Les idées reçues sur le yoga

yoga happiness

Si je dis « yoga », à quoi pensez-vous ? Je vous renvoie sûrement à tout un imaginaire autour de l’Inde, de chants Sanskri, de positions parfois étranges réalisées par des personnes qui ont hérité de la souplesse à la naissance (ce don est aussi un mythe !). Je reconnais que c’est souvent l’idée que l’on s’en fait quand on ne le pratique pas et je faisais moi-même partie des gens qui associaient surtout le yoga à la méditation. J’ai longtemps pensé que le yoga n’était pas fait pour moi : trop calme, pas assez intensif … avant de me rendre compte à quel point j’avais eu tort de m’enfermer dans ces clichés. En effet, après avoir essayé en avril 2013 par pure curiosité, j’ai assez rapidement compris que j’avais faux sur toute la ligne. Depuis bientôt 3 ans, le yoga fait partie intégrante de mon plan d’entraînement et parce qu’il serait dommage pour vous de passer à côté de cette discipline, j’ai souhaité passer en revue les quelques clichés qui gravitent autour du yoga pour vous permettre de porter un nouveau regard sur cette activité et peut-être même vous y donner goût.

« Ce n’est pas une activité sportive »

Ce cliché a la vie dure et j’y croyais dur comme fer avant de me lancer. On s’imagine qu’on ne va ni se muscler ni même transpirer alors que c’est faux. On ne fournit pas un effort aussi intense qu’en soulevant une barre d’haltères ou en faisant du fractionné mais cela ne veut pas dire que le corps ne travaille pas. J’ai longtemps eu tendance à me tourner exclusivement vers les activités qui font beaucoup transpirer ou nécessitent une charge assez lourde, en pensant que c’étaient elles qui me permettraient vraiment de me muscler. Cette théorie n’est pas erronée puisqu’une activité intensive comme le CrossFit fait travailler tous les muscles du corps. Seulement, je n’ai jamais autant senti mes abdominaux et mes adducteurs travailler depuis que je pratique le yoga et le Body Balance alors que j’étais allongée sur le sol et en chaussettes. En réalité, le yoga renforce les muscles en profondeur et le corps devient progressivement plus élancé et tonique. Si vous êtes en surpoids, je vous recommande de ne pas focaliser tous vos espoirs sur le yoga car il ne fait pas maigrir. Ce n’est effectivement pas son objectif, le but étant surtout de redessiner la silhouette, éliminer les toxines et libérer des tensions de la journée.

Chaque posture requiert de la souplesse et de la résistance au niveau des épaules, des bras, des cuisses et de la sangle abdominale. On doit utiliser toute la force du corps pour réaliser une position en la maintenant aussi pendant quelques secondes. En réalité, le yogi fait travailler ses muscles profonds et c’est aussi pour cette raison que les résultats sont moins visibles. Pourtant, il n’en demeure pas moins musclé. Les personnes qui souhaitent avoir des muscles saillants et parfaitement dessinés se tourneront davantage vers le CrossFit alors qu’en réalité, l’image du CrossFitteur baraqué comme une armoire à glace est souvent erronée (croire aussi que le Body Pump fera doubler de volume vos biceps et triceps relève du mythe car il allonge plus les muscles qu’il ne les fait « gonfler » !). Cette activité est très complète car on fait du cardio et du renforcement musculaire en même temps mais ne vous attendez pas à obtenir des résultats spectaculaires. Si vous faites d’ailleurs partie de celles qui craignent de se transformer en Xena la guerrière, sachez que vous n’avez pas de soucis à vous faire. En effet, tous les exercices peuvent s’adapter à votre niveau et envie et à moins de vous entraîner comme des athlètes professionnels, vous avez peu de chances d’être aussi musclé. Restons réalistes 😉

Si le yoga n’était pas une activité sportive, nous ne risquerions pas de nous blesser. Pourtant, il suffit de compter le nombre d’articulations et de muscles dans notre corps pour obtenir le nombre de blessures possibles au yoga. Elles peuvent donc être nombreuses et variées en touchant les cervicales, les lombaires, les épaules, les poignets … En ce qui me concerne, je ne me suis jamais blessée en pratiquant le yoga mais certaines personnes plus ou moins proches l’ont déjà vécues. Il suffit d’arriver à un cours de yoga déjà blessé ou fragilisé par une blessure. Cette activité reste une excellente alternative pour accélérer la récupération et il est d’ailleurs pertinent de le pratiquer en étant blessé mais il ne faut pas perdre de vue que des postures mal effectuées peuvent aggraver les choses. Nous pouvons aussi nous blesser en les répétant sans respecter l’alignement. Le problème n’est pas de « mal faire une posture » mais de répéter une posture bancale qui, à la longue, risque d’engendrer une douleur chronique. Le professeur a naturellement un rôle important à jouer dans la correction de nos postures mais je ne suis pas sûre qu’il ait le temps d’observer tous les participants dans un cours bondé de Body Balance. Les blessures surviennent également lorsqu’on va trop loin dans la posture.

Il est toutefois possible de limiter le risque de blessures et cette réalité est valable pour toutes les activités sportives. Il y a un principe de base à respecter au yoga : la non violence. On ne force pas son corps pour arriver à quelque chose et on apprend à faire la différence entre l’inconfort et la douleur. Je pense qu’il est nécessaire avant chaque cours, d’identifier où se situent nos tensions pour se montrer vigilants pendant la séance. On écoute aussi son corps, en laissant son ego au vestiaire. Votre voisine arrive sans difficulté à se positionner en lotus alors que ça coince aujourd’hui pour vous (ou tout le temps) au niveau du genou ? Vous avez peut-être envie de démontrer que vous en êtes capable alors que vous risquez surtout de vous blesser … bêtement.

« C’est pour les filles »

hot yoga

On considère souvent le yoga comme une activité « de filles » et mon côté féministe dirait déjà que cette expression ne veut pas dire grand-chose. « Courir comme une fille », « Crier comme une fille » … ces comparaisons machistes sont légion alors que les filles peuvent courir plus vite et crier plus fort que les garçons. Pour revenir au yoga, il ne faut pas se limiter à cette image « girls only », même si je reconnais volontiers que la grande majorité des pratiquantes sont des femmes. En Occident, la gente masculine a tendance à penser que le yoga est une sorte de gymnastique réservée à ceux qui ne veulent pas faire de « vrais sports ». Ils ne le trouvent souvent pas assez intense. Il existe pourtant une multitude de yogas : hatha, vinyasa, bikram, power yoga … Ils sont plus ou moins dynamiques, plus ou moins spirituels mais il y en a vraiment pour tous les goûts. En ce qui me concerne, j’écoute surtout mes envies et mes besoins en optant tantôt pour le hatha yoga, calme et spirituel, tantôt pour le Vinyasa, plus intense. Je pratique aussi le Body Balance deux fois par semaine (mélange de tai-chi, de pilates et de yoga) qui est dans l’ensemble, une activité plutôt dynamique dans la mesure où elle est bien axée sur le renforcement musculaire (en douceur).

« C’est pour les bobos / les hippies »

Je pense que ce cliché n’a plus lieu d’être tellement il est dépassé. On imagine le yogi végétarien qui boit une dizaine de tasses de thé vert par jour. Du coup, on a tendance à dire que le yoga n’est pas un « truc » pour nous mais il faut reconnaître qu’avec un tel cliché, il est normal se sentir très éloigné de tout ça. On doit sûrement cette caricature à l’aspect spirituel du yoga. Il est pourtant vrai qu’on ne se rend pas à un cours de yoga pour être le meilleur ou pour dépasser ses limites. Un des objectifs principaux des cours explosifs comme le Body Attack et le CrossFit est de se challenger (tout en restant raisonnables car le but n’est pas non plus de finir minables) alors que la philosophie du yoga est très différente. La première règle est d’écouter son corps tout au long de la pratique : écouter sa respiration, ressentir les mouvements, prendre conscience de son corps … mais cela ne fait pas de vous un bobo ou un hippie.

« C’est trop cher »

Le yoga a une image « trendy ». On imagine des yogi végétariens réaliser des postures étranges dans des studios magnifiques, au design épuré et sophistiqué. Je suis persuadée que ce genre d’endroit existe, même si je n’y ai jamais mis les pieds, mais sachez qu’il y a sûrement des associations près de chez vous ou des studios moins connus qui vous feront bénéficier de cours moins chers et d’un comité plus réduit. La marque Lole propose aussi régulièrement des cours de yoga dans ses boutiques, que ce soit à Paris ou en province. Vous avez aussi la possibilité d’en faire à la maison avec des DVD’s ou en choisissant des vidéos sur YouTube. Bref, il n’est pas indispensable de se ruiner pour suivre des cours de yoga. Je constate aussi qu’on peut entendre ce genre de propos pour bon nombre d’activités sportives. Je reviens sur le CrossFit mais c’est pour moi un bon exemple. Beaucoup disent que les abonnements sont trop chers mais cela dépend de tellement de facteurs qu’il est difficile d’en faire une généralité. Les écarts entre les box peuvent être importants et dépendent du coût des infrastructures, de la zone d’implantation, du pouvoir d’achat de la zone de chalandise … Tous les coachs ne se valent pas non plus et il est donc logique que le prix en dépende. Il ne faut oublier aussi qu’une séance de Crossfit est 100% coachée et que le nombre de participants est limité pour des raisons de qualité de coaching. C’est à peu près la même chose pour le yoga. Les cours sont plus encadrés que ceux du Body Balance où le prof reste sur son estrade et ne descend pas corriger les postures des participants. Cette façon de procéder ne remet pas du tout en cause ses compétences dans la mesure où à ma connaissance, toutes les salles de remise en forme fonctionnent ainsi.

« C’est ennuyeux  »

Tout le monde peut trouver son bonheur tellement il y a de types de yogas différents et même si on ne suit par exemple que des cours de yoga bikram et que les postures sont parfois toujours les mêmes, vous pouvez toujours essayer d’aller plus loin dans la posture pour développer la souplesse, le sens de l’équilibre et faire travailler toujours plus les muscles en profondeur. Quelque soit le yoga que vous pratiquez, l’essentiel est d’aller à votre rythme sans chercher à brûler les étapes. Votre évolution vous permettra de renouveler votre pratique, sans qu’il n’y ait de changement fondamental. Au Body Balance, les chorégraphies changent tous les trimestres mais on retrouve toujours plus ou moins les mêmes mouvements. Seulement, on ne risque pas de s’ennuyer en cherchant à progresser.

« Il faut être très souple »

Flexible Batman

Le yoga est parfois associé à la contorsion et je reconnais que certaines images peuvent faire penser au cirque. Il est donc tout à fait normal de se dire qu’on y arrivera jamais, à moins d’avoir fait 15 ans de gymnastique en compétition. Seulement, entre le contorsionniste ultra souple et celui qui l’est autant qu’une planche à pain, il y a bel et bien un juste milieu. C’est certain qu’il y a beaucoup de situations dans la vie quotidienne qui ne font rien pour arranger les choses : rester assis à longueur de temps réduit les muscles des cuisses et être debout trop longtemps crée des tensions dans le bas du dos. Seulement, si vous n’êtes pas souple, vous le deviendrez progressivement en répétant les mêmes mouvements. La grande majorité des pratiquants de yoga ne seront jamais aussi souples que les artistes du Cirque du Soleil mais gagner en souplesse est vraiment agréable dans la vie de tous les jours. Les gestes simples de la vie quotidienne comme marcher ou faire du vélo deviennent encore plus faciles car on a gagné en agilité et fluidité. J’entends souvent ma prof de yoga dire «  Il faut créer de l’espace ». J’aime beaucoup cette idée car elle ne concerne pas que les gens souples. En effet, on peut aussi créer de l’espace en respirant, en se tenant droit, en appréciant sa posture même si on la trouve bizarre.

Certaines personnes sont allergiques au sport et j’en compte quelques-uns dans mon entourage. Je ne peux pas me permettre de les juger puisque j’ai pendant très longtemps, détesté le sport. On peut aussi entendre que certains n’osent pas se lancer dans le GRIT, le CrossFit ou le running parce qu’ils estiment qu’ils ne sont pas encore bien préparés physiquement. Seulement, cet argument n’est pas vraiment valable pour le yoga. Aucun prof ne va venir vous plier en deux ou alors il est temps de changer très rapidement de cours. On vous encouragera plutôt à aller à votre rythme en vous adaptant à votre niveau. A ma connaissance, il n’y a pas d’état d’esprit élitiste dans le yoga pour les amateurs. En répétant des postures simples comme la salutation au soleil et le cobra, on fait travailler la souplesse du dos. On associe souvent le manque de souplesse à la rigidité des jambes alors que la plupart du temps, c’est surtout la région lombaire qui « pose problème ». Il n’est donc pas nécessaire de réaliser des postures très complexes pour développer agilité et souplesse.

Quels préjugés aviez-vous avant de commencer le yoga ?

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