Revue de lectures : Avril #5

Je dresse un bilan littéraire du mois d’avril plus mitigé que le précédent. Ce dernier s’était effectivement révélé exceptionnel car tous les romans que j’ai lus en mars ont été des coups de cœur. J’avais même expliqué que « Il était une lettre » m’avait fait l’effet d’ « un uppercut dans le bas ventre ». Un coup de cœur, une très bonne lecture, une nettement plus mitigée et … un abandon. Voici comment je résumerais le mois d’avril si je devais le faire en une phrase. Seulement, je ne conçois pas de rester en surface quand il s’agit de donner mon avis sur un livre ou un film. Alors, c’est parti … 😉

  • Les décharnés, Paul Clément

Je suis une inconditionnelle de la série « The Walking Dead » et pourtant, je n’ai jamais lu de livres sur les zombies. J’ai adoré les réalisations de Romero, pouffé de rire devant « Shaun Of The Dead » mais ça s’arrête là. Si les morts-vivants arrivent à m’impressionner à l’écran, je craignais que mon imagination les rendent plus ridicules qu’effrayants avec le support papier. Je reconnais que je me suis trompée. L’histoire se déroule en France, plus particulièrement en Provence, où la canicule s’est bien installée. Alors qu’une journée se termine comme les autres qui l’ont précédées, une vague meurtrière frappe les hommes qui se transforment en zombies. Au départ amusé par la situation, un agriculteur un brin misanthrope nommé Patrick, prend rapidement conscience qu’elle dégénère et court se calfeutrer tant bien que mal dans sa ferme. Poursuivi par ces créatures, Patrick va devoir lutter pour survivre et surtout, prendre une fillette orpheline sous son aile.

« The Walking Dead » suscite encore chez moi un vif intérêt dans la mesure où la série nous amène à réfléchir sur la manière dont se comportent les gens confrontés à des situations extrêmes. On ne peut nier que l’intelligence collective est une arme redoutable pour contrer les attaques de zombies mais l’effet de groupe fait aussi émerger des personnalités qui se détachent assez rapidement du lot. Certains s’affirment en tant que leaders mais mettent à profit leur sens de l’initiative pour permettre au groupe de survivre tandis que d’autres ne cherchent qu’à satisfaire leurs propres intérêts. Ils ne font équipe qu’avec eux-mêmes et leurs décisions égoïstes peuvent mettre en péril la survie du groupe.

Qu’en est-il de notre personnage principal ? Le début du récit le décrit comme un vieil homme qui ne pense qu’à sa pomme. Des événements hors du commun lui tombent dessus, lui qui vivait seul depuis longtemps et avait pris ses petites habitudes de célibataire endurci. Il fait ce qu’il peut pour sauver sa carcasse un peu rouillée et protéger Emma, dans un monde devenu hostile aussi bien à cause des zombies que des survivants. A aucun moment, je n’ai trouvé le personnage antipathique. Il ne se prend pas pour un héros et lorsqu’il réalise qu’une situation le dépasse, il ne cherche pas à se placer au-dessus de tout le monde. Son âge l’empêche parfois de venir à bout des situations les plus délicates mais cette caractéristique le rend justement plus humain et attachant.

Je me suis également identifiée à ses sentiments : de sa tendresse paternelle envers Emma à la haine qu’il ressent pour un des survivants rencontrés plus loin dans le récit. J’ai apprécié les mêmes personnages que lui et je me suis méfiée des autres. Patrick est un solitaire et même s’il se prend d’affection pour sa petite protégée, il n’arrive pas à se lier aux membres du groupe. Il a beau être aussi sociable qu’un ours des cavernes, il ne se révèle pas moins perspicace pour cerner les gens.

Patrick met aussi du temps à apprivoiser Emma qui, traumatisée par la mort de sa famille, ne fait pas immédiatement confiance à son sauveur. La tendresse qui les unit est assez bouleversante mais je n’avais pas encore tout vu (ou lu). L’émotion se dégageant de cette relation père-fille (elle devient si forte qu’on pourrait la qualifier ainsi) atteint effectivement son paroxysme à la fin du récit. J’ai pleinement apprécié le déroulement de l’histoire, le caractère réaliste des personnages mais je n’ai néanmoins pas été surprise par la tournure des événements. Je ne suis pas experte en la matière mais entre la filmographie de Romero et les six saisons de « The Walking Dead », je pense plutôt bien maîtriser le schéma qui composent les films de zombies.

Paul Clément suit les codes du genre : calfeutrage, fuite, calfeutrage, rencontre avec d’autres survivants, organisation d’une micro-société, razzia dans les maisons et supermarchés pour s’approvisionner, et évidemment, l’histoire n’aurait guère de piment s’il n’y avait pas des combats violents et des pertes humaines plus ou moins déplorables. L’auteur suit à la lettre ce schéma classique mais la recette a fonctionné sur moi, même si les effets de surprises sont quasiment inexistants. Les scènes défilent sous nos yeux grâce à la plume bien maîtrisée de Paul Clément qui m’a fait vivre ce roman comme si je regardais un film d’horreur. En effet, il ne se contente pas de respecter les codes mais aussi le rythme du genre. Il est assez lent mais il faut laisser le temps à Patrick et Emma de se connaître, de rencontrer les autres survivants avant d’user collectivement de stratagèmes pour survivre.

Mon bilan du premier roman de Paul Clément paraît si idyllique qu’il semblerait que je ne lui ai trouvé aucun défaut. Détrompez-vous … Je regrette un peu de ne pas en avoir appris davantage sur les raisons pour lesquelles les humains se transforment en zombies. Je sais que cette absence de réponses est conventionnelle dans le genre mais ne pas détenir plus d’explications m’a tout de même un peu titillée. Vous allez peut-être trouver que je cherche « la petite bête » mais en refermant le livre, je me suis un peu « moquée » de l’auteur qui nous avait fait savoir sur la première de couverture, que l’histoire a lieu en Provence (tout le travail autour du livre vient de lui puisqu’il s’est auto édité). Elle a beau se dérouler sous une chaleur de plomb, il n’y a cependant ni chants de cigales ni odeur de romarin. « Les zombies débarquent en Provence  » … Je suis navrée mais je ne l’avais pas vraiment remarqué.

« Les décharnés » m’a fait vivre des moments de lecture très immersifs et m’a ému à plusieurs reprises, au point que je n’ai pu m’empêcher de verser une petite larme lors d’un passage du récit particulièrement prenant. Paul Clément travaille sur son deuxième roman -« Creuse la mort »- et je ne dissimule guère ma hâte de me replonger dans ses nouvelles aventures. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire « Les Décharnés » mais pour quelles raisons n’est-ce pas un coup de cœur ? Je considère un roman en tant que tel lorsque je me suis laissée embarquer dans un récit inattendu, une intrigue particulièrement bien ficelée ou encore quand j’ai été profondément émue par ce qui est arrivé aux personnages. Je n’ai pas vibré à ce point avec ce roman mais je vous recommande tout de même de le lire, surtout si vous êtes amateurs des récits de survie.

Fourstars1

  •  Palimpsestes. Tome 1 : Impressionnisme, Emmanuelle Nuncq

Je n’ai ni aimé ni détesté le roman et c’est la raison pour laquelle il m’a été difficile d’exposer clairement mes arguments à son sujet. Si vous êtes comme moi, son titre vous a intrigué. Une définition du Larousse décrit un palimpseste comme un « parchemin dont la première écriture, grattée ou lavée, a fait place à un nouveau texte ». Si vous n’êtes pas amateurs d’envolées lyriques, vous vous dîtes aussi que ce n’est ni plus ni moins qu’une feuille de brouillon.

La couverture a attiré mon regard mais l’apparence ne fait pas tout … L’histoire en elle-même est aussi très accrocheuse car celle-ci ayant lieu dans le Paris de la fin du XIXème siècle, nous suivons Samuel, un timide gardien du musée du Louvre et Clara, une artiste-peintre avant-gardiste pour son époque. Alors qu’il cherche en lui le courage d’aborder cette jeune femme qui lui plaît tant, d’étranges phénomènes se manifestent dans le musée. Les Parisiens assistent à des visions d’événements passés ou futurs, en lien semble-t-il avec la statue de la Pythie récemment arrivée dans la collection antique du Louvre.

Les deux jeunes gens, premiers témoins de ces manifestations surnaturelles, s’allient pour comprendre les origines de ces apparitions qui s’étendent rapidement dans la Capitale. En ce qui me concerne, la quatrième de couverture m’a fait rêver mais la réalité m’a vite rattrapée. Le récit manque cruellement d’actions et l’auteur prend tout son temps avant de formuler des hypothèses sur les événements se déroulant au Louvre. Elle nous embarque aussi à travers les siècles et les faits historiques qu’ont connus le musée, et Paris de façon plus générale. Les descriptions des visions sont très bien racontées et le travail de documentation rigoureux qu’a certainement effectué l’auteur pour nous les présenter nous donnent vraiment l’impression d’assister à ce que voient les personnages.

J’ai apprécié ce voyage dans le temps qui nous amène également à réfléchir sur la notion de libre-arbitre et de destin, du rôle que nous pouvons avoir sur les événements qui se produisent dans nos vies. Cette réflexion intéressante ne reste malheureusement qu’une amorce. J’ai regretté que l’histoire ne se focalise surtout qu’autour de la romance de Samuel et Clara. Je reconnais que leur histoire d’amour m’a un peu agacée. Les sentiments amoureux sont apparus très soudainement et en étant l’un avec l’autre, les deux jeunes gens sont trop fleur bleue à mon goût. Les déclarations enflammées (« Je t’aime comme tu es », « Tu es si belle » … ) sont mignonnes mais il ne faut pas que cela en devienne une habitude. Or, elles restent un peu trop présentes tout au long du récit.

Je ne me suis donc pas attachée au couple formé par Clara et Samuel alors qu’individuellement, je les ai appréciés. La jeune femme a un côté fantasque et résolument anti-conformiste qui m’a immédiatement séduite. J’ai aussi beaucoup apprécié ses réflexions féministes mais une fois encore, l’auteure s’est contentée de rester en surface. De son côté, Samuel est plus calme et réservé, osant à peine s’affirmer alors que ses suppositions sont souvent pertinentes. Son caractère et sa vision de la vie évoluent au contact de Clara et des visions déclenchées par la Pythie.

Son tempéramment m’a nettement moins marquée que celui de la jeune artiste mais je n’ai pas pu m’empêcher de le trouver attachant, hormis le fait qu’il peut devenir franchement niais lorsqu’il fait des déclarations d’amour à sa bien-aimée. La fin a été bâclée mais j’ai appris que ce roman n’était que le premier tome d’une trilogie. Je ne suis pas encore certaine de vouloir me plonger dans la suite car malgré sa quatrième de couverture prometteuse, le récit ne me laissera pas un souvenir impérissable. Il est divertissant mais mieux vaut ne pas en attendre davantage.

Twostars

  • Fog, James Herbert

Je ne vais pas être tendre avec ce livre mais si je peux vous épargner du temps et de l’argent, je ne vois pas l’intérêt de s’en priver. Je n’ai pas accroché à son histoire, au point d’avoir abandonné la lecture. Je n’ai que très rarement vécu cette situation car même si je n’aime pas un livre, je me force à le terminer. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce qu’un roman a toujours été le fruit d’un long travail qu’on se doit de respecter. Abandonner un récit en cours de route est pour moi, synonyme d’échec mais je n’ai pas pu faire autrement avec celui-ci.

Son résumé ne m’avait pas laissé présager une expérience de lecture catastrophique. Un violent tremblement de terre fait surgir un mystérieux brouillard jaunâtre que le vent emporte vers la campagne anglaise. Des massacres inexplicables, des actes déments sont alors signalés sur le passage de la nappe de brouillard. Elle ne cesse aussi de croître vers des zones plus peuplées de l’Angleterre, entraînant sur son sillage une vague impressionnante de meurtres et de suicides collectifs. A travers ce scénario catastrophe, l’auteur dénonce les débordements de l’armée et les conséquences de leurs mystérieuses expériences. L’originalité du roman n’est pas son point fort mais s’il n’y avait que cela ! J’ignore si le style d’écriture médiocre est lié à la plume de l’auteur ou à la traduction mais c’était un supplice de lire chaque phrase. L’utilisation constante de l’imparfait m’a par exemple, quelque peu agacée.

Les scènes de massacre sont tellement décrites (épluchées ?) que James Herbert ne laisse pas de place pour notre imagination. J’étais exaspérée par certaines d’entres elles qui ne cachaient guère ses connotations sexuelles. J’oserais même parler de perversité. Mon agacement n’a jamais été aussi fort qu’au moment où j’ai lu le passage pendant lequel le professeur le plus tordu du lycée (le mot est faible) accepte de se livrer à une séance de torture SM par ses élèves. Il a un fort penchant pour la jeunesse, le sexe et la folie provoquée par la nappe de brouillard réveille en lui une certaine animalité. Tout est fait pour choquer, rien n’est subtil et je n’ai qu’une envie à ce moment-là : EN FINIR ! Je n’y suis pas parvenue parce que c’était tout simplement au-dessus de mes forces.

Certains osent comparer James Herbert à Stephen King mais d’après ce que j’en ai lu, c’est une HONTE ! Seulement, je me connais suffisamment bien pour savoir que j’accorderai une seconde chance à l’auteur. Je vais laisser passer un peu de temps pour « digérer » le désastre de cette lecture et je m’armerai de courage en choisissant un autre roman de James Herbert, en priant très fort (même si je ne suis pas croyante) pour que ce ne soit pas aussi catastrophique.

  • Juste avant le bonheur, Agnès Ledig

Il y a des livres dans lesquels on se plonge sans rien connaître du contenu. J’ai appris que l’histoire avait remporté un franc succès auprès des lecteurs et des médias. En revanche, tous ces avis positifs n’étaient pas LA garantie que j’allais aussi l’apprécier. J’ai remarqué qu’il était plein de fraîcheur mais ne m’attendais pas à ce qu’il me marque d’une pierre blanche. Le livre a beau être petit par la taille, il n’en est pas moins grand par l’émotion et la douceur qu’il dégage. Les personnages y sont pour beaucoup. Ils apportent tous une valeur ajoutée à l’histoire.

On y retrouve un peu de folie, beaucoup de mélancolie mais surtout une grande combativité face aux aléas de la vie. Dans cette société individualiste, Agnès Ledig dresse un portait optimiste des relations humaines où les personnages s’unissent pour lutter contre l’adversité, les obstacles qui jonchent le parcours de chacun. Tout le monde rêverait que d’autres nous tendent la main en cas de situations éprouvantes et on remarque souvent avec amertume que hormis certains membres de la famille (et encore, c’est loin d’être une généralité), rares sont ceux qui ont la générosité de nous porter dans les moments de souffrances.

Qu’il s’agisse de Paul, le quinquagénaire qui a le cœur sur la main ; de Julie, la jeune fille désillusionnée ; de Ludovic, le petit garçon débordant de vie ; de Jérôme, l’âme de sauveur ; de Caroline, le jeune médecin qui manque tellement de confiance en elle ou encore de Romain, l’homme idéal qui sait tendre la main … Tous m’ont touchée en plein cœur. La plume de l’auteur y est également pour quelque chose. Les dialogues sont drôles, piquants, émouvants, sarcastiques. La poésie d’Agnès Ledig m’a transportée dans l’histoire mais c’est surtout celle de Julie qui m’a bouleversée. Elle m’a même fait pleurer.

Son courage et sa détermination forcent l’admiration car quoiqu’il arrive, elle se relève. Elle est blessée mais ne laisse jamais le malheur dire le dernier mot. En réalité, ce roman est une ode à la vie, un hymne à l’espoir. J’ai vécu quelques désillusions (comme tout le monde) mais je suis de nature plutôt positive. Je refuse de sombrer dans les pensées négatives tout en restant pragmatique. Voici comment je caractériserais mon état d’esprit.

Seulement, en refermant ce livre, une violente bouffée d’optimisme m’a submergée. J’ai relevé quelques petites incohérences dans le récit mais peu importe … J’étais heureuse de pouvoir respirer, sentir mes membres bouger, prendre pleinement conscience que mes proches se portaient bien eux aussi. En ce qui me concerne, « Juste avant le bonheur » m’a fait encore plus Aimer la vie … avec un grand A.

FiveStars

Depuis que je me suis initiée à l’anglais avec les aventures de Julie, Dennis et Scruffy, leur fidèle ami à quatre pattes (la génération de la fin des années 80-début 90 reconnaîtra sûrement 😉), je rêve d’aller en Angleterre. Entre les études associées au manque d’argent, le travail et le manque de temps tout simplement, je n’avais pas eu l’occasion de mener à bien ce projet. Ce sera bientôt chose faite puisque je m’envolerai lundi pour Londres. A bientôt ! 

L’art de savoir râler

 

Râler est une habitude de l’esprit qui est souvent liée à la culture ambiante. Dans les pays où le PIB est pourtant nettement inférieur à celui de France, les gens râlent moins car ils acceptent ce que la vie leur offre, sans systématiquement chercher à la qualifier de positif ou de négatif. En France, on râle tellement que Jean Cocteau disait de nous que « Les français sont les italiens de la mauvaise humeur ». Personne ne m’a reproché d’être une grande râleuse mais je me rendais compte toute seule que je me laissais prendre dans cet engrenage qui peut devenir un mode de fonctionnement si l’on n’y prête pas attention. Je suis d’ordinaire plutôt positive et pourtant, je me retrouvais trop souvent à mon goût dans des situations de frustration, d’énervement où je me posais en victime et râlais en repensant aux événements et aux personnes qui avaient contribué à me « pourrir » la journée. Pourtant, elle avait été ordinaire. Rien de grave ne s’était produit.

Après m’être sérieusement penchée sur les raisons qui nous poussaient à râler, j’ai alors pris conscience qu’elles étaient si nombreuses que l’épaisseur d’un annuaire téléphonique (on n’en voit plus mais je me souviens que petite, je me disais qu’il  valait mieux ne pas s’en prendre un sur le pied) ne suffirait pas pour toutes les recenser. J’ai remarqué à quel point les personnes qui râlent autour de moi accaparent mon énergie. Je suis influencée par les « ondes » négatives qu’elles dégagent et dans mon entourage, j’en connais quelques unes qui pourraient remporter haut la main la palme du « râleur/euse de l’année ». A la fin de la journée, j’en arrive à ne plus les écouter. Leurs vociférations atteignent mes oreilles sans qu’elles n’en saisissent le sens et je choisis alors d’acquiescer bêtement pour avoir la paix et me protéger de l’ambiance morose.

On ne supporte pas les gens qui râlent alors qu’on ne fait parfois guère mieux et paradoxalement, on crée des liens avec les autres autour de nos malheurs. C’est encore plus vrai au travail ou dans les lieux publics. Se plaindre est un moyen utilisé à longueur de temps pour briser le silence qui s’installe quand on est en présence de gens qu’on ne connaît pas. On se plaint du temps qu’il fait, des trains qui n’arrivent pas à l’heure (aviez-vous remarqué qu’on ne parle jamais de ceux qui arrivent à l’heure prévue ? 😉 ).

On connaît tous des gens qui préfèrent râler plutôt que d’agir. Ils nous racontent à longueur de journée que « rien ne va dans leur vie » (pour certains, c’est vrai alors que chez d’autres, leurs malheurs sont souvent dérisoires) et pourtant, ils ne font rien d’autre que de continuer à râler. En ce qui me concerne, j’ai parfois envie de les saisir par les épaules et de leur hurler en pleine face qu’il est peut-être temps de bouger mais on se contient pour ne pas les vexer (ne serait-ce pas pourtant leur rendre service ?). Certaines personnes ont d’excellentes raisons de se plaindre parce que la vie ne leur fait pas de cadeau mais ce ne sont pas les personnes les plus malheureuses qui râlent le plus.

De manière générale, je me rends compte qu’on est mal à l’aise quand se pose la question du bonheur alors que notre existence consiste à trouver des solutions pour l’atteindre durablement. Si on ne râle pas tout le temps, on pense que ne plus le faire nous pousserait à nous exclure. Aurait-on honte de préférer le bonheur ? La norme est rassurante parce qu’on sait tellement à quoi s’attendre. On râle pour recevoir la compassion de son interlocuteur qui nous rejoint (sincèrement ou pas) dans notre souffrance. J’ai de plus en plus de difficultés à supporter les conversations qui tournent exclusivement autour des râleries parce que ces dernières empêchent de se lancer dans des discussions plus profondes. En râlant, on choisit de rester en surface alors qu’il serait tellement plus intéressant d’exprimer ce pour quoi on est.

Est-il possible d’arrêter de râler une bonne fois pour toutes ? C’est illusoire car cette attitude est non seulement profondément ancrée dans notre culture mais elle est aussi un bon moyen d’extérioriser ses pensées. Il n’est effectivement pas conseillé de tout garder pour soi. Je n’ai jamais eu la prétention de cesser de critiquer. J’en serais bien incapable et je ne le souhaite pas non plus.

En réalité, il ne s’agit pas d’arrêter de râler mais de SAVOIR râler. Râler à bon escient (et ne pas se « déchaîner » sur votre conjoint(e) et vos amis qui n’ont rien demandé !), relativiser et surtout agir est à mes yeux, la meilleure combinaison pour se sentir bien dans ses baskets. Seulement, qu’est-ce que savoir râler ? Critiquer à tout va creuse un fossé avec les autres mais encore faut-il en connaître la raison. En réalité, ils s’éloignent de nous car nous avons tendance à ne pas nous adresser directement aux personnes concernées.

Vous râlez auprès de votre voisin à cause d’un achat qui ne vous a pas satisfait ? Votre plainte ne sera pas entendue car non seulement, il se demandera pourquoi vous lui en parlez mais vous ne serez aussi guère plus avancés. Si votre voisin a compris que râler est une seconde nature chez vous, il risquera de ne plus chercher votre compagnie (ça vous arrange peut-être 😉 ). Il ne fait peut-être pas mieux que vous mais comme il ne s’en rend pas compte, il vous trouvera insupportable. Après tout, vos jérémiades n’émeuvent que vous …

Le mieux reste d’agir en entamant une petite discussion avec la personne concernée. Et encore faut-il ne pas procéder n’importe comment. S’énerver ne sert pas à grand-chose. On s’épuise et on n’aboutit à rien. Que de temps perdu alors qu’une conversation calme et bienveillante est très souvent l’élément déclencheur de bon nombre de solutions. Râler intelligemment peut avoir du bon mais avant de choisir cette option, il ne faut pas oublier qu’on peut éviter d’en arriver là, en admettant que les râleries reflètent souvent nos difficultés à exprimer nos émotions.

Il suffit parfois d’identifier le besoin réel qui se cache derrière l’envie de râler : est-ce que je râle parce que ça fait déjà 3 fois que je demande à mon conjoint de vider le lave-vaisselle ou parce que dans le fond, j’ai l’impression que l’entretien de la maison ne repose que sur mes épaules. Dans ce cas, râler est une façon d’éviter d’entrer au cœur du problème : vous avez l’impression qu’on ne vous aide pas aussi souvent que vous le souhaiteriez dans la réalisation des tâches ménagères. On a aussi souvent tendance à exagérer et à ne pas trouver le mot juste pour communiquer à l’autre ce qu’on ressent. On a l’art de l’accuser en disant « ça fait 100 fois que je te le demande » ,  » ça me tue que rien ne change ».

Râler est inévitable mais le quotidien est un peu moins pénible quand on peut le faire à bon escient ou mieux, l’éviter quand on sait que cela concerne des sujets qui ne sont pas très importants. Il faut néanmoins reconnaître qu’il n’est pas évident de se retenir de râler au boulot. Quand on a signé un contrat à temps plein, on passe au minimum 7h par jour sur son lieu de travail, soit plus de temps qu’avec sa famille. Nous sommes aussi dans une relation hiérarchique où nous devons nous plier à un cadre et à des normes. Notre nature humaine a envie de se défendre et nous voudrions donc décider plus, nous exprimer plus sur ce qui ne nous convient pas. On en a marre d’obéir et parfois, on ne trouve plus de sens à ce qu’on fait. On se met alors à râler.

Certains rouspètent à tort et à travers au boulot au lieu de voir le côté positif des choses. Une ambiance sympa, des projets qui avancent … En revanche, d’autres souffrent vraiment au travail. Parmi eux, la situation peut virer au cauchemar. On parle beaucoup du burn-out alors que le bore-out (le fait de s’ennuyer au boulot) fait encore plus de ravages. Les personnes qui en sont victimes n’ont plus la force d’agir ou doivent attendre qu’un puissant élément déclencheur se manifeste pour tout envoyer paître. Si votre boulot ne vous plaît plus au point de vous rendre malade, mieux vaut en changer. Seulement, certains ne peuvent pas pour des raisons personnelles et/ou matérielles et je les plains sincèrement de ne pas avoir le choix. Ils sont sans doute les seuls à avoir le droit de râler.

On pense tous avoir de bonnes raisons de râler. Je ne suis pas non plus un petit être parfait car je peux être assez virulente sur les sujets politiques. J’en ai-ras-le-bol d’alterner, malgré mon bac+5, entre (longues) périodes de travail et (courtes) périodes de chômage mais je relativise aussi sur ma situation. J’ai acquis suffisamment d’expérience pour attirer l’attention des employeurs. Pour le moment, je n’ai plus d’emploi mais j’ai encore mes poumons pour pouvoir respirer. J’ai aussi deux bras, deux jambes et peux donc aller bosser. On peut souvent éviter de râler mais en dehors des situations un peu extrêmes, il est tellement plus facile de se plaindre que d’agir. Nous ne sommes pas capables de tout contrôler, surtout les gens mais nous pouvons déjà tellement faire pour nous-mêmes.

The Walking Dead : Mon avis sur la saison 6

Attention : L’article contient des spoilers. Si vous n’avez pas envie de savoir ce qui se passe dans la saison 6, je vous invite gentiment à passer votre chemin 🙂

Je me suis fascinée pour les films d’horreur en regardant un long-métrage qui n’en était pourtant pas un. Si je vous dis « serial killer au faciès noir et blanc qui s’étire comme un visage dégoulinant », ça vous fait penser à quoi ? A Scream, bien évidemment. Mon esprit a capturé à jamais l’image de cet étrange masque parce qu’il immortalise une expression torturée. L’apparence de Ghostface m’effrayait davantage que les meurtres en eux-mêmes, même si cela fait déjà fort longtemps que Scream me fait autant frissonner qu’un épisode de Charmed. Je ne peux pas en dire autant des films de zombies qui est un concentré de tout ce qui fait que le sang peut se glacer dans mes veines. La contagion est à l’origine de la transformation d’êtres humains en zombies et personne ne sait ni comment elle a vu le jour ni de quelle façon y remédier. Je reconnais avoir peur des maladies qui ont fait tant de ravages dans le passé et sont malheureusement susceptibles de « revenir ». Rien ne pourrait plus me terroriser qu’une épidémie de choléra, de peste ou de grippe espagnole.

Les attaques de zombies réveillent la peur d’être confrontée à des maladies incurables et transmissibles à l’homme. Les films apocalyptiques, parmi lesquels figurent ceux qui parlent de contamination par les morsures de morts-vivants, donnent à notre mort un caractère fictionnel tout en nous rappelant que des événements catastrophiques ayant eu lieu au XXème siècle, ont laissé des séquelles à l’humanité. Les zombies sont d’ailleurs des êtres humains dont seule la partie primitive s’est réveillée. L’Homme serait-il donc par essence mauvais ? Les faits historiques nous prouvent bien qu’il est capable du pire. Les survivants perdent aussi peu à peu les repères de leur civilisation, s’affranchissent des normes en commettant des actes qu’ils n’auraient jamais fait en temps « normal ».

The Walking Dead me plait plus que les autres fictions de zombies, dans la mesure où la série nous amène à réfléchir à la manière dont nous agirions dans des situations extrêmes qui relèvent souvent de la lutte pour la survie. Quelles décisions serais-je capable de prendre ? Quelles en seraient les conséquences pour le groupe et moi-même ? Les survivants ne combattent pas ce fléau tout seuls et chacun se rapproche effectivement de ses semblables pour former progressivement une communauté. Le collectif est donc source de compromis et parfois, de sacrifices pour ne pas compromettre ses chances de survie et celles des gens qu’on aime. On se demande alors à quel personnage on pourrait ressembler, même si dans The Walking Dead, chacun est destiné à évoluer pour le meilleur  et pour le pire.

A mes yeux, la série ne s’est encore jamais fait détrôner par aucune autre et même American Horror Story n’y est pas parvenue (sans doute en raison de la saison 4 qui me laisse encore un souvenir amer). La constance concernant la qualité des épisodes n’est pourtant pas le point fort de The Walking Dead mais après une cinquième saison qui m’avait vraiment déçue (c’est ma série préférée mais je reconnais qu’elle est LOIN d’être parfaite), j’avais peur que la série commence sérieusement à tourner en rond. Je ne peux cacher mon enthousiasme d’avoir constaté que la sixième saison s’est avérée meilleure que la précédente mais la façon dont le scénario a été construit me donne aussi la désagréable impression qu’on cherche à nous jeter définitivement de la poudre aux yeux.

La série s’inscrit depuis quelques temps dans une sempiternelle dynamique. Le schéma est le même : un premier épisode très rythmé, violent et parfaitement maîtrisé. Un deuxième épisode plus sage pendant lequel se posent de nouveaux enjeux suivi de cinq autres qui se contentent de « faire du sur place ». Un autre schéma apparaît au cœur de ces épisodes : les échanges verbaux n’en finissent pas et les protagonistes sont souvent amenés à se séparer. Certains personnages sont laissés sur le côté de la route pour focaliser l’histoire sur des choses qui ne méritent pas qu’on s’y attarde autant. Les ellipses sont souvent mal gérées et on voit par exemple des romances débuter sans qu’on sache vraiment pourquoi alors que d’autres s’achèvent inexplicablement.

Les comportements de certains d’entre eux changent de façon radicale : le manque de courage d’Eugène était légendaire jusqu’à ce qu’il se transforme brutalement en mercenaire et Gabriel se métamorphose aussi en exemplaire petit soldat. En revanche, l’évolution de Carol est pertinente dans la mesure où sa soudaine hyper sensibilité trouve ses origines dans les terribles événements qu’elle a vécues. Elle n’est certainement pas la seule à avoir traversé de rudes épreuves mais il ne faut pas oublier que Carol était une femme battue … Bref, ces changements de comportement ne sont souvent ni pertinents ni explicables et ce choix scénaristique ne me convainc pas.

Les créateurs étirent le récit jusqu’au dernier épisode de la mi-saison qui se termine par un cliffhanger volontairement époustouflant. Les spectateurs attendent avec impatience la seconde partie de la saison qui s’inscrit de nouveau dans le même schéma. Ils sont toutefois « réveillés » par certaines séquences chocs qui les maintiennent plus ou moins en haleine jusqu’à l’épisode final qui, me concernant, m’a laissé bouche bée. Si je faisais cependant preuve de cynisme, je pourrais résumer ce que je retiens de cette saison en quelques séquences qui ont généralement marqué les esprits. Qu’est-ce que ma mémoire a surtout retenu de l’intrigue ? J’ai cru, l’espace d’un instant seulement, que les boyaux de Glenn avaient servi d’amuse-bouche à des zombies toujours plus féroces. Le petit Sam s’est fait « croquer » d’une façon vraiment ignoble (il se fait mordre au sommet du crâne … le comble de l’horreur pour moi), sa mère a subi instantanément le même sort et Negan sacrifie un des personnages sans que son identité ne soit révélée.

J’ai trouvé dommage que ce personnage sadique (le mot est faible !) n’apparaisse que lors des dernières minutes de la saison mais je me console en me disant aussi qu’une apparition plus précoce ne nous aurait pas fait subir toute cette tension palpable avant que Lucille ne s’abatte sur le crâne de l’un d’entre eux. Le dernier épisode est un modèle d’angoisse. Je ressens encore la sensation étouffante que j’ai éprouvé au moment où Negan réfléchissait à celui ou à celle qu’il choisirait de massacrer. On sentait pourtant dès le début de l’épisode, qu’un drame se tramait mais la fin n’en est pas moins grandiose. Je trépigne d’impatience de connaître le nom de sa victime et c’est là qu’on se rend compte, encore et toujours, que The Walking Dead a parfaitement compris que les cliffanghers font sérieusement jaser (même si elle n’est pas la seule série à en jouer). Chaque fan y va de son pronostic et les scénaristes se délectent de savoir générer le buzz.

J’ai vraiment l’impression que ces derniers jouent avec les téléspectateurs mais la recette inchangée depuis quelques saisons fonctionne encore. En ce qui me concerne, je ne sais pas jusqu’à quand elle continuera de susciter mon intérêt (même si elle restera encore longtemps MA série de cœur) car la saison 6 a franchi un cap. Une fois que l’identité de la victime de Negan sera révélée au public, le suspense retombera comme un soufflet. Qu’adviendra t’il donc de la saison 7 ? L’audace serait la bienvenue mais malheureusement, celle-ci a déjà été remisée au placard …

[Avis] : Le livre de la jungle, Jon Favreau

Il était une fois … Cette simple phrase nous replonge immédiatement dans des histoires de princesses, d’enfants innocents exposés à de grandes menaces et de monstres mythologiques. Elle est aussi devenue une ritournelle pour le cinéma hollywoodien qui s’est mis en tête de relever le défi de produire toute une série de remakes des plus grands classiques de Disney. Pour quelles raisons Hollywood s’est lancé dans ce challenge ? Serait-ce dû à un manque de créativité ? A une ambition démesurée de vouloir faire déborder les caisses d’une industrie déjà si colossale ? Nul ne sait, même s’il est probable que les deux options reflètent la réalité. Hollywood n’a jusqu’à présent pas hissé un de ses remakes au rang de chef d’oeuvre mais il en a tout de même réussi quelques uns. Il en a aussi massacré d’autres.

J’ai apprécié l’univers sombre de « Blanche-Neige et le chasseur », même si le film se situe à des années lumières du dessin animé de 1937. Sous la direction de Rupert Sanders, le spectateur ne rencontre ni princesse fragile ni nains adorant pousser la chansonnette en regagnant leur chaumière. Les petits êtres sont des mercenaires, l’héroïne une guerrière qui après avoir emprunté la panoplie de Jeanne d’Arc, chevauche avec son armée pour en découdre avec son odieuse belle-mère. Le prince n’est pas un jeune homme de bonne famille mais un chasseur bodybuildé qui n’a pas dû se laver les cheveux depuis plusieurs semaines. Le chevalier servant des frères Grimm pourrait même passer pour un efféminé. Le conte sert de prétexte scénaristique mais la magie a opéré sur moi, d’autant plus qu’en regardant l’affiche, j’avais déjà compris que le film serait fort éloigné de l’univers de Jacob et Wilhlem Grimm.

J’ai encore plus apprécié « La belle et la bête » de Christophe Gans parce qu’étrangement, son remake est assez proche du film de Cocteau. La plupart des adaptations de contes subissent de profondes mutations, transformant ainsi toute la symbolique par leur dimension contemporaine. Or, Gans a fait le choix d’un cinéma à l’ancienne. Les effets spéciaux remplacent heureusement le carton pâte mais le réalisateur s’est appliqué à respecter le monde imaginaire du conte en renonçant à lui donner une autre lecture ou un cadre narratif différent. En revanche, « Maléfique » a été un choc. Il s’est avéré agréable alors que je craignais tant, dès les premières séquences, de basculer dans l’absurdité. Certains le considèrent comme un préquel au conte de « La Belle au Bois Dormant » et même s’il l’est, ce n’est pas tout à fait exact. On remonte dans le passé de Maléfique mais on retrouve aussi la ligne du conte avec sa rencontre avec Aurore et la malédiction qu’elle lui jette. Je reconnais que le film n’a pas grand-chose à voir avec le conte mais il n’est pas non plus à des années lumières de l’histoire originale.

Je vous ai présenté les adaptations qui m’ont plu mais il y en a d’autres qui sont catastrophiques. La pire de toutes ? La version américaine de « Hansel et Gretel » où les héros ne sont pas des enfants mais un frère et une sœur qui ayant atteint l’âge adulte, veulent affronter la sorcière en étant armés jusqu’aux dents. « Le Petit Chaperon Rouge » de Catherine Hardwicke emprunte de vagues lignes du conte mais la réalisatrice nous propose surtout un film à gros budget qui n’est qu’un prétexte pour faire jouer une actrice bankable à souhait. Sa lecture est simpliste, puritaine et j’avais envie de sombrer comme la Belle au Bois Dormant dans un sommeil profond, jusqu’au générique de fin.

Qu’en est-il maintenant du Livre de la Jungle de Jon Favreau (enfin ! 😉 ) ? L’esthétique est à couper le souffle : les paysages sauvages sont magnifiques et les animaux tellement réalistes qu’on aurait presque envie de caresser le pelage du sympathique Baloo. Et encore, je ne l’ai pas vu en 3D … Il paraît que les images sont tellement travaillées qu’on pourrait compter les poils de l’ours. Quoiqu’il en soit, la beauté du film est quasiment surnaturelle. Qu’ai-je pensé de l’histoire ? Le réalisateur s’est rapproché de l’univers de Kipling pour nous offrir un récit plus sombre et violent. Disney avait effectivement atténué cet aspect en adoptant un style léger et drôle.

Dans le remake, ne vous attendez pas à voir Kaa souffrant de sinusite chronique, Shere Khan faisant de l’humour noir et Baloo se grattant énergiquement le dos sur le tronc d’un palmier. Que nenni ! Bienvenue dans la jungle où la violence règne. La lecture du film est à prendre au premier degré et reste ainsi fidèle au roman. L’histoire paraît simple aux yeux de beaucoup de spectateurs. Je ne peux nier qu’il n’est pas nécessaire de « se faire des nœuds au cerveau » pour en comprendre le sens. Néanmoins, « simple » ne s’associe pas systématiquement avec « simplet ».

La violence au sein de l’apprentissage est le thème principal de l’oeuvre de Kipling. Mowgli doit se plier à la loi de la jungle et à celle des loups (ses parents adoptifs) pour rester dans la meute. S’il ne le fait pas, il mourra. Baloo (Bagheera dans le film) apprendra aussi à l’enfant à distinguer une branche morte d’une branche saine, c’est-à-dire exercer son esprit critique en ne se fiant pas aux apparences. Le récit fait très souvent référence à l’éducation, à son chemin semé d’embûches pour devenir un adulte et s’affirmer en tant que tel.

A l’heure actuelle, cette vision de l’apprentissage peut sembler un peu dépassée (quoique…) mais il ne faut pas perdre de vue que Kipling a écrit son livre en 1894. L’autoritarisme, la soumission de l’enfant à l’adulte sont prégnants dans l’oeuvre originale tandis que de nos jours, nous prônons un mélange d’autorité et de liberté qui s’éloigne néanmoins petit à petit du laxisme des années passées. Certaines valeurs traditionnelles resurgissent après avoir été longtemps dominée par une « vision soixante-huitarde » qui n’a pas toujours fait ses preuves. Cet avis n’engage que moi et je me rends compte surtout que je m’éloigne du sujet 🙂

Pour en revenir au film, je vous conseille vivement de ne pas chercher à le comparer au dessin animé de Walt Disney. Sinon, vous risquerez d’être déçus par une histoire que vous trouverez trop sérieuse. Si vous ne vous préparez pas à entrer dans cet état d’esprit de comparaison, vous serez susceptibles d’apprécier le film. En ce qui me concerne, je m’attendais à être immergée dans un univers proche du roman. « Le livre de la jungle » n’est pas le long-métrage du siècle dans la mesure où l’histoire pourrait être retranscrite en trois lignes. Seulement, je ne pouvais pas non plus être insensible à sa puissance universelle et intemporelle qui fait bien évidemment la force du film.

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Introvertie, sociable et heureuse

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Je m’appelle Célina, j’ai 27 ans et je suis introvertie. On n’est pas souvent conscient de l’être, surtout quand on n’est pas timide, parce qu’on ne sait pas qu’être introverti, ce n’est pas seulement vouloir être seul (je ne me considère pas comme un loup solitaire). L’introversion est un tempéramment comme les autres mais il est encore mal compris. A qui la faute ? Aux nombreux mythes qui gravitent autour de ce trait de ce personnalité. La timidité et l’introversion sont tellement associées qu’on utilise souvent ces deux termes de manière interchangeable. Ils n’ont pourtant rien à voir : on peut, comme moi, être introverti et confiant et extraverti et timide.

Je me sens détendue quand je suis au contact des autres mais j’ai aussi besoin de moments de solitude pour trouver mon équilibre. Au contraire, certaines personnes extraverties peuvent rechercher à entrer en interaction avec les autres tout en se sentant pas particulièrement à l’aise au sein d’un groupe. La timidité n’est aussi pas un trait de personnalité mais un comportement qui se caractérise par le fait d’avoir peur d’être en présence des autres. Vous constatez donc que timidité et introversion ne sont pas forcément liées.

On dit aussi de nous qu’on n’aime pas la compagnie des autres alors que ce n’est pas vrai. Nous favorisons plutôt la qualité des interactions à la quantité et en ce qui me concerne, je préfère avoir un petit cercle d’amis qu’un vaste réseau de connaissances. Je n’ai donc aucun compte sur les réseaux sociaux parce que je n’aime pas « raconter ma vie » (n’y voyez rien de méprisant dans cette expression 😉 ) à des gens à qui je ne parle pas dans la vie réelle. J’adore échanger avec des personnes que je n’ai jamais vues, sur des centres d’intérêt communs mais je ne m’imagine pas leur dévoiler ma vie personnelle.

En tant qu’introvertie, j’apprécie de temps en temps de me rendre à une fête mais c’est rarement pour rencontrer de nouvelles têtes. Je ne dis pas que je suis rebutée à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes, c’est seulement que faire connaissance n’est pas mon premier objectif lorsque je me rends à une soirée. En revanche, je ne suis pas à l’aise dans les spectacles où le public pourrait être sollicité alors que j’aime par exemple beaucoup les pièces de théâtre improvisées. J’y vais de temps en temps avec mon copain et/ou des amis mais j’ai toujours peur d’être désignée pour monter sur l’estrade et devoir « me montrer en spectacle ». Pourtant, je ne crains plus de prendre la parole en public (cela n’a effectivement pas toujours été le cas mais mes études m’ont poussées à combattre mon ancienne timidité).

Chose plus surprenante : il m’arrive de ne pas répondre aux appels, même ceux des personnes que j’aime. Dans ce cas, je les rappelle quand je me sens prête mentalement et que j’ai rassemblé l’énergie nécessaire pour avoir une conversation. Quand j’ai appris que la Mission Locale ne renouvellerait finalement pas mon contrat pour des raisons budgétaires, j’ai été incapable de décrocher spontanément le téléphone pendant 10 jours. N’ayant pas le moral, j’attendais d’avoir suffisamment de force mentale pour me confronter aux questions alimentant n’importe quelle conversation : « Comment tu vas ? » ; « Ça se passe bien au boulot ? ».

Cela peut paraître étrange pour certains extravertis mais je suis toujours surprise quand mon téléphone sonne. J’adore discuter longuement avec ma famille et mes amis, du moment que ça n’arrive pas comme « un cheveu sur la soupe ». Je suis aussi comme bon nombre d’introvertis : j’aime davantage m’exprimer par l’écrit que par la parole. Quand j’étais petite, j’écrivais mon journal intime et passais beaucoup de temps à imaginer avant de mettre sur le papier, des récits traitant principalement de monstres et de châteaux hantés. Aujourd’hui, je n’écris plus de fiction mais n’imagine pas ma vie sans mon blog.

J’alterne également des phases de solitude et des périodes sociables. Passer du temps avec mes proches est très important à mes yeux, contribue à mon équilibre mais je ne supporterai pas de sortir tous les soirs. Je ressens souvent le besoin de me recentrer sur moi-même, notamment après avoir passé une période où j’ai été très stimulée sur le plan social. Pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, j’ai travaillé dans l’insertion professionnelle. J’étais constamment en contact avec les demandeurs d’emploi dans le cadre de mon travail et quand je rentrais, je n’avais souvent qu’une envie : aller à la salle de sport et passer une soirée en amoureux à la maison. Quand je sors boire un verre avec des amis, c’est toujours en petit groupe. Je n’aime pas me fondre dans la foule et c’est sans doute pour cette raison que j’ai toujours détesté les boîtes de nuit.

Les « temps morts » ne sont pas contre-productifs pour moi, à condition bien entendu qu’ils ne soient pas trop fréquents (sinon, ça rime avec ennui !). Je ne me sens pas nerveuse de passer une journée seule chez moi, à boire du thé et à lire un roman. Au contraire, j’adore ces petits moments privilégiés qui me permettent de me ressourcer. J’aime aussi faire du sport pour des raisons diverses et variées mais aussi pour me recentrer. Je n’ai d’ailleurs jamais aimé les sports collectifs.

En revanche, je n’ai pas TOUTES les caractéristiques d’une personne introvertie. Les extravertis s’ennuient généralement plus vite que les autres et j’ai pu constater, au cours de ma première expérience professionnelle, que je m’étais ennuyée ferme quand j’ai commencé à faire le tour de mon poste. J’étais même déprimée à la fin de mon CDD parce que j’ai besoin d’être constamment stimulée. Mon cerveau entre alors en léthargie et j’ai déjà prouvé que j’étais capable de dire STOP quand la routine m’étouffait.

Je ne me souviens pas d’avoir mal vécu mon introversion. J’assume complètement mon style de vie paisible. Au lieu de me dire que je ne suis pas « amusante », j’ai préféré prendre en compte les aspects positifs de ma personnalité. Je n’attire pas trop l’attention au départ, je peux décourager les gens qui ne pensent qu’au « fun » (ou ce que les tendances de la société définissent comme tel) mais si on prend le temps de me connaître, on se rend compte que je suis une personne à l’écoute, qui adore partager et qui en assumant ses valeurs fortes, fait qu’elle n’a pas besoin de faire semblant pour se faire apprécier. Je suis d’une nature distante mais une fois que la carapace est « brisée », les gens reconnaissent souvent que j’ai beaucoup d’humour.

Je vis mon introversion en toute sérénité car avec le temps, j’ai appris à doser mes activités sociales pour qu’elles restent un plaisir, tout en prenant suffisamment de temps pour moi. Il n’y a pas une semaine où je ne rencontre pas une ou deux de mes VRAIES amies (en tout, je n’en ai que 3). Je fais la connaissance de nouvelles personnes lorsque je me sens d’humeur (je ne me force pas à être hypocrite) et quelques fois par an, je participe à une fête qui me fait envie parce que je sais que je vais y retrouver des gens que j’apprécie. En parrallèle de ma vie sociale qui est plutôt tranquille, je me ressource grâce à un style de vie qui me convient parfaitement. Je partage ma vie entre le sport, la lecture, les sorties au cinéma, les soirées et les week-end en couple.

En revanche, si le temps s’y prête, il est hors de question de rester enfermé à la maison. Je suis calme mais sûrement pas casanière. On adore randonner en montagne, courir en forêt et aussi pique-niquer en pleine nature. Certes, il n’y a pas d’alcool et de nuits blanches mais je m’épanouis dans la tranquillité. Je suis passée outre les conventions sociales et ne peux que souhaiter la même chose aux introvertis qui n’assument pas encore leur personnalité. Prenez le temps de vivre selon vos envies, sans vous prendre la tête avec ce que pensent les autres. On peut avoir tendance à remettre en cause son style de vie quand on voit des clichés de connaissances en train de s’éclater dans une soirée. Seulement, qui nous dit que ces personnes-là se sont vraiment amusées ? N’avez-vous pas aussi passé du bon temps avec vos copines autour d’une assiette de sushis ? 🙂 Assumez pleinement ce que vous êtes et vous aussi, vous rayonnerez. Votre joie de vivre sera d’autant plus belle à voir qu’elle sera authentique.

Running : Comment choisir sa course officielle ?

La saison 2016 des courses officielles n’a pas encore commencé pour moi. Elle débutera en juin et prendra fin en décembre, une semaine avant les fêtes de Noël. Je suis déjà toute excitée à l’idée d’épingler dans 2 mois, le premier dossard de l’année à mon tee-shirt mais garde les pieds sur terre car je suis consciente que l’inscription à une course, quelle qu’elle soit, demande à ce que la compétition se prépare suffisamment tôt.

Au-delà de la préparation de la course qui débute bien souvent 2 à 3 mois en amont (en fonction de la distance, elle peut nécessiter naturellement plus de temps), il faut avant tout trouver LA course, LA date et Le parcours qui vous conviennent. Le type de terrain est un critère important à prendre en compte au moment de prendre sa décision mais quand on débute, encore faut-il connaître préalablement les différents types de courses. Tout dépend de la région dans laquelle vous habitez mais en province, vous n’aurez souvent que l’embarras du choix. Il n’est pas nécessaire de revenir sur la course sur route mais connaissez-vous les différences entre une corrida, un cross et un trail ?

La corrida est une appellation originaire du Brésil et surtout de l’illustre « corrida de Sao Paulo » qui se déroule traditionnellement le 31 décembre. Le terme ne renvoie à aucune distance spécifique même si en général, la course se dispute entre 5 et 15 km. Elles sont majoritairement sur route mais certaines ont clairement l’apparence de trails. En revanche, cela fait déjà assez longtemps qu’elles prennent la forme de cross. Les corridas ont souvent lieu en fin d’année, dans une ambiance plutôt festive (si la vôtre se déroule aux alentours du 24 décembre, ne soyez pas étonnées de courir aux côtés de plusieurs Père Noël 🙂 ). En ce qui me concerne, je ne rate pas depuis 2 ans la Corrida de Sassenage qui, étrangement, se déroule à la mi-novembre.

Le cross a lieu sur un terrain plus accidenté et le parcours est donc jonché d’obstacles naturels. Pour distinguer le cross du trail, on parle surtout de distance et de dénivelé. Le cross se dispute sur des distances plus courtes, allant de 4 à 12 km mais il ne faut pas en faire une généralité. J’ai effectivement participé à des cross de 15 km mais dans ce cas, on parle plutôt de cross long dès que la distance dépasse seulement 6 km !

Le trail se déroule en milieu naturel sur sentiers, en forêt ou en montagne. Il n’existe pas de distance type mais on les considère vraiment comme tel à partir du moment où la distance atteint plus de 20 km (selon la Fédération Française d’Athlétisme, les parcours en dessous de cette distance sont des courses nature). L’association fait aussi la différence entre les trails courts dont la distance est comprise entre 21 et 42 km, les trails qui n’affichent pas moins de 42 km et enfin, pour les warriors, les ultra-trails au cours desquels il faut se préparer à courir plus de 80 km. Du coup, n’ayant pas encore effectué plus de 18 km pour une course en compétition qui se faisait d’ailleurs appeler « trail », j’aurais en réalité, participé à des courses nature.

Le trail a aussi été détourné pour se dérouler en ville, ce qui n’a pas manqué d’affoler les puristes. J’ai moi-même participé à l’Urban Trail de Lyon (dans sa version nocturne) en novembre dernier et même si ce type de parcours ne m’a pas procuré autant de plaisir que celui consistant à courir en forêt ou en montagne, j’ai tout de même trouvé original le fait de parcourir 15 km pour profiter de la ville de Lyon comme on ne l’avait encore jamais vue.

En ce qui me concerne, j’ai une préférence pour les cross de 10 km minimum mais une course ne se choisit pas à la légère. Chaque expérience de course est unique et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire que vous soyez au point sur ce que vous souhaitez vivre. Vous devrez donc faire un choix en termes de parcours, de kilomètres mais aussi de nombre de participants. Que préférez-vous pour une première course ? une course intimiste à moins de 1000 participants ? ou une course plus populaire et pouvant compter jusqu’à 6000 participants ? Ce choix doit rester personnel mais pour une première, je vous conseillerais plutôt de vous inscrire à une course de petite à moyenne envergure, dont la taille est encore à échelle humaine.

Ma première course était le 10 km à Grenoble en septembre 2014 et si mes souvenirs sont bons, nous n’étions pas plus de 1200 participants. La foule pouvant rajouter de l’angoisse, je vous conseillerais donc de vous tourner vers une course qui ne dépasse pas si possible, plus de 2000 participants. Des compétitions de plus grande envergure pourraient vous dégoûter car une course très populaire engendre forcément plus d’attente dans les SAS, plus de nervosité de la part des autres coureurs et le risque de manquer de ravitaillements peut être réel, si l’organisation n’est pas au top.

Une fois que vous êtes certaines de vos disponibilités, il est temps d’explorer le web pour trouver la course qui convient aux dates que vous vous êtes fixées et aussi, à votre niveau de préparation. Explorer n’est sans doute pas le terme le plus approprié car le Net est une mine d’informations pour se renseigner sur les compétitions ayant lieu dans votre région. Il y en a même de toutes envergures pour ceux et celles qui ont pour projet de voyager pour participer à leur course. Attention, ces sites ne vous permettent pas de vous inscrire mais juste de trouver celles qui pourraient vous intéresser. En fonction de la taille des courses, le moyen de paiement est plus ou moins pratique. Pour la plupart, il est possible de s’inscrire en ligne en payant avec sa carte bleue mais pour les courses de très petite envergure, le chèque envoyé par la Poste peut encore être de rigueur.

Au niveau du tarif, vous verrez de tout mais les prix maximum ne dépassent pas 30 euros pour un 10 km, 50 euros pour un semi-marathon et 100 euros pour un marathon. Je ne débourse généralement pas plus de 12 euros pour une course comprise entre 10 et 15 km mais tout dépend aussi si vous vivez à Rennes, Montpellier ou Paris. Les tarifs peuvent être ainsi différents d’une région à une autre. Quoiqu’il en soit, j’estime que certaines courses affichent des tarifs abusifs dans la mesure où les organisateurs en profitent quand elles sortent des sentiers battus. Les Color Run ne sont que des courses de 5 km et pourtant, il faut s’attendre à débourser entre 30 et 35 euros par personne. Ça fait cher le concept ludique ! Certaines courses élèvent aussi leurs tarifs au fur et à mesure que le temps passe et c’est pour cette raison qu’il vaut mieux ne pas trop tarder dès les dates d’ouverture d’inscriptions.

Avant de vous inscrire à une course, il faut aussi veiller à se procurer un certificat médical d’aptitude à la participation de « la course en pied en compétition » (cette mention est obligatoire) de moins d’un an, voire moins de 6 mois (le dernier cas étant plus rare). Si vous avez fait le choix de participer à une course plus atypique comme les courses d’obstacles ou d’orientation, un certificat médical spécifique à ce type de compétition est absolument nécessaire pour y participer. Je me souviens qu’on avait dû se précipiter chez notre médecin pour avoir un certificat médical adapté à la course d’orientation pour la session 2015 de Zomb’in the dark. A quelques heures près, les inscriptions étaient closes. Il faut effectivement penser à s’inscrire dans les temps, car malheureusement, beaucoup de courses affichent complet très rapidement.

Le retrait des dossards s’effectue souvent la veille ou le jour même de la course mais renseignez-vous bien car ce détail a aussi son importance. Maintenant que vous êtes prêtes à franchir le pas, savourez ce moment car une course n’est pas qu’une épreuve sportive. Il s’agit d’une véritable expérience qui se prépare en amont, d’un challenge personnel le jour J et je l’espère, de bons souvenirs dès le lendemain de la course 🙂

Quelle était votre première course officielle ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

Chocolat cru : mes premières acquisitions cacaotées

J’avais déjà abordé lors d’un premier article sur le chocolat cru, les principales caractéristiques de cette gourmandise encore méconnue et pourtant, si délicieuse pour le palais. Les prix ne sont certes pas attractifs puisque pour acheter une tablette de 45 g de LA marque qui me fait tant craquer lorsque je savoure un expresso, il ne faut pas s’attendre à débourser moins de 6 euros. Vous l’avez compris, on ne se rue pas sur cette tablette comme on le faisait auparavant avec celle achetée au supermarché . Si on fait abstraction de son prix peu accessible, pourquoi craquer pour ce chocolat ? Sachez que le cacao cru est naturellement très riche en antioxydants et en magnésium, le seul sel minéral dont les français sont le plus carencés. Or, une portion de 30 g de cacao cru comble un peu plus d’un tiers de notre Apport Nutritionnel Conseillé en magnésium.

Le chocolat cru est très différent en goût du chocolat traditionnel et son procédé de fabrication y est naturellement pour quelque chose. Pour transformer les fèves de cacao en tablette, celles-ci sont récoltées avant que leurs cabosses soient cassées pour en extraire leurs graines qui sont ensuite nettoyés de leurs impuretés. Elles fermentent pendant 5 à 6 jours puis séchées en plein soleil (1 à 4 semaines) ou dans des séchoirs spécialisés (15 à 36 heures). Il n’y a rien d’exceptionnel jusqu’à cette fameuse étape où pour fabriquer une tablette de chocolat cru, les fèves de cacao ne subissent ni torréfaction ni conchage, impliquant toutes deux une température très élevée. Elles sont alors dites de qualité « crue » et sont encore plus intéressantes pour l’organisme dans la mesure où en n’ayant pas subi de forte température lors de la fin du procédé de fabrication, le cacao cru garde alors toutes ses qualités nutritionnelles.

En revanche, on pourrait penser que le chocolat cru est forcément synonyme de qualité alors qu’en réalité, certaines caractéristiques ne sont pas négligeables pour en produire un de grande qualité. Choisir une bonne variété de cacao est important pour des raisons purement gustatives mais ce choix n’est le seul critère impactant sur la qualité du cacao. En effet, lorsqu’on casse les cabosses, il est très important de laver les fèves de cacao car la pulpe blanche qui les entourent étant épaisse et collante, elles en restent naturellement enduites. Certains fabricants prennent soin de retirer la moindre trace de pulpe alors que d’autres ne le font pas.

La qualité nutritionnelle est toujours la même mais étrangement, on sent une différence au palais. Celles dont la pulpe blanche a été intégralement retirée ont un goût plus doux et leur texture est plus fondante. Au contraire, celles dont le nettoyage moins minutieux a laissé une mince couche de pulpe blanche a un goût plus prononcé et amer. Enfin, le séchage a également son importance puisque si les fèves sont séchées trop longtemps, le chocolat cru aura un petit goût de « brûlé » et si elles ne le sont pas assez, la tablette risquera fortement de se conserver moins longtemps dans la mesure où les fèves de cacao contiennent des traces d’humidité.

Certaines marques ont conquis mon petit cœur friand de chocolat noir mais je tiens à préciser qu’il ne s’agit pour le moment que de mes premières découvertes. Je n’ai pas encore eu l’occasion de déguster des tablettes provenant de marques diverses et c’est pour cette raison que je vais d’abord vous présenter les trois premières qui ont particulièrement ravi mon palais.

A ce jour, j’ai nommé Rrraw en tant qu’élue de mon cœur. Ma tablette préférée (la meilleure que j’ai goûtée jusqu’à présent !) est incontestablement celle contenant 88% de cacao. Pour ce petit chef d’oeuvre, une partie des fèves est broyée 24 heures, une autre 6 heures et la dernière seulement 40 minutes. Ce broyage à trois temps donne ainsi une pâte façon tapenade dont le goût est très proche de la fève de cacao. La tablette à 88% de cacao est donc réservée aux vrais amateurs de chocolat car son caractère peut en surprendre plus d’un. En ce qui me concerne, j’en suis complètement dingue.

Frédéric Marr, le chocolatier à l’origine de la marque Rrraw, est connu pour travailler avec des produits très authentiques : un sucre intégral à base de mélasse et les fèves shipibos provenant du Pérou. Elles sont ensuite lavées sur place et séchées pendant suffisamment longtemps pour ne contenir finalement que 3% d’humidité, au lieu des 7% requis par les normes du commerce international. Il s’agit également de « fèves primeur » qui en étant récoltées par le chocolatier deux fois par an (en mars et en novembre), connaissent, paraît-il, des variations de goût saisonnières.

J’aime aussi beaucoup la marque Pacari, en particulier sa tablette contenant 70% de cacao (ses fèves sont originaires de l’Equateur). Son chocolat est plus frais que celui de Rrraw et reste intéressant pour son goût qui sort un peu des sentiers battus des notes noires et hypergrillées des autres chocolats. Enfin, j’ai craqué pour la tablette 72 % de cacao d’Orgasmic Buddha que j’ai déniché chez Satoriz. Son acidité est très discrète dans la mesure où elle a été radoucie par une saveur reconnaissable de miel.

Il en existe encore bien d’autres et devenue inconditionnelle du chocolat cru, j’ai bien l’intention de vous présenter au fil de l’eau mes autres découvertes cacaotées 😉 Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à nous faire partager vos coups de cœur.