Introvertie, sociable et heureuse

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Je m’appelle Célina, j’ai 27 ans et je suis introvertie. On n’est pas souvent conscient de l’être, surtout quand on n’est pas timide, parce qu’on ne sait pas qu’être introverti, ce n’est pas seulement vouloir être seul (je ne me considère pas comme un loup solitaire). L’introversion est un tempéramment comme les autres mais il est encore mal compris. A qui la faute ? Aux nombreux mythes qui gravitent autour de ce trait de ce personnalité. La timidité et l’introversion sont tellement associées qu’on utilise souvent ces deux termes de manière interchangeable. Ils n’ont pourtant rien à voir : on peut, comme moi, être introverti et confiant et extraverti et timide.

Je me sens détendue quand je suis au contact des autres mais j’ai aussi besoin de moments de solitude pour trouver mon équilibre. Au contraire, certaines personnes extraverties peuvent rechercher à entrer en interaction avec les autres tout en se sentant pas particulièrement à l’aise au sein d’un groupe. La timidité n’est aussi pas un trait de personnalité mais un comportement qui se caractérise par le fait d’avoir peur d’être en présence des autres. Vous constatez donc que timidité et introversion ne sont pas forcément liées.

On dit aussi de nous qu’on n’aime pas la compagnie des autres alors que ce n’est pas vrai. Nous favorisons plutôt la qualité des interactions à la quantité et en ce qui me concerne, je préfère avoir un petit cercle d’amis qu’un vaste réseau de connaissances. Je n’ai donc aucun compte sur les réseaux sociaux parce que je n’aime pas « raconter ma vie » (n’y voyez rien de méprisant dans cette expression 😉 ) à des gens à qui je ne parle pas dans la vie réelle. J’adore échanger avec des personnes que je n’ai jamais vues, sur des centres d’intérêt communs mais je ne m’imagine pas leur dévoiler ma vie personnelle.

En tant qu’introvertie, j’apprécie de temps en temps de me rendre à une fête mais c’est rarement pour rencontrer de nouvelles têtes. Je ne dis pas que je suis rebutée à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes, c’est seulement que faire connaissance n’est pas mon premier objectif lorsque je me rends à une soirée. En revanche, je ne suis pas à l’aise dans les spectacles où le public pourrait être sollicité alors que j’aime par exemple beaucoup les pièces de théâtre improvisées. J’y vais de temps en temps avec mon copain et/ou des amis mais j’ai toujours peur d’être désignée pour monter sur l’estrade et devoir « me montrer en spectacle ». Pourtant, je ne crains plus de prendre la parole en public (cela n’a effectivement pas toujours été le cas mais mes études m’ont poussées à combattre mon ancienne timidité).

Chose plus surprenante : il m’arrive de ne pas répondre aux appels, même ceux des personnes que j’aime. Dans ce cas, je les rappelle quand je me sens prête mentalement et que j’ai rassemblé l’énergie nécessaire pour avoir une conversation. Quand j’ai appris que la Mission Locale ne renouvellerait finalement pas mon contrat pour des raisons budgétaires, j’ai été incapable de décrocher spontanément le téléphone pendant 10 jours. N’ayant pas le moral, j’attendais d’avoir suffisamment de force mentale pour me confronter aux questions alimentant n’importe quelle conversation : « Comment tu vas ? » ; « Ça se passe bien au boulot ? ».

Cela peut paraître étrange pour certains extravertis mais je suis toujours surprise quand mon téléphone sonne. J’adore discuter longuement avec ma famille et mes amis, du moment que ça n’arrive pas comme « un cheveu sur la soupe ». Je suis aussi comme bon nombre d’introvertis : j’aime davantage m’exprimer par l’écrit que par la parole. Quand j’étais petite, j’écrivais mon journal intime et passais beaucoup de temps à imaginer avant de mettre sur le papier, des récits traitant principalement de monstres et de châteaux hantés. Aujourd’hui, je n’écris plus de fiction mais n’imagine pas ma vie sans mon blog.

J’alterne également des phases de solitude et des périodes sociables. Passer du temps avec mes proches est très important à mes yeux, contribue à mon équilibre mais je ne supporterai pas de sortir tous les soirs. Je ressens souvent le besoin de me recentrer sur moi-même, notamment après avoir passé une période où j’ai été très stimulée sur le plan social. Pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, j’ai travaillé dans l’insertion professionnelle. J’étais constamment en contact avec les demandeurs d’emploi dans le cadre de mon travail et quand je rentrais, je n’avais souvent qu’une envie : aller à la salle de sport et passer une soirée en amoureux à la maison. Quand je sors boire un verre avec des amis, c’est toujours en petit groupe. Je n’aime pas me fondre dans la foule et c’est sans doute pour cette raison que j’ai toujours détesté les boîtes de nuit.

Les « temps morts » ne sont pas contre-productifs pour moi, à condition bien entendu qu’ils ne soient pas trop fréquents (sinon, ça rime avec ennui !). Je ne me sens pas nerveuse de passer une journée seule chez moi, à boire du thé et à lire un roman. Au contraire, j’adore ces petits moments privilégiés qui me permettent de me ressourcer. J’aime aussi faire du sport pour des raisons diverses et variées mais aussi pour me recentrer. Je n’ai d’ailleurs jamais aimé les sports collectifs.

En revanche, je n’ai pas TOUTES les caractéristiques d’une personne introvertie. Les extravertis s’ennuient généralement plus vite que les autres et j’ai pu constater, au cours de ma première expérience professionnelle, que je m’étais ennuyée ferme quand j’ai commencé à faire le tour de mon poste. J’étais même déprimée à la fin de mon CDD parce que j’ai besoin d’être constamment stimulée. Mon cerveau entre alors en léthargie et j’ai déjà prouvé que j’étais capable de dire STOP quand la routine m’étouffait.

Je ne me souviens pas d’avoir mal vécu mon introversion. J’assume complètement mon style de vie paisible. Au lieu de me dire que je ne suis pas « amusante », j’ai préféré prendre en compte les aspects positifs de ma personnalité. Je n’attire pas trop l’attention au départ, je peux décourager les gens qui ne pensent qu’au « fun » (ou ce que les tendances de la société définissent comme tel) mais si on prend le temps de me connaître, on se rend compte que je suis une personne à l’écoute, qui adore partager et qui en assumant ses valeurs fortes, fait qu’elle n’a pas besoin de faire semblant pour se faire apprécier. Je suis d’une nature distante mais une fois que la carapace est « brisée », les gens reconnaissent souvent que j’ai beaucoup d’humour.

Je vis mon introversion en toute sérénité car avec le temps, j’ai appris à doser mes activités sociales pour qu’elles restent un plaisir, tout en prenant suffisamment de temps pour moi. Il n’y a pas une semaine où je ne rencontre pas une ou deux de mes VRAIES amies (en tout, je n’en ai que 3). Je fais la connaissance de nouvelles personnes lorsque je me sens d’humeur (je ne me force pas à être hypocrite) et quelques fois par an, je participe à une fête qui me fait envie parce que je sais que je vais y retrouver des gens que j’apprécie. En parrallèle de ma vie sociale qui est plutôt tranquille, je me ressource grâce à un style de vie qui me convient parfaitement. Je partage ma vie entre le sport, la lecture, les sorties au cinéma, les soirées et les week-end en couple.

En revanche, si le temps s’y prête, il est hors de question de rester enfermé à la maison. Je suis calme mais sûrement pas casanière. On adore randonner en montagne, courir en forêt et aussi pique-niquer en pleine nature. Certes, il n’y a pas d’alcool et de nuits blanches mais je m’épanouis dans la tranquillité. Je suis passée outre les conventions sociales et ne peux que souhaiter la même chose aux introvertis qui n’assument pas encore leur personnalité. Prenez le temps de vivre selon vos envies, sans vous prendre la tête avec ce que pensent les autres. On peut avoir tendance à remettre en cause son style de vie quand on voit des clichés de connaissances en train de s’éclater dans une soirée. Seulement, qui nous dit que ces personnes-là se sont vraiment amusées ? N’avez-vous pas aussi passé du bon temps avec vos copines autour d’une assiette de sushis ? 🙂 Assumez pleinement ce que vous êtes et vous aussi, vous rayonnerez. Votre joie de vivre sera d’autant plus belle à voir qu’elle sera authentique.

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8 réflexions sur “Introvertie, sociable et heureuse

    • mangoandshamallow dit :

      Ton commentaire me fait bien plaisir 🙂 Je me décris telle que je suis mais j’essaie aussi de montrer que ce n’est pas une « tare » d’être introvertie parce que de nos jours, il faudrait être tout le temps en effervescence : en permanence entourée, hyper-connectée … Je reconnais que je n’y trouve pas mon compte. Et toi? J’aimerais beaucoup connaître ton ressenti 😉

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  1. Melgane dit :

    A la faute aux nombreux mythes mais aussi à la faute à la norme actuelle et ancienne qui est le groupe ! C’est pour ça que j’ai écrit un article « ode à la solitude » l’autre jour ! 🙂
    De mon côté j’ai décidé de terminer l’année en mangeant toute seule à la fac ! L’année dernière c’était plus simple, j’étais seule dans plusieurs cours et ça me faisait du bien, là je suis avec quelqu’un dans tous mes cours et au final ça m’étouffe ça m’empêche de réfléchir. Mais je me rends compte que même en expliquant les gens ne comprennent pas. Ce midi une amie a dit à une autre « bon, Melgane mange toute seule aujourd’hui » limite comme si elle me le reprochait. La première chose qu’elle m’a demandé quand je l’ai dit c’est si j’avais « pas envie de voir leur tête ». Pourtant c’est pas la première fois que je veux manger toute seule, et l’explication n’a pas changé !

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    • mangoandshamallow dit :

      J’irai lire ton article, du coup 🙂 Si tu es heureuse de manger toute seule, ne change rien. On étouffe quand on se fixe trop de contraintes. On en a déjà assez dans nos vies.

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  2. Ophélie G. dit :

    Tu résumes parfaitement bien l’introversion ! Pendant longtemps j’ai cru être timide mais en réalité, et même si je suis un peu timide quand même, je suis tout simplement introvertie (et un peu asociale aussi, mais c’est une autre histoire). Il est si difficile de faire comprendre à ses proches que ne pas décrocher le téléphone ne relève pas de l’impolitesse, mais simplement d’un besoin d’attendre le bon moment. En étant expatriée, la situation est quand même plus facile à ce niveau-là, puis mes proches savent que je ne suis pas souvent disponible pour Skyper ou téléphoner. Comme toi, je ne redoute pas les journées seules à la maison, avec un roman et du thé. Mes colocs ont eu du mal à comprendre mon absence d’envie de sortir le weekend (on connaît tous les Anglais et leur besoin de se ressourcer au pub…), mais je m’épanouis plus seule qu’entourée de gens.

    Merci pour ces belles paroles. ♥ xx

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  3. mangoandshamallow dit :

    L’introversion n’a rien à voir avec la timidité mais on peut être les deux, comme toi apparemment. Seulement, ce n’est pas systématique. Tu dis que tu peux être asociale mais comment ça se manifeste ?

    Merci d’être passée sur mon blog et je souhaite une longue vie au tien car je l’aime beaucoup. Je le suis même régulièrement.

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    • Ophélie G. dit :

      Je suis d’accord, introversion et timidité ne vont pas forcément de paire ! Mon asociabilité se manifeste principalement lorsque je suis en groupe. Si c’est un groupe restreint, composé uniquement d’amis proches, je gère plus ou moins la situation. Si de nouvelles personnes, qui me sont inconnues, nous rejoignent, c’est beaucoup plus difficile : je ne suis pas à l’aise du tout. L’environnement joue un très grand rôle dans tout ça : dans un endroit public, c’est pas la joie. Par contre, si c’est chez quelqu’un, je me sens plus facilement à l’aise. Un truc tout bête par exemple : vendredi dernier, je rencontrais pour la première fois un ami, rencontré en ligne il y a presque 6 ans, en plein centre de Londres. Ça a été une horreur, j’ai passé un après-midi abominable, et j’ai sauté dans le premier train venu pour être seule tellement j’étais mal à l’aise. Mais mon asociabilité semble être assez paradoxale, puisque avec mon boulot de prof (enfin, d’assistante), je suis constamment en contact avec des gens que je ne connais pas forcément. Le fait que ce soit des adolescents me rassure, sans que je sache pourquoi. Je ne sais pas si j’arrive à me faire comprendre, c’est difficile à expliquer (c’est d’ailleurs la première fois que j’essaye d’expliquer tout ça).

      Ça me touche de savoir que tu suis mon blog. ♥

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      • mangoandshamallow dit :

        Je ne suis pas experte, loin s’en faut, mais je ne pense pas que tu l’es. Pour moi, être asocial renvoie au fait qu’on ne s’adapte pas. Si tu faisais partie de cette catégorie d’individus, tu ne travaillerais pas dans l’enseignement. Il n’y a rien de « pathologique » … En réalité, tu es peut-être seulement timide 😀 En ce qui concerne ton blog, je le trouve intéressant et frais.

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