American Horror Story : Mon avis sur la saison 3

American Horror Story Coven

Si vous avez prévu de regarder la saison 3 , je vous déconseille de poursuivre la lecture de l’article car ce dernier comporte quelques spoilers qui risquent de vous gâcher le plaisir de découvrir ce qui se trame dans l’Ecole de sorcellerie de madame Robichaux 😉

Un esclave enchaîné et frappé jusqu’au sang se voit enfoncer sur sa tête celle d’un taureau décapité pour avoir eu une liaison avec une des filles de la cruelle madame Lalaurie. La première séquence de la saison 3 ne met pas particulièrement à l’aise mais si vous êtes une âme sensible, ne croyez surtout pas que vous vous ferez de grandes frayeurs. Les scénaristes d’American Horror Story ont choisi d’immiscer quelques scènes un peu sanglantes pour continuer de porter fièrement le label de « série d’horreur ».

Après la maison hantée et l’hôpital psychiatre abandonné, la saison 3 pose ses valises dans une chic maison de maître de la Nouvelle-Orléans en choisissant pour thème la sorcellerie, soit l’un des thèmes les moins horrifiques qui soit. Honnêtement, qui a déjà tremblé devant un film de sorcières ? Je vous invite à ne pas me citer « Le projet Blair Witch », sous peine d’entendre quelques pouffements de rire. Je ne critique pas ce film dont on avait loué l’inventivité (le found-footage) et son pouvoir de suggestion à peu de frais mais en ce qui me concerne, il n’a pas été à l’origine de nuits blanches. Pour revenir à la saison 3 d’American Horror Story, j’ai trouvé que son scénario n’avait pas été à la hauteur des précédents. Le générique annonçait pourtant une intrigue bien prometteuse mais on ne retrouve pas vraiment de traces de son ambiance sinistre dans les épisodes. De plus, les pouvoirs des sorcières ressemblent davantage à des pouvoirs de super héros qu’à de la sorcellerie. Leurs dons sont tellement immenses que tout paraît trop facile pour elles (et pour le spectateur qui peut reprocher aux scénaristes d’avoir choisi la facilité).

American-Horror-Story-saison-3-cast

On ne peut pas dire que le thème de la sorcellerie a l’habitude de faire trembler les chaumières habituées aux films d’horreur. Les scénaristes d’American Horror Story semblent le confirmer en faisant en sorte que les sorts remplacent un peu trop les guns et en ridiculisant des tueurs de sorcières trop peu crédibles pour être menaçants. Leur présence n’a donc pas grand intérêt.  Quant à la guerre des clans de sorcières ainsi que la guerre de succession au sein de l’école (une sorte de Poudlard aux allures bon chic bon genre qui enseigne une magie bien différente de celle transmise par les professeurs Mc Gonagall, Rogue & Co.), elles prennent trop le pas sur l’aspect purement horrifique. Je suis aussi terriblement déçue que la Nouvelle-Orléans (cet état américain que je rêve tant de visiter) ne soit pas un personnage à part entière. Ses légendes et traditions ne sont finalement qu’une toile de fond. Les scénaristes ont préféré mélanger et exploiter les mythes de Frankenstein et d’Osiris à travers un jeune homme « reconstitué » et ressuscité, suite à un accident mortel en autobus. Evan Peters qui avait jusqu’à présent réalisé un sans faute, ne rend pas son personnage très convaincant. Je l’ai trouvé trop « humain », pas assez monstrueux. Que penser aussi des autres personnages ? Les pensionnaires de l’Ecole de madame Robichaux font pâle figure face aux méchantes de la saison qui ne manquent ni d’ingéniosité ni de machiavélisme pour tenter de se détruire. Seule l’excentrique Misty tire tant bien que mal son épingle du jeu.

Mon avis ressemble à un portait au vitriol d’un scénario qui semble multiplier les faiblesses mais je serais de mauvaise foi si j’écrivais que cette saison n’a pas été pour moi qu’un lot de déceptions. Contrairement aux saisons précédentes, American Horror Story compense ses lacunes par la richesse du thème de la sorcellerie, en montrant toute l’étendue de cette culture, qu’il s’agisse de la sorcellerie classique ou vaudou. La saison 3 fait aussi référence à l’affaire criminelle du tueur à la hâche qui sévissait dans la Nouvelle-Orléans des années 30, et à des personnages qui ont réellement existé. Marie Laveau était bien une prêtresse vaudou d’origine créole et la cruauté de Delphine Lalaurie n’a rien à envier à son personnage de fiction. La saison 3 est ainsi mieux documentée que les précédentes.

Elle n’a aussi qu’une seule et même intrigue, contrairement aux autres qui avaient tendance à « s’éparpiller » (à prendre au sens mélioratif du terme !) sur différents thèmes. Cette saison se centre sur l’Ecole de madame Robichaux, tenue par la jeune Cordelia Fox qui s’est donnée pour mission d’aider ses élèves à maîtriser leurs pouvoirs. Néanmoins, la venue de sa mère, Fiona Goode, va venir perturber le quotidien de l’Ecole. Cette dernière qui est actuellement la Suprême (la chef du clan qui détient tous les dons) sent ses pouvoirs diminuer avec l’arrivée imminente de son successeur. Fiona est convaincue que la Nouvelle Suprême se trouve parmi elles et mènera son enquête afin de l’identifier et de l’éliminer. En effet, Fiona est prête à tout pour conserver ses immenses pouvoirs et avoir la jeunesse éternelle. On ne connaîtra naturellement le nom de la Nouvelle Suprême qu’à la fin de la saison.

Jessica Lange incarne une fois de plus à merveille son rôle de garce machiavélique et égocentrique et sa justesse d’interprétation nous offre des séquences poignantes sur l’horreur de la maladie (représentée ici par le cancer) et la peur de la mort. J’ai aussi été ravie de revoir l’imposante Kathy Bates, qui en ayant connu de grandes heures de gloire en jouant dans Misery et Dolores Claiborne, excelle dans son rôle de riche tortionnaire. La magie vaudou a aussi le mérite de nous offrir les seules scènes horrifiques de la saison, en faisant revenir les morts à la vie. La saison 3 réserve donc de grands moments mais son scénario n’atteint pas les sommets escomptés. Après un début prometteur, il manque presque autant de rythme qu’un encéphalogramme plat (je suis un peu dure mais que voulez-vous, c’est mon ressenti « à froid »…) avant de nous offrir des rebondissements dignes de ce nom. J’ai trépigné de joie en assistant aux épreuves que doivent surmonter les sorcières pour identifier qui détient les compétences pour être promue Nouvelle Suprême. Télékinésie, téléportation, résurrection, tout y passe. On découvre aussi des révélations amusantes lors de ces épreuves. Enfin de l’action ! En tout cas, j’espère que la saison 4 saura davantage me convaincre car celle-ci laissera planer dans ma mémoire comme un parfum de déception.

 

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