La La Land, Damien Chazelle

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Attention : L’article contient des traces de spoilers.

Ce film est une claque magistrale. A la fois hommage vibrant aux mythiques comédies musicales d’antan et aux pas de danse gracieux et effrénés de Fred Astaire et Gene Kelly, « La La Land » n’en reste pas moins un long-métrage résolument moderne. Au son des mélodies endiablées ou feutrées, le spectateur amateur de comédies musicales n’a d’autre choix que de se laisser emporter dans ce tourbillon onirique peuplé de douces illusions. Le temps de l’insouciance se révèle néanmoins de courte durée car si Sebastian (Ryan Gosling) et Mia (Emma Stone) rêvent de se faire un nom dans le paysage hollywoodien, ils encaissent surtout sans défaillir toutes sortes d’humiliations au pouvoir suffisamment dévastateur pour risquer de faire voler en éclats leurs folles ambitions.

L’aspirante comédienne repart vaincue et blessée d’auditions où elle brille pourtant de mille feux tandis que le pianiste virtuose se bat pour faire renaître le jazz de ses cendres. Derrière la pétillante comédie musicale se cachent effectivement des messages plus profonds. L’histoire d’amour change sans cesse de tonalité, jusqu’à ce que le spectateur se rende compte que l’amertume déteint inexorablement sur l’optimisme ambiant. Sebastien et Mia s’agressent d’abord mutuellement à chaque fois qu’ils se rencontrent. Le désir de la jeune femme pour le musicien n’est pas réciproque avant que ce dernier ne succombe à son tour. L’ivresse de leurs sentiments inspire ensuite au cinéaste de superbes chorégraphies aériennes (George Sand ne disait-elle pas qu’ « un grand amour rend léger tous les maux qui nous semblent trop lourds à porter seul » ?). Leur relation n’a effectivement jamais été aussi forte qu’au moment où nos deux tourtereaux courraient après le succès. Ils savaient trouver les mots pour s’encourager mais le romantisme a été relégué au second plan lorsque le temps est venu pour chacun de se focaliser sur ses propres ambitions. La désillusion sentimentale a ainsi pris le pas et n’a cessé de croître sur fond d’aspirations professionnelles contrariées.

Les lecteurs qui s’inquiètent encore d’assister à un spectacle dégoulinant de guimauve peuvent se rassurer. Le film n’est pas une succession de chorégraphies endiablées et d’envolées lyriques qui se contente de brosser les amateurs de comédie musicale dans le sens du poil. Damien Chazelle nous offre plutôt une fin pragmatique où deux personnes qui se sont passionnément aimées mettent subtilement un terme à leur relation. Ils ne passeront pas le reste de leur vie ensemble mais ont partagé la même conviction en sacrifiant l’amour au profit des aspirations professionnelles. Le réalisateur offre une relecture de l’Amour puisqu’il prouve également que la rupture n’est pas systématiquement assortie de conflits et qu’une idylle passée n’empêche pas de vivre pleinement une nouvelle vie. La séquence finale qui reflète au choix du spectateur, des fantasmes ou des regrets de la part d’un des deux protagonistes, est empreinte d’une nostalgie qui touche à la perfection. Elle m’a émue aux larmes mais je n’y ai pas vu une once de mièvrerie. Sous ses allures de comédie romantique, « La La Land » nous montre que le couple n’est pas l’unique source d’épanouissement et s’adresse ainsi aux nouvelles générations pour qui le rapport à l’amour et au travail a sensiblement évolué. La jeunesse s’est endurcie au fil du temps. Elle est plus individualiste, sceptique à l’égard de l’amour éternel tout en étant paradoxalement capable de déployer une énergie folle pour atteindre un idéal, qui par définition, n’existe pas.

Je me souviendrai longtemps de l’état d’esprit dans lequel je me trouvais en sortant de la salle de projection. Je me sentais mélancolique alors que je n’avais aucun mal à m’imaginer avec des étoiles plein les yeux tant le film m’avait insufflé l’envie de croire en mes rêves. Cette bouffée d’optimisme n’avait certes qu’une vocation éphémère mais « La La Land » n’en reste pas moins un excellent remède pour oublier momentanément la morosité ambiante.

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Quelqu’un à qui parler, Cyril Massarotto

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Le roman s’ouvre sur une soirée d’anniversaire qui tourne au fiasco. Samuel se retrouve seul devant un gâteau et des assiettes vides puisque les deux invités ont eu un empêchement de dernière minute. La solitude s’abat sur lui et Sam noie son chagrin dans le champagne. Il compose instinctivement le numéro de son ex qui le supplie de ne plus la rappeler et son smartphone ne trouve pas de moment plus propice pour rendre l’âme. Sam peut encore se servir du téléphone fixe mais ne sait pas qui appeler pour apporter une touche positive à cette soirée d’anniversaire si morose. Sam se rend soudainement compte qu’il se souvient du numéro de son enfance et le compose sans trop y croire. Contre toute attente, un enfant se manifeste au bout du fil et il ne faudra pas longtemps au célibataire solitaire pour comprendre qu’il s’agit de lui-même à 10 ans. Samuel reconnaît le petit garçon qui s’apprête à vivre une douloureuse épreuve. Le jeune homme se prend au jeu et les deux Sam se téléphonent chaque jour pour échanger sur leur quotidien et leur vie.

Le roman m’a procuré un bien-être immense en berçant mon âme sensible d’une mélancolie bienveillante. Le sujet a suscité ma curiosité dans la mesure où nous sommes nombreux à avoir rêvé, ne serait-ce qu’une fois, de pouvoir remonter le temps pour s’éviter des souffrances inutiles, rattraper les erreurs du passé et prendre des décisions contribuant à rendre l’instant présent plus facile et joyeux. Si le lien unissant les deux Sam relève de la science-fiction, le lecteur est capable de se remémorer l’enfant qu’il était et imaginer la conversation qu’il entretiendrait avec lui. Il y trouverait alors l’occasion de se réconcilier avec son enfance en insufflant un zeste d’insouciance perdue dans son quotidien. Il réfléchirait aussi aux raisons qui l’ont conduit à ne pas concrétiser ses projets. J’en ai souvent rêvé et je pense savoir ce que j’aurais dit à la fillette que j’étais. Le petit Sam est déçu d’apprendre que sa vie d’adulte ne sera pas aussi trépidante que dans son imagination. Seulement, il ne connait rien des drames qui vont bouleverser son existence et n’a pas encore conscience, du haut de ses 10 ans, que la réalité de la vie n’épargne personne. Le Sam devenu adulte mettra toute son énergie pour l’aider à traverser l’épreuve contre laquelle il ne peut rien tandis que le petit garçon le guidera vers le chemin du changement.

Le récit est empreint d’humour, d’autodérision et de tendresse qui nous invite, le temps d’une lecture, à se réconcilier avec son enfant intérieur. Les larmes me sont parfois montées aux yeux car le trentenaire ressemble à tellement de jeunes gens qui travaillent pour vivre et se sentent seuls. 70% des français rêvent de changer de vie mais la peur de l’inconnu les empêchent de franchir le pas. Les décisions prises dans la sphère personnelle nous amènent aussi souvent à faire le deuil de nos aspirations professionnelles. Devons-nous pour autant vivre cette situation comme une fatalité ? Il est important de ne pas regretter ses choix pour connaître le bonheur, même si la vie nous a fait prendre des directions que nous n’aurions jamais envisagées. Changer radicalement de vie peut être difficilement concevable mais nous disposons de marges de manœuvre souvent inexploitées. L’auteur délivre un beau message consistant à ne pas oublier l’enfant enfoui au plus profond de soi-même. La réalité de la vie éteint progressivement les rêves, les espoirs et la fougue qui caractérisent l’enfance pour enfermer l’adulte dans un état proche de la léthargie. Le roman prouve que chacun peut agir à sa manière pour ne plus subir alors, qu’attendons-nous pour apporter du piment à la vie ?

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Positive, Paige Rawl et Ali Benjamin

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Paige Rawl est une jeune fille que rien ne différencie des autres, si ce n’est le secret qu’elle garde enfouie au plus profond d’elle-même depuis l’enfance. Sa mère lui a transmis le VIH à la naissance et Paige cache donc sa séropositivité à son entourage. Elle a néanmoins pris l’initiative de se confier à sa meilleure amie Yasmine qui s’est alors empressée de renier sa promesse. La rumeur se répand comme une traînée de poudre dans le lycée de Clarkstone et Paige subit de plein fouet les brimades et insultes de ses camarades de classe. L’adolescente rayonnante et épanouie sombre progressivement dans la dépression et son désespoir est si grand qu’elle tente de mettre fin à ses jours en avalant des somnifères. Les élèves de Clarkstone témoignent d’une cruauté susceptible de donner lieu à des conséquences irréversibles mais l’ignorance et le manque d’ouverture d’esprit du corps enseignant et de l’administration scolaire se révèlent encore plus choquantes.

Paige tente à sa manière de bousculer les mentalités, en insistant à plusieurs reprises (et à raison) sur la différence entre le VIH qui affaiblit le système immunitaire en le rendant vulnérable aux maladies, et le Sida, qui reste le stade le plus avancé du VIH. Une personne ayant contracté le virus ne présente d’abord aucun symptôme car le VIH met généralement plusieurs années pour détruire les défenses immunitaires. Tous les individus infectés par le virus ne développent pas de maladies opportunistes car les traitements actuels renforcent le système immunitaire pour que le VIH n’évolue pas vers son stade terminal. En revanche, aucun vaccin n’est à ce jour en mesure de guérir les personnes qui en sont atteintes.

L’auteur adopte le point de vue de Paige qui est séropositive depuis la naissance. Sa mère ignorait qu’elle était infectée par le virus et la jeune fille n’a montré aucun signe avant-coureur avant d’être diagnostiquée à l’âge de trois ans. Elle nous explique alors comment les traitements pris quotidiennement à heures fixes lui permettent de rester en bonne santé. En grandissant, Paige va aussi lutter contre les idées reçues avec une force et une détermination qui nous donneraient envie de soulever des montagnes.

Ce roman est un témoignage qui fait l’effet d’un uppercut dans la mesure où Paige Rawl a bel et bien été victime de discrimination  à cause de sa séropositivité. L’auteur a aidé la jeune femme à coucher ses ressentis et son expérience sur le papier pour montrer à quel point le harcèlement peut se révéler destructeur. Paige a subi les moqueries en raison de sa maladie mais combien d’enfants et adolescents sont harcelés pour leur poids, leur sexualité ou leur couleur de peau ?

Le harcèlement scolaire est un sujet qui n’est pas à prendre à la légère mais certains établissements préfèrent minimiser ce qui se déroule sous leurs yeux pour ne pas avoir à gérer des « enfantillages ». Son parcours jalonné d’embûches et d’expériences enrichissantes a défini ce qu’elle est devenue en tant qu’adulte : une jeune femme courageuse, brillante et tolérante qui cherche à enseigner l’acceptation et le pardon. Je conseille le roman à tous les lecteurs qui souhaitent comprendre le VIH et ressentir ce que vivent les personnes séropositives au quotidien. Son style d’écriture est plutôt simpliste mais on ne peut reprocher à l’auteur d’avoir retranscris avec justesse les pensées d’une adolescente de quatorze ans. Les photos personnelles de Paige apportent aussi davantage de relief à un récit poignant et illustrent à quel point la jeune fille aime sourire à la vie.

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Ma nomination aux Liebster Awards

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J’ai été nominée par Krys (merci ma belle ! 😀 ) du blog Une occidentale en Chine pour répondre à une série de questions exclusivement consacrées au voyage. Le concept des Liebster Awards consiste, une fois nominé, à raconter 11 anecdotes à son sujet, avant de répondre aux questions du blogueur qui nous a sélectionné. On nomine ensuite plusieurs auteurs de blogs en leur posant 11 questions.

11 anecdotes me concernant :

  • Je suis née à Montpellier et y ai passé les vingt-deux premières années de ma vie
  • Je connais par cœur (ou presque) toutes les chansons des grands classiques de Disney
  • J’ai pour projet de faire un trek en Amérique du Sud pour mon voyage de noces
  • Je n’ai jamais fumé
  • J’aurais aimé travailler dans l’édition
  • J’emporte toujours un livre ou ma liseuse numérique, même si je sais que je n’aurais pas le temps de me consacrer à la lecture
  • Je suis passionnée de fitness et de randonnées en montagne
  • J’aime beaucoup le thé et si je ne me refrénais pas, je pourrais en boire dix tasses par jour
  • J’ai eu un coup de cœur phénoménal pour Londres
  • J’ai un appétit de moineau mais ne résiste jamais devant un plat typique de la cuisine marocaine
  • Je n’ai pas le sens de l’orientation et arrive souvent bien en avance sur mes lieux de rendez-vous tant je redoute de me perdre et d’être en retard

Mes réponses aux questions de Krys :

  1. Qu’est-ce que tu ressens quand tu voyages ? 

Je suis tellement impatiente de partir en vacances que je ne dors souvent que quelques heures la veille. Une fois arrivée à destination, je profite pleinement du moment présent et fais abstraction des tracas du quotidien.

  1. Sur quels critères tu te bases pour un prochain lieu de voyages ? 

Je me base sur l’intérêt que je porte aux lieux historiques et culturels du pays. Je m’intéresse depuis l’enfance à la Rome Antique et j’ai ainsi gardé un merveilleux souvenir de tous les monuments que j’ai eu l’occasion de visiter dans la ville éternelle. Je peux aussi être attirée par des paysages, une culture … C’est difficile de répondre précisément à cette question.

  1. Voyage organisé ou voyage « à l’arrache » ? 

Je ne me vois pas partir en voyage organisé pour la simple raison que j’aime prendre le temps de visiter. En revanche, j’ai besoin de faire preuve d’un minimum d’organisation pour ne pas me retrouver face à une situation qui pourrait gâcher mes vacances. Je pars en vacances en couple et passe donc beaucoup de temps à identifier les lieux de visite qui pourraient nous satisfaire mutuellement. Les vacances sont aussi faites de compromis.

  1. Qu’est ce que tu recherches lors d’un voyage ? 

J’accorde une importance primordiale à la découverte. Je serais incapable de passer mes vacances allongée sur une serviette de plage. Mon copain ne supporterait pas non plus de rester sans rien faire.  J’ai surtout voyagé à l’étranger au cours de ces dernières années mais il n’est pas nécessaire de partir à des milliers de kilomètres pour être dépaysé. Le dépaysement se fait surtout dans la tête.

  1. As-tu déjà été déçu d’un voyage ? 

J’espère que je ne le serai jamais.

  1. Voyager seul ou à plusieurs ? 

Je n’ai jamais voyagé seule.

  1. As-tu déjà voyagé plusieurs fois dans le même pays (l’avoir choisi plusieurs fois comme destination) ?

Je n’en ai encore jamais eu l’occasion pour des raisons financières mais certains pays me donneraient certainement envie d’y retourner plusieurs fois.

  1. Que penses-tu des voyages « backpacking » ? 

Je n’ai pas vraiment d’opinion sur le sujet. Je pars du principe que chacun voyage selon ses envies.

  1. Blog ou YouTube?

Je préfère lire que regarder des vidéos.

  1. Qu’espères-tu des gens qui lisent ton blog ? 

J’espère qu’ils portent un regard bienveillant sur mon blog car je n’ai rien d’une professionnelle. Un blog est avant tout un lieu d’échanges et c’est pour cette raison que j’aime tant lire les commentaires. Chacun a le droit de partager son opinion, du moment qu’il le fait dans le respect d’autrui.

  1. Qu’apportes-tu avec toi dans la cabine d’un avion ? 

Le guide « Lonely Planet » de mon lieu de destination. Il ne me quittera plus pendant toute la durée du voyage.

J’ai choisi de nominer Corentine, Charlène et Charlotte pour répondre aux questions suivantes :

  1. Si tu pouvais choisir sans contraintes, dans quel pays aimerais-tu vivre ?
  2. Quelle chanson écoutes-tu pour être de bonne humeur en commençant la journée ?
  3. Si tu ne devais emporter que quelques livres sur une île déserte, lesquels choisirais-tu ?
  4. Quels mots utiliserais-tu pour décrire ta personnalité ?
  5. Qu’est-ce que tu aimes faire de ton temps libre ?
  6. Quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné jusqu’à présent ?
  7. Si tu avais la possibilité de retourner dans le passé, quel métier choisirais-tu d’exercer ?
  8. Si tu ne devais conseiller qu’un seul livre, lequel choisirais-tu et pourquoi ?
  9. Quels projets as-tu envisagé de réaliser en 2017 ?
  10. Quel plus beau souvenir gardes-tu de ton enfance ?
  11. Quel message aimerais-tu adresser au monde ?

 

Un avion sans elle, Michel Bussi

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L’avion qui assurait la liaison entre Paris et Istanbul s’est écrasé dans le Jura sur les pentes du Mont Terrible. Tous les passagers ont péri dans le crash mais un nourrisson a miraculeusement survécu au drame. Éjectée de l’avion, la petite fille a résisté aux intempéries jusqu’à l’arrivée des secours. Léonce et Mathilde de Carville, un couple de riches industriels du Val de Marne, sont effondrés d’avoir perdu leur fils et sa compagne mais ils doivent encore prendre soin de Malvina et Lyse-Rose, la petite miraculée. Leur bonheur est néanmoins de courte durée puisqu’un autre couple fait irruption dans leur vie pour récupérer l’enfant qu’ils considèrent comme leur petite fille. Pierre et Nicole Vitral ont aussi perdu leur fils et leur belle-fille dans le crash aérien et restent persuadés que le bébé miraculé n’est autre que la progéniture de leurs proches disparus.

L’identité de l’enfant est difficile à établir et la presse qui s’est emparée de l’affaire, suit au jour le jour le procès qui déchire deux familles que tout oppose. Léonce de Carville use de son influence et de son argent pour avoir le dernier mot sur cette affaire mais le juge décide, contre toute attente, de confier la petite fille à la famille Vitral. Son épouse Mathilde ne s’avoue toutefois pas vaincue en engageant un ancien mercenaire reconverti en détective privé pour prouver par tous les moyens que l’enfant rescapé est bel et bien sa petite-fille Lyse-Rose. Pendant dix huit-ans, Crédule Grand-Duc et son acolyte Nazim Ozam consacrent leur vie à satisfaire la demande de Mathilde en échange d’une contrepartie financière qui le met définitivement à l’abri du besoin. Seulement, Crédule n’a jamais pu prouver l’identité de l’enfant alors que le contrat arrive à son terme. Le bébé est devenue une jeune fille ayant l’âge requis pour voler de ses propres ailes et le détective, déprimé d’avoir échoué dans sa mission, décide de mettre fin à ses jours. Il laisse alors derrière lui un précieux carnet dans lequel se dissimule probablement la clé de l’énigme.

Crédule Grand-Duc n’a pas ménagé sa peine en se lançant frénétiquement dans une longue enquête parsemée d’incertitudes tenaces et de fausses pistes et Michel Bussi, en jouant avec les nerfs de ses lecteurs.  Je me suis plongée dans le récit avec une telle aisance que je piaffais d’impatience à l’idée de connaître le dénouement final de cette enquête haletante. La lutte des classes dans cette intrigue policière aurait pu être passionnante, surtout quand les personnages, les riches prêts à user de tous les recours pour parvenir à leurs fins et les honnêtes gens issus de la classe moyenne, se battent pour obtenir la garde d’un enfant qui a plongé les enquêteurs dans un océan de perplexité. Michel Bussi frôle néanmoins la caricature à chaque page en nous offrant des protagonistes aussi stéréotypés que ceux figurant dans les sagas de l’été diffusées sur le petit écran. Le lecteur fait effectivement la rencontre de Malvina, une jeune femme au psychisme fragile et affublée d’une apparence d’enfant prépubère, qui n’a pas été autant gâtée par la nature que Lylie, l’incarnation de la femme idéale. Elle est dotée d’un physique avantageux, d’une intelligence et d’une sensibilité artistique hors du commun mais bénéficie aussi d’une volonté de fer et d’une générosité sans pareille. Qui peut croire qu’un individu est capable d’atteindre un tel degré de perfection ?

Il croise aussi le chemin de Marc qui ressemble trait pour trait au chevalier servant des temps modernes. S’il avait réellement existé, il aurait même été trop serviable pour être honnête. L’enquête menée par Crédule Grand-Duc est plutôt bien pensée car elle sème suffisamment de rebondissements et d’indices menant sur de fausses pistes pour capter l’attention du lecteur jusqu’à la dernière ligne. Seulement, il sait aussi que l’enquête couchée sur le papier ne mènera à rien puisque le détective avait clairement mentionné dans son journal qu’il n’avait jamais pu résoudre l’énigme planant sur les origines de l’enfant rescapé. Il suit alors une enquête stérile tout en découvrant pas à pas une quête qui n’a pu voir le jour que sur l’échec cuisant de l’ancien mercenaire. Je n’ai pas éprouvé le même intérêt pour les deux facettes de l’intrigue et bien que l’histoire comporte son lot de défauts, le lecteur ne parvient pas à lâcher le livre tant il est impatient de savoir si la petite fille rescapée du crash descend d’une lignée de riches industriels ou de modestes commerçants. Le dénouement final m’a laissé sans voix mais je ne considère pas que le virage à 180° degrés opéré par Michel Bussi ait apporté une note positive au récit. J’ai même eu l’impression que le final explosif ne servait qu’à contrecarrer la dimension laborieuse de l’enquête. Je n’en garderai pas un souvenir impérissable au point d’espérer que la découverte d’un autre roman de Michel Bussi me fera oublier la déception que j’ai ressentie en lisant celui-ci.

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Les bougies de Charroux

J’aime envelopper mon intérieur d’une ambiance réconfortante quand je rentre chez moi et c’est la raison pour laquelle j’ai pris l’habitude d’allumer une bougie chaque soir, peu importe la saison. Quand leurs mèches ne brûlent pas dans l’obscurité de mon salon, les bougies apportent une touche de décoration à mon intérieur. Je reste néanmoins exigeante dans mes achats puisqu’en se consumant, elles dégagent la plupart du temps des émanations toxiques. La bougie la plus naturelle est source de pollution mais il est possible de limiter les dégâts en veillant à sa composition et en respectant certaines précautions d’utilisation.

J’étais curieuse de découvrir la marque Yankee Candle mais je ne suis pas certaine de renouveler l’expérience. Leurs bougies ont une odeur tellement chimique que je ressens immanquablement une légère sensation de brûlure au niveau des muqueuses du nez. Il m’est impossible de les laisser brûler plus d’une demi-heure sans éprouver une gêne. Je me suis alors tournée vers les bougies de Charroux pour plusieurs raisons.

Composition 

Elles sont avant tout des bougies artisanales puisqu’elles sont fabriquées au sein d’une entreprise familiale implantée dans un village auvergnat. Elles sont aussi les seules bougies françaises à ce jour à être labellisées RAL, une certification garantissant que leur combustion ne produit ni suie ni fumée noire. Les bougies de Charroux sont certes fabriquées à base de paraffine qui n’est autre qu’un déchet de pétrole. Le choix de cette cire dans la composition des bougies est fortement contesté puisqu’elle est connue pour dégager des substances toxiques. Seulement, qu’en est-il réellement ?

Certaines cires ne sont effectivement pas contrôlées et peuvent diffuser du toluène, du benzène et du formaldéhyde, réputées pour être cancérigènes. Toute cire de mauvaise qualité dégage des émanations nocives pour la santé et les bougies bon marché restent les plus concernées. Tout dépend de la qualité de la paraffine et celle utilisée dans les bougies de Charroux répond à des normes pour ne donner lieu à aucune émanation de produits toxiques et de fumée noire. Leurs matières premières ont été épurées et la diffusion des composés organiques est minime pour préserver au maximum la qualité de l’air de nos intérieurs. En revanche, les bougies de Charroux sont fabriquées à base de parfums de synthèse. Leur composition est certes moins chimique que celle de sa concurrente américaine mais ce n’est pas une raison pour les laisser brûler pendant des heures. Il est effectivement préférable qu’une bougie, même naturelle, ne se consume pas plus de deux heures consécutives.

Fragrances

Je me suis instinctivement tournée vers une famille olfactive que j’affectionne pendant la saison hivernale. Je n’ai fait l’expérience que de trois références à ce jour mais j’ai l’impression que leurs fragrances sont peu complexes. Je me suis souvent procurée des bougies qui dégageaient des senteurs plus recherchées. La simplicité des parfums utilisées par la fabrique de Charroux n’est pas pour me déplaire dans la mesure où elles nous sont familières et renvoient à un ingrédient bien précis (vanille, amande, chocolat …).

MARRON GOURMAND

♡ ♡ Marron gourmand (grand format)

Je ne m’attendais pas à une fragrance aussi sucrée mais j’ai été ravie d’être immédiatement transportée dans mes souvenirs d’enfance, à une époque où je me régalais de la plus célèbre crème de marron ardéchoise. Sa senteur gourmande est toutefois très discrète puisqu’il m’a fallu m’approcher au plus près de la bougie pour la reconnaître. Ne vous attendez donc pas à revivre la sensation de croquer dans un marron glacé.

MIEL

♡ ♡ ♡ ♡ Miel (moyen format)

Sa fragrance délicieusement sucrée m’a donné l’impression de sentir un pot de miel de fleurs. Elle a progressivement embaumé mon salon d’une irrésistible odeur de pâtisseries sucrées au miel. Cette bougie dégage une fragrance assez puissante qui n’est toutefois pas « écœurante ».

L'ORIENTALE

♡ ♡ ♡ ♡ ♡ L’orientale (moyen format)

Ne vous fiez pas à son nom qui suggère inévitablement des senteurs épicées. En réalité, la bougie dégage des notes vanillées chaleureuses qui n’ont rien d’une vanille gourmande. Son odeur poudrée m’a instantanément évoqué la fragrance d’un parfum féminin que j’affectionne particulièrement. J’y ai effectivement retrouvé les notes vanillées et caramélisées d’ « Angel » (l’eau de toilette) de Thierry Mugler. On aime ou on n’aime pas mais cette bougie est à mes yeux, une valeur sûre pour parfumer n’importe quelle pièce de la maison (salon, salle de bain …).

Combustion et diffusion 

Certaines fragrances sont plus puissantes que d’autres et celles qui sont particulièrement discrètes comme « Marron gourmand » se diffusent mal. J’ai utilisé cette bougie pour parfumer mon salon mais il aurait été probablement judicieux de la disposer dans un espace plus réduit. De manière générale, je vous conseille de sentir les bougies en magasin (il est plus facile d’identifier si un parfum est un peu trop entêtant ) ou de lire les avis des utilisateurs sur le Net à propos des références qui ont attiré votre attention.

La combustion de la cire n’est pas optimale. J’ai remarqué qu’après avoir fait brûler la bougie pendant deux heures (j’en profite pour vous rappeler que c’est la durée maximum autorisée avant de renouveler l’air de la pièce), la surface de la cire n’a pas intégralement fondu. Chaque utilisation creuse davantage la cire, ce qui laisse à penser que la matière restante sera probablement gaspillée.

Bilan

J’ai été conquise par les fragrances discrètes des bougies de Charroux. Je n’aime pas les odeurs entêtantes qui agressent les narines et saturent l’air de composants polluants. Je n’ose imaginer la qualité de l’air de mon intérieur après deux heures de combustion d’une bougie Yankee Candle ! J’avais aéré la pièce pendant vingt minutes tant les muqueuses de mon nez étaient en feu. Je les utilise donc avec grande modération pour ne pas ressentir tous ces désagréments. Je n’éprouve pas une telle gêne avec les bougies de Charroux, même si je ne m’aventurerai pas à les laisser brûler trop longtemps.

Leur rapport qualité-prix serait excellent si les frais de port étaient moins élevés (8 ou 10 euros la bougie, selon le format et sans compter la livraison), la combustion est lente et la diffusion du parfum, bien dosée. J’ai l’intention d’en commander d’autres quand arriveront les beaux jours. Leurs notes seront inévitablement fruitées ou fleuries pour donner un avant-goût de la période estivale.

 

 

 

Mon avis enthousiaste sur la Kindle Paperwhite

Après avoir passé des années à crier à la face du monde que je ne céderai jamais à l’achat d’une liseuse, sous prétexte que la lecture numérique n’était absolument pas faite pour moi, j’ai récemment prouvé que seuls les imbéciles ne changeaient pas d’avis. J’ai écumé les avis sur le Net, écouté solennellement les conseils des copines qui avaient déjà franchi le pas et me suis finalement décidée pour une Kindle Paperwhite. Je me permets de vous faire un retour sur mon premier mois de cohabitation avec cet appareil numérique qui n’a pas tardé à devenir le prolongement « naturel » de mon bras. Je ne suis cependant pas experte en informatique et même si mon article comportera quelques informations techniques, je préfère me focaliser sur mon ressenti de lectrice et d’utilisatrice de la Kindle Paperwhite.

En ne tenant pas non plus à entrer dans le débat qui consiste à départager Amazon du reste du monde, je me contenterai donc de vous annoncer que j’ai choisi le modèle de liseuse intermédiaire à 129 euros avec écran tactile intégré. Je me suis tournée vers la version Wifi (je n’en avais en réalité pas besoin de plus …) mais sachez que si vous optez pour la version 3G (189 euros), c’est Amazon qui prend en charge l’abonnement (les plus réfractaires sont bien obligés d’admettre que le concept est particulièrement intéressant 😉 ).

Je n’ai pas l’intention de vous noyer dans les termes techniques mais vous ne pourrez toutefois pas complètement y échapper. La Kindle PaperWhite mesure 16,9 cm de haut et 11,7 cm de large. Il existe des modèles plus petits mais je ne voulais pas lire sur un appareil de la taille d’un mouchoir de poche. Je dirais qu’elle me convient parfaitement car je n’en suis pas réduite à lire trois lignes par page. Sa finesse me permet aussi de la glisser dans tous mes sacs, une sacrée révolution pour moi qui ai pris l’habitude de me balader avec le contenu de mon appartement (vous y trouverez de tout … un peu comme dans le sac de Mary Poppins). Elle est aussi tellement légère (elle ne pèse que 205 grammes) que sa prise en main s’effectue en toute simplicité.

Certains ne se sont pas tournés vers la Kindle parce qu’elle ne nous permet pas d’accéder aux E-pub qui restent le format numérique le plus courant. Ma belle-sœur m’a fait découvrir Calibre, un logiciel très facile d’utilisation qui convertit rapidement tous types de formats et cerise sur le gâteau, il est gratuit.

La partie consacrée à la technique est terminée et je vais donc pouvoir me plonger au cœur du sujet : Comment une amoureuse du papier a pu changer si brusquement d’avis, au point de n’avoir ouvert qu’un livre papier depuis l’achat de sa liseuse numérique ? 

  • Mes yeux sont fatigués de passer la journée devant un écran d’ordinateur et la possibilité de varier à loisir la police des caractères a révolutionné ma vie de lectrice compulsive.
  • J’ai craqué pour son rétroéclairage parce que je souhaitais pouvoir lire le soir dans mon lit sans gêner mon chéri avec une lampe de chevet allumée pendant deux heures. Je ne l’entends ainsi plus ronchonner pendant mes longues séances de lecture. L’éclairage de la Kindle ne m’éblouit pas pour la simple raison que l’écran est éclairé par le « dessus » à l’aide d’une source de fibre optique illuminée par des LED, comme s’il s’agissait de lumière ambiante. Je peux désormais lire dans le noir complet jusqu’au bout de la nuit sans avoir les yeux qui me sortent de la tête.
  • Les livres ayant envahi mon salon, je n’avais plus de place pour les stocker dans notre appartement de 44 mètres carrés. Le problème est résolu puisqu’on peut accumuler un millier d’E-books dans une liseuse. Mon chéri n’a jamais autant vénéré un appareil numérique. Je peux aussi partir en vacances sans m’encombrer de livres de poche qui prennent beaucoup de place dans la valise. Il faut bien reconnaître que j’ai du mal à évaluer mes besoins : je suis capable d’emporter 5 livres et de n’en lire aucun. Je peux aussi me retrouver « à sec » au bout de quelques jours parce que j’ai pas su anticiper mon envie frénétique de lecture.
  • J’ai aussi été conquise par l’extrême simplicité de la Kindle Paperwhite. Il suffit de rechercher un e-book qui nous plaît sur le site d’Amazon avant d’effectuer le simple clic qui le téléchargera en quelques secondes. Aucune autre manipulation n’est nécessaire. En contrepartie, le lecteur qui se laisse aller à « zapper » aura peut-être tendance à acheter sans avoir pris le temps de venir à bout de sa PAL (Pile A Lire) ou de terminer son roman en cours. A chacun de se montrer raisonnable …

J’ai été immédiatement séduite par l’aspect pratique et l’autonomie (je lis plusieurs heures par jour et ne l’ai rechargé qu’une seule fois en un mois d’utilisation) de la Kindle Paperwhite mais je ne peux me résoudre à accepter le tarif globalement élevé des livres numériques. Je ne comprends pas comment on peut justifier une différence aussi « infime » avec les grands formats. Nous avons certes accès à une bibliothèque impressionnante de grands classiques mais tous les lecteurs ne sont pas amateurs de l’intégralité des œuvres de Jules Verne ou de Victor Hugo. J’aime aussi revenir en arrière pendant ma lecture, ne serait-ce que pour feuilleter le livre pour vérifier une information ou relire la quatrième de couverture. Le lecteur peut mettre des signets mais le concept reste moins rapide qu’avec le papier.

Je ne peux que tirer un bilan très positif de la Kindle pour la simple raison qu’elle a répondu à mes attentes. Ses inconvénients sont tellement minimes à mes yeux que je considère avoir définitivement adopté la lecture numérique. Je ne rentrerai pas dans l’éternel débat opposant ces deux modes de lecture car je reste convaincue que les mordus de littérature continueront de flâner dans les librairies.

[BD] : Trilogie de La Petite Mort, Davy Mourier

Le Grand Tout a décidé qu’il était temps pour Papa et Maman Mort d’avoir un enfant et c’est ainsi que la Petite Mort est apparue dans leur salon pendant qu’ils regardaient l’émission de Jean-Luc Reichmann (vous avez bien lu ! 😉 ). Tous parents faucheurs et heureux qu’ils étaient, ils leur incombaient désormais la lourde responsabilité d’inculquer à leur progéniture les choses de la vie afin qu’elle s’initie à son futur métier. Seulement, elle ne prend pas ses missions très à cœur puisqu’elle est bien déterminée à embrasser la carrière de fleuriste.

L’idée de départ est follement originale mais il m’a fallu un certain temps pour m’immerger dans les péripéties de la Petite Mort dans la mesure où je n’ai pas l’habitude de côtoyer l’humour noir d’aussi près. Je dirais même que certains « trips » peuvent déranger ceux qui n’y sont pas réceptifs. La bande dessinée tourne principalement autour de la mort (cela vous étonne ?) mais balaie aussi d’autres thématiques montrant que la Petite Mort, pour laquelle la vie d’apprentie faucheuse n’est déjà pas de tout repos, est également confrontée aux mêmes problèmes que ses camarades humains. Il se sent rejeté à l’école parce que les autres le considèrent inévitablement comme un oiseau de (très) mauvaise augure et se rebelle, avec la même ardeur qu’un adolescent, contre l’autorité paternelle qui souhaite plus que tout que son fils devienne faucheuse à son tour.

L’histoire est plus profonde qu’elle n’en a l’air et réserve étonnamment des moments empreints de tristesse. En revanche, je reproche à Davy Mourier d’avoir conçu un amas de gags qui n’a pas toujours un rapport avec la Petite Mort. Plusieurs pages sont consacrées à Buzz Aldrin et à ce qu’il aurait pu vivre sur la Lune si Neil Amstrong n’avait pas été le premier à poser le pied sur le satellite de la Terre. Je reconnais ne pas avoir apprécié d’être interrompue dans ma lecture par des péripéties n’ayant strictement rien à voir avec celles de la Petite Mort et de son entourage. Je lui reproche aussi d’avoir inclus des publicités tout au long de l’histoire. Certaines sont drôles, d’autres se sont révélées être un bide total et je ne comprends pas pourquoi le dessinateur a fait ce choix.

Davy Mourier avait contraint la Petite Mort à mettre fin à un dilemme cornélien qui s’apparente clairement à une question de vie ou de mort. Le personnage principal est désormais un adolescent qui a troqué son sac Hello Kittu pour un lot de problèmes comportant des enjeux plus importants. Il se heurte ainsi à la douleur ressentie après un chagrin d’amour et aux premières désillusions. Son quotidien se retrouve aussi chamboulé par le retour d’un membre de la famille que tout le monde croyait « mort ».

Entre secrets de famille et trahison, le quotidien de la Petite Mort n’est pas tout rose. Les personnages constituent le point fort du deuxième tome puisque chacun évolue de façon parfois inattendue. Ludovic s’éloigne peu à peu de la Petite Mort qui s’est pourtant sacrifiée pour préserver leur amitié et notre héros, fidèle à lui-même, semble déterminé à réaliser ses rêves. J’ai davantage apprécié ce deuxième volet dans la mesure où la Petite Mort a mûri et rencontré des protagonistes qui lui font vivre des expériences inédites. Il est aussi plus riche en références culturelles et nous permet d’en apprendre davantage sur l’organisation très normée des faucheuses.

Le troisième tome sonne la fin des aventures de la Petite Mort qui doit désormais régler des problèmes propres à la vie adulte. Devenu chef de famille, il se retrouve à devoir payer les droits de succession à la fauche et l’impôt sur le revenant. Seulement, il est dans l’incapacité de rassembler la somme demandée par l’administration du Grand Tout. La Petite Mort plonge alors dans la dépression et ne ressent plus la force de faucher de nouvelles âmes.

Ce tome est le moins drôle de la trilogie mais Davy Mourier a su conclure cette petite série avec brio en maintenant la synergie des ingrédients qui a fait son succès (humour grinçant, mélancolie et tendresse). Il fait aussi le parallèle avec la jeunesse de la Petite Mort puisqu’on y retrouve son ancien meilleur ami et son premier amour. Son fils n’est pas sans rappeler celui qu’est devenu Papa Mort lorsqu’il était pressé de faucher l’imaginaire dans le premier volet.

En étant plus que jamais confronté au réel, la Petite Mort a perdu son enthousiasme mais il faut bien reconnaître qu’entre les factures, les impôts, la disparition de sa famille, les conflits conjugaux et l’ingratitude de sa progéniture, sa vie n’est pas prétexte à rire. L’histoire a pris un tournant bien différent mais n’en est que plus touchante avec cette dimension réaliste.

La mésange et l’ogresse, Harold Cobert

Dix ans après le début de l’affaire Marc Dutroux, la Belgique doit faire face à un nouveau tueur en série, Michel Fourniret, qui se targue d’être encore pire que son homologue du crime. Le plat pays partage aussi sa monstrueuse publicité avec la France car s’il habitait en Belgique au moment de son arrestation, Michel Fourniret reste un citoyen français. Ses premiers actes délictueux remontent à 1963, quand il est condamné avec sursis pour attouchements sexuels sur mineures. Il n’était alors âgé que de 21 ans. Il a ensuite été incarcéré pour une longue série d’agressions à caractère sexuel. Les psychiatres avaient attesté que son cas n’était pas désespéré alors que ses crimes l’ont irrémédiablement hissé au sommet du palmarès de l’horreur.

Usant de son air de père de famille affable, Michel Fourniret a attiré dans ses filets neuf jeunes filles, âgées de 12 à 22 ans, de nationalité belge ou française. Elles ont pour la plupart été enlevées et assassinées des deux côtés de la frontière franco-belge, une façon de brouiller les pistes qui lui a valu le surnom d’ « Ogre des Ardennes ». Seulement, Michel Fourniret n’a pas toujours agi seul puisque après avoir correspondu et rencontré Monique Olivier grâce à une annonce publiée dans un hebdomadaire catholique, il s’est lancé dans une quête obsédante de virginité avec la complicité servile de sa troisième épouse. Elle s’est longtemps décrite comme une conjointe apeurée et soumise, contrainte de prendre part aux crimes de Michel Fourniret. Or, il s’est avéré qu’elle a souvent joué un rôle actif aux côtés de son mari. Elle s’est effectivement servie de son statut rassurant de mère de famille pour mettre en confiance les proies de Michel Fourniret. Monique Olivier n’a certes jamais levé la main sur les victimes ou porté le coup fatal mais elle n’était en aucun cas la figurante terrorisée qu’elle voulait laisser paraître. Elle faisait même partie intégrante du film.

Sous ses allures de femme négligée et peu loquace, Monique Olivier  dissimule  une intelligence nettement supérieure à la moyenne qui s’est révélée utile pour faire douter les enquêteurs de sa culpabilité. Elle n’a jamais eu la vie facile puisqu’elle a subi les violences physiques d’un premier mari friand de pratiques sexuelles douteuses. Michel Fourniret qui possède un ego surdimensionné, n’a ensuite cessé de l’humilier sur son manque de culture. Monique Olivier s’est servie de son passé douloureux pour minimiser sa responsabilité dans les meurtres de Michel Fourniret mais ses arguments n’ont pas empêché la justice de la condamner à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans.

Cette affaire a marqué les esprits au fer rouge et défrayé la chronique. Harold Cobert a relevé le pari risqué de raconter les faits et les interrogatoires d’un des plus célèbres couples du crime contemporain. Il nous immisce dans les pensées sordides de Monique Fourniret, monstre de maîtrise et de froideur, et du commissaire belge qui a lutté pour faire éclater la vérité au grand jour. Les propos prêtés à Monique et Michel Fourniret ainsi qu’aux différents protagonistes de l’affaire relèvent de la pure fiction et les noms des enquêteurs et des victimes ont aussi été modifiés. L’auteur s’appuie néanmoins sur les récits des témoignages et minutes du procès pour raconter le périple et les méfaits du couple, qui en jouant à saute-mouton sur la frontière franco-belge, a suffisamment brouillé les pistes pour passer à travers les mailles du filet pendant plus d’une décennie.

Le lecteur a beau connaître l’épilogue de l’affaire, il lui est difficile de mesurer la partie d’échecs qui s’est déroulée à l’abri des médias et la stratégie mise en oeuvre par le couple et les enquêteurs pour atteindre leurs objectifs respectifs. Harold Cobert met bien en avant la nécessité absolue des policiers de ne pas brusquer « la mésange », au risque de ne jamais connaître la vérité et de devoir classer une des plus monstrueuses affaires jamais connues. Leur patience a été mise à rude épreuve pendant un an, d’autant plus que l’enquête est ralentie par les balbutiements des tests ADN et le manque d’argent pour les réaliser à grande échelle. Ne voulant pas reproduire les erreurs de l’affaire Dutroux, les enquêteurs se sont donnés corps et âme pour placer le couple entre les barreaux, quitte à y laisser leur santé.

Michelle Martin était complice des agissements de Marc Dutroux et l’opinion publique n’avait pas caché son indignation à l’idée qu’une femme puisse faire preuve d’une telle monstruosité. Monique Fourniret lui a rappelé plusieurs années plus tard qu’une mère de famille en apparence ordinaire est capable de commettre le pire avant autant d’assurance et de froideur que ses homologues masculins. Elle va effectivement passer du rang de témoin à celui de complice, voire d’investigatrice. Harold Cobert fait prendre conscience au lecteur que Michel Fourniret n’avait jamais tué avant que son épouse ne participe à ses projets. L’inimaginable devient petit à petit réalité et la frontière de l’horreur est chaque fois repoussée pour donner un coup de projecteur sur un rôle féminin absolument glaçant. Entre roman et document, « La mésange et l’ogresse » se lit comme un polar mais la différence réside dans le fait que ces protagonistes abjects et leurs nombreuses victimes ont bel et bien existé.

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Les vertus du thé vert

L’excellente notoriété du thé n’est pas un mythe puisque les scientifiques ont reconnu qu’il renfermait une quantité non négligeable de principes actifs. Il existe plus de 3000 variétés de thés mais le thé vert reste le meilleur pour la santé dans la mesure où il subit peu de transformations. Blancs, rouges, noirs, verts, toutes les sortes de thés proviennent toutefois du même arbre, le Camelia Sinensis, qui pousse notamment en Asie. L’oxydation et la fermentation contribuent essentiellement à déterminer la « couleur » du thé et son goût plus ou moins prononcé. Le thé a une forte activité antioxydante car deux tasses représenteraient l’équivalent de sept verres de jus d’orange, en sachant que les extraits de thé vert sont quatre fois plus riches en antioxydants que les aliments contenant de la vitamine C.

Le thé vert contient en grande quantité un polyphénol puissant (l’EGCG) issu de la famille des catéchines qui favorise la destruction des cellules cancéreuses et ses vertus diminuent aussi le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Seulement, il est nécessaire de prendre certaines précautions si vous voulez profiter pleinement des propriétés antioxydantes du thé vert. Les amateurs doivent ainsi consommer deux à trois tasses par jour réparties dans la journée en respectant à la lettre les modalités de préparation. Il convient effectivement de faire infuser le thé au moins 5 minutes avec une eau à la température avoisinant 80°C (les polyphénols ne sont plus aussi efficaces si l’eau est bouillante).

Le thé vert comporte de nombreuses propriétés mais certaines idées reçues continuent de circuler à son sujet. Or, il peut être difficile de faire la part des choses entre mythes et réalité. Le thé vert contient de la caféine et certaines personnes hésitent donc à en consommer. Il en comporte nettement moins que le café et il a été constaté que cet alcaloide est un puissant antioxydant qui peut avoir des effets bénéfiques sur les personnes en bonne santé puisqu’il est réputé pour nous protéger de certaines maladies comme le cancer du colon, le diabète et la maladie de Parkinson. Le thé vert stimule moins le système nerveux que le café dans la mesure où il contient de la L-théanine, un composé chimique qui, contrairement aux effets de la caféine, combat le stress et l’anxiété.

Au risque de décevoir les personnes qui ont entrepris un régime, le thé vert ne fait pas de miracle sur la silhouette. Son action diurétique ne brûle pas les graisses mais élimine plutôt l’eau et les déchets contenus dans l’organisme. Sa théine stimule le métabolisme et permet ainsi de dépenser quelques calories, même s’il n’existe aucune preuve selon laquelle le thé serait à lui seul un « brûleur de graisses ».  Il contient des vitamines et minéraux qui sont excellents pour la santé mais ce n’est pas une raison pour en consommer toute la journée. Si vous en buvez plus de trois tasses par jour, vous risquez d’avoir une pression artérielle trop élevée, de développer une certaine irritabilité et des problèmes d’insomnie.

Que se passe t’il en pratique ? Je vous conseille de vous procurer votre thé vert en vrac et non préparé en sachet car il est souvent de meilleure qualité. Il doit aussi être conservé dans un récipient étanche et rangé dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et de toute substance odorante qui risquerait fortement d’altérer son goût. Un thé ne se conserve pas indéfiniment, même si toutes les conditions sont réunies et c’est pour cette raison que je vous recommande d’en acheter à chaque fois de petites quantités.

Mes thés verts préférés :

  • Thé du hammam, Palais des thés : Un mélange d’origine turque pour lequel le goût de pulpe de datte et de rose est bien présent.
  • Thé vert bio macaron/amande, Terre d’Oc : Son goût de macaron et d’amande est très gourmand, même si son aromatisation est un peu trop légère à mon goût.
  • Lady Yang Guifei, Les jardins de Gaïa : L’aromatisation porte sur le litchi, la poire et la rose mais c’est surtout le goût du litchi qui affole les papilles.
  • Thé des fakirs, Palais des thés : La dominante porte sur la cardamone et le clou de girofle, comme le laisse présager l’odeur après infusion.