CrossFit : l’heure du bilan

Je pense que je suis assez éparpillée car j’adore avoir plein de projets dans la tête et pratiquer plein de sports. Ma façon de vivre est assez minimaliste mais je me rends compte aussi je ne le suis pas dans mon quotidien. J’ai la fâcheuse tendance à surbooker mon agenda et c’est pour cette raison que j’ai enchaîné les mini burn-out de septembre à décembre dernier et que je me suis fait une « belle » tendinite au genou en novembre (elle est aujourd’hui guérie). En début d’année, j’ai donc décidé de me simplifier un peu plus la vie et je viens de résilier mon abonnement de CrossFit après 6 mois de pratique pour mettre à exécution ma résolution. Pour quelle raison ai-je arrêté ? Je prenais du plaisir à en faire mais ma Box se trouvant loin de mon lieu de travail et de mon domicile, je perdais trop de temps dans les transports en commun. Après avoir enchainé journée de travail et séance de CrossFit, je ne rentrais pas chez moi avant 21h00. J’ai accumulé de la fatigue au point d’avoir terminé l’année complètement à plat et entre le fitness, le running, le yoga et le CrossFit, j’ai préféré faire le choix d’arrêter … le CrossFit.

J’ai néanmoins décidé de le remplacer par une autre activité presque aussi intensive et cette décision ne paraît peut-être pas cohérente avec mon envie de ralentir. Seulement, je n’aurais plus autant de stress causé par la logistique dans la mesure où elle aura lieu dans mon club de fitness. J’attends d’avoir un peu plus d’expérience dans cette nouvelle activité avant d’y consacrer un article et préfère aujourd’hui dresser un bilan de mes six mois de pratique en CrossFit.

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1/ Le CrossFit est « le sport du fitness »

 Je n’ai jamais effectué un entraînement plus complet que celui du CrossFit. Cette activité est un programme de préparation physique et d’entraînement qui repose sur un enchaînement de mouvements variés et de forte intensité. La théorie un peu idéalisée (par certains) raconte qu’un WOD mélange des mouvements issus de la gymnastique, de l’haltérophilie et du cardio. On retrouve certes ces disciplines dans la pratique du CrossFit mais un WOD ne dure pas une heure. En effet, la séance se divise toujours en 3 parties : l’échauffement, la technique et le WOD. Ce dernier ne dure en réalité jamais très longtemps mais on se rend compte qu’il n’en faudrait pas plus en raison de son intensité (c’est aussi en fonction de vous, si vous voulez aller vite ou non). Le WOD répète souvent un circuit : 3 exercices (parfois un peu plus) à enchaîner en seulement quelques minutes. Le but est d’aller assez vite tout en réalisant convenablement chaque mouvement (la partie de la séance réservée à la technique est donc indispensable). En somme, on fait un peu de training, de running, d’haltérophilie … pour développer nos qualités physiques mais il s’agit d’une activité tellement complète qu’elle agite aussi nos neurones. Chaque séance est différente et les CrossFittteurs ne savent jamais à l’avance ce que les coachs leur réservent. Notre cerveau doit donc s’adapter en permanence à l’apprentissage ou à la révision des mouvements. Cette gymnastique cérébrale m’a conduit à assimiler très rapidement ce qui m’était demandé et même si nous le savons déjà, nous nous rappelons que le cerveau ne s’endort que lorsqu’il est pris dans l’engrenage de la routine.

2/ « Se réconcilier » avec les mouvements fonctionnels

Ils représentent les mouvements du quotidien (pousser, tirer, courir, porter, se hisser, enjamber) : le squat consiste par exemple à se relever d’une position assise et le soulevé de terre (le deadlift) permet de ramasser un objet au sol. Le squat n’est pas une invention des coachs mais bel et bien un mouvement naturel qui fait partie intégrante de notre vie. Seulement, nous ne sommes pas forcément au point quand nous exécutons des mouvements fonctionnels. Dans le cas des squats, nous avons tendance à laisser la courbe lombaire s’affaisser en position basse, laisser tomber les épaules et voûter le dos, soulever les talons et ne pas effectuer d’extension complète des hanches en haut du mouvement. Il n’existe pas plus simple que le soulevé de terre et pourtant, nous arrivons encore à nous baisser en négligeant certaines précautions visant à maintenir notre bas du dos en bonne santé. Le CrossFit se base sur un concept 100% coaché et c’est pour cette raison que j’ai pu rectifier quelques mauvaises postures que j’avais pris l’habitude d’effectuer et qui étaient susceptibles de générer des blessures. On apprend aussi au CrossFit que la technique est la base essentielle de tout apprentissage réussi. Si on ne la maîtrise pas, on met surtout en danger nos articulations, muscles et tendons mais on ne peut pas non plus passer au niveau supérieur, c’est-à-dire la puissance et la vitesse. Il m’a donc fallu remettre en question ma façon de manier mon corps et de m’entraîner et comme tous les sports, le CrossFit requiert beaucoup de patience.

3/ Vaincre ses appréhensions et faire preuve d’humilité

La première fois que j’ai mis les pieds dans une Box, j’ai été stupéfaite de constater qu’il n’y avait aucun miroir. Je me suis alors demandée comment ils faisaient pour corriger leurs postures. J’ai découvert en pratiquant que le CrossFitteur doit écouter attentivement les conseils de son coach et se fier à ses sensations. Chacun vient avec son niveau (même s’il est recommandé d’avoir un minimum de condition physique !) mais tout le monde vient surtout dans le but de dépasser ses limites. A la fin d’un WOD, le plus athlétique de tous est dans le même état que le débutant et on prend très vite conscience qu’on est toujours le débutant d’un autre. Je ne suis pas arrivée la fleur au fusil lors de ma première séance. A vrai dire, j’étais à la fois anxieuse et excitée à l’idée de me lancer dans cette activité qui m’était inconnue. Je suis finalement sortie heureuse et terriblement courbaturée de mon premier WOD (au point de m’assommer avec mon pommeau de douche tant mes muscles étaient endoloris) avec une folle envie d’y retourner. Pourtant, je ne cache pas que j’ai beaucoup galéré au début lors de certains exercices. Les pires de tous ? Monter à la corde (mon pire cauchemar !) et sauter sur les box de 80 cm de haut. Je suis parvenue à sauter en diminuant la hauteur à 60 cm (sinon cela m’impressionnait trop) mais j’ai résilié mon abonnement sans savoir monter à la corde (enfin si, je sais me hisser sur une longueur d’un mètre mais c’est loin d’être spectaculaire). J’ai tout de même fait des progrès en 6 mois et ce bilan a boosté ma confiance en moi. En y repensant, j’ai eu beaucoup de difficultés au départ alors que j’ai commencé le fitness en avril 2013 et la course à pied seulement un an plus tard (presque jour pour jour !). Quel constat pouvais-je en tirer ? On a beau pratiquer assidûment le sport, on débarque avec un niveau débutant au CrossFit. J’avais même parfois l’impression de repartir à zéro. Je pensais aussi que j’allais être meilleure en gym alors que je me suis avérée nullissime. En revanche, j’avais un meilleur niveau en cardio et haltérophilie (qui l’eut cru ??).

4/ Différencier la fatigue physique de la fatigue psychologique

 La fatigue diminue le niveau de performance et je ne vous apprends rien. Seulement, je ne distinguais pas la fatigue physique, provoquée par le manque de sommeil et/ou un surentraînement, de la fatigue psychologique entraînant avec elle lassitude, irritabilité et … baisse de l’attention. Je travaille dans l’insertion professionnelle et certaines situations m’épuisent à cause de leur caractère répétitif. Il m’arrivait donc de sortir du travail, agacée et vidée de mon « énergie mentale » et en enchaînant avec ma séance de CrossFit, je ne faisais parfois pas attention aux consignes du coach parce que j’en avais tout simplement marre d’écouter (vous comprenez, j’écoute déjà les autres toute la journée …). Je me suis fait recadrer une fois pour mon manque de concentration et c’est ainsi que j’ai pris conscience que ma fatigue était avant tout psychologique. La fatigue physique peut être maîtrisée en dormant suffisamment (8 heures de sommeil par jour sont recommandés par les médecins) et en s’octroyant des jours de récupération (c’est même indispensable !) mais la fatigue psychologique est plus difficile à combattre. Relativiser sur les situations contrariantes voire difficiles reste la meilleure solution mais il n’est pas évident d’y parvenir facilement à chaque fois.

5/ Prendre conscience que je suis aussi capable de faire du CrossFit

On se fait toute une montagne du CrossFit, surtout quand on a eu le malheur de regarder les vidéos d’entraînements d’athlètes sur YouTube. Fatal Error ! Rien de tel pour se mettre une pression d’enfer avant même de commencer (rassurez-vous, je l’ai faite aussi). C’est un comportement presque naturel mais il est aussi irrationnel. Quand on regarde les Jeux Olympiques d’hiver, on ne se dit pas que le ski n’est pas fait pour nous. Or, en visionnant les entraînements de CrossFit sur internet, on se focalise sur les exploits des meilleurs athlètes de la discipline. La haute intensité est aussi relative car quand on doit réaliser des tractions, certains rajoutent du poids alors que d’autres utiliseront des élastiques ou des anneaux pour faciliter un peu les choses. Je reconnais que je suis moi-même incapable de faire une série de tractions sans me servir d’un élastique. Si ce n’est pas le cas, elles ne sont pas faites correctement. Au début, je « complexais » de ne pas y arriver avec le poids du corps mais on comprend finalement que les besoins des amateurs et ceux des athlètes de haut niveau ne sont pas différents en genre mais en degré. Tout le monde devrait pouvoir courir mais pas tous à la même vitesse, tout le monde devrait être capable de sauter mais pas tous à la même hauteur. Je ne dis pas que vous ne serez pas amenées à galérer (l’inverse serait mentir) mais je pense aussi qu’il faut relativiser l’extrême difficulté du CrossFit perçue à travers les médias. La réalité est bien différente alors tant que vous n’aurez pas testé, vous ne pourrez pas vous en rendre compte.

Je ne regrette pas de m’être lancée dans le CrossFit, bien au contraire. J’ai découvert une activité qui m’a beaucoup plu et permis de dépasser mes propres limites. Pendant 6 mois, j’ai aussi pris conscience de mes points forts et de mes faiblesses. Bref … même si le bilan est globalement très positif, la raison a pris le pas sur mon fort intérêt pour la discipline. Le temps de trajet était trop long. Je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas plus de Box dans la région, même s’il faut rester très vigilant sur le professionnalisme des coachs et la qualité de leurs enseignements. Découvrir et aimer le CrossFit m’a aussi permis de me lancer dans une nouvelle technique basée sur la haute intensité et de faire évoluer ma façon de m’entraîner. A moins que vous ne l’ayez pas remarqué, je viens de finir mon article en vous révélant un indice magnifique 😉

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