Apprivoiser le stress par le sport

Je ne suis plus une femme particulièrement nerveuse et angoissée mais comme tout le monde, je ressens toujours un peu de stress quand il s’agit de respecter des délais, de me lancer dans l’inconnu ou de faire des choses qui me sortent un peu trop de ma zone de confort. Mais qui ne l’est pas ? Seulement, il ne faut pas considérer le stress uniquement sous un angle péjoratif. En réalité, le stress est naturellement positif puisqu’il nous permet de nous protéger et de nous aider à réagir face à une situation nouvelle. Il est même valorisant de tenter de relever un défi, que ce soit dans la vie professionnelle, personnelle ou au cours de ses entraînements.

Si j’écarte les situations les plus graves susceptibles d’engendrer des événements dramatiques, je pense qu’il n’y a pas de « mauvais stress » car tout dépend comment nous ressentons et vivons les choses à un moment donné. Toutefois, un stress qui se prolonge parce que soit aucune solution au problème n’a été trouvée soit parce qu’un effort se poursuit dans la durée, entraîne divers symptômes caractéristiques (maux de tête, troubles digestifs, crises de larmes ou de nerfs, perturbation de la concentration …) de ce que les médecins nomment le « stress négatif ». Rassurez-vous, si vous êtes concernées (ce que je ne vous souhaite pas), vous ne cumulerez pas tous ces symptômes ! Certaines personnes auront par exemple du mal à trouver le sommeil alors que d’autres verront apparaître des plaques d’eczéma sur le corps.

Une activité physique trop contraignante peut s’ajouter à tous les stress du quotidien et vous faire basculer dans l’épuisement. Il est d’ailleurs étrange de constater comme les « signes » du surentraînement ressemblent à s’y méprendre à ceux de la dépression. Le stress peut aussi être lié à des questions d’organisation. Le cours de BodyStep du jeudi soir n’est qu’un rendez-vous supplémentaire dans votre agenda déjà bien chargé et pour ne pas le rater (il faut que tu te bouges, feignasse !), l’organisation de la journée doit être aussi réglée que du papier à musique. Vous regardez votre montre sans cesse à la fin de la journée et vous commencez à stresser ! Les mamans ont souvent l’impression d’empiéter sur le temps qu’elle pourraient consacrer à leur famille. La culpabilité devient alors un facteur de stress. Vous avez sûrement compris que les raisons de stresser pour les sportifs sont légion …

Sauf que si on y regarde de plus près, « sortir de ma zone de confort » est ce que je fais presque tous les jours en chaussant mes baskets pour aller courir, faire du renforcement musculaire, sauter à la corde … En faisant du sport, je stresse donc forcément mon organisme car je le pousse à aller plus loin pour tenter de dépasser mes limites. En réalité, c’est un stress comme un autre, même s’il est différent de celui qu’on éprouve quand on s’apprête à passer un examen ou conduire sur l’autoroute pendant un week-end chargé. En revanche, l’activité physique est aussi un excellent moyen de lutter contre le stress à court, moyen et long terme. Elle nous pousse à sortir de notre confort physique, à s’aérer, à se changer les idées mais pas seulement !

Le sport stimule la fabrication d’endorphines, des molécules naturelles qui assurent plus de sérénité, de calme et de nuits paisibles. J’avoue que l’effet des endorphines sur notre organisme est tellement court qu’il peut paraître un peu ridicule de le considérer comme une « arme de destruction massive » contre le stress mais il est vrai qu’il nous apaise immédiatement. Rien de tel que de courir pendant 30 à 45 minutes pour se sentir sur un petit nuage. Seulement, l’effet à long terme s’exprime dans le fait que le corps s’habitue au stress (à condition qu’il soit léger !) suscité par l’activité physique. Il devient ainsi plus résistant face au « vrai » stress, celui qui nous met mal à l’aise et nous ronge de l’intérieur. Ce n’est pas pour rien que des chercheurs de l’université de l’Arizona ont découvert que les personnes pratiquant une activité physique régulière produisaient moins d’adrénaline (l’hormone du stress) que les sédentaires.

Pour le plus long terme, c’est l’assiduité et l’engagement sportif qui va altérer positivement votre comportement. C’est connu, le sport développe la confiance et l’estime de soi. Plus vous aurez confiance en vos capacités, plus le stress s’atténuera avec le temps. L’activité physique est une expérience tangible dans la mesure où on peut s’appuyer sur des éléments concrets pour évaluer notre progression. Hier, vous courriez 10 km, aujourd’hui vous avez dépassé ce palier. On s’y croit pas tant qu’on n’a pas rempli notre objectif.

Le stress s’envole en constatant que nos efforts réguliers finissent par être récompensés, même s’il faut reconnaître que l’effet inverse peut aussi engendrer de la frustration et donc, du stress. Si c’était simple, on le saurait 😉 Seulement, tout sportif stagne pendant quelques temps avant de progresser de nouveau et pour ne pas stresser inutilement, il faut savoir prendre son mal en patience ! La confiance en soi dans le cadre du sport se répercute dans la vie de tous les jours et c’est pour cette raison que l’anxiété s’atténue de façon générale. Elle ne disparaîtra jamais totalement mais vous l’exploiterez de manière plus positive dans votre vie professionnelle et personnelle.

Toutes mes angoisses, plus ou moins grandes, ne se sont pas volatilisées en pratiquant le sport mais j’ai constaté qu’elles n’ont plus d’impact négatif dans ce que j’entreprends. Je ne saute pas au plafond quand je dois prendre la parole en public mais je n’éprouve plus de sentiment de malaise. Ce n’était pas le fait de parler devant les autres qui me gênait mais plutôt la peur d’être jugée et que mes paroles ne soient pas bien interprétées qui représentaient un facteur bloquant. En effet, tous les collègues de travail ne sont pas forcément bienveillants … Aujourd’hui, je ne me sens plus mal à l’aise de le faire, même si je continue parfois d’appréhender ces moments. Vous allez sans doute me demander quel est le rapport avec le sport. Je répondrais que c’est la confiance en soi. Les sentiments négatifs que je ressens parfois sont toujours là mais cohabitent avec mon estime de soi. Le sport m’a aidé à les contrôler et à m’affirmer progressivement en tant qu’individu.

Certains disent qu’il est nécessaire de choisir ses activités physiques en fonction de son tempéramment. Si vous êtes de nature introvertie, il paraît qu’il vaut mieux privilégier les sports collectifs pour s’ouvrir aux autres et éviter le running afin de ne pas ressasser ses soucis. Au contraire, si vous êtes extraverties, il est conseillé de se tourner vers les activités d’endurance et celles qui ont tendance à canaliser l’énergie. Je ne remets pas en question cette théorie mais en ce qui me concerne, elle n’est pas tout à fait juste. Sans être totalement introvertie, j’ai tout de même tendance à ne pas exprimer ce que je ressens. Je garde mes petits tracas par peur de trop inquiéter mon entourage. Mon corps exprimait alors son état de tension par des douleurs abdominales. Courir me permet justement de ne pas penser au quotidien. Je ne rumine pas mes journées de travail, les courses que je dois faire dans la semaine. Au contraire, je m’évade à travers des projections positives : où est-ce que j’aimerais partir en vacances ? Quelle rando pourrions-nous faire le week-end prochain s’il fait beau ? …

Le yoga m’a aussi beaucoup apportée alors qu’en théorie, cette activité n’était pas faite pour me plaire. Quand je fais du sport, j’aime avoir beaucoup de musique, enchaîner des mouvements dynamiques et transpirer. Seulement, je me suis rendue compte que le yoga était plus physique que je ne le pensais. Depuis bientôt 3 ans, le yoga fait partie de mon entraînement et quand j’en fais un peu moins que d’habitude à cause d’un emploi du temps bien chargé, je sens la différence. J’aime y trouver refuge lorsque la réalité du monde extérieur m’agresse. Je suis capable de relativiser et mon cerveau parvient à court-circuiter les ondes négatives. Or, lorsque je pratique moins régulièrement le yoga, je laisse l’irritation monter en moi et supporte moins les petits désagréments du quotidien. Je déteste être comme ça, ce n’est pas moi et ni ce que j’ai envie d’être. J’ai aussi l’impression que mes muscles sont noués mais je sais que cette sensation est tout à fait normale. En effet, le yoga permet de décompresser les points de tension grâce à l’exécution de  postures ayant pour rôle d’agir sur les déséquilibres physiques et mentaux.

L’aspect spirituel du yoga a enfin contribué à ce que je me tourne récemment vers la sophrologie et la méditation.  En effet, tout type de yoga nous conduit mine de rien à faire une introspection de nous-même. On apprend à corriger ses postures, à respirer et à méditer quelques minutes avant la fin de la séance. Je ne sais toujours pas faire de postures inversées et réaliser un grand écart impeccable mais je suis tout de même fière de ne plus avoir l’air d’être une débutante au yoga. Il va donc de soi que le bien-être procuré par une activité s’exprime aussi dans la satisfaction personnelle que l’on ressent.

Pensez-vous aussi que le sport est un excellent remède contre le stress ?

 

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