Top 5 des livres que j’ai aimés en 2015

Je n’ai pas lu moins de 43 romans entre avril et décembre dernier, malgré une année surchargée sur le plan professionnel. Je suis très contente de continuer à intégrer cette passion dans ma vie et à lui accorder une certaine priorité. J’avais promis de partager avec vous mes coups de cœur littéraires de l’année et parmi tous les livres que j’ai lus en 2015, 5 d’entre eux seulement se détachent du lot.

  • Outlander : Le chardon et le tartan (Tome 1), Diana Gabaldon

Les avis sur la toile ne tarissaient pas d’éloges sur ce roman et effectivement, l’histoire a été un tel coup de cœur que je n’arrive plus à m’extraire de son univers. Je suis même étonnée que la saga ne fasse pas plus parler d’elle en France. Elle a néanmoins remporté un tel succès aux Etats-Unis qu’elle a été adaptée au petit écran. Lancée en 1991, Outlander est une série de romans historiques écrite par Diana Gabaldon, et à ce jour toujours inachevée. Après 5 ans passés en tant qu’infirmière auprès des Alliés de la Seconde Guerre Mondiale, Claire Randall retrouve enfin son mari Frank, un historien féru de généalogie, pour un deuxième voyage de noces en Ecosse. Après avoir observé en cachette un étrange rituel autour d’un cercle de pierres, Claire profite de l’absence de son mari pour s’approcher à nouveau du lieu sacré. Intriguée par de mystérieux bruits de bataille semblant émaner du cercle de menhirs, elle finit par toucher la pierre avant d’être envoyée deux cent ans auparavant. La jeune femme se retrouve dans l’Ecosse rudimentaire et meurtrière du XVIII ème siècle qui opposait les Anglais et les Highlanders. Recueillie par le clan Mc Kenzie, elle est admirée pour ses connaissances médicales tout en étant suspectée d’être une espionne au service des Anglais. Claire a conscience qu’elle va devoir s’intégrer dans son nouveau présent pour pouvoir rejoindre le futur mais c’est sans compter sur ses sentiments grandissants pour Jamie, un jeune Highlander qui l’a pris sous son aile et qui n’est pas non plus insensible aux charmes de la jeune femme.

Le livre peut impressionner car il ne comporte pas moins de 900 pages mais je me suis laissée emportée par l’histoire grâce aux talents de narratrice de Diana Gabaldon. Le dépaysement est total car j’ai aimé découvrir aux côtés de Claire, le quotidien et les coutumes des Highlanders. L’auteure mise sur les détails et la dimension historique du récit contribue à rendre ce premier tome, passionnant et instructif. Néanmoins, certains lecteurs ont trouvé que l’action était trop longue à s’installer. Au contraire, je me suis vraiment délectée de la longueur du roman qui permet de savourer la complexité (relative) du récit et d’apprendre à connaître les personnages. L’intrigue ne manquant pas de rebondissements, je n’ai donc pas ressenti sa « lenteur » comme un fardeau.

Outlander puise aussi toute sa force dans ses personnages. J’ai beaucoup apprécié le caractère bien trempé de Claire qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et n’hésite pas à tenir tête aux personnes les plus influentes du clan Mc Kenzie. Néanmoins, je me suis davantage attachée à la personnalité plus complexe de Jamie qui peut se révéler tantôt sensible et brutal, fragile et viril. Les personnages secondaires (peut-on vraiment les qualifier ainsi ?) sont aussi très intéressants car si certains paraissent particulièrement rustres, ils s’avèrent en réalité plus complexes qu’on ne le pensait. Je reconnais que je n’ai pas encore été capable de dénicher un seul défaut à ce roman, tant j’ai été séduite par ce subtil mélange d’action, d’intrigue amoureuse et de plongée dans les mœurs et coutumes écossaises du XVIII ème siècle. « Le chardon et le tartan » est ainsi sans conteste LE coup de cœur littéraire de l’année 2015.

  • Salem, Stephen King

Salem est un pastiche totalement assumé du Dracula de Bram Stoker car les vampires sont, sous la plume de Stephen King, des créatures assoiffées de sang aux canines proéminentes qui « envahissent » la petite bourgade tranquille de Jerusalem’s Lot, après avoir fait un long périple enfermées dans des cercueils. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié que l’ »invasion » des vampires se déroule dans une si petite bourgade, au sein de laquelle le Mal opère dans la plus grande indifférence. Outre la volonté pour Stephen King de dépeindre la décadence d’une petite ville américaine frappée par la crise des années 70, le huit clos de Jerusalem’s Lot contribue à rajouter de la tension dramatique au récit. Une tension palpable qui atteint son paroxysme quand le lecteur prend connaissance des événements tragiques qui ont eu lieu à Marsten House. Les habitants de Jerusalem’s Lot n’osent l’approcher car elle serait hantée par les esprits de ses anciens occupants qui avaient eux-mêmes une réputation bien sulfureuse. Stephen King en a fait un personnage à part entière qui m’a littéralement fascinée. Elle attire autant qu’elle révulse. Ben Mears est aussi irrésistiblement attiré par cette bâtisse tout en étant convaincu qu’elle abrite le Mal. Peut-être parce qu’elle incarne à elle toute seule tout ce qui a de plus maléfique …

En ce qui concerne les autres personnages, j’ai apprécié qu’aucun d’eux ne soit atteint d’une clairvoyance digne d’un super-héros. En effet, nombreux sont ceux qui doutent et ne veulent pas croire que leur ville a été choisie comme repaire par les vampires. Quant à ces derniers, même si on les voit peu, ils savent tout de même nous faire frissonner. Ils contribuent avec Marsten House, à faire éclore une ambiance horrifique qui m’a temporairement réconcilié avec les vampires. En effet, je n’apprécie pas ce qu’ils sont devenus dans la littérature contemporaine (Salem n’est pas de première jeunesse puisqu’il a été écrit en 1975). Dans mon imaginaire, le vampire n’est ni un adolescent qui se déplace à la vitesse d’un héros de Marvel ni une jeune femme qui, perchée sur des talons aiguilles, rêve de travailler dans un prestigieux magazine de mode. Il cache plutôt, sous une apparence humaine, un tempérament bestial qui se manifeste aussi physiquement, une fois la nuit tombée, par un teint blafard, des canines proéminentes et des yeux injectés de sang. Je me suis ainsi délectée de retrouver le mythe du vampire tel qu’il a été imaginé par Bram Stoker. Stephen King ne bascule jamais dans le gore mais nous renvoie plutôt à nos peurs d’enfants.  Seulement, j’ai tellement aimé l’histoire de Marsten House et la bâtisse en elle-même que je regrette un peu que l’auteur n’ait pas plus exploité le potentiel de cette maison hantée. Pour conclure, je dirais que Salem est le roman de Stephen King que j’ai préféré, après Simetierre. J’ai tout apprécié dans ce livre : l’histoire, les personnages et l’ambiance si particulière et propre aux romans d’épouvante traditionnels.

  • Retour à Whitechapel, Michel Moatti

L’histoire de Jack L’Eventreur qui n’a jamais connu de dénouement, alimente depuis plus d’un siècle l’imaginaire des romanciers. Ce monstrueux fait divers me passionne depuis longtemps et pourtant, je craignais de m’embarquer de nouveau dans un livre traitant de la plus célèbre affaire de Whitechapel. En effet, je n’avais lu jusqu’à présent que des romans médiocres sur le sujet. Sans vouloir entrer dans les détails de cette affaire que beaucoup connaissent déjà, cinq prostituées ont été sauvagement assassinées dans l’East-End de Londres qui regroupe les quartiers de Whitechapel et de Spitalfields. L’enquête n’a jamais été résolue et les historiens et romanciers exposent leurs arguments pour prouver qu’ils ont trouvé la véritable identité de Jack L’Eventreur. Chacun y va de sa petite théorie mais personne ne sait qui se cache sous l’illustre pseudonyme.Seulement, avec « Meurtre à Whitechapel », l’histoire prend un tournant original.

En 1941, Mary Amelia Pritlowe reçoit une lettre de son père qui vient de décéder. Il s’agit d’un testament dans lequel il explique qu’elle est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack L’Eventreur. La jeune femme se lance alors dans une enquête très rigoureuse afin d’en apprendre davantage sur sa mère et remonter la piste de son meurtrier. Son parcours nous plonge dans l’époque glauque de l’Angleterre victorienne où les femmes travaillaient sans relâche pour loger dans des pièces insalubres qui se louaient à prix d’or. Elles dépensaient souvent leur maigre salaire en bouteilles d’alcool afin d’échapper à la réalité désastreuse. Les conditions de travail dans les usines étaient lamentables au point que les salariées avaient le visage ravagé par les projections de phosphore. D’autres évocations sont plus amusantes et parfois farfelues comme le recours à l’optographie qui consistait à prélever l’iris de l’œil de la victime afin de découvrir l’identité de l’assassin. En effet, on pensait que la rétine pouvait « enregistrer » le visage du meurtrier. Mary Amelia est aussi hypnotisée pour qu’elle puisse se remémorer plus facilement ses souvenirs d’enfance. Ces pratiques nous semblent bien discutables alors qu’elles avaient une valeur scientifique au XIX ème siècle.

Une fois de plus, l’auteur propose sa version concernant l’identité de Jack L’éventreur et même si nous n’avons pas de preuves formelles permettant de considérer sa théorie comme étant plus probable que toutes celles qui ont été énoncées auparavant, on peut toutefois reconnaître que Michel Moatti a écrit une fiction fort bien documentée. L’auteur est connu pour être passionné par cette affaire depuis des années et c’est pour cette raison qu’il a arpenté les rues de Whitechapel, consulté les dossiers de la Metropolitan Police et les archives de la presse britannique de l’époque pendant 3 ans. Je ne recommanderai pas ce livre qu’aux passionnés de l’affaire Jack L’Eventreur mais aussi à tous les amateurs de littérature policière.

  • Docteur Sleep, Stephen King

En tant qu’adepte des romans de Stephen King, je ne suis pas passée à côté de Shining et c’est d’ailleurs en partie grâce à ce livre que je me suis mise en tête de plonger dans la bibliographie de l’auteur. Ce roman m’avait terrifiée et pour ne rien arranger, j’avais aussi eu la bonne idée de regarder l’adaptation cinématographique de Stanley Kubrick. » Docteur Sleep » fait de Danny Torrence le protagoniste principal. Jack est mort, l’hôtel a brûlé mais Stephen King nous a prouvé qu’il y a une vie après l’Overlook.

On retrouve donc Danny qui a eu jusqu’à présent, un parcours de vie semé d’embûches. Il essaie alors de se reprendre en main et son don va le mener à la petite Abra. Tous deux vont se battre contre une communauté étrange qui enlève des enfants sur tout le territoire américain. En revanche, je ne considère pas « Docteur Sleep » comme la suite de Shining. Il ne devrait d’ailleurs pas porter le titre vendeur de « Shining 2 », même si les références à Shining sont nombreuses, que l’Overlook occupe encore une place d’honneur bien qu’infime mais la ressemblance s’arrête là. C’est pour cette raison que je préfère mettre en garde les lecteurs curieux : lisez « Docteur Sleep » en oubliant ce qui s’est passé dans Shining, car l’ambiance est très différente. J’étais heureuse de retrouver Danny qui, comme son père, est hanté par ses vieux démons mais je l’étais encore davantage de retrouver le style original de Stephen King qui est capable, le temps d’une lecture, de me faire vivre toutes sortes d’émotions. Des scènes qui prennent aux tripes, il y en a quelques-unes dans « Docteur Sleep ». Sans vouloir trop en dire, le rapport que Danny entretient avec les pensionnaires de l’hospice de Revington, où il exerce en tant qu’aide-soignant, donne lieu à des passages très touchants. Ainsi, Danny serait une réponse à cette peur de la mort, du néant, de l’inconnu : il est en quelque sorte un ange permettant aux mourants de décéder en paix, l’esprit tranquille. On sent d’ailleurs que Stephen King parle de lui et de ses craintes à travers ce roman. La mort est un sujet qui le préoccupe. Danny reflète aussi les problèmes d’addiction qu’il a rencontrés au cours de sa vie. Plus l’auteur vieillit et plus ses romans lui ressemblent et naturellement, « Docteur Sleep » ne déroge pas à la règle.

  • La tête de l’emploi, David Foenkinos

Ce roman a été une claque. David Foenkinos est doté d’un certain talent d’observateur qui sait rendre attachant le moindre personnage un peu fade en l’agrémentant de détails piqués dans la vie de tous les jours. Il est capable de lui donner un supplément d’âme touchant le lecteur qui se reconnaît un peu en lui. Pourtant, l’histoire est banale et peut s’entendre partout, que ce soit au boulot, dans la rue ou au cours d’un repas de famille. Bernard est un homme ordinaire. Il travaille en tant que conseiller financier et mène une vie paisible auprès de son épouse Nathalie.

Néanmoins, les tuiles commencent à s’enchaîner : sa fille chérie part effectuer un stage au Brésil, son supérieur le rétrograde avant de le licencier et sa femme le quitte. Acculé, il n’a pas d’autre solution que de retourner vivre chez ses parents. C’est donc l’histoire d’un personnage banal qui voit sa vie basculer pour des raisons banales mais on y retrouve un peu de notre vie ou de celle de nos proches dans le roman. Cette forte ressemblance à la vie réelle rend le livre particulièrement touchant mais ce sentiment ne serait pas si fort si nous n’étions pas dans ce contexte de crise global. Le monde du travail n’a jamais été aussi cruel, nos vies sentimentales aussi instables … Qui peut encore prétendre avoir des certitudes dans la vie ? Bernard était concerné avant qu’il ne perde femme et emploi. Le personnage m’a même agacé par moments en raison de sa passivité. On a envie de le secouer pour qu’il soit enfin acteur de sa vie mais mon métier me prouve aussi au quotidien que les gens qui cumulent les problèmes ont tendance à se décourager. La reconstruction peut être lente. On a d’ailleurs pitié de Bernard qui à cinquante ans, est obligé de s’installer chez ses parents car cela représente un honteux retour en arrière pour tous ceux qui le vivent. En réalité, le roman est touchant dans la mesure où il décrypte avec réalisme le mal-être qui frappe la société en crise. En revanche, je reproche à l’auteur de ne pas avoir préservé le même tempo tout au long du récit.

La première partie est tendre et enlevée alors que la seconde s’enlise dans de petites situations de boulevard, oscillant entre comédie romantique et drame psychologique. L’intérêt qu’on portait au début du roman retombe un peu mais David Foenkinos nous emmène vers une fin qui n’a rien du piége rose bonbon vers lequel le roman semblait s’acheminer. Tantôt drôle, tantôt mélancolique, « La tête de l’emploi » n’est pas exempt de défauts mais a su me bouleverser pour devenir un coup de cœur inattendu.

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