine à la personnalité de la jeune fille. Si elle avait vraiment existé, je ne m’en serais probablement pas fait une amie mais elle n’est finalement pas si éloignée des personnes que l’on rencontre dans la vie réelle et qui suscite en nous des sentiments contradictoires.

J’ai néanmoins regretté la profusion de personnages caricaturaux dans « Miss Dumplin ». J’ai eu l’impression de lire le scénario d’une comédie romantique américaine. Je me suis accrochée pour connaître la fin de l’histoire que j’ai finalement trouvée bâclée et précipitée. Le concours en lui-même ne tient même pas sur 50 pages alors que Julie Murphy avait matière à exploiter le sujet de façon plus subtile et mordante. J’attendais beaucoup de ce roman qui n’a pas su retenir mon intérêt au fil des pages. Il m’est arrivé de lire plusieurs fois le même paragraphe tant je n’arrivais pas à fixer mon attention sur l’histoire qui, selon moi, manque de rythme et de piquant.

« Miss Dumplin » est indéniablement bien lisse alors qu’un tel sujet aurait mérité d’être exploité de manière non conventionnelle. En revanche, j’ai été sensible au fait que le roman ne se focalise pas que sur la difficulté pour les rondes d’accepter leur corps. Il traite effectivement de thèmes aussi variés que les liens mère-fille, l’amitié et le deuil. Je m’attendais à lire un récit plus profond et c’est la raison pour laquelle je vous recommande de considérer « Miss Dumplin » comme un roman digne d’être savouré sur la plage.

Twostars

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[Avis] : The Witch, Robert Eggers

Attention : Cet article contient des traces de spoilers.

Je m’attendais à regarder un chef d’oeuvre du cinéma d’épouvante tant le film a été porté aux nues par la critique. Après une projection estimée « traumatisante » au festival Sundance de 2015, The Witch n’a pas cessé de faire parler de lui. On évoquait alors un long-métrage troublant à l’effroi encore inédit. Il n’est certainement pas à mes yeux le chef d’oeuvre annoncé mais il n’y a pas non plus matière à lui trouver tous les défauts de la création. Robert Eggers réalise un film d’épouvante « old school », aux antipodes des longs-métrages du genre qui fleurissent sur le grand écran depuis quelques années, à grands coups de caméra subjective, de jump scare et de scénarios prévisibles. Le réalisateur prend le temps de planter le décor et raconter une histoire tournant progressivement au cauchemar sans se départir d’une sobriété qui risque d’ennuyer les spectateurs habitués aux longs-métrages horrifiques de la dernière génération.

J’ai été ravie de ne pas y trouver l’ombre d’un jump scare mais n’ai pu m’empêcher de comparer le rythme du film à un encéphalogramme plat. Son minimalisme est paradoxalement une force et une source d’ennui. Robert Eggers a opté pour une esthétique marquée qui sert néanmoins admirablement le scénario. Il est difficile de rester de marbre devant son climat si austère. Le soleil ne brille jamais sur la campagne de la Nouvelle-Angleterre et c’est pourtant en ce lieu qu’une famille chassée de sa communauté suite à de violents désaccords au sujet de la religion, choisit de commencer une nouvelle vie.

Le récit fait preuve d’une cinglante ironie en l’installant à proximité d’une forêt maudite par une sorcière alors qu’elle cherchait avant tout à fuir le diable en quittant ses anciennes terres. L’atmosphère est oppressante au point que le spectateur n’y trouvera pas une once de légèreté. Les chansons et les jeux des enfants ont une connotation résolument malsaine et la voix caverneuse d’acteur shakespearien du père, cette imposante figure d’autorité tiraillée entre ses sentiments et sa dévotion absolue à l’égard de Dieu, vient nourrir le climat pesant du film.

En réalisant The Witch, Robert Eggers a peut-être voulu montrer que l’horreur peut être pensée en film d’auteur avant de l’être en film de genre. Le puritanisme semble voler en éclats au sein de cette famille qui caractérisée par ses contradictions, rejette les excès en s’y livrant sous d’autres formes. Toute la fantasmagorie autour du diable, à la fois objet de terreur et de fascination, apparaît finalement comme un moyen pour les personnages d’extérioriser les sentiments qu’ils ne peuvent s’avouer. Caleb ressent une attirance incontrôlable pour sa sœur aînée, la mère dont le visage taillé à la serpe témoigne de la dureté des taches quotidiennes, jalouse la jeunesse et la beauté de sa fille. The Witch produit ainsi un drame en vase clos dans lequel la menace réelle se développe au sein du cercle familial. Le sentiment religieux semble aussi porter en lui le germe de la perversion.

A travers la lente dégradation psychologique d’une famille pétrie de religion et affectée par la disparition mystérieuse de son nouveau-né (l’élément déclencheur du déclin), Robert Eggers a souhaité reconstituer fidèlement la crainte obsessionnelle du Mal et de la sorcellerie telle qu’elle était vécue dans la Nouvelle-Angleterre du 19 ème siècle. Il a alors fourni un impressionnant travail documentaire (les textes ont été écrits sur la base de carnets d’époque) pour raconter comment une jeune fille sans histoire s’est progressivement transformée en « sorcière » aux yeux de sa propre famille qui brandit le spectre du puritanisme pour enfouir ses tentations au plus profond d’elle-même.

Tous les regards, y compris le nôtre (le cinéaste ne manque pas de malice puisqu’il nous interroge sur notre soudaine différence de perception), se tournent effectivement vers Thomasin, une jolie adolescente en passe de devenir femme et désireuse de se libérer du joug imposé par la morale catholique que lui ont inculquée des parents entravés dans leur piété. Sa transformation physique naturelle et son refus d’obtempérer à son destin de femme au foyer, font d’elle, la cible idéale d’accusation de sorcellerie dans une Nouvelle-Angleterre puritaine. La plus belle séquence du film se situe dans le dernier tiers où dans une grande envolée libératrice, la jeune femme tue ses parents castrateurs avant de se débarrasser du corset qui l’empêche de respirer depuis tant d’années.

Libérée de ses chaînes, Thomasin opte pour une vie païenne en rejoignant d’autres femmes de son âge et c’est ainsi que le film s’achève sur une séquence hautement symbolique pendant laquelle le spectateur assiste à l’émancipation de la jeune fille qui s’élève lentement dans les airs. J’ai interprété ce film comme un brûlot féministe d’une certaine audace faisant inévitablement écho à un sujet ardent et intemporel : le fanatisme religieux comme entrave à la libération morale et sexuelle de la femme. Les actes de violence qu’elle subit encore aujourd’hui ne sont malheureusement pas sans rappeler l’époque funeste où elle était menée au bûcher.

Je n’ai pas été insensible à l’horreur de ce film qui est éminemment métaphorique mais je trouve que le réalisateur a tellement poussé le caractère symbolique à l’extrême qu’il en a produit une oeuvre prétentieuse. Il a effectué un travail remarquable pour donner à son film une dimension à la fois réaliste et mystique et la somme des efforts accomplis a peut-être contribué à rendre le long-métrage pompeux.

Je ne caractériserai donc pas The Witch comme un grand moment de cinéma mais plutôt comme une « bête curieuse » qui se différencie à bien des égards des films d’horreur empreints des procédés bien huilés de l’industrie hollywoodienne. Seulement, est-ce que le long-métrage aurait suscité autant d’enthousiasme si le Septième Art n’avait pas depuis des années produit des films aussi formatés ? A vous d’en juger …

Confessions intimes : Le snobisme culturel

Je prends le risque de vous avouer un lourd secret : j’ai longtemps été une snob littéraire. Je ne me suis pas retrouvée en licence de lettres modernes par le fruit du hasard. Mon amour pour les livres et la littérature est viscéral au point que si j’avais pu donner un virage différent à ma carrière en faisant taire la raison, je me serais certainement orientée vers le milieu microcosmique de l’édition. Au risque de surprendre, je peux vous garantir que ce ne sont pas mes études de lettres qui m’ont poussé à devenir snob. Au contraire, je dirais même que les heures passées à décrypter des pavés rédigés en ancien français et disserter sur les romans classiques ont manqué mettre en péril ma passion pour la lecture. Mon snobisme s’est plutôt déclaré au moment où je les ai terminées.

Je ne suis pas du genre à secouer la tête d’un air exaspéré lorsque je repère quelqu’un qui lit le dernier roman de Guillaume Musso dans le tramway. On a le droit de lire ce qu’on veut, peu importe l’auteur et le genre littéraire. Où est le problème tant qu’on prend du plaisir à lire ? Je ressens parfois l’envie de réfléchir, de sortir de ma zone de confort alors qu’à d’autres moments, j’éprouve plutôt le besoin de me plonger dans une histoire qui, en étant aussi légère qu’une bulle de champagne, sera aussitôt oubliée, une fois la dernière page tournée.

Je pars du principe que tout lecteur doit porter un regard bienveillant sur ses choix dans la mesure où lire reste un loisir. Quel intérêt d’être absolument productif dans une activité qui est censée nous procurer du plaisir ? En ce qui me concerne, je n’en vois aucun et il ne m’est d’ailleurs jamais venue à l’idée de regarder de travers une personne qui ne lit ni Flaubert ni Molière. Chacun fait ce qu’il veut pour la simple raison qu’on lit pour soi-même et non pour ce que l’on représente aux yeux des autres. Etre exigeant envers ce qu’on lit est tout à fait normal mais cela ne nous donne pas le droit de balancer notre mépris au visage des gens ayant adoré un livre qu’on n’a pas aimé. J’ai failli me rouler par terre en hurlant à la mort tellement j’ai déploré la médiocrité des Cinquante Nuances de Grey mais je ne me serais pas permis de critiquer les copines qui se sont passionnées pour les tribulations sexuelles de son héroïne ingénue.

En revanche, je reconnais qu’il m’a fallu du temps pour ne plus porter de jugement de valeur sur ceux qui ne lisent pas de romans. Au fil du temps, j’ai pris conscience que la lecture ne se réduisait pas qu’à un unique genre littéraire, après avoir longtemps considéré que les amateurs de bandes dessinées et comics ne pouvaient pas être de vrais lecteurs. Je me sens d’autant plus mal à l’aise aujourd’hui que je me suis récemment passionnée pour certains comics. Certaines personnes disent aussi qu’elles ne lisent pas alors qu’elles prennent plaisir à ouvrir un journal ou une revue spécialisée. Elles ont même souvent honte d’avouer qu’elles ne lisent pas de romans parce qu’elles sont jugées par un lectorat qui a tendance à placer ce genre sur un piédestal. Je ne m’estime pas légitime pour les critiquer puisque j’ai longtemps été une snob littéraire.

Qu’ai-je pensé des gens qui ne lisent pas du tout ? A l’époque, je n’arrivais pas à concevoir qu’on ne puisse même pas s’intéresser à un article en ligne car non seulement je portais un regard méprisant sur ceux qui ne lisent jamais de romans mais j’avais également une piètre opinion du support numérique. J’estimais qu’on passait déjà trop de temps devant les écrans. Mon avis est actuellement loin d’être aussi catégorique mais il n’en a pas toujours été ainsi. Je ne considère plus les gens qui ne lisent pas comme une caste de la misère intellectuelle, même si mon expérience professionnelle m’a fait constater qu’on peut assez souvent faire le lien entre ceux qui manquent cruellement de culture générale (certaines lacunes me donnent encore envie de sauter au plafond) et ceux qui éprouvent une réticence certaine à lire, quelque soit le support et le genre. Je ne blâme plus les personnes qui préfèrent se divertir autrement. En tant que passionnée, je ne passe pas non plus tout mon temps libre plongée dans les livres. Je consacre aussi beaucoup d’énergie à faire du sport et ne peux donc pas prétendre qu’il n’y a que la lecture dans la vie.

Mon snobisme littéraire s’est atténué au fil du temps au point de totalement disparaître mais je ne peux encore m’empêcher de porter un regard très critique sur la télévision. Je trouve que la plupart des programmes sont dénués d’intérêt et c’est une des raisons pour laquelle je me détourne de plus en plus du petit écran. Je ne supporte ni les téléfilms allemands diffusés en début d’après-midi ni les séries policières françaises à la mise en scène trop théâtrale. Les émissions de télé-réalité sont aussi dans mon collimateur. Je n’aime pas les valeurs qu’elles véhiculent auprès des spectateurs dans la mesure où leur « scénario » laisse croire qu’on ne peut réussir qu’en écrasant les autres.

Les amateurs de télé-réalité ont pour point commun d’aimer rire de la bêtise des candidats qui sont tous plus stéréotypés les uns que les autres (un choix pleinement revendiqué par les boites de production … ce n’est pas un scoop) mais certains pensent qu’il suffit de se déshabiller et de déblatérer des absurdités devant une caméra pour se sentir exister et réussir dans la vie, comme s’il n’existait pas d’autre moyen de se faire une place dans la société.Je pense que les émissions de télé réalité ont été conçues dans le but de rassurer le public sur sa propre intelligence mais avant elles, il en existait d’autres qui reposaient sur le même concept.

La télé-réalité n’est pas dangereuse tant que la personne est capable de prendre de la distance vis-à-vis des images et messages qui y sont véhiculés. Seulement, est-ce constructif de se valoriser soi-même en dévalorisant les autres ? Les avis sont partagés sur le sujet mais en ce qui me concerne, je suis convaincue qu’il n’est pas sain de bâtir son estime de soi autour du mépris et de la moquerie. Je n’aime pas la grande majorité des programmes diffusés à la télévision parce qu’ils ont le chic de m’ennuyer ou de m’exaspérer (quand ce n’est pas les deux à la fois) et c’est pour cette raison que je préfère consacrer mon temps libre à lire, faire du sport et regarder les films sortis sur grand écran qui retiennent mon intérêt. Mon petit doigt me dit d’ailleurs que ce n’est pas près de changer 😉

 

Running & Nutrition : Réviser les basiques

Après avoir publié un premier article sur les ravitaillements, je me suis dit qu’il serait judicieux de poursuivre cette voie en vous proposant aujourd’hui un nouveau sujet. Je vais d’ailleurs en profiter pour rassurer certaines personnes, qui en se lançant dans le running, croient dur comme fer qu’elles vont devoir complètement bouleverser leur mode alimentaire. Je ne peux nier que les besoins en nutriments évoluent lorsqu’on pratique la course à pied mais sachez néanmoins que si vous ne faîtes pas plus de 3 à 4 heures de sport par jour, votre « régime » (je fais référence aux habitudes alimentaires et non aux méthodes parfois douteuses adoptées quotidiennement par les personnes souhaitant perdre du poids) n’en sera pas profondément chamboulé.

J’ai donc choisi de vous parler des nutriments, de ce dont le corps a besoin pour vivre, faire du sport, récupérer efficacement pour continuer à se dépenser sans s’épuiser. Je pense qu’il est essentiel d’avoir conscience de ce qui compose une alimentation équilibrée dans la mesure où on a souvent tendance à en parler sans pour autant éviter les pièges. Un burger est en théorie équilibré puisqu’il comporte du pain, de la salade, des tomates et de la viande alors que la réalité est bien plus complexe que la simple association d’aliments qui paraissent sains à nos yeux.

On ne pense aussi qu’en termes de calories mais en parlant d’équilibre alimentaire, on devrait plutôt se représenter une balance entre ce qu’on a mangé et ce qu’on a dépensé au cours de la journée. Le surpoids est donc lié à de mauvaises habitudes alimentaires consistant à manger plus qu’on ne se dépense physiquement. Je résume beaucoup mais je le fais uniquement dans le but de rendre la notion d’équilibre plus claire dans les esprits. Notre alimentation ne doit pas uniquement répondre à nos envies et pertes en calories, même s’il est important de savoir écouter occasionnellement nos pulsions gourmandes. L’équilibre se trouve donc dans l’association de nos envies et des nutriments dont le corps a besoin pour fonctionner et résister aux entraînements sportifs. De quels nutriments parle t’on ? Une mise au point s’impose 😉

  • Les glucides : ils doivent atteindre 70% des apports quotidiens lorsqu’on pratique un sport d’endurance. Je rappelle toutefois que consommer des glucides ne veut pas dire manger des pâtes matin, midi et soir. Il faut effectivement faire la différence entre les glucides à index glycémique (IG) bas (légumineuses comme les lentilles et pois chiches, fructose …), ceux à IG intermédiaire (pommes de terre, riz complet, pâtes, fruits secs …) qui sont très intéressants pour les sportifs, et ceux à IG élevé (riz blanc, pain blanc, biscuits industriels …) qui doivent être consommés avec plus grande modération. Les glucides sont directement stockés dans les muscles et s’ils viennent à manquer, le corps est certes capable d’en produire mais en dépensant davantage d’énergie. Il ne faut certainement pas abuser des glucides mais mieux vaut avoir de bonnes réserves pour se constituer la dose de « carburant » nécessaire au bon déroulement de nos entraînements.
  • Les protéines : elles ne sont pas à proprement parler du « carburant » mais sont indispensables pour développer et « réparer » les muscles qui sont mis à rude épreuve pendant l’effort. Nous pouvons en trouver dans la viande, le poisson et les œufs mais aussi dans certaines protéines végétales qui font très bien leur job.
  • Les lipides : ils sont souvent considérés comme l’ennemi juré des sportifs mais là encore, il faut savoir raison garder en faisant la distinction entre le bon et le mauvais gras, sans toutefois diaboliser les acides gras saturés.

Je ne souhaite pas entrer dans les détails des sous catégories des nutriments comme les vitamines et minéraux dans la mesure où je pense avoir expliqué l’essentiel. Au quotidien, notre assiette doit idéalement contenir 55% de glucides, 15% de protéines et 30% de lipides. Plus la pratique sportive est régulière, plus la part de glucides va augmenter et celle de lipides diminuer. Parmi les catégories d’aliments, il est aussi primordial de diversifier et d’équilibrer leurs apports en fonction de la fréquence et de l’intensité de l’activité.

Les basiques en nutrition sont importants à assimiler et à appliquer au quotidien sous peine de voir apparaître des carences alimentaires. Il est difficile de faire le tour de toutes celles qui existent mais les carences en fer, magnésium et vitamine D posent régulièrement problème chez les sportives (la vie est injuste mais nous sommes malheureusement plus exposées au risque de carences que les hommes). Je ne peux donc que vous recommander de manger sainement (qui ne le ferait pas ? 😉 ) mais en étant aussi consciente que la vie est avant tout une question d’équilibre, je vous invite à vous « lâcher » … une fois par semaine.

Je m’applique à équilibrer mon alimentation parce que je me dis que je fais du bien à mon corps en lui offrant les nutriments qui lui donneront l’énergie nécessaire à le préserver en pleine forme mais au risque de paraître furieusement paradoxale, je suis également convaincue que « le cheat meal » (le repas de triche) n’est pas aussi néfaste qu’on le pense. Je n’aime pas particulièrement donner des « calories vides » à mon organisme, ingérer des aliments bourrés d’huile de palme et de sirop de maïs mais outre son effet psychologique positif (manger au restaurant avec ses amis ou craquer pour un burger est meilleur pour le moral que s’infliger des légumes vapeur TOUS les jours), il est particulièrement intéressant pour les personnes qui adoptent un mode alimentaire hypocalorique (je remets sérieusement en cause les conséquences de ce régime sur le moyen terme mais je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet). En diminuant les apports caloriques sur des semaines, le corps se met inévitablement en « mode famine », dans la mesure où il se placera en sous régime et diminuera ses dépenses énergétiques.

Un « cheat meal » qui est forcément plus riche en calories et hydrates de carbone élève les niveaux de leptine ( l’hormone de satiété) et diminue ceux de ghréline (sensation de faim et prise de poids) pour réduire les effets d’une alimentation hypocalorique. Le fait d’ingérer davantage de calories augmente la fonction thyroïdienne, relance le métabolisme et permet ainsi à l’organisme de brûler plus de calories. Seulement, le « cheat meal » ne consiste pas à avaler un pot entier de Ben & Jerry’s (la Cookie Dough est une tuerie 😀 ) car si nous sommes autorisés à rompre nos habitudes alimentaires, il ne faut pas non plus en abuser. On s’en tient donc à un seul repas par semaine en restant raisonnable sur les portions.

Je vous recommande de prévoir le « cheat meal » après une séance de sport dans la mesure où il vous permettra de recharger vos muscles en glycogène. En ayant pris l’habitude de manger sainement depuis un certain temps, il peut toutefois entraîner des troubles digestifs et sensations de ballonnements. Les conséquences d’une consommation importante de glucides sont aussi immédiates sur la balance et il n’est donc pas impossible de prendre 1 ou 2 kilos si vous vous êtes vraiment lâchés au cours de la journée. Quoiqu’il en soit, cela ne sert à rien de paniquer parce que le corps va rapidement éliminer l’eau accumulée dans l’organisme dès que vous remangerez sainement. Vous savez désormais pourquoi le poids fluctue sur la balance 😉

Opter pour un mode alimentaire sain est souvent synonyme de santé et de performance sportive mais c’est aussi un leurre de croire que l’alimentation prémunit de tous les risques. On peut malheureusement manger sain, frais et biologique et avoir des problèmes de santé indépendants de notre mode de vie, provoqués par des facteurs qu’on ne peut pas contrôler. Soigner son alimentation ne signifie pas adopter une attitude sectaire et je pense d’ailleurs qu’il est grand temps de cesser de sacraliser certains aliments et d’en diaboliser d’autres.

Je boycotte le training …

Je ne vais faire référence aujourd’hui ni aux passionnés ni aux allergiques du fitness mais plutôt à ceux pour qui l’entraînement rime avec torture. Je me suis donc intéressée aux raisons qui les poussent à boycotter le sport et après m’être penchée sur la question, je me suis rapidement rendue compte que l’autocensure se révèle souvent un facteur bloquant. Elle n’est néanmoins pas à l’origine de toutes les excuses « sorties du chapeau » de ceux qui ne veulent pas s’entraîner et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de faire le point sur le sujet en lui accordant un regard bienveillant.

# 1 « Je n’ai pas le temps »

« Quand on veut, on peut ! » Vous trouvez peut-être le dicton un peu facile et on ne peut effectivement pas nier que la pratique d’un sport dans une vie remplie d’obligations personnelles et professionnelles est rarement une mince affaire. En revanche, on constate qu’il y a souvent moyen de s’arranger car en bloquant par exemple 1h dans la semaine (que ce soit le matin, le midi ou le soir) et 1h le week-end, vous pourriez progressivement vous remettre au sport. Il n’est pas aussi forcément question de faire du sport tous les jours, mais simplement d’être un peu actifs 😉

#2 « Je ne suis pas doué »

On ne peut pas ne pas être bon en sport dans la mesure où il existe un nombre incalculable d’activités nécessitant des qualités différentes. Tout le monde peut facilement y trouver son compte, à condition de ne pas s’autocensurer. Beaucoup de personnes n’osent pas se lancer dans le running parce qu’elles disent ne pas avoir de souffle. J’ai aussi galéré à adapter ma respiration à l’effort et tous les débutants sont confrontés à cette difficulté. D’autres s’imaginent que les activités à haute intensité comme le CrossFit et le GRIT sont réservées à une « élite » alors qu’il n’est pas nécessaire d’être un athlète pour participer à ces séances.

Je suis dotée d’une bonne condition physique mais n’ai pas non plus un excellent niveau. On ne vient pas faire du sport pour se comparer aux autres et chercher à être le meilleur. On se lance plutôt des challenges à soi-même, dans le but de dépasser ses propres limites et progresser. Les exploits des compétiteurs ne reflètent en rien les attentes d’un coach de CrossFit ou de GRIT parce qu’ils sont tout à fait conscients que les athlètes ne représentent qu’une partie infime de la population sportive.

Vous avez aussi réellement la possibilité d’adapter les exercices à votre niveau car si tous les participants sont par exemple capables de réaliser un squat, le mouvement ne sera pas effectué au même niveau de performance. Le ridicule n’existe pas dans le domaine sportif car il est tout à fait normal de galérer au début et de ne pas avoir les mêmes qualités que son voisin de séance. Seulement, vous en possédez d’autres et tirerez davantage de bénéfices en portant un regard bienveillant sur les efforts accomplis.

#3 « Je suis en surpoids »

Vous avez l’impression de ne pas pouvoir faire tout ce que vous voulez et même si ce n’est pas totalement faux, sachez qu’il existe heureusement des alternatives efficaces pour donner envie aux personnes en surpoids de se mettre au sport. Il s’agit surtout de respecter quelques conditions pour ne pas vous en dégoûter et mettre en péril votre santé. Beaucoup se tournent vers la course à pied dans la mesure où on doit bien reconnaître qu’il n’y a pas d’activité plus pratique et accessible. On peut effectivement en faire partout et à n’importe quel moment de la journée.

En revanche, la course à pied est une activité où les impacts sont très importants car à chaque fois que notre pied touche le sol, nos articulations encaissent 5 à 8 fois notre poids. Les impacts auront ainsi un degré d’intensité nettement plus élevé pour les personnes en surpoids. Il est préférable de se tourner vers des activités au cours desquelles les articulations sont moins sollicitées comme la marche rapide, le vélo et la natation. En cours collectifs, mieux vaut éviter au maximum les mouvements sautés (squats jump, fentes plyométriques …) et privilégier les options proposées au début des séances pour pouvoir réaliser la totalité des exercices.

Les exercices au poids du corps sont particulièrement intéressants pour les personnes en surpoids mais cela signifie aussi que plus nous sommes lourds et plus la charge sera importante et l’exercice difficile. Quoiqu’il en soit, il est préférable de ne pas poser les mains au sol mais plutôt sur un support surélevé pour privilégier l’amplitude et la technique du mouvement. Je recommande ainsi d’utiliser un step pendant les cours collectifs pour rendre l’exercice moins délicat et s’appliquer à réaliser des mouvements de qualité.

Les personnes en surpoids ont fortement tendance à privilégier le cardio alors que la musculation est tout aussi nécessaire pour renforcer les muscles et protéger les articulations tout en « brûlant » la masse graisseuse. Les machines paraissent plus accessibles pour les débutants mais elles ont également pour inconvénient de se concentrer sur un seul groupe musculaire et de s’entraîner en position assise. Or, les personnes en surpoids ont tout intérêt à activer tout leur corps en réalisant des exercices debout et à l’aide de poids libres. Les entraînements sous forme de circuit training sont plus ludiques et en effectuant plusieurs exercices à la suite avec très peu de temps de récupération, elles ont alors plus de chances de rester actives pendant toute la durée de la séance.

Je recommande le Circuit Training mais certainement pas le HIIT (« High Intensity Interval Training »). C’est une tendance du fitness qui cartonne et consiste à travailler avec des intervalles courts alternant phases de travail intensif et phases de récupération. Le niveau d’intensité est plus élevé que dans les autres cours collectifs, au point qu’on continue de brûler des calories même après l’entraînement. Je me suis lancée assez récemment dans les GRIT Series et j’ai immédiatement été conquise par le concept. Ce type d’entraînement n’est en revanche pas adapté à tout le monde car s’il est déjà difficile pour toute personne qui débute, il l’est encore davantage pour les personnes en surpoids. Les transitions entre les mouvements étant très rapides, le HIIT peut représenter un danger pour les individus obèses qui sont malheureusement plus exposés aux risques d’insuffisances cardiaques, respiratoires et problèmes d’hypertension.

Je ne pense pas non plus qu’il est judicieux de se lancer dans le HIIT quand on débute et souhaite prendre goût au sport. Cette méthode requiert une certaine résistance mentale qui se développe au fil du temps. Je recommande plutôt aux personnes en surpoids de privilégier les entraînements cardio de longue durée (30 à 60 minutes) avec une intensité moyenne, pour brûler des graisses sans traumatiser l’organisme. Vous avez sûrement compris que je tiens à faire passer un message très clair : le sport est accessible à tous, à condition de faire preuve de bon sens en prenant des précautions.

#4 « Ça fait mal

Les longues répétitions de squats jump et burpees, les push-up et les séances de fractionné ne sont pas une partie de plaisir. Vous sentez que vos muscles brûlent, tiraillent et tremblent mais c’est normal. Les miens ne sont pas épargnés non plus. Il n’y a pas de progression sans efforts mais tout dépend aussi de l’objectif que vous vous êtes fixés. Si vous souhaitez vous entretenir ou vous vider la tête, vous pouvez faire du sport sans vouloir dépasser vos limites à chaque séance. Par contre, vous avez davantage intérêt à vous challenger si vous souhaitez transformer votre corps et poursuivre vos progrès.

Sentir que ses muscles ont travaillé n’a rien d’inquiétant mais je m’interroge sur certains aveux de sportifs en très bonne forme qui disent que certains mouvements provoquent chez eux des douleurs articulaires. Elles peuvent même devenir chroniques si les mauvaises postures ne sont pas corrigées. En réalité, il faut toujours se questionner sur les douleurs ressenties à la fin d’une séance d’entraînement : est-ce la faute aux courbatures (« je n’ai pas l’habitude de solliciter ces muscles donc j’ai mal ») ou plus sérieusement, à une technique que je n’ai pas encore assimilée ?

#5 « J’ai la flemme »

Nous ne pouvons pas ressentir le même élan de motivation tout au long de l’année. Notre corps n’est tout simplement pas une machine. Seulement, il est vrai que certains sont plus enclins à baisser les bras et je ne peux donc que vous conseiller de vous fixer des objectifs réalisables. Participer à une course, prendre du muscle, rentrer à nouveau dans son jean préféré … A vous de trouver ce qui vous motive le plus 🙂

#6 « Les résultats tardent à venir »

La chute est rude si vous avez imaginé que vous obtiendrez des cuisses en béton après de longues séries de squats ou des abdominaux saillants après cinq séries ininterrompues de push-up. Il ne faut pas vouloir précipiter les choses, au risque de tomber dans le piège du surentraînement favorisant souvent l’apparition de blessures, voire d’un dégoût soudain pour l’activité pratiquée. Rappelez-vous aussi que le sport n’est pas une recette miracle. L’alimentation réalise effectivement 70 % du boulot. Le mieux reste encore de s’éloigner des diktats de la minceur et de la performance en abordant le sport comme un moment de plaisir, de dépassement de soi et de fierté qui générera de nombreux bienfaits (épanouissement, confiance en soi, détente …) sur la vie personnelle, professionnelle et même sur le caractère.

 

Cap sur l’huile végétale de coco

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L’huile végétale de noix de coco est apparue dans ma routine beauté quelques années avant qu’elle ne devienne un phénomène de mode. Sa côté de popularité est récemment montée en flèche alors qu’elle a souffert pendant longtemps d’une piètre réputation. La noix de coco étant principalement composée d’acides gras saturés, son huile était alors associée à un danger pour la santé cardiovasculaire. Or, elle contient une forte proportion d’acide laurique qui selon certains médecins, aurait pour effet de faire baisser le taux de mauvais cholestérol (LDL) tout en augmentant le taux de bon cholestérol (HDL).

J’ai mis du temps à l’utiliser en tant qu’ingrédient culinaire alors qu’elle règne en maître dans ma salle de bain depuis quelques années. On pense surtout à en faire un usage cosmétique mais l’huile de noix de coco est aussi très intéressante pour cuisiner. Le fait qu’elle soit solide à température ambiante est idéal pour faire de la pâtisserie. Elle peut être substituée au beurre dans les pâtes brisées et dans les recettes de biscuits, on peut aussi remplacer la quantité de beurre par environ 80% de la même quantité d’huile de coco. Je l’utilise surtout pour faire revenir des légumes et filets de poulet à la poêle mais en ayant un point de fumée (185°c) plus élevé que celui de l’huile d’olive et d’autres huiles végétales, elle est parfaite pour faire griller des aliments.

Je me suis d’abord tournée vers l’huile de noix de coco pour une raison très simple : j’adore le goût et l’odeur de son fruit. Au risque de paraître un peu ridicule en énonçant une vérité évidente, je rappelle toutefois qu’il est nécessaire de l’aimer pour la consommer. L’huile de noix de coco extra-vierge étant parfumée, elle apporte un goût assez prononcé aux aliments préparés. Elle peut donc surprendre ceux qui n’apprécient pas particulièrement sa saveur. Son goût exotique m’a immédiatement séduite mais j’ai aussi été sensible au fait qu’elle contient des propriétés renforçant le système immunitaire. L’huile de coco est l’huile la plus riche en acide laurique, un acide gras présent en grande quantité dans le lait maternel humain. Il est ainsi reconnu pour être un puissant antibactérien et antifongique  naturel.

L’huile végétale n’apporte pas d’eau à la peau mais forme une couche grasse permettant de bloquer celle qui est déjà présente dans l’épiderme. Le film hydro-lipidique est ainsi maintenue pour lutter contre les agressions extérieures. On dit que l’huile de noix de coco peut être utilisée comme un produit de beauté pour pratiquement toutes les parties du corps, partout où la peau ayant perdu de sa souplesse, a besoin d’être nourrie.

Je m’en sers quotidiennement toute l’année car chaque saison met son état à rude épreuve. Elle a fortement tendance à desquamer en hiver à cause des basses températures et du frottement des vêtements alors que les beaux jours arrivant, le soleil, le chlore et le sel de la mer se chargent de lui donner un aspect de peau de crocodile si je n’en applique pas au minimum deux fois par jour. En faisant du sport quasiment quotidiennement, je passe beaucoup de temps à m’épiler, quelle que soit la saison. Je me sers alors de l’huile de coco pour enlever les résidus de cire, calmer les rougeurs et apaiser les sensations d’irritation.

Je ne connais pas d’huile plus efficace pour hydrater le corps mais je ne suis pas aussi convaincue en ce qui concerne la peau du visage. Si l’huile de coco est pure et vierge, elle n’est à priori pas comédogène mais elle n’est pas adaptée aux peaux grasses. Si vous êtes concernées, je vous conseille plutôt les huiles de sésame, de rose musquée ou de jojoba qui régulent le sébum et resserrent les pores de la peau. Je ne suis pas concernée par l’eczéma atopique mais sachez qu’elle est efficace pour compenser la perte en eau provoquée par cette maladie chronique qui en asséchant et déshydratant considérablement l’épiderme, la rend malheureusement plus vulnérable au risque de colonisation du staphylocoque dorée.

Il existe mille et une façons d’utiliser l’huile de noix de coco et c’est la raison pour laquelle je ne témoignerai que de mon expérience. Je m’en sers pour hydrater mes cheveux. Sa forte teneur en acide laurique les nourrit en profondeur mais elle ne convient pas toujours aux cheveux crépus pour qui la grande quantité de cet acide gras provoque l’effet inverse de dessécher les fibres capillaires.

Les cheveux bouclés étant naturellement plus secs que les autres, je me fais régulièrement des masques à base d’huile de noix de coco que je laisse poser toute la nuit pour hydrater les pointes fragilisées par toutes sortes d’agressions extérieures. Elle est aussi un démaquillant efficace puisqu’elle vient à bout des mascaras les plus résistants. Il n’est pas nécessaire d’en appliquer sur un coton car pour l’avoir testé directement sur le visage en massant délicatement, j’ai remarqué que le maquillage disparaît avec une facilité déconcertante.

L’huile de noix de coco comporte de nombreux bienfaits mais toutes celles présentes sur le marché ne se valent pas. Il est indispensable, si vous souhaitez la consommer ou l’appliquer sur la peau, d’acheter une huile 100% pure, vierge et de préférence d’origine biologique. L’huile de noix de coco vierge est simplement extraite d’une pression à froid de la pulpe fraîche du fruit. On ne peut pas en dire autant de l’huile raffinée qui, en étant extraite de la pulpe séchée de la noix de coco (la coprah), a perdu la majorité de ses micronutriments (vitamines, oxydants, minéraux). Les huiles de coco de mauvaise qualité sont extraites à l’aide de solvants chimiques qui les dénaturent complètement et transforment aussi ses acides gras en graisse hydrogénée. Je vous recommande donc de les acheter dans les magasin bio ou de vous tourner vers celles d’Aroma Zone qui sont d’excellente qualité.

Veillez aussi à ce que votre huile soit stockée dans un contenant en verre. Les huiles végétales sont très poreuses et absorbent facilement les composants chimiques du plastique alors que le verre n’a aucune incidence sur les produits qu’il renferme. L’huile de coco contient plus d’antioxydants que la plupart des autres huiles et se conserve ainsi plus longtemps. Après avoir ouvert le pot, il est toutefois indispensable de la préserver dans un endroit frais et ne vous inquiétez pas si elle devient très solide au réfrigérateur. Sa forte teneur en graisses saturées explique la raison pour laquelle elle ne peut pas rester liquide en toutes circonstances comme les huiles de colza et d’olive.

L’huile de coco a beau être riche en bienfaits, elle n’est en revanche pas un produit miracle. Elle reste particulièrement intéressante pour un usage culinaire mais s’il vaut mieux éviter de consommer régulièrement les huiles de tournesol, de pépins de raisin et de germes de maïs qui contiennent une trop grande quantité d’oméga 6, celles de colza et d’olive sont également recommandées par les nutritionnistes. Je suis convaincue qu’il est indispensable de consommer d’autres huiles, notamment des acides gras insaturés, qui restent une valeur sûre pour la santé de nos artères.

Aucune huile n’apporte tous les acides gras dont a besoin d’organisme et c’est la raison pour laquelle nous avons tout intérêt à les varier, les alterner et aussi parfois les mélanger. Seulement, toutes ne sont pas destinées aux mêmes usages car si on peut se servir de toutes les huiles pour assaisonner les plats, mieux vaut réserver les huiles d’arachide, de noix de coco et d’olive pour ce qui est de la cuisson. Sachez aussi que d’autres comme celles de colza et de noix peuvent être nocives avec la chaleur.

L’huile végétale de coco a un fort pouvoir nourrissant mais n’accomplit pas de miracle sur la peau et les cheveux. Si son odeur ne vous plaît pas, vous pouvez très bien la remplacer par les huiles d’argan ou d’amande douce qui luttent tout aussi efficacement contre le dessèchement et le vieillissement prématuré de la peau. Quelle que soit l’huile végétale que vous choisirez en fonction de vos préférences et de votre type de peau, n’hésitez pas à les substituer à vos produits hydratants habituels. L’huile de coco a sûrement une réputation surfaite car il n’existe aucun produit capable de contenter tous ses utilisateurs mais si elle est pure, vierge et d’origine biologique, vous êtes assurée qu’elle ne contiendra que de l’huile. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la plupart de nos crèmes, gels et lotions qui sont riches en substances peu recommandables pour la santé de notre peau.

Les meilleures oeuvres du grand méchant King

 

Les snobs ne le répéteront jamais assez : il n’existe que deux types de littérature. La bonne et la mauvaise. Stephen King a immédiatement rencontré un immense succès populaire alors que la critique littéraire n’a jamais fait preuve d’autant d’enthousiasme à son égard. Les mauvais plaisants, qui ne sont pas toujours les plus cultivés, dédaignent l’œuvre de King car elle est marquée du sceau de l’infamie littéraire : le genre horrifique. Ils ne lui pardonneront probablement pas de s’être escrimé à terrifier son lectorat à coups de maillet sanguinolent, de vampires en état de décomposition avancée et de morts revenus parmi les vivants et empestant la terre de cimetière. La critique est d’autant plus facile que ses détracteurs ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez car l’univers de Stephen King est plus riche qu’ils ne le pensent.

En ce qui me concerne, j’ai rarement lu un auteur qui faisait autant référence à lui-même. Si les personnages d’écrivain occupent une place centrale dans l’oeuvre de King, il ne s’agit guère d’une posture narcissique mais d’une réflexion profonde sur le rapport au monde qu’induit le métier qui est le sien. Peu d’auteurs ont écrit de manière aussi fine sur le lien complexe qu’ils entretiennent avec leurs romans, au point que les personnages ayant choisi de se lancer dans l’écriture dressent un portait représentatif de Stephen King en lui-même. La figure du romancier jalonne donc toute son oeuvre mais celle de l’enfant est aussi récurrente sous sa plume.

Après avoir narré l’histoire tragique de Carrie, notre maître incontesté du genre fantastique et horrifique a préféré changer son fusil d’épaule pour travailler des personnages plus jeunes. L’enfant pré-adolescent prend déjà racine dans son deuxième roman, Salem, pour atteindre une certaine forme de maturité une décennie plus tard dans Ça. Les lecteurs ressentent les joies, les peines et les angoisses d’une bande d’adolescents, sans avoir besoin de passer par le filtre plus rationnel du monde adulte. Sous la plume de Stephen King , les enfants deviennent effectivement des êtres complexes, autonomes, tant vis-à-vis des adultes qu’ils côtoient que de ceux qu’ils deviendront. Ce n’est pas le fruit du hasard si cette bande de copains revient sur les traces de son passé. Elle n’est probablement jamais devenue adulte dans la mesure où elle n’a pas encore appris à maîtriser les terreurs de son enfance. Le territoire littéraire de Stephen King est notamment marqué par la rencontre de l’irrationnel avec le rationnel et cette caractéristique contribue à en faire une oeuvre riche en émotions et sensations fortes.

J’ai découvert l’auteur à l’âge de 13 ans. A l’époque, mon choix n’avait guère été original puisqu’il s’était porté sur Carrie, le premier roman écrit par Stephen King. L’histoire de cette jeune fille puisant la force de sa télékinésie dans la souffrance psychologique qu’elle endure avait résonné en moi comme un écho douloureux. J’étais victime de harcèlement scolaire à cette période de ma vie et c’est sans doute la raison pour laquelle j’avais été émue par ce récit qui ne pouvait avoir de fin heureuse. En étant sous l’emprise d’une mère extrémiste religieuse hystérique, dotée d’une apparence physique ingrate et rejetée de plus belle par ses camarades de lycée, Carrie semble effectivement avoir été condamnée avant même d’avoir vu le jour.

A l’époque, je m’étais un peu identifiée à elle dans la mesure où mon style vestimentaire de garçon manqué (les temps ont bien changé !) constituait un alibi de choc aux yeux des camarades de classe qui se moquaient de moi. Quatorze ans plus tard, le regard que je porte sur Carrie s’est endurci. Cette jeune fille, malgré son pedigree de victime absolue, me paraît aujourd’hui si attardée et inadaptée que je conçois mal qu’on puisse s’y identifier. La figure de l’adolescent tardif ne me trouble plus autant qu’auparavant mais ce roman aura à jamais marqué ma mémoire tout en étant lié à une période difficile de ma vie.

Peu de temps après, j’ai jeté mon dévolu sur Simetierre qui m’a fait l’effet d’une claque dans la figure. En optant sciemment pour le style métaphorique, je me permettrais même de préciser que cette gifle laissera une trace indélébile dans mon parcours de lectrice. Stephen King a écrit, avec Simetierre, un récit tout bonnement terrifiant. La famille Creed sont nos contemporains, enfants d’une civilisation qui a mis la mort à l’écart et l’ignore sans savoir quoi en faire. Je redoute le moment où je perdrai les personnes qui me sont chères et il m’arrive parfois de penser que la pratique d’une religion m’aiderait sûrement à affronter cette peur. Seulement, en ayant fait le choix de n’accorder aucune place au divin, je suis donc bien contrainte de vivre avec l’angoisse de la mort.

Simetierre, c’est aussi un roman très personnel pour Stephen King. Après m’être un peu renseignée sur sa vie, j’ai remarqué que l’histoire se situe dans le Maine, où vit l’auteur (cet état américain est d’ailleurs un personnage à part entière dans ses romans) mais les similitudes avec sa propre existence ne s’arrêtent pas là. Louis Creed trouve en son vieux voisin un père de substitution alors que son père l’a abandonné et plus étrange encore, le décès de Church fait écho au destin tragique de son chat qui s’est véritablement fait écraser. Je n’ai jamais porté les matous dans mon cœur mais mon manque d’intérêt à leur égard trouve peut-être son origine dans le fait que je ne suis pas près d’oublier le chat de mes premiers voisins.

Je ne me souviens plus de l’âge où j’ai cessé de croire en l’immortalité mais me rappelle néanmoins que la mort de ce félin grincheux m’avait fait prendre conscience que la présence des êtres vivants sur Terre n’était pas éternelle. Si les animaux mourraient, cela signifiait aussi que mes parents connaîtraient inévitablement l’issue fatale. Le destin du chat de la famille a réveillé en moi de vieux souvenirs et fait prendre pleinement conscience du poids pesant de la mort sur mes angoisses. J’ai néanmoins attendu d’avoir 15 ans pour être traumatisée par les clowns. Je ne suis pas sortie complètement indemne de ma lecture de Ça qui fait non seulement référence à l’inconscient mais aussi aux terreurs de l’enfance qui ne se sont pas encore évanouies.

Salem n’a pas eu le même impact que les romans précédents mais m’a permis de me réconcilier avec l’image du vampire. Je ne jurais effectivement que par la créature de Bram Stoker. Stephen King le dépouille de ses oripeaux gothiques en l’immergeant dans un monde où le pétrole et l’électricité règnent en maîtres (ce n’était toutefois pas encore l’époque des smartphones !). J’ai été sensible au choix de l’auteur d’avoir transposé le vampire dans une époque moderne sans lui avoir fait perdre son aura traditionnel. Je regrette néanmoins qu’il n’ait pas davantage exploité Marsten House et c’est sûrement pour cette raison que je n’ai pas hissé Salem au rang de coup de cœur absolu. J’ai aussi beaucoup aimé Misery pour des raisons moins personnelles. Ce roman est à mes yeux, une belle déclaration d’amour à l’écriture. Dans le récit, le lecteur découvre le processus de création dans tout ce qu’il a de plus passionnel et salvateur.

Stephen King est l’homme qui s’inspire de nos pires craintes et je suis consciente que ses romans ne me feraient pas le même effet si je n’aimais pas autant frémir en lisant et en regardant des films d’horreur. En partageant avec les enfants le même amour pour les histoires qui font peur, je me demande d’ailleurs si la petite fille que j’étais ne fait pas encore partie de moi.