Revue de lectures : Mai #6

La revue de lectures du mois de mai est un peu spéciale car j’ai choisi de vous présenter que deux romans dans cet article. Pour quelles raisons ? J’ai préféré consacrer un billet entier à mes deux autres lectures qui traitent d’un thème me tenant particulièrement à cœur et d’un sujet d’actualité brûlant. La première qui raconte le parcours tragique d’un jeune homme illettré a déjà fait l’objet d’une chronique (ici). Je ne manquerai pas d’en rédiger une autre qui aborde un sujet ne pouvant être analysé en seulement quelques paragraphes. En attendant de publier ma prochaine chronique, j’ai décidé aujourd’hui de partager avec vous mes autres lectures qui se sont révélées excellentes.

  • Le roman de Boddah, Héloïse Guay de Bellissen

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu passer à côté de ce livre. « Le roman de Boddah » est effectivement une petite merveille, un concentré poignant d’amour, de désespoir et de haine. J’ai eu maintes fois l’occasion de lire des histoires émouvantes mais il n’empêche que je me suis prise celle-ci en pleine tête. Ce n’est pas une mince affaire d’être l’ami imaginaire d’une rock star. Vous n’avez qu’à demander à Boddah, qui fut celui de Kurt Cobain, cette icône du rock alternatif si torturée. Celui-ci a suivi le chanteur tout au long de sa courte vie alors que la durée moyenne des amis imaginaires est de quatre ans, les parents se chargeant toujours de les faire disparaître d’une façon ou d’une autre.

Kurt n’a cessé de s’adresser à Boddah, lui écrivant même une lettre avant de mettre fin à ses jours. On se doute que le chanteur de Nirvana ne croyait plus en son existence depuis déjà fort longtemps et pour l’avoir lu, je trouve qu’elle ressemble davantage à une lettre d’adieu destiné à ses proches qu’à un ultime message adressé à son ami imaginaire. En tout cas, Boddah a fait partie de la vie de l’icône grunge et la plume d’Héloïse Guay de Bellissen nous le présente comme un témoin des moments heureux mais aussi de l’addiction de Kurt Cobain à l’héroïne. On se doute encore que l’abus de drogue est dangereux pour la santé (sans blague !) mais Boddah nous explique que ce n’est pas le fruit du hasard si le chanteur de Nirvana était plus préoccupé à l’idée de se piquer les avant-bras que de se remplir l’estomac.

Si vous connaissez un tant soit peu la vie de Kurt Cobain, vous vous doutez sûrement que le roman n’est pas léger mais vous n’imaginez peut-être pas à quel point le personnage se détestait. L’amour que lui portait Courtney Love, ses talents de chanteur, l’immense succès de Nirvana et son compte en banque bien garni n’étaient pas assez puissants pour remédier au mal-être qu’il éprouvait depuis l’enfance. Il se considérait comme un moins que rien et n’avait pas encore grandi dans sa tête, malgré le fait qu’il ait largement dépassé le stade de l’adolescence. Son attitude puérile pouvait d’ailleurs être pathétique. Certains lecteurs ont trouvé cette facette de la personnalité de Kurt particulièrement attachante tandis que j’avais plutôt envie de mettre des claques à cette célébrité capricieuse qui gaspillait honteusement la nourriture dans ses loges et vandalisait les chambres d’hôtel en compagnie d’une épouse presque aussi déjantée et toxicomane que lui. Le comportement de Kurt me faisait parfois grincer des dents mais j’ai aussi été sincèrement émue par son histoire.

A travers mes lectures, j’ai rarement eu affaire à un personnage aussi torturé. Comment peut-on se détester à ce point ? Boddah nous donne bel et bien quelques explications au fil du récit mais ni la naissance de Frances ni l’omniprésence de cet ami imaginaire n’empêcheront le pire d’arriver en ce jour d’avril 1994. Après de multiples tentatives de désintoxication, le chanteur met fin à ses jours, laissant derrière lui une épouse éplorée, une petite fille et des millions de fans. En racontant l’histoire de Kurt Cobain du point de vue de son ami imaginaire, Héloïse Guay de Bellissen nous offre un récit original composé d’anecdotes réelles, de faits et de conversations inventés de toutes pièces et paradoxalement, c’est aussi là que le bât blesse. Kurt Cobain et Courtney Love étaient ravagés par la drogue et je pense que l’auteure a voulu rendre leur mariage plus idyllique qu’il ne l’était en réalité. Néanmoins, seuls les fans purs et durs sauront probablement démêler le vrai du faux.

Faut-il d’ailleurs aimer Nirvana pour apprécier le roman ? Je répondrai qu’il est préférable d’avoir un certain attrait pour leurs chansons, sans qu’il ne soit pour autant nécessaire d’être un fan absolu. J’ai découvert les titres de Nirvana à l’âge de 15 ans, même si j’ai connu l’existence du groupe quelques années auparavant. J’aime de temps en temps écouter leurs chansons mais si le groupe existait encore, je ne me serais pas précipitée pour acheter une place de concert. Il ne vaut mieux pas être complètement insensible à Nirvana mais on peut également lire l’histoire de Kurt Cobain comme la chute vertigineuse de n’importe quel jeune homme toxicomane et mal dans sa peau. Il n’y a malheureusement pas que les célébrités qui se droguent, plongent dans la dépression et décident d’en finir avec la vie.

L’auteure nous décrit aussi un Kurt Cobain hypersensible et émouvant en papa poule. Est-ce la réalité ou une idéalisation du chanteur torturé ? Je ne suis pas toujours capable de différencier les faits réels de la fiction (je pense d’ailleurs qu’il ne faut pas le lire comme une biographie) mais peu importe, ce roman m’a fait l’effet d’une claque dans la figure. Je le recommande naturellement à tous les fans de Kurt Cobain mais aussi aux lecteurs qui ne se sont pas encore lassés des parcours de vie auto-destructeurs. Quoiqu’il en soit, je vous promets que celui-ci a quelque chose d’atypique …

Fourstars1

 

  • L’Elite, Tome 1. Joëlle Charbonnier

Le premier tome de cette dystopie me tentait pour la simple raison qu’on ne cessait de la comparer à Hunger Games. J’avais dévoré les aventures de Katniss Everdeen quelques années auparavant mais ce n’est pas sans une certaine appréhension que je me suis lancée dans les péripéties de Malencia. Les maisons d’édition nous vendent souvent du rêve en promettant que certains récits ressemblent à ceux ayant déjà rencontré un immense succès. « Si vous avez aimé « Nos étoiles contraires », vous aimerez « Si je reste » de Gayle Forman »… Il s’avère que ce ne sont pas toujours des promesses en l’air pour « attirer le poisson » puisque je n’ai effectivement aimé ni l’un ni l’autre mais je continue de me méfier de ces comparaisons trop faciles.

Mon avis sur ce premier tome se révèle pourtant élogieux car le récit m’a réservé des surprises. Malencia, ou Cia pour les intimes, vient de fêter son seizième anniversaire et s’apprête à assister à une cérémonie visant à faire passer des tests à certains lycéens. Les plus brillants sont effectivement élus pour le Test, un passage obligé et périlleux pour pouvoir intégrer l’Université. Cia est sélectionnée au dernier moment pour passer le Test de l’Elite, accompagnée d’autres camarades de sa colonie des Cinq Lacs. Naturellement, seuls les meilleurs seront retenus. Rien n’est prévisible. On ne sait pas ce qui attend les candidats, hormis le fait que celui-ci est une succession d’épreuves ayant pour but d’évaluer leurs capacités physiques et intellectuelles. Certaines particulièrement dangereuses permettent aux membres du comité d’éliminer le plus grand nombre.

Je reconnais que le début est assez lent mais une fois la sélection du test commencée, j’ai été happée par le récit qui devient rapidement haletant. Son écriture très fluide a aussi contribué à ce que j’entre au cœur de l’action mais si l’enchaînement des événements constitue à mes yeux un des points forts du roman, il n’est pas le seul critère me permettant de hisser le premier tome au rang de coup de cœur. J’ai effectivement beaucoup apprécié le personnage de Malencia qui en étant non seulement intelligente et forte sur le plan physique et psychologique, garde la tête sur les épaules et ne déroge pas à ses valeurs. Je reconnais avoir un faible pour les héroïnes badass qui ont du plomb dans la cervelle et c’est sûrement une des raisons pour lesquelles j’aime tant les dystopies.

L’auteure n’a malheureusement pas accordé autant d’attention à la psychologie des autres personnages mais cette faiblesse ne m’a pas empêché d’éprouver de la sympathie pour Michal. Quant à Tomas, je ne saurai dire si je l’apprécie ou pas. Seuls les tomes suivants nous révéleront ses réelles intentions et quoiqu’il en arrive, je ne suis certaine que d’une chose aujourd’hui : j’ai vraiment hâte de lire la suite.

 FiveStars

What’s up ? :  Mon contrat au sein de la Mission Locale avait pris fin de manière inattendue en avril dernier. Pendant ma période de chômage, j’ai postulé pour être conseillère dans une entreprise d’insertion. Les missions consistant à recruter et accompagner les salariés les plus éloignés de l’emploi, je trouvais que le poste correspondait parfaitement à ma double compétence Ressources Humaines/Insertion Professionnelle. En revanche, j’ai appris au cours de l’entretien que l’entreprise est en plan de sauvegarde et cette nouvelle m’a beaucoup refroidie. Signer un CDD étant déjà une situation précaire, je n’avais pas envie de rajouter une dose d’incertitude. Je n’ai pas eu l’occasion de réfléchir bien longtemps puisque le lendemain, on m’a proposé de réintégrer la Mission Locale à partir du 1er juin pour une période de 6 mois. J’ai tellement aimé mon expérience là-bas que j’ai naturellement répondu … oui !  🙂

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