Livre ou film / La dame en noir

Résumé : « Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d’Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d’organiser sa succession.

À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu’il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu’île uniquement accessible à marée basse.

Lors de l’inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d’une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l’aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s’éclipse avant qu’il ait le temps de lui parler…

Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu’il s’y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison… »

Mon avis : Il n’est pas rare de préférer le roman à l’adaptation cinématographique pour deux raisons : soit on a trouvé que cette dernière n’était pas assez fidèle à l’œuvre originale soit on ne s’était pas imaginé les personnages et les décors de cette façon. Le cinéaste nous impose forcément son point de vue et notre imagination peut donc se sentir contrariée. Dans le cas de La Dame en noir, je reconnais que j’ai préféré le film au roman et c’est extrêmement rare. Explications …

Une histoire de fantôme vieille comme le monde ? Il est évident que le film ne brille pas pour l’originalité de son scénario mais il n’en faut pas plus au studio de la Hammer pour s’approprier le roman éponyme de Susan Hill qui est paru en 1983. Il ne s’agit néanmoins pas de sa première déclinaison puisque La dame en noir a été adaptée en téléfilm et transposée au théâtre. Fondé en 1934, le studio avait connu un succès phénoménal avec les Dracula et les Frankenstein dont la marque de fabrique revient à son atmosphère gothique. Après avoir connu une grosse baisse de régime depuis les années 80, la Hammer avait bien l’intention de redorer son blason en adaptant sur grand écran La Dame en noir qui correspond si bien à l’identité du studio. En ce qui me concerne, j’ai trouvé que la Hammer avait plutôt bien réussi son pari en réunissant tous les clichés du genre : trois tonnes de brume, des toiles d’araignées synthétiques à gogo, des éclairages lugubres en veux-tu en voilà … le tout fait un peu trop penser à un train fantôme de la Foire du Trône mais qu’importe, j’avoue y avoir pris un grand plaisir.

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Le réalisateur James Watkins passe de longs moments à cadrer les lieux et donne ainsi l’impression d’octroyer une personnalité au village de Crythin Gifford  dans lequel les habitants sont complètement terrifiés par la malédiction qui frappe leurs enfants. Néanmoins, soyons lucides en admettant qu’ils sont deux à se tirer la couverture : Daniel Radcliffe et le manoir. Si Arthur Kipps est bel et bien le personnage principal, le manoir de feu madame Drablow est aussi la vedette du film qui aurait très bien pu s’appeler « Le manoir de la dame en noir ». Un soin tout particulier a été accordé à la grande bâtisse délabrée car elle est la parfaite reconstitution de l’idée qu’on se fait d’une maison hantée avec ses vieilles tapisseries, son rocking chair qui grince et les jouets anciens de porcelaine aux modèles si réalistes qu’ils donnent l’impression d’être vivants et de nous observer. Le manoir n’est pas aussi personnifié dans le roman, même s’il occupe une place importante. L’accent est alors clairement mis sur les sentiments contradictoires d’Arthur Kipps qui voit de chapitre en chapitre, son esprit rationnel mis à l’épreuve par les événements surnaturels dont il est témoin. En effet, le livre nous plonge dans ses souvenirs, des souvenirs horribles qu’il garde enfoui dans sa mémoire pour ne plus y penser. J’ai beaucoup apprécié ce principe de confession écrite, de testament sur une page très douloureuse de sa vie. Il y voit une manière de faire table rase du passé et de ne plus jamais en parler. En revanche, j’ai trouvé que l’ambiance du réveillon au sein de la famille d’Arthur n’était pas très crédible avec le contexte de Noël. A cette période, on chante et on rit. On ne se raconte pas des histoires pour s’effrayer.

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J’ai aussi aimé la plume de Susan Hill qui ne laisse pas beaucoup de place aux dialogues mais aux pensées sinistres de son personnage principal. J’avoue que je me suis parfois ennuyée au regard du peu de situations angoissantes. Il n’empêche que l’auteure est dotée d’un talent certain pour décrire les lieux, les sentiments des personnages et la tension de certains évènements, même si je n’y ai pas souvent été réceptive. En effet, il s’agit pour moi du principal défaut de ce roman. Je n’ai ressenti aucune tension au cours de ma lecture et ce ne sont pas les angoisses d’Arthur Kipps qui m’auront convaincues. En clair, je m’attendais à être plus effrayée.

La dame en noir a un mobile tellement simpliste pour provoquer ces drames que j’ai été déçue une fois de plus. Seules les dernières pages ont vraiment trouvé grâce à mes yeux car elles révèlent les raisons pour lesquelles Arthur souffre depuis tant d’années et ne souhaite plus revenir sur cet épisode tragique de sa vie. Le charme n’a pas totalement opéré mais je n’ai pas non plus détesté le roman. Les descriptions de Susan Hill sur le cadre et l’atmosphère environnant du manoir y sont certainement pour quelque chose, même si j’aurais préféré qu’elle laisse plus de place à l’action.

L’intrigue de la dame en noir donne une sérieuse impression de déjà vu mais je reconnais que j’ai davantage frissonné en regardant le film qu’en lisant le roman. Je pense que cette différence peut s’expliquer par le fait que le réalisateur a habilement usé de jump scares pour créer la tension chez les spectateurs. Je n’ai jamais eu peur mais je me demandais toujours à quel moment la dame en noir allait de nouveau surgir à l’écran.

Je vous recommande de ne pas attendre grand-chose de La dame en noir pour ne pas être déçu. Si vous espérez faire des cauchemars en lisant ce roman, passez votre chemin. Il est paru dans les années 80 et je pense qu’il a plutôt mal vieilli, même si tous les romans écrits à cette époque ne sont pas dans le même cas. Certains livres de Stephen King en sont la preuve.

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Qu’avez-vous pensé du roman et/ou du film ?

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