LA série qui a marqué mon adolescence

A l’occasion de la énième rediffusion de « Buffy contre les vampires » à la télévision, j’ai décidé de consacrer un article à cette série qui a marqué mon adolescence. A l’époque, je regardais aussi Friends, Charmed et X-Files (une série qui m’a aussi marquée mais qui n’a pas eu un impact aussi fort sur moi que « Buffy ») mais sa marque est indélébile au point de faire des aventures de la Tueuse, ma madeleine de Proust télévisuelle. En mai 2004, M6 diffusait la dernière saison. J’habitais à Montpellier, chez mes parents. Je venais de rencontrer celui qui allait devenir mon premier amour (et avec qui je suis restée pendant 6 ans) et passais mon samedi soir à mater les péripéties de Buffy en mangeant des toasts au jambon et fromage de chèvre (il n’était donc pas question de madeleine à proprement parler …). En 2014, j’ai revu avec un enthousiasme intact l’intégralité de la série, mon diplôme de fin d’études validé depuis un an et propriétaire avec mon chéri ( vous avez compris que ce n’est pas le même qu’en 2004 …) , d’un charmant appartement non loin de Grenoble. L’eau a coulé sous les ponts mais la série a résisté à l’épreuve du temps.

Il y a des œuvres dont on ne se lasse pas. On a l’impression que les années qui passent ne parviennent pas à en épuiser le sens car elles sont symboliquement riches. En effet, « Buffy contre les vampires » aborde des sujets qui nous concernent mais fait aussi évoluer ses personnages au fil des saisons. Ils grandissent sous nos yeux qui gagnent aussi en maturité. Joss Whedon présente les femmes comme le sexe fort. Elles ne sont plus de simples potiches mais prennent des initiatives pour être libres à tous les niveaux. A notre époque, c’est banal mais dans les années 90, le « girl power » faisait tout juste son apparition avec d’autres séries comme Friends, Charmed (dont l’univers est assez proche de Buffy) ou encore Sex And The City. Le rôle traditionnel de l’homme combattant et celui de la femme sont inversés puisque Buffy est une tueuse, Willow et Tara des sorcières alors qu’Alex est le seul du clan d’origine, à ne pas disposer de pouvoir.

Pourtant, au début, ce n’était pas gagné pour Buffy car dans la première saison, elle ne veut pas du pouvoir. Pire, elle veut être aux antipodes de la femme de pouvoir car elle rêve de devenir pom-pom girl (n’oublions pas aussi qu’elle n’a que 16 ans). Elle va toutefois devoir renoncer à la position de femme-objet. Mais on ne ne va pas se mentir, ce n’est pas la meilleure saison. Elle ne contient que 12 épisodes mais ce n’est pas son principal défaut. Je pointe plutôt du doigt le budget, qui en étant aussi mince que du papier à cigarettes, a fait naître des monstres fabriqués en carton-pâte. C’est aussi la saison des faux-raccords, même si on en verra encore bien d’autres tout au long de la série.

« Buffy contre les vampires » ne mérite donc pas une récompense pour ses effets spéciaux « de folie » (la série n’a d’ailleurs jamais obtenu de récompense prestigieuse et je trouve ça « scandaleux » !) mais la première saison tient tout de même sa promesse. Le lycée de Sunnydale est situé sur la bouche de l’enfer qui libère toutes sortes de monstrueux personnages et manifestations surnaturelles. Or, qui peut me contredire en disant que le lycée et plus généralement, l’époque de l’adolescence n’étaient pas un enfer ? Notre nez prend des proportions ridicules comparativement au reste du visage, notre peau devient un champ de mines de boutons d’acné …  A l’époque, on était démoralisé en se regardant dans le miroir mais on ne savait pas encore que la vie nous réservait un avenir meilleur (pour le physique, pas pour les emmerdes qui commencent : les débuts dans la vie active, les factures à payer …).

Dans la deuxième saison, on passe aux choses sérieuses. C’est aussi le début d’un long parcours semé d’embûches pour notre héroïne qui va se prolonger jusqu’à la fin de l’ultime épisode de la série. Dans la saison 1, elle comprend qu’elle doit assumer son pouvoir de Tueuse mais ce n’est encore que de la rigolade. Dans la saison 2, la vie met Buffy à l’épreuve pour savoir jusqu’où elle est capable d’aller pour remplir son rôle. Comment s’y prend le destin ? En faisant de son premier amour le grand méchant de la saison. Il ne s’en contente pas puisqu’il est devenu malfaisant à cause d’elle (Angel et Buffy n’avaient pas l’intention de se regarder trop longtemps dans le blanc des yeux car contrairement à son vampire bien-aimé, la jeune fille n’avait pas l’éternité devant elle) et qu’en plus, il devient « à croquer » juste avant qu’elle ne soit obligée de le tuer. En ce qui me concerne, j’étais inconsolable. Aucun autre homme (ou créature) ne pouvait remplacer Angel dans le cœur de Buffy et pourtant, comme dans la vie réelle, elle parvient à faire le deuil de sa première histoire d’amour. A l’université, elle tombe dans les bras de cet enfoiré de Parker avant d’entamer une nouvelle relation sérieuse avec Riley. En ce qui me concerne, je ne voyais pas d’avenir à leur histoire et effectivement, Buffy prend l’initiative (sans vouloir faire de jeu de mots, hein !) d’y mettre un terme.

La saison 5 marque un tournant dans la série et reste ma préférée. Buffy voit débarquer dans sa vie déjà bien tourmentée, une gamine de 14 ans qui s’avère être sa sœur. Problème : Buffy est fille unique. Elle noue néanmoins des liens très forts avec Dawn qui renferme un secret pouvant mettre en péril l’humanité. Willow découvre qu’elle a des sentiments pour Tara et toutes deux s’affichent officiellement comme un couple. L’émotion atteint son paroxysme dans l’épisode où Buffy découvre le corps de sa mère, décédée d’une rupture d’anévrisme. La mise en scène (les longues séquences, l’absence de musique …) est faite pour nous émouvoir aux larmes. Je n’ai pas pu retenir les miennes en regardant cet épisode qui est sans aucun doute, le plus triste de la série.

La saison 6 est la plus polémique et aussi une de mes préférées après la saison 5. Dans celle-ci, le principe de réalité n’a jamais été aussi fort : Buffy bosse dans un fast-food pour payer ses factures, noie son mal-être dans la luxure et ment à son entourage. La jeune femme n’a jamais été aussi sombre et vulnérable. Buffy entame une relation destructrice, violente voire sadomasochiste avec Spike. Pourtant, leur amour est sincère. Depuis la saison 2, je n’avais juré que par Angel mais j’ai été surprise de constater que l’histoire d’amour de Spike et Buffy m’avait encore plus marquée que la romance du ténébreux vampire avec la tueuse. Il représente son premier amour, celui qu’on n’oubliera jamais mais qui marque avant tout le passage à l’âge adulte. Les sentiments de Spike pour Buffy sont particuliers puisqu’il cherche surtout à la dominer à travers leurs relations sexuelles. Il tente même de la violer car il ne parvient pas à distinguer les jeux de domination du véritable viol. Seulement, ses sentiments sont réels puisqu’il part récupérer son âme pour être véritablement capable de l’aimer.

Le problème est que Joss Whedon semble avoir une aversion prononcée pour les histoires d’amour qui finissent bien. Tara meurt dans la saison 6 et cet événement tragique fait apparaître un côté obscur dans la sorcellerie de Willow qui est prête à tout pour ressusciter sa bien-aimée. Alex perd aussi Anya, l’ex-démon phobique des lapins roses (c’est le couple le plus farfelu de la série) et Spike se sacrifie pour détruire la bouche de l’enfer dans la saison 7. Dans les comics qui s’inscrivent dans la continuité de cette saison, Buffy se console dans les bras d’une nouvelle tueuse, Satsu. On découvre avec elle sa bisexualité. On aime ou on n’aime pas.

L’amour ne peut détrôner l’amitié. Elle devient de plus en plus importante dans la vie de Buffy, au fil des années et dans sa lutte contre les forces du mal. La tueuse n’aurait d’ailleurs pas pu survivre sans le soutien quotidien d’Alex et Willow. Les amours s’effacent mais les amitiés sont toujours aussi fortes, malgré l’épreuve du temps. Pourquoi ai-je autant aimé « Buffy contre les vampires » ? Tout simplement parce que cette série est une métaphore de l’adolescence. Les personnages découvrent le monde adulte à travers les monstres qu’ils doivent affronter. Buffy, Alex et Willow traversent une épopée pendant laquelle ils sont amenés à se confronter aux démons de la vie.

Aujourd’hui, je regarde « Buffy contre les vampires » avec une certaine nostalgie et assume parfaitement que j’aime encore beaucoup cette série. Certains détracteurs lui reprochent d’être un symbole de la pop culture et d’avoir contribué à faire émerger une sorte d’ « américanisation » de masse sur nos écrans. Et alors ? Elle n’en est pas moins riche en métaphores, au point d’être citée dans un certain nombre de conférences universitaires. J’estime même que « Buffy » n’a pas à rougir face à la nouvelle génération.

 

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2 réflexions sur “LA série qui a marqué mon adolescence

  1. Sweet Judas dit :

    Aaah Buffy the Vampire Slayer, toute une époque ! Moi aussi, j’adorais cette série plus jeune (combien de fois j’ai dû essayer de ruser pour aller voir en douce les épisodes de la dernière partie de la fameuse « Trilogie du Samedi » sur M6…). C’est drôle de revoir des GIFs de la première saison, je me rappelais plus que Sarah Michelle Gellar était aussi potelée et joufflue ! Ça lui allait bien 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. mangoandshamallow dit :

    Buffy représente aussi mon adolescence et je suis toujours un peu nostalgique en la regardant. J’aime particulièrement les saisons 5 et 6 et je suis bien d’accord : Sarah Michelle Gellar était plus jolie dans les premières saisons.

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