American Horror Story : Mon avis sur la saison 4

L’univers du cirque dans son aspect horrifique me fascine depuis que Gripsou, le clown de Stephen King, a hanté mes nuits et cette attirance s’est encore développée quand quelques années plus tard, j’ai découvert « Freaks » de Tod Browning. Cette saison faisant ouvertement hommage à ce chef d’oeuvre horrifique, je l’attendais donc avec une certaine impatience et n’avais pas envisagé que je pourrais être déçue de découvrir ce que nous révélait une des dernières « foires aux monstres » des Etats-Unis.

Mon constat est effectivement sans appel : je n’ai pas aimé « Freak show » mais ne l’ai pas détesté non plus. Après une première saison très prometteuse mais pas assez horrifique à mon goût, une deuxième parfaitement maîtrisée et une troisième un peu poussive et aussi effrayante qu’un épisode de Charmed (c’est si peu exagéré !), j’attendais les scénaristes au tournant, même si je me projetais déjà sur les excellentes surprises qu’ils étaient susceptibles de nous réserver. Or, le scénario de la saison 4 s’est révélé plat et surtout, inabouti. J’ai été frustrée de voir le clown tueur disparaître aussi rapidement pour laisser la place à Dandy Mott, un jeune psychopathe gâté pourri par sa mère qui l’idolâtre autant qu’elle le redoute. Les coulrophobes peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles.

Ma frustration a clairement atteint son paroxysme lorsque Edward Mordrake, le personnage le plus terrifiant de « Freak Show », n’est finalement apparu que trop ponctuellement tout au long de la saison. Il aurait pourtant largement mérité d’avoir une véritable place auprès des autres monstres, d’autant plus que le magicien s’inspire d’un personnage supposé réel. En effet, il aurait eu à l’arrière du crâne un deuxième visage. Les scénaristes utilisent cette effrayante caractéristique pour créer deux personnalités à Edward Mordrake (ça ne vous rappellerait pas le docteur Jekyll et son Mister Hyde ? 😉 ) car un de ses visages diaboliques manipule l’autre par sa capacité à détecter les mensonges et révéler la vérité.

Ces deux personnages auraient pu faire la force de cette saison mais les scénaristes ont préféré mettre deux psychopathes stéréotypés sur le devant de la scène, dont un fils unique follement capricieux et prêt à tout pour assouvir sa fascination obsessionnelle pour les freaks et un ventriloque qui entretient une relation pour le moins malsaine avec sa marionnette. Je n’ai été convaincue par aucun de ces deux meurtriers alors qu’exceptée la personnalité mystérieuse et égocentrique d’Elsa Mars qui ne m’a pas non plus séduite, j’ai apprécié la plupart des personnages. Les freaks sont effectivement très touchants mais la palme de l’émotion reviendrait sans conteste au personnage de Pepper dont le destin tragique peut difficilement laisser insensible.

Le scénario de la saison 4 est trop simpliste à mon goût car c’était justement la complexité des intrigues s’imbriquant les unes dans les autres qui m’avait séduite (il n’y a pas que cela mais cette caractéristique a fortement contribué à ce que j’apprécie la série). Elsa Mars recherche la reconnaissance éternelle auprès des freaks qu’elle recrute pour sa foire tandis qu’un intrus traque les petits protégés de la berlinoise victime de la folie des grandeurs pour les exposer au musée des horreurs. Son plan machiavélique se retrouve aussi en concurrence avec les desseins tout aussi diaboliques d’autres personnages dérangés. Voilà, c’est tout (ou presque).

Le dernier épisode tente de donner une fin digne à certains personnages mais il est délicat de parler de happy end dans la mesure où les scénaristes n’ont pas fait de concession sur le sort de la majorité d’entre eux. L’opposition entre « les monstres physiques » et « les monstres moraux » a beau ne pas briller pour son originalité, le discours sur la monstruosité ne manque pas de faire son effet. La saison défend honorablement les opprimés en mettant en scène des personnages « différents » (on peut d’ailleurs remercier les producteurs d’avoir engagé certains acteurs qui ont les mêmes caractéristiques physiques que leurs personnages) dont les pulsions meurtrières les rendent finalement si humains et les élèvent au rang peu flatteur des gens appartenant à ce qu’on pourrait appeler « la norme ».

La mise en scène très soignée parvient aussi à reconstituer à merveille l’ambiance si dérangeante associée à l’imaginaire collectif du cirque « creepy » et certaines séquences font aussi référence à des mouvements artistiques variés comme l’expressionnisme allemand ou l’univers musical de David Bowie. Sur la forme, la saison 4 est donc incontestablement une réussite mais la simplicité de son scénario me fait toutefois regretter l’originalité des deux premières saisons. C’est aussi pour cette raison que je souhaite attendre encore un peu avant de regarder la saison 5, en espérant que les scénaristes se sont repris en main pour donner un nouveau souffle à la série.

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2 réflexions sur “American Horror Story : Mon avis sur la saison 4

  1. Une Occidentale en Chine dit :

    J’avais adoré la saison 1 et 2 (même si la 2 me dérangeait beaucoup…) ! La saison 3 était pourri on va dire ce qui est pourtant le personnage de Kathy Bates était vraiment pas mal étant donné que c’est un personnage bien réel. J’ai détesté la 4 ! Tellement que j’arrive pas à la finir…J’avais beaucoup aimé les personnages que Jessica Lange interprétait mais celui d’Elsa Mars n’a aucun goût, ce qui est vraiment dommage étant donné que c’était sa dernière saison…Les autres personnages sont très attachants mais l’histoire ne décolle pas…Et la 5 j’ai également essayé mais je n’arrive pas à accrocher non plus…

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  2. mangoandshamallow dit :

    La saison 3 est décevante mais comme je ne m’attendais pas à quelque chose de dingue, je n’ai pas été surprise plus que ça. Le thème et le synopsis de la 4 ème m’attiraient en revanche beaucoup plus et là, j’ai pris une claque. Tout n’est pas mauvais mais l’histoire a du mal à décoller et les personnages les plus terrifiants sont malheureusement très secondaires. Par contre, je te conseille de regarder la fin, même si tu es déçue parce que même si je ne l’ai pas plus explicitement évoqué dans mon article, elle « sauve un peu les meubles ». Ton avis sur la saison 5 ne me donne pas vraiment envie de me lancer mais je le ferai tout de même pour me forger ma propre opinion. Pourtant, je pars déjà avec un préjugé énorme : Lady Gaga dans le rôle principal …

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