4 best-sellers que je n’ai (pas du tout) aimés

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Vous est-il déjà arrivé de ne pas apprécier un livre que l’immense majorité des gens ont adoré, et de vous sentir très seules face à toutes ces critiques élogieuses ?  Moi oui, mais comme il n’y a pas de honte à ne pas être sensible à certaines histoires ou à certains personnages, j’assume d’être à contre-courant de l’opinion générale 🙂 J’ai donc décidé de vous livrer mon coming-out livresque des romans que je n’ai pas appréciés en 2015, en espérant que vous n’hésiterez pas vous aussi, à m’avouer vos plus grandes déceptions littéraires 😉

Je suis du genre à trouver des qualités aux romans que je n’ai pas aimés mais en ce qui concerne ceux-là, j’en ai malheureusement été incapable (à une exception près). Ne vous étonnez donc pas si mes critiques ne sont pas très tendres envers ces livres (c’est le moins que l’on puisse dire mais j’espère que vous trouverez mes avis constructifs).

  • Cinquante nuances de Grey, E.L James

« Lorsque Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime chef d’entreprise Christian Grey, elle est à la fois séduite et profondément intimidée. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier -jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille à mi-temps et lui propose un rendez-vous.

Naïve et innocente, Ana est troublée de constater qu’elle est follement attirée par cet homme. Quand il lui suggère de garder ses distances, elle ne l’en désire que davantage.

Mais Grey est tourmenté par ses démons intérieurs et le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre son pouvoir érotique, ainsi que la part obscure que Grey tient à dissimuler… »

 « Fifty Shades » est partout dans les librairies et on en parle aussi beaucoup sur les réseaux sociaux. Que ce soit en bons ou en mauvais termes. J’ai vraiment entendu de tout sur ce livre. Il fallait absolument que je me fasse ma propre opinion et j’ai demandé à une amie qui a adoré le roman, de me prêter le livre. Au final, j’ai été très déçue. Je m’attendais à une lecture agréable mais je me suis sentie plus agacée qu’emportée par cette romance qui ne m’a pas fait rêver. Bien au contraire …

Je n’ai pas aimé le style de l’auteure qui n’en a tout simplement pas. On ne va pas se voiler la face en omettant de préciser qu’on s’attend surtout à lire des scènes érotiques croustillantes en choisissant ce genre de roman mais celles-ci sont plates, sans relief et terriblement ennuyeuses. Anastasia a beau être jeune, inexpérimentée en termes de relations amoureuses mais ce ne sont pas des raisons pour qu’elle soit aussi niaise. Tout ce qu’elle fait ou dit manque cruellement de maturité mais ce qui m’a le plus exaspéré sont les passages où, en pleine partie de jambes en l’air, elle trouve encore le moyen de surnommer son amant « bébé », ce qui ne manque pas de tout décrédibiliser.

La romance entre Anastasia et Christian ne m’a pas fait vibrer, alors que beaucoup de lectrices l’ont trouvé romantique. J’ai beau me creuser les méninges, remettre en question ma façon de considérer cette histoire d’amour (si on peut l’appeler ainsi …) improbable entre une étudiante ingénue et un brillant et richissime homme d’affaires, je ne parviens toujours pas à y dénicher un zeste de romantisme. Effectivement, je ne vois pas comment une relation basée sur la dépendance et les rapports de force peut faire des envieuses. Il n’y a rien de sain entre Christian et Anastasia. Grey est dépeint comme un sadique prévenant : il lui apporte de l’arnica après l’avoir cognée, s’inquiète de son bien-être et la couvre de cadeaux. Quel homme charmant ! En ce qui me concerne, ce type d’individus ne m’inspirerait que du dégoût et me donnerait surtout envie de prendre mes jambes à mon cou. De plus, j’ai trouvé triste et pathétique qu’Anastasia s’accroche à cette relation toxique. Ce roman est vendu comme une histoire merveilleuse et romantique alors qu’il y a tellement de femmes dans le monde qui sont victimes de pervers narcissiques ( Christian Grey en est le parfait exemple !).

Je n’ai supporté ni la plume de l’auteure ni la façon dont EJ James parle des sentiments amoureux. Je n’ai pas apprécié les protagonistes car la naiveté d’Anastasia et le caractère dominateur et manipulateur de Christian m’ont agacé, presque énervé. Je ne recommanderai pas ce roman qui ne m’a pas donné envie de lire les tomes suivants. A mes yeux, le « mommy porn » est définitivement ringard.

  • Joyland, Stephen King

J’adore les romans de Stephen King. J’ai commencé avec « Carrie » à l’âge de 13 ans et depuis, j’ai lu la quasi-intégralité de sa bibliographie. Certains lecteurs disent que les nouveux Stephen King sont « moins bien que les anciens » et j’aurais pu faire partie de ces admirateurs nostalgiques du bon vieux temps si je n’avais pas dévoré en quelques jours le volumineux «Doctor Sleep» qui n’est autre que la suite de « Shining ». Une suite remarquable qui m’a réconcilié avec mon auteur préféré, qui je l’avoue, m’avait un peu déçu avec ses derniers romans. « Joyland » en fait partie alors que la quatrième de couverture annonçait une intrigue pleine de promesses.

L’histoire nous plonge dans les années 70 où notre personnage principal, Devin Jones, se fait larguer par son premier amour. Cet été là, il travaille aussi à Joyland, un parc d’attractions en Caroline du Nord, un endroit mystérieux dans lequel il noie son chagrin, apprend la vie et le langage des forains. Seulement, Joyland serait le théâtre du meurtre d’une jeune fille qui aurait été assassinée dans le train fantôme. Le début du livre se focalise surtout sur le parc d’attractions et la découverte par Devin de la vie de forrain, ce qui n’était pas pour me déplaire. Seulement, quand on lit le résumé du livre, on s’attend à frissonner : « Les clowns vous ont toujours fait un peu peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage ». Je n’ai rien contre l’ambiance des seventies que Stephen King décrit d’ailleurs fort bien mais je n’ai pas acheté « Joyland » pour revivre uniquement l’époque des Doors. Le vintage, le Rock’n’Roll, c’est bien sympa mais ce n’est pas ce que l’auteur nous a vendu. C’est pour cette raison que j’ai comparé la quatrième de couverture à une publicité mensongère. L’intrigue est longue à s’installer, le dénouement se fait attendre de façon interminable. On se retrouve un peu trop tardivement sur la grande roue un soir d’orage et avant que la fin nous prenne par surprise, j’ai eu le temps de m’ennuyer. Les personnages sont attachants et il est intéressant de suivre l’enquête de Devin qui, accompagné de ses amis, va grandir et évoluer pour passer de l’adolescent pleurant son premier amour à un homme plein d’assurance. Il n’empêche que cette petite virée dans les années 70 m’a laissé un goût amer … le parfum de la déception sans doute.

  • Nos étoiles contraires, John Green

Beaucoup de lecteurs ont adoré et ont été parfois émus aux larmes en lisant « Nos étoiles contraires ». Vais-je passer pour un « monstre » si je vous explique les raisons pour lesquelles j’ai été insensible à ce roman ?  Il se peut que je me fasse taper sur les doigts mais je relève tout de même le pari 😉

A mon humble avis, l’histoire aurait pu être touchante et émouvante si l’auteur ne s’était pas enlisé dans la maladresse. Je n’ai pas su en apprécier la lecture pour plusieurs raisons. J’ai regretté que les personnages soient aussi stéréotypés. Entre Hazel qui utilise le sarcasme à chaque phrase qu’elle emploie et le gars en rémission qui voit la vie du bon côté, je ne vois pas trop comment on aurait pu tomber plus bas dans le cliché.  Je ne suis néanmoins pas de mauvaise foi en reconnaissant que j’ai souri à plusieurs reprises en lisant certaines répliques d’Augustus.

En revanche, je n’ai pas encore abordé le point qui m’a le plus dérangé au cours de ma lecture. Il s’agit du style de l’auteur. J’ai fait des études de lettres modernes et ce n’est pas pour cela que je réclame des descriptions à la Zola (décrire un paysage pendant 20 pages, ce n’est pas franchement indispensable). Seulement, s’adresser à un public jeune n’est pas non plus une raison pour donner à ces lecteurs des répliques à foison. Il y a tellement peu de descriptions que j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. Les dialogues prennent une place folle tandis que le cadre spatio-temporel est presque inexistant. De plus, j’ai trouvé la plume de John Green assez pauvre dans la mesure où il utilise souvent les mêmes mots et les mêmes expressions. Ses phrases sont aussi très courtes. On croirait lire une piéce de théâtre alors que ce n’en est pas une.

J’aurais pu aimer ce livre qui traite d’un sujet qui me touche dans la vie de tous les jours mais je n’ai pas été particulièrement émue par cette histoire dont l’issue fatale n’en était pas moins imprévisible.

  • La vengeance en Prada, Lauren Weisberger

Je n’aime pas la « Chick-lit » et pourtant, il y a dix ans, j’avais dévoré « Le diable s’habille en Prada ». Alors quand je suis tombée complètement par hasard sur la suite de ce roman aussi pétillant qu’une coupe de champagne, je n’ai pas hésité à me la procurer pour qu’elle rejoigne la pile de mes futures lectures. Qu’est-ce que j’ai ressenti en tournant le dernière page du roman ? Une immense déception. Je suis triste de le reconnaître mais la vie d’Andréa et les frasques de Miranda Priestly m’ont laissé de marbre alors que j’étais ravie de pouvoir les retrouver. Mais où en sont les personnages ? Que fait Andrea ? Qu’est devenue Miranda ? Je vous raconte tout (ou presque) tout de suite.

Les lecteurs sont projetés dix ans après qu’Andrea ait démissionné de son poste d’assistante chez Runaway. Elle est à la tête d’un magazine haut de gamme de mariage ( « The Plunge ») qu’elle co-dirige avec son associée et meilleure amie Emily Charlton. Oui, vous avez bien lu. Les deux pires ennemies n’ont aujourd’hui plus de secret l’une pour l’autre et tiennent toutes deux les rênes du magazine avec passion. La vie sentimentale d’Andrea est aussi au beau fixe puisqu’elle s’apprête à épouser l’un des plus grands noms de la société new-yorkaise. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que Miranda Priestly qui  dirige toujours la société Elias-Clark, ne manifeste un grand intêret pour le magazine d’Andrea et Emily. Toutes celles qui ont lu « Le diable s’habille en Prada » savent à quel point Miranda est prête à tout pour obtenir ce qu’elle désire.

L’histoire aurait pu être pleine de mordant mais il n’en est rien. En effet, je reproche surtout à ce roman de ne raconter aucune intrigue car les lecteurs sont projetés dans des ellipses narratives qui n’ont aucun fil conducteur. De plus, Andrea a perdu son caractère pugnace et dynamique qui faisait sa force. Elle apparait dèsormais plus plaintive et passive vis-à-vis des événements qu’elles traversent. Son cadre de vie plus posé l’a rendu plus mature mais sa fraîcheur et sa curiosité nous ont manquées. J’ai donc trouvé notre héroine bien fade par rapport au premier tome.  J’ai aussi regretté que Miranda ne soit pas plus présente et n’ait pas conservé sa verve et sa méchanceté. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Mon avis est peut-être un peu sévère mais j’aurais préféré que Lauren Weisberger ne donne pas de suite au « Diable s’habille  en Prada ». Elle n’apporte pas grand-chose au premier tome, si ce n’est le plaisir de retrouver les personnages principaux. Cette joie est néanmoins gâchée par une intrigue inexistante et de longues descriptions ennuyeuses. Ce livre ira donc malheureusement rejoindre les nombreux romans « Chick-lit » que je n’ai pas appréciés.

Je tiens à préciser que j’ai hésité à publier cet article pour ne pas donner l’impression de commencer la nouvelle année sur une note négative. C’est pour cette raison que je rédigerai bientôt un article sur mes plus grands coups de cœur littéraires de l’année 2015 afin de garder le meilleur pour la fin  😉

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