The Walking Dead : Mon avis sur la saison 6

Attention : L’article contient des spoilers. Si vous n’avez pas envie de savoir ce qui se passe dans la saison 6, je vous invite gentiment à passer votre chemin 🙂

Je me suis fascinée pour les films d’horreur en regardant un long-métrage qui n’en était pourtant pas un. Si je vous dis « serial killer au faciès noir et blanc qui s’étire comme un visage dégoulinant », ça vous fait penser à quoi ? A Scream, bien évidemment. Mon esprit a capturé à jamais l’image de cet étrange masque parce qu’il immortalise une expression torturée. L’apparence de Ghostface m’effrayait davantage que les meurtres en eux-mêmes, même si cela fait déjà fort longtemps que Scream me fait autant frissonner qu’un épisode de Charmed. Je ne peux pas en dire autant des films de zombies qui est un concentré de tout ce qui fait que le sang peut se glacer dans mes veines. La contagion est à l’origine de la transformation d’êtres humains en zombies et personne ne sait ni comment elle a vu le jour ni de quelle façon y remédier. Je reconnais avoir peur des maladies qui ont fait tant de ravages dans le passé et sont malheureusement susceptibles de « revenir ». Rien ne pourrait plus me terroriser qu’une épidémie de choléra, de peste ou de grippe espagnole.

Les attaques de zombies réveillent la peur d’être confrontée à des maladies incurables et transmissibles à l’homme. Les films apocalyptiques, parmi lesquels figurent ceux qui parlent de contamination par les morsures de morts-vivants, donnent à notre mort un caractère fictionnel tout en nous rappelant que des événements catastrophiques ayant eu lieu au XXème siècle, ont laissé des séquelles à l’humanité. Les zombies sont d’ailleurs des êtres humains dont seule la partie primitive s’est réveillée. L’Homme serait-il donc par essence mauvais ? Les faits historiques nous prouvent bien qu’il est capable du pire. Les survivants perdent aussi peu à peu les repères de leur civilisation, s’affranchissent des normes en commettant des actes qu’ils n’auraient jamais fait en temps « normal ».

The Walking Dead me plait plus que les autres fictions de zombies, dans la mesure où la série nous amène à réfléchir à la manière dont nous agirions dans des situations extrêmes qui relèvent souvent de la lutte pour la survie. Quelles décisions serais-je capable de prendre ? Quelles en seraient les conséquences pour le groupe et moi-même ? Les survivants ne combattent pas ce fléau tout seuls et chacun se rapproche effectivement de ses semblables pour former progressivement une communauté. Le collectif est donc source de compromis et parfois, de sacrifices pour ne pas compromettre ses chances de survie et celles des gens qu’on aime. On se demande alors à quel personnage on pourrait ressembler, même si dans The Walking Dead, chacun est destiné à évoluer pour le meilleur  et pour le pire.

A mes yeux, la série ne s’est encore jamais fait détrôner par aucune autre et même American Horror Story n’y est pas parvenue (sans doute en raison de la saison 4 qui me laisse encore un souvenir amer). La constance concernant la qualité des épisodes n’est pourtant pas le point fort de The Walking Dead mais après une cinquième saison qui m’avait vraiment déçue (c’est ma série préférée mais je reconnais qu’elle est LOIN d’être parfaite), j’avais peur que la série commence sérieusement à tourner en rond. Je ne peux cacher mon enthousiasme d’avoir constaté que la sixième saison s’est avérée meilleure que la précédente mais la façon dont le scénario a été construit me donne aussi la désagréable impression qu’on cherche à nous jeter définitivement de la poudre aux yeux.

La série s’inscrit depuis quelques temps dans une sempiternelle dynamique. Le schéma est le même : un premier épisode très rythmé, violent et parfaitement maîtrisé. Un deuxième épisode plus sage pendant lequel se posent de nouveaux enjeux suivi de cinq autres qui se contentent de « faire du sur place ». Un autre schéma apparaît au cœur de ces épisodes : les échanges verbaux n’en finissent pas et les protagonistes sont souvent amenés à se séparer. Certains personnages sont laissés sur le côté de la route pour focaliser l’histoire sur des choses qui ne méritent pas qu’on s’y attarde autant. Les ellipses sont souvent mal gérées et on voit par exemple des romances débuter sans qu’on sache vraiment pourquoi alors que d’autres s’achèvent inexplicablement.

Les comportements de certains d’entre eux changent de façon radicale : le manque de courage d’Eugène était légendaire jusqu’à ce qu’il se transforme brutalement en mercenaire et Gabriel se métamorphose aussi en exemplaire petit soldat. En revanche, l’évolution de Carol est pertinente dans la mesure où sa soudaine hyper sensibilité trouve ses origines dans les terribles événements qu’elle a vécues. Elle n’est certainement pas la seule à avoir traversé de rudes épreuves mais il ne faut pas oublier que Carol était une femme battue … Bref, ces changements de comportement ne sont souvent ni pertinents ni explicables et ce choix scénaristique ne me convainc pas.

Les créateurs étirent le récit jusqu’au dernier épisode de la mi-saison qui se termine par un cliffhanger volontairement époustouflant. Les spectateurs attendent avec impatience la seconde partie de la saison qui s’inscrit de nouveau dans le même schéma. Ils sont toutefois « réveillés » par certaines séquences chocs qui les maintiennent plus ou moins en haleine jusqu’à l’épisode final qui, me concernant, m’a laissé bouche bée. Si je faisais cependant preuve de cynisme, je pourrais résumer ce que je retiens de cette saison en quelques séquences qui ont généralement marqué les esprits. Qu’est-ce que ma mémoire a surtout retenu de l’intrigue ? J’ai cru, l’espace d’un instant seulement, que les boyaux de Glenn avaient servi d’amuse-bouche à des zombies toujours plus féroces. Le petit Sam s’est fait « croquer » d’une façon vraiment ignoble (il se fait mordre au sommet du crâne … le comble de l’horreur pour moi), sa mère a subi instantanément le même sort et Negan sacrifie un des personnages sans que son identité ne soit révélée.

J’ai trouvé dommage que ce personnage sadique (le mot est faible !) n’apparaisse que lors des dernières minutes de la saison mais je me console en me disant aussi qu’une apparition plus précoce ne nous aurait pas fait subir toute cette tension palpable avant que Lucille ne s’abatte sur le crâne de l’un d’entre eux. Le dernier épisode est un modèle d’angoisse. Je ressens encore la sensation étouffante que j’ai éprouvé au moment où Negan réfléchissait à celui ou à celle qu’il choisirait de massacrer. On sentait pourtant dès le début de l’épisode, qu’un drame se tramait mais la fin n’en est pas moins grandiose. Je trépigne d’impatience de connaître le nom de sa victime et c’est là qu’on se rend compte, encore et toujours, que The Walking Dead a parfaitement compris que les cliffanghers font sérieusement jaser (même si elle n’est pas la seule série à en jouer). Chaque fan y va de son pronostic et les scénaristes se délectent de savoir générer le buzz.

J’ai vraiment l’impression que ces derniers jouent avec les téléspectateurs mais la recette inchangée depuis quelques saisons fonctionne encore. En ce qui me concerne, je ne sais pas jusqu’à quand elle continuera de susciter mon intérêt (même si elle restera encore longtemps MA série de cœur) car la saison 6 a franchi un cap. Une fois que l’identité de la victime de Negan sera révélée au public, le suspense retombera comme un soufflet. Qu’adviendra t’il donc de la saison 7 ? L’audace serait la bienvenue mais malheureusement, celle-ci a déjà été remisée au placard …

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2 réflexions sur “The Walking Dead : Mon avis sur la saison 6

  1. Une Occidentale en Chine dit :

    Ca peut paraitre stupide mais je ne veux pas que ça soit Glenn malgré que tout le monde disent que normalement dans la BD ça se passe ainsi. Mais en soi très peu d’éléments de la BD ont été suivi. J’adorais The Walking Dead et le fait de passer de la peur des zombies à la peur de l’humain mais franchement je prends de moins en moins de plaisir à la regarder et limite j’en viens à me dire qu’il serait temps de finir car ça ne peut pas durer ainsi éternellement. Je deviens mitigée…

    Aimé par 1 personne

    • mangoandshamallow dit :

      Je ne suis pas du tout sûre de moi mais je pense que ce sera soit Glenn, soit Abraham soit Eugène. Je doute fort que Negan ait choisi Rick, Carl ou Michonne mais il nous faudra attendre jusqu’en octobre (!) pour découvrir de qui il s’agit. Je suis aussi de plus en plus mitigée, même si j’aime toujours la série. Pourtant, j’étais un peu démoralisée à la fin de la saison 5 …

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