American Horror Story : Mon avis sur la saison 2

Si vous avez prévu de regarder la saison 2, je vous déconseille de poursuivre la lecture de l’article car ce dernier comporte quelques spoilers qui risquent de vous gâcher le plaisir de découvrir ce que cache l’hôpital psychiatrique de Briarcliff 😉

Le scénario de la première saison était déjà brillamment construit et partait aussi dans tous les sens. Seulement, vous n’aviez encore rien vu avant de regarder la suivante qui s’avère encore plus surprenante. Prenez un hôpital psychiatrique glauque (c’est le moins qu’on puisse dire !) tenu par le clergé et où on y entend en boucle «  Dominique nique nique », avec des sœurs qui font froid dans le dos et un médecin franchement inquiétant qui pratique des expériences très douteuses sur les patients. On obtient déjà un cocktail détonnant mais si on y ajoute un psychopathe qui pourrait être le cousin de Leatherface, un ange de la mort, des monstres qui rôdent, une sœur habitée par le Diable et des extraterrestres, je reconnais que ça fait beaucoup pour une seule histoire. Seulement, elle a beau être confuse et chaotique, je l’ai trouvé brillamment maîtrisée dans la mesure où même s’il y a plus d’intrigues et de personnages que dans la première saison, les scénaristes finissent toujours par nous donner des explications.

Vous allez donc me demander sur quels points mon avis diffère de la première saison que j’avais déjà tellement appréciée ? En réalité, c’est tout bête. J’ai trouvé le scénario de la saison 2 complètement addictive. Je n’ai pas pu décrocher. Elle se veut plus critique car l’institution catholique en prend pour son grade (je n’ai rien contre l’Eglise mais j’adore quand les scénaristes des séries américaines s’éloignent toujours plus du politiquement correct …) mais elle n’est pas la seule. En effet, quand l’Etat reprend les rênes de l’asile, on en vient même à regretter les méthodes cruelles de la sœur Jude. Elles étaient certes extrêmes mais elle avait au moins pour ambition de remettre les brebis égarées sur « le droit chemin ». En revanche, les autorités n’ont que faire de leurs malheureux pensionnaires qu’elles considèrent comme des « déchets de l’humanité » qui ne méritent que de mourir dans l’indifférence générale. L’hôpital psychiatrique de Briarcliff enferme tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans le moule. Qu’y-a-t’il d’autres dans ce sinistre endroit que des malades mentaux, des meurtriers et … des homosexuels ?

A une époque où l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale, Lana se jette littéralement dans la gueule du loup en enquêtant sur cet asile. C’est d’ailleurs son enquête qui est à l’origine des événements de la saison. Autour de Lana gravite toute une série de protagonistes qui en évoluant dans l’enfer de Briarcliff, révèlent leurs faiblesses, leurs pêchés et parfois leur humanité. Il n’existe pas plus monstrueux personnage que le Docteur Arden en raison de son passé trouble et de ses expérimentations sordides. On le découvre néanmoins fragile quand il ne parvient plus à cacher son attirance pour Sœur Marie-Eunice. Ses sentiments le mèneront d’ailleurs vers un châtiment hautement symbolique. Sœur Jude connaît aussi la Rédemption et en étant tantôt bourreau et victime, elle est à mes yeux, le personnage le plus intriguant de la saison. En revanche, je n’ai pas compris la raison pour laquelle Ryan Murphy a fait intervenir des extra-terrestres, si ce n’est que pour faire perdre un peu de crédibilité au scénario. J’ai cru qu’on allait atteindre le paroxysme de l’absurdité lorsqu’une inconnue a débarqué à Briarcliff en expliquant qu’elle n’était autre qu’Anne Frank. Il s’est heureusement avéré qu’elle avait une santé mentale très fragile et qu’elle n’était pas la petite fille ayant trouvé la mort dans l’enfer des camps. Le scénario est donc sain et sauf.

American Horror Story nous plonge cette fois-ci dans une ambiance vraiment glauque et malsaine qui reflète le quotidien des patients des hôpitaux psychiatriques dans l’Amérique des années 60. Il n’y avait naturellement ni démon ni extra-terrestre mais un état d’esprit et des pratiques médicales fort douteux. On ne comprend pas immédiatement les scènes qui se déroulent à notre époque mais de fil en aiguille, les intrigues se recoupent pour donner naissance à un fil conducteur parfaitement maîtrisé. J’ai d’ailleurs tellement aimé la saison 2 que je suis tout à fait capable de la regarder à nouveau alors que ce n’est pas dans mon habitude de revoir une série dont je connais déjà le dénouement de l’intrigue (à quelques exceptions près).

 

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4 réflexions sur “American Horror Story : Mon avis sur la saison 2

  1. Sweet Judas dit :

    La saison 2 détient le record du glauque, comme tu dis ! Je me rappelle encore de la scène où Choë Sevigny rampe dans les escaliers avec son corps qui est plus vraiment un corps d’être humain, techniquement… Grand souvenir.
    Jessica Lange, encore une fois excellente, j’aime aussi beaucoup l’apparition de Frances Conroy et l’atmosphère « magique » et en même temps super sombre qui se dégage de l’épisode concerné. Une vraie réussite (enfin, si l’on excepte les Aliens, parce que là Murphy s’est un peu perdu quand même), même si je maintiens la saison 1 devant. Difficile à expliquer, mais elles sont au coude-à-coude.

    Ma préférée reste la saison 3, principalement pour Jessica Lange et son interprétation de Fiona. Mais les deux premières saisons sont largement meilleures, de façon générale !

    Aimé par 1 personne

      • Sweet Judas dit :

        Ce n’est pas bien difficile à résumer : j’ai adoré la saison 3 pour son esthétique froide et chirurgicale et le personnage de Fiona, que je trouve tout simplement fou de justesse (oui, j’ai un problème obsessionnel avec Jessica Lange)(ahah). Sans la Suprême, il est certain que la saison aurait eu beaucoup moins d’intérêt à mes yeux. Son association avec Marie Laveau donne une dynamique à la deuxième moitié de la saison et bizarrement, c’est une des seules saisons où Sarah Paulson ne m’exaspère pas au bout de dix minutes (ça doit jouer aussi).

        Cerise sur la gâteau, tout se déroule au sein de la Nouvelle-Orléans (dont l’histoire et l’architecture me fascinent), avec la sorcellerie en toile de fond.

        Il y a aussi le fait que j’ai moins l’impression que la série s’éparpille, contrairement à la saison 2, la saison 4 ou bien encore la saison 5 (même si c’est dans des proportions moindres)(mais bon, vu qu’on engage Lady Gaga, tout est anéanti en dix secondes).

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      • mangoandshamallow dit :

        J’ai bien aimé tous ses aspects , d’où le fait que mon bilan de la saison n’est pas catastrophique (loin de là) mais c’est certainement le thème de la sorcellerie qui ne me plaît définitivement pas … ou alors quand il s’agit de sorcellerie « à l’ancienne ». Il y en a un petit peu dans Coven mais c’est surtout la sorcellerie ultra moderne qui est mise en avant.

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